Le Canada, le chemin de ma réussite

Robert Herjavec, National Post

À l’occasion de la Semaine de la citoyenneté 2011, Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme du Canada, a demandé à quatre citoyens canadiens nés à l’étranger de faire part de leurs idées sur ce que notre pays signifie pour eux. Dans la troisième tranche présentée aujourd’hui, c’est l’homme d’affaires canadien Robert Herjavec qui raconte son histoire d’immigration.

Il y a quelques années, lorsque j’ai vendu l’entreprise que j’avais lancée à l’aide d’un budget restreint, je me suis rendu compte que ma famille et moi‑même avions la liberté de vivre n’importe où dans le monde.

Mon épouse, Diane, et moi avons discuté de la possibilité de déménager en Europe; en réalité, nous avons eu l’idée d’acheter une maison là-bas. Nous sommes tous les deux d’origine croate, et notre origine ethnique ajoutée à la culture et au prestige de l’Europe rendaient cette idée attrayante. Par ailleurs, nous savions qu’en élevant nos enfants en Europe, nous leur donnerions la chance d’avoir une foule de relations prestigieuses.

Puis ça m’est venu tout à coup : qui est-ce que j’essayais de duper? Je ne pouvais pas quitter le Canada.

Tout ce que j’ai réalisé dans ma vie a été possible grâce à deux facteurs : mon ambition et mon passeport canadien.

J’ai vécu mon enfance dans le village rural croate de Zbjeg; par conséquent, j’ai appris que rien ne peut être accompli si vous n’avez pas d’ambition, si vous ne mettez pas le cap sur la réussite et si vous n’avez pas la liberté de suivre vos rêves. La Croatie à cette époque faisait partie de la Yougoslavie communiste, qui m’a appris la deuxième leçon que j’ai apprise dans ma vie. En observant la façon dont mon père et les autres étaient restreints dans les choses qu’ils pouvaient accomplir et les idées qu’ils pouvaient exprimer, j’ai appris la définition de la liberté.

Mon père a refusé d’accepté les restrictions que les communistes imposaient, et lorsque j’avais huit ans, nous avons vendu tout ce que nous avions qui n’entrait pas dans deux valises bien pleines et nous avons acheté des billets de navire à vapeur pour nous rendre au Canada. Nous sommes arrivés au Quai 21, à Halifax avec 20 dollars canadiens en poche et l’adresse d’un membre de notre famille à Toronto. Nous avons trouvé un appartement dans un sous‑sol à Etobicoke, mon père a obtenu un emploi dans le cadre duquel il lavait les planchers dans une usine, et j’ai découvert que la vie en tant qu’enfant immigrant pouvait être remplie d’obstacles. Mon anglais était mauvais, mon accent était très prononcé et mon style vestimentaire croate n’était pas du tout à la mode.

Mais contrairement à la Croatie, le Canada offrait la possibilité de changer les choses, pour le mieux. En dépit du fait que les Herjavec n’étaient pas une famille établie depuis longtemps, bénéficiant de relations avec les chefs du pays, que nous ne disposions pas d’un compte d’épargne bien garni, ou même un véhicule pour la famille (mon père a marché plus de 6 km aller-retour chaque jour pour aller au travail, et ce, pour ne pas avoir à payer les titres de transport en commun), et que nous ne vivions pas dans une maison spacieuse et prestigieuse, nous pouvions avoir de grands rêves et avec un peu d’efforts et d’ambition, nous pouvions réaliser nos grands rêves.

Les personnes nées au Canada ne sont pas capables de comprendre cette distinction, et je comprends. Ils grandissent sans connaître la vie dans un pays où leur destin est déterminé par l’endroit où ils sont nés et non par la portée de leurs talents. Au Canada, votre statut social, votre race et vos croyances religieuses n’ont aucune conséquence comparativement à vos capacités, à votre dévouement et à votre ambition.

Nous prenons tout pour acquis, et nous ne devrions pas. Nous ne devrions pas non plus prendre pour acquis la réputation qu’a le Canada de pays honnête et équitable, qui fait autant partie de la culture que la feuille d’érable.

Mon travail dans divers domaines m’amène dans un certain nombre de pays aux quatre coins du monde. Lorsque je rencontre des personnes d’autres pays, je ne me tanne jamais d’expliquer dans quelle mesure le Canada m’a donné les moyens de réussir et combien les valeurs du pays sont précieuses pour ma famille et moi‑même.

Plus de 30 ans se sont écoulés depuis que mes parents et moi‑même avons quitté la Croatie. Si quelqu’un m’avait dit, ce jour‑là, que j’aurais la vie que j’ai maintenant, je leur aurais répondu « ti ste ludi », ce qui signifie « vous êtes fou? » en serbo‑croate. De toutes les choses dont je suis reconnaissant pour ma réussite, il n’y en a pas une plus importante pour moi que les possibilités que le Canada m’a données.

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes font le serment de la citoyenneté. Ils prêtent allégeance à la Reine et ils promettent de s’acquitter de leurs tâches en tant que citoyen canadien. Chacun a une histoire à raconter au sujet des raisons qui l’ont amené à venir au Canada et à devenir Canadien. Leur histoire n’est pas moins importante ni moins instructive que la mienne. Elle est seulement différente.

Au nom de tous les Canadiens qui ont une précieuse histoire à raconter au sujet de leur pays, je vous invite à réaffirmer votre citoyenneté, et à réfléchir à l’importance que le Canada a pour vous ainsi qu’à ce que le Canada signifie pour vous.

Pour ma part, je le fais tous les jours.

Cet article (en anglais) a paru (a été publié) dans le National Post et sur leur site web le 20 octobre 2011.


Robert Herjavec est président du Herjavec et l’auteur du livre intitulé « Driven: How To Succeed in Business and Life ».

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