Souvenirs du « gars écossais »

Johnny Reid, National Post

Dans le cadre de la préparation de la semaine de la citoyenneté 2011, Jason Kenney, ministre de la citoyenneté du Canada, l’Immigration et du multiculturalisme, a demandé à quatre citoyens canadiens nés à l’étranger de partager leurs réflexions sur ce que notre pays représente pour eux. Dans cette dernière publication, le chanteur⁄compositeur Johnny Reid raconte son expérience en matière d’immigration.

Je songe à mon voyage vers la citoyenneté canadienne comme à un mariage.

Cela commence par ce qu’on pourrait comparer à faire la cour, lorsque, à titre de résident permanent, vous passez du temps au Canada, vous apprenez à le connaître et, très vite, vous découvrez ce qu’il peut vous offrir. En même temps, vous apprenez ce que vous pouvez offrir au Canada, à votre tour.

Et puis, comme dans le mariage, vous décidez si vous désirez passer le reste de votre vie au Canada, et votre période de fiançailles commence.

Mon histoire avec le Canada a débuté sur le tarmac en juillet 1988, lorsque ma famille est arrivée d’Écosse. J’aime à dire que nous avons atterri sur une feuille d’érable.

Nous avons laissé derrière nous la famille élargie, dont ma grand-mère, dans un pays où des milliers de travailleurs avaient été déplacés par la fermeture des mines. C’était une période difficile en Écosse. Mon père avait quitté la maison pour aller chercher du travail en Afrique ou en Asie, mais il souhaitait désespérément que nous formions de nouveau une famille. Il voulait passer du temps avec nous, ses garçons. Le Canada lui a offert cette possibilité. Mes parents espéraient que ce pays leur offrirait également une plus grande chance de réussite et apporterait une meilleure qualité de vie à mon frère et à moi.

Le Canada a certainement fait sa part pour moi. J’ai rencontré ma femme ici, j’y ai fondé une famille et j’ai rencontré de nombreux Canadiens qui m’ont soutenu dans mon aventure musicale. Les Canadiens ont acheté mes disques et m’ont décerné certains des plus grands prix existant dans ma profession. Et, bien que le travail d’auteur-compositeur m’ait contraint à passer une grande partie de mon temps à Nashville, ma famille considère encore le Canada comme son pays.

Le fait d’avoir immigré dans un nouveau pays m’a appris beaucoup.

J’ai appris que, lorsque les nouveaux arrivants arrivent au Canada, l’apprentissage doit se faire des deux côtés.

En ce qui nous concerne, nous avons débarqué en juillet avec des manteaux de ski et des gants. Ma mère pensait que nous allions dans un pays très froid. Pour ma part, je n’avais aucune idée de l’endroit où se trouvait le Canada. Je ne savais rien de la culture canadienne, du mode de vie canadien, de ce qu’était le Canada.

À l’inverse, comme j’arrivais à l’âge de 15 ans et me retrouvais en 9e année, alors qu’en Écosse, j’aurais quitté l’école pour apprendre un métier, mes camarades de classe savaient également peu de choses sur moi. J’étais différent. J’étais le gars écossais. Ils ne savaient pas qui j’étais, d’où je venais ou pourquoi ils ne comprenaient pas ce que je disais, bien que je parle anglais.

Mais très vite, les écarts ont été comblés, des deux côtés.

En fin de compte, je pense que nous sommes tous fondamentalement identiques, en tant qu’êtres humains. Nous ne voulons pas être seuls; nous voulons nous sentir aimés, nous voulons donner de l’amour, nous voulons protéger nos bébés, nous voulons être certains que les gens que nous aimons le savent et nous voulons les serrer dans nos bras.

Et pourtant, nous sommes également tous différents.

Il y a de nombreuses années, un cousin m’a demandé : « À quoi ressemble le Canada »? Je lui ai répondu « Tom, le Canada est comme un grand bol de confettis. Il est fait de couleurs différentes, de tailles différentes, de formes différentes, de cultures différentes, de religions différentes – mais quand on met le tout ensemble, ça donne quelque chose de beau. » Et je n’ai pas changé d’idée.

En côtoyant les Canadiens, j’ai appris qu’il faut célébrer les différences. En fin de compte, c’est là la vraie expérience canadienne.

Le temps m’a offert la chance de mieux connaître le Canada et a permis au Canada de mieux me connaître également.

Pour être honnête, c’est ce que j’ai fait dans ma carrière. Pour moi, chaque chanson que j’écris, chaque note que je chante représente une occasion pour les gens d’apprendre à me connaître.

Le temps m’a aussi donné l’occasion de réfléchir au fait que le Canada s’est bâti sur le dos des immigrants, des immigrants tels que mon père et moi.

J’espère que tous les nouveaux arrivants au Canada comprennent que la citoyenneté canadienne est un peu comme l’amour. On ne reçoit que ce qu’on donne. Venez et donnez au Canada le meilleur de vous. Et en retour, le Canada vous donnera le meilleur de lui.

Cet article (en anglais) a paru (a été publié) dans le National Post et sur leur site web le 21 octobre 2011.


Johnny Reid a été lauréat d’un prix Juno à deux reprises, il a été à de nombreuses reprises lauréat d’un prix de la CCMA et il est chanteur⁄compositeur multi-platine.

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