L’immigration francophone au Canada : une partie de notre patrimoine

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  • Winnipeg – au Gare Union, du 15 août au 4 octobre 2017

Des rives de l’Atlantique jusqu’aux côtes de la Colombie-Britannique, les francophones ont grandement marqué l’histoire du Canada. Pendant des siècles, des francophones venus d’Europe et d’Afrique ont fondé des collectivités dynamiques, non seulement au Québec, mais partout ailleurs au Canada.

Les « Canadiens français » sont à vrai dire les descendants des pionniers français. Ces Acadiens, Québécois et autres peuples d’expression française ont créé des collectivités francophones au cours des 19e et 20e siècles.

L’immigration a contribué à la croissance démographique, à la richesse culturelle et au développement socioéconomique du Canada.

La collaboration entre tous les ordres de gouvernement et les communautés francophones en situation minoritaire est essentielle afin d’attirer, d’accueillir et d’intégrer avec succès des nouveaux arrivants d’expression française dans nos collectivités, nos milieux de travail et nos vies.

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L’histoire de l’immigration francophone au Canada

1760-1839 : Les colons

Après la cession de l’Acadie et de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, l’immigration de colons d’expression française vers le nouveau continent ralentit considérablement. Elle ne dépasse pas le millier de personnes entre 1760 et 1840. Toutefois, ces nouveaux arrivants entretiennent des relations étroites avec les Acadiens et les Canadiens français. Les instituteurs, les médecins et les avocats d’expression française sont particulièrement bienvenus, car les gens instruits se font rares à cette époque.

Certains de ces nouveaux sujets sont originaires de la Belgique et de la Suisse, ou encore de Jersey et de Guernesey, des îles anglo-normandes où l’on parle français. Ils sont, entre autres, des banquiers et des entrepreneurs qui développent et exploitent le secteur de la pêche à la morue dans le golfe du Saint-Laurent.

Ancienne mission, construite en 1784

Ancienne mission, construite en 1784

Source : Musée Windsor – P5536

1840-1869 : Le clergé

Dans la foulée des rébellions de 1837-1838, la Couronne britannique remplace la Loi constitutionnelle de 1791 par l’Acte d’Union en 1840. Cette quatrième constitution du Canada réunit le Haut-Canada et le Bas-Canada en une seule province. Elle vise à favoriser le protestantisme ainsi que l’usage de l’anglais comme seule langue officielle dans l’administration des affaires publiques de la colonie.

Cette nouvelle loi incite l’Église catholique à recruter des dizaines de congrégations et communautés religieuses en France, en Belgique et en Suisse, selon leurs vocations particulières, afin d’ériger un vaste réseau d’écoles, d’hôpitaux et d’orphelinats pour les Canadiens français de l’est à l’ouest du pays. Par exemple, les Oblats établissent des missions dans le Nord-Ouest, tandis que les Jésuites, les Pères de Sainte-Croix et les Eudistes fondent des collèges classiques à Saint-Boniface (Manitoba), à Sudbury (Ontario), à Memramcook (Nouveau-Brunswick) et à Pointe-de-l’Église (Nouvelle-Écosse). Grâce à ces religieux, le taux d’alphabétisation des Canadiens français passe de 26 pour 100 en 1840 à 87 pour 100 en 1910.

1870-1939 : L’El Dorado agricole

Votée en 1869, la première loi sur l’immigration canadienne de la Confédération cherche à attirer des colons britanniques, sans toutefois interdire l’accueil de catholiques et de francophones. Ainsi, cette loi permet aux aventuriers européens francophones de se rendre au Klondike, à la recherche de gisements d’or, et à des professionnels d’établir quelques communautés francophones, dont l’une à Victoria, en Colombie-Britannique.

On découvre au milieu du XIXe siècle que les terres des Prairies canadiennes sont extrêmement fertiles. L’inauguration du chemin de fer transcontinental et les efforts d’Ottawa pour vanter les mérites d’un « eldorado » agricole convainquent des prêtres français de participer au recrutement d’immigrants d’expression française en Europe. Les immigrants bretons, auvergnats, jurassiens, fribourgeois et savoyards sont nombreux à s’établir à l’extérieur du Québec. Ils s’installent entre autres à Grande-Clairière et à Notre-Dame-de-Lourdes (Manitoba), à Ponteix et à Saint-Brieux (Saskatchewan), où ils fondent paroisses, écoles, journaux et associations culturelles.

1870-1939 : L’El Dorado agricole

Pierre Gérard et sa fille Berthe lisant un magazine français, à Forget, en 1914

Pierre Gérard et sa fille Berthe lisant un magazine français, à Forget, en 1914

Source : Archives provinciales de la Saskatchewan

1870-1939 : L’El Dorado agricole

Ranch d’élevage de chevaux belges, Calgary, 1907

Ranch d’élevage de chevaux belges, Calgary, 1907

Source : Image reproduite avec la permission des Prairies selon Peel, une initiative de numérisation des bibliothèques de l’Université de l’Alberta

1870-1939 : L’El Dorado agricole

Auguste Renaud, député fédéral de la circonscription de Kent, au Nouveau-Brunswick

Auguste Renaud, député fédéral de la circonscription de Kent, au Nouveau-Brunswick

Auguste Renaud est le premier francophone des Maritimes à siéger à la Chambre des communes (1867-1872).

Source : Fonds Topley Studio, Bibliothèque et Archives Canada, PA-033246

1940-1969 : L’immigration économique

En 1948, le gouvernement fédéral désigne les immigrants franco-européens comme étant aussi désirables que les Britanniques et les Américains. En 1967, le lieu d’origine cesse d’être un critère d’immigration privilégié, car le gouvernement cherche de préférence à attirer des professionnels parlant l’anglais ou le français, ce qui stimule l’immigration au Canada hors Québec de francophones antillais, arabes et africains.

À cette époque, le gouvernement canadien veut faire valoir les avantages de la dualité linguistique et du multiculturalisme, et traduire ainsi dans ses politiques la réalité changeante de la diversité raciale et ethnique du Canada.

1940-1969 : L’immigration économique

« Les Tabliers », élèves de la 3e année de l’école Saint-Gérard d’Ottawa

« Les Tabliers », élèves de la 3e année de l’école Saint-Gérard d’Ottawa, en 1943.

La petite robe noire, le tablier blanc et la boucle de couleur dans les cheveux est, à l’époque, l’uniforme des écolières en Belgique. Cette école était dirigée par les sœurs de Sainte-Marie de Namur, une congrégation religieuse d’origine belge.

Source : Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, fonds Blandine-Charbonneau (P86)

1970-Aujourd’hui : L’immigration contemporaine

L’immigration francophone contemporaine contribue à dynamiser les institutions établies et à en créer de nouvelles. La Loi sur les langues officielles ainsi que la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés témoignent de l’engagement du gouvernement fédéral envers l’épanouissement et le développement des communautés linguistiques en situation minoritaire partout au Canada.

De nos jours, plusieurs programmes d’établissement et organisations communautaires appuient la volonté d’accueil des communautés francophones hors Québec en favorisant le rayonnement de la culture locale et régionale afin d’attirer et d’intégrer avec succès les nouveaux arrivants d’expression française dans nos collectivités, nos milieux de travail et nos vies.

Découvrez-en plus au Voyage en Francophonie Canadienne.

Témoignages

Les pionniers français modernes

Les nouveaux arrivants contribuent grandement à la diversité et au multiculturalisme de la société canadienne. Aujourd’hui, environ un Canadien sur cinq est né à l’extérieur du Canada.

Lauren Manekin Beille et Patrick Beille

Image de Lauren Manekin Beille et Patrick Beille

Lieu de résidence : Whitehorse (Yukon)
Pays d’origine : États-Unis et France

Bien sûr, le Yukon, c’est la nature, la vie sauvage, les joies simples… C’est aussi des gens accueillants, posés et simples. Une particularité du Yukon est d’être un vaste espace de respect et d’harmonie, où plusieurs cultures évoluent ensemble : la culture des Premières Nations, évidemment, et aussi une robuste communauté francophone. Nous avons été absolument éblouis par la qualité de l’enseignement francophone et par les valeurs transmises à l’école. Nous ne voudrions être nulle part ailleurs au monde, ne serait-ce que pour les avantages que cela représente pour notre fille. Kluane est exposée à diverses cultures et expériences. Elle grandit dans un environnement à la fois paisible et stimulant.

Didier Rabesoa

Image de Didier Rabesoa

Lieu de résidence : Vancouver (Colombie-Britannique)
Pays d’origine : Madagascar

Pour faciliter notre intégration dans la communauté, nous avons participé au programme d’intégration des nouveaux arrivants francophones, qui nous a orientés vers toutes les ressources offertes en matière de logement, d’éducation et de santé. À l’école, l’adaptation de mes filles s’est bien déroulée, parce que l’enseignement est en français, axé sur le développement personnel et la confiance en soi, ce qui facilite l’intégration des enfants à l’école.

Virginie De Visscher

Image de Virginie De Visscher

Lieu de résidence : Saint-Adolphe (Manitoba)
Pays d’origine : Belgique

Nous avons quitté une vie bien établie pour venir nous installer ici. Nous pensons que le Canada répond aux valeurs que nous voulons inculquer à nos enfants. Nous voulons leur offrir le cadre de vie que nous recherchions. Il y a des écoles en français et on peut se développer et trouver des possibilités d’emploi. Mes enfants grandissent dans ce milieu bilingue, entourés de personnes qui peuvent les aider en français et en anglais. Ça en fera, je l’espère, des personnes accomplies.

Dorra Gdoura

Image de Dorra Gdoura

Lieu de résidence : Ottawa (Ontario)
Pays d’origine : Tunisie

Mon conjoint et moi avons décidé d’immigrer au Canada afin d’offrir une vie meilleure à nos enfants. Nous nous sommes installés à Ottawa, parce que c’est une ville où l’anglais et le français sont présents, ce qui nous permet de nous ouvrir au monde tout en conservant et en vivant notre identité francophone. Ma connaissance de l’anglais était essentielle pour m’établir au Canada, mais mon français a toujours été un atout qui m’a permis d’avoir une carrière. Rapidement, j’ai pu décrocher mon premier emploi comme évaluatrice de langue. J’ai ensuite occupé un poste de chargée de projet, puis j’ai accédé à un poste de gestionnaire dans un établissement d’enseignement francophone. Je suis fière de vivre et de travailler en français dans un environnement bilingue.

Jonathan Mpunge

Image de Jonathan Mpunge

Lieu de résidence : Moncton (Nouveau-Brunswick)
Pays d’origine : Congo

J’ai vécu les six premières années de ma vie dans trois différents pays. Nous avons fui mon pays natal, le Congo, à cause de la guerre. Lorsque j’ai mis pied à Moncton, en 2002, les liens se sont tissés plus rapidement que je ne m’y attendais. Je me suis fait accueillir comme un ami qui revient de vacances. Au Nouveau-Brunswick, j’ai grandi dans un milieu où la diversité culturelle est appréciée et où l’on est fier de s’exprimer dans la langue officielle de son choix sans être jugé. Même par notre musique, nous sommes libres de nous exprimer en français. Je suis Congolais par le sang, Canadien par adoption, Acadien par choix et francophone de par ma nature. Je suis fier d’être un Canadien.

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