Le Canada, terre d’asile

Que veut dire le mot « réfugié »?

Il n’est évidemment pas facile de définir le mot « réfugié ». Dans sa plus simple expression, un réfugié est une personne qui fuit son pays d’origine de peur d’y être persécutée ou de subir de mauvais traitements, en particulier de la part de son gouvernement. Le changement politique, la perception du public et l’histoire ont toutefois des incidences sur cette signification. Selon Citoyenneté et Immigration Canada et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, les réfugiés sont des personnes qui ont été contraintes de quitter leur pays et qui ont peur d’y retourner en raison d’une guerre, de la violence ou de persécutions fondées sur la race, la religion, la nationalité, l’opinion publique ou l’adhésion à un groupe social particulier.

Naviguez dans l’exposition pour mieux connaître l’histoire des réfugiés au Canada.

  • 1770 – 1779

    Les quakers


    Réunion de quakers (avec la permission de la Library of Congress Prints and Photographs Division/USZ62-5808).

  • Les années 1770 : En tant que réfugiés de la Révolution américaine, les quakers se sont établis dans ce qui est aujourd’hui le sud de l’Ontario. Persécutés en Angleterre pour leurs croyances religieuses, bon nombre de quakers avaient migré vers l’Amérique du Nord, où William Penn a fondé la Pennsylvanie. Dans les années 1820, des quakers commencèrent à arriver en Amérique du Nord britannique en provenance de l’Angleterre et de l’Irlande. Au début du XXe siècle, plusieurs établissements quakers sont fondés dans l’Ouest du Canada. Proprement appelés la Société religieuse des amis, les quakers sont un groupe chrétien qui a vu le jour dans la tourmente religieuse qui s’était emparée de l’Angleterre puritaine au milieu du XVIIe siècle. Quaker est un nom dérisoire donné au fondateur George Fox, après qu’il eut dit à un juge qu’il devrait trembler devant la Parole du Seigneur. Les quakers sont des pacifistes qui croient en la justice sociale et au secours international. En 1947, les organismes internationaux d’aide sociale de la Société des amis se sont vu décerner le Prix Nobel de la paix pour les secours prodigués et le travail de réconciliation réalisé après la guerre.

  • 1770 – 1779 (suite)

    Les loyalistes


    Loyalistes de l’Empire-Uni arrivant au Canada à l’emplacement de Saint John, au Nouveau‑Brunswick, 1783 (toile de John David Kelly; avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-1829).

  • 1775-1812 : Des colons américains de diverses origines ethniques qui ont pris fait et cause pour la Couronne britannique lors de la Révolution américaine ont été les premiers réfugiés politiques à se rendre en Amérique du Nord britannique (Canada). Ces « Loyalistes » étaient des sujets britanniques qui s’étaient établis dans les treize colonies fondatrices. La Grande-Bretagne entendait par là les personnes qui étaient nées ou qui vivaient dans les colonies américaines au moment où la Révolution a éclaté, qui avaient grandement servi la cause royale pendant la guerre et qui avaient quitté les États-Unis à la fin de la guerre ou peu après. À l’époque, il était dangereux d’exprimer sa sympathie à l’endroit de la Couronne : ceux qui défiaient les forces révolutionnaires se voyaient privés de leurs droits civils, pouvaient être attaqués par la foule ou jetés en prison. Tous les États ont finalement taxé les biens des loyalistes ou les ont confisqués. Quelque 70 000 loyalistes se sont rendus en Amérique du Nord britannique, la majorité s’étant établie en 1783 et 1784, et ont prêté serment d’allégeance au roi George III.

  • 1780 – 1789

    Les loyalistes noirs


    Famille de loyalistes noirs près du bassin de Bedford, en Nouvelle-Écosse, date inconnue (toile de Robert Petley; avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-115424).

  • 1783–1785: Des milliers d’Afro-américains – « des loyalistes noirs » – se sont joints aux dizaines de milliers de réfugiés américains qui avaient appuyé la cause britannique pendant la Révolution américaine, attirés vers le nord par la promesse de « la liberté et d’une ferme ». La plupart étaient des esclaves en fuite. On les avait encouragés à se battre contre les Américains au sein de régiments britanniques. Parmi les loyalistes qui se sont rendus en Amérique du Nord britannique, on dénombrait quelque 3 000 Afro-américains qui se sont rendus en Nouvelle-Écosse et se sont établis près de Shelburne, Digby, Chedabucto et Halifax. Près de la moitié d’entre eux se sont d’abord rendus à Shelburne, en quête d’un endroit où vivre de façon indépendante sur sa propre terre, à l’abri de tout préjudice. Les Britanniques promettaient en effet 100 acres pour chaque chef de ménage et 50 acres de plus pour chaque membre de la famille, auxquels s’ajoutaient des provisions.

  • 1780 – 1789 (suite)

    Sir Guy Carleton


    Sir Guy Carleton, date inconnue (artiste inconnu; avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-2833).

  • 1783: Sir Guy Carleton, premier baron Dorchester, gouverneur de la province de Québec, était commandant en chef britannique à New York en 1782-1783. Il a refusé de procéder à l’évacuation avant que les réfugiés loyalistes aient été envoyés en lieu sûr et s’est tourné vers la Nouvelle-Écosse comme endroit convenable où les y réinstaller. Il a organisé le transport de 35 000 réfugiés. Certains se sont établis à Québec, et d’autres à Kingston et Adolphustown, Ontario. L’accord de paix conclu à la suite de la Révolution américaine stipulait que les Britanniques se retireraient sans prendre avec eux ni Afro-américains ni biens pillés. Carleton a déterminé que les anciens esclaves qui s’étaient vu accorder la liberté avant le traité ne pouvaient être considérés comme la propriété de quiconque et étaient exemptés du traité. Les Américains n’étaient pas d’accord, mais ont accepté après que Carleton leur eut promis de les dédommager. Il a mis sur pied une commission d’enquête afin d’entendre les litiges liés aux proclamations de liberté et a consigné les noms et les anciens propriétaires d’esclaves libérés dans ce qui est maintenant connu sous le nom de Book of Negroes de Carleton.

  • 1780 – 1789 (suite)

    Reconnaissance des premiers loyalistes


    Signature de sir Guy Carleton (domaine public).

  • Le 9 novembre 1789 : Sir Guy Carleton, premier baron Dorchester, gouverneur de la province de Québec, a manifesté une reconnaissance particulière à l’endroit des « premiers loyalistes » en les distinguant des autres loyalistes et colons, tels que les loyalistes de Simcoe ou les « loyalistes tardifs ». Il a proclamé que les loyalistes devraient être autorisés à adjoindre les lettres UE (Unity of Empire) à leur nom, « faisant allusion à leur grand principe, l’unité de l’Empire ». C’est ainsi que l’expression « loyaliste de l’Empire-Uni » est entrée dans l’usage. Approuvée par le Conseil de la ville de Québec, la résolution de Dorchester, définissait les loyalistes de l’Empire-Uni comme ceux « qui avaient adhéré au principe de l’unité de l’Empire et s’étaient ralliés à l’étendard royal en Amérique avant le Traité de séparation de 1783 ». Le terme a d’abord été appliqué aux colonies canadiennes et n’a été officiellement reconnu dans les Maritimes qu’au XXe siècle.

  • 1830 – 1860

    Les Polonais fuient l’Europe de l’Est


    L’attaque russe à Varsovie, 1831 (toile de Georg Benedikt Wunder; avec la permission de la Bibliothèque nationale numérique, Pologne).

  • 1830–1910 : Des milliers de Polonais ont fui l’Europe de l’Est après que la Russie, la Prusse et l’Autriche eurent annexé la Pologne en 1793, ouvrant ainsi une période d’occupation brutale et d’oppression. En 1831, un soulèvement polonais contre la Russie fut brutalement écrasé, et un grand nombre de Polonais ont fui vers le Canada afin d’échapper à des représailles économiques, politiques et militaires. Bon nombre de ces réfugiés polonais ont pris part aux combats lors de la Rébellion du Bas-Canada de 1837, en mettant de manière décisive leur expérience politique et militaire au service de la campagne britannique dans cette province. Lors de la seconde moitié du XIXe siècle, les Polonais ont continué de venir au Canada en quête d’une vie meilleure et bon nombre sont devenus des hommes d’affaires, des politiciens, des agriculteurs et des artisans prospères dans l’Est et le Centre du Canada. Pendant la première décennie du XXe siècle, on a assisté à la plus importante vague d’immigration de réfugiés polonais vers le Canada et en 1910, les Polonais ne représentaient pas moins de 0,5 pour cent de la population canadienne.

  • 1830 – 1860 (suite)

    Le Chemin de fer clandestin


    La course vers la liberté : des esclaves en fuite, vers 1862 (toile d’Eastman Johnson; avec la permission du Brooklyn Museum).

  • 1840–1860 : Le chemin de fer clandestin était un réseau informel de refuges sécuritaires et de personnes qui aidaient les esclaves en fuite des États-Unis à se rendre dans des États libres ou vers le Canada. Bien que la plupart des esclaves en fuite soient demeurés dans les États libres du Nord américain, quelque 30 000 sont parvenus au Canada. Ce « chemin de fer » a été opérationnel de 1840 à 1860 environ. En fait, il ne s’agissait pas d’un chemin de fer, mais bien d’une série de refuges sécuritaires ou de « stations » dont les soi-disant conducteurs ou agents veillaient à l’arrivée à destination sains et saufs des « bagages » (c’est-à-dire, des fugitifs). Tout au long de ce chemin de fer, les gens communiquaient par codes, souvent en chansons afin de transmettre des messages sans qu’ils ne soient détectés. C’est à la suite de l’adoption de la loi américaine dite Fugitive Slave Act en 1850, qui autorisait les chasseurs d’esclaves à poursuivre les fugitifs jusqu’en terre libre, que le système a atteint sa plus grande efficacité. Cette loi s’est traduite par de multiples efforts pour kidnapper les fugitifs qui étaient au Canada afin qu’ils soient remis à leurs propriétaires sudistes.

  • 1870 – 1899

    Les réfugiés juifs à la fin du 19e siècle


    Des réfugiés : la famille Loeffler, à Edenbridge, en Saskatchewan, vers les années 1920 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-027525).

  • 1870-1914 : À la fin du XIXe siècle, des milliers de juifs européens sont venus au Canada afin d’échapper à la persécution religieuse, à la révolution et aux changements socio-économiques découlant de l’industrialisation. La première vague de réfugiés juifs est venue d’Allemagne à la suite de l’échec des révolutions de 1848. La seconde vague est venue de la région du Pale, une région de l’Europe de l’Est et de la Russie qui comptait une importante population juive. Les bouleversements sociaux et politiques qu’a connus cette région entre 1881 et 1914 ont donné lieu à une exacerbation de l’antisémitisme et les Juifs ont été confrontés à des restrictions plus sévères de leurs droits à la mobilité et de leurs libertés économiques. Au tournant du XXe siècle, les Juifs d’Europe se rendaient au Canada par milliers, cherchant un asile politique, religieux et social. L’année où l’immigration juive a été la plus importante a été 1914, alors que 18 000 réfugiés, la plupart des artisans, des petits commerçants et des travailleurs non qualifiés, sont arrivés au Canada.

  • 1870 – 1899 (suite)

    Les réfugiés italiens à la fin du 19e siècle


    Photo de groupe prise lors d’un souper donné pour les réservistes italo-canadiens par les femmes de la Société de la Croix-Rouge italienne, Toronto, vers 1915 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-91122).

  • 1871-1914 : Après une longue période d’unification marquée par le trouble et l’agitation dans la première moitié du XIXe siècle, l’Italie a été ravagée par la guerre puis a mené à grand-peine des efforts de reconstruction. Les réformes mises en œuvre par l’État ont contraint bon nombre d’Italiens des régions rurales et agricoles à quitter leurs terres et après 1871, 150 000 Italiens sont venus au Canada où ils cherchaient refuge contre les bouleversements politiques, économiques et sociaux. Ces réfugiés étaient d’abord saisonniers, travaillant au Canada en tant que journaliers, puis retournaient en Italie afin de pourvoir aux besoins de leurs familles. Bon nombre de ces travailleurs italiens ont contribué à la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique. Vers la fin du XIXe siècle, la promesse d’une meilleure vie a toutefois encouragé des dizaines de milliers de familles italiennes à migrer vers les centres urbains du Canada où elles ont établi des communautés durables d’un bout à l’autre du pays.

  • 1870 – 1899 (suite)

    Les réfugiés ukrainiens au tournant du 20e siècle


    Des immigrants galiciens (ukrainiens) à Québec, vers 1911 (photographie de W. J. Topley; avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-10401).

  • 1891-1914 : Cherchant refuge contre le servage et la brutalité du pouvoir autrichien, 170 000 paysans ukrainiens sont venus au Canada entre 1891 et 1914. Attirés par une publicité gouvernementale qui promettait 160 acres de terres agricoles et des libertés politiques, religieuses et sociales, les fermiers ukrainiens ont joué un rôle important dans le peuplement des provinces des Prairies canadiennes. Ce qui n’était d’abord qu’un mince flux d’immigration dans les années 1890 s’est bientôt transformé en un important courant d’immigration au début du XXe siècle. En 1913, 22 500 Ukrainiens sont arrivés au Canada, représentant six pour cent de l’ensemble de l’immigration canadienne. Presque tous les Ukrainiens venus au Canada pendant cette période sont devenus des agriculteurs, qui ont établi des communautés durables dans le centre du Canada.

  • 1870 – 1899 (suite)

    Le paquebot Lake Huron


    Des Doukhobors à bord du SS Lake Huron, vers 1899 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-5628)

  • Le 20 janvier 1899 : Après un voyage d’un mois en provenance de la Russie, le navire à vapeur Lake Huron a accosté à Halifax avec plus de 2 100 passagers à bord, le premier contingent de Doukhobors à immigrer au Canada afin d’échapper au conflit religieux qui faisait rage avec le gouvernement tsariste et l’Église orthodoxe russe. À l’arrivée du dernier des quatre navires le 6 juin 1899, environ 7 500 Doukhobors étaient parvenus au Canada. Les Doukhobors ont vu le jour au XVIIIe siècle, alors qu’ils renoncent au rituel d’adoration des icônes de l’Église, d’où leur nom original « Ikono-bortsi » (« lutteurs contre les icônes »). Un archevêque orthodoxe les a appelés doukhobors (« lutteurs de l’Esprit Saint ») signifiant par là « lutteurs contre le Saint Esprit », mais le groupe a adopté ce nom, l’interprétant comme « lutteurs pour l’Esprit et avec l’Esprit ». Ils cherchaient à fuir la Russie au moment même où le Canada avait besoin d’agriculteurs pour peupler les Prairies. Le ministre de l’Intérieur du Canada, Clifford Sifton, a accepté de donner des terres aux Doukhobors dans le territoire actuel de la Saskatchewan et de les exempter du service militaire.

  • 1900 – 1939

    Les réfugiés ukrainiens au début du 20e siècle


    Battage sur la propriété familiale rurale des Zahara, à Rycroft, en Alberta, vers les années 1920 (avec la permission du Glenbow Museum Archives/NA-3237-5).

  • 1919-1939 : Après la Première Guerre mondiale, l’Ukraine s’est trouvée engagée dans une âpre lutte pour l’indépendance. L’invasion soviétique, l’occupation qui s’en est suivi et l’établissement ultérieur de la République socialiste soviétique d’Ukraine en 1919 ont entraîné des remous et un tumulte social et économique dans la région. Des milliers d’Ukrainiens ont fui vers le Canada, cherchant refuge contre l’oppression religieuse et politique et fuyant les ravages de la guerre civile. En 1932, une importante et dévastatrice famine, appelée l’« Holodomor » a sévi en Europe de l’Est, contraignant un nombre encore plus important d’Ukrainiens à chercher la sécurité et la prospérité dans les Prairies canadiennes.

  • 1900 – 1939 (suite)

    Les réfugiés mennonites dans les années 1920


    Traversier sur la rivière Rouge, 1927 (collection H. H. Hamm, avec la permission des Archives provinciales du Manitoba/166-254).

  • 1923-1930. Quelque 20 000 réfugiés mennonites sont entrés au Canada pendant les années 1920 après que le gouvernement canadien eut appuyé les efforts de cette communauté afin qu’elle puisse échapper à la famine et aux séquelles de la Révolution russe. Les mennonites représentent un groupe culturel religieux établi à la faveur du mouvement anabaptiste pendant la Réforme protestante du XVIe siècle. En Allemagne du Nord et aux Pays-Bas, Menno Simons était un chef influent du mouvement anabaptiste. Ses disciples se sont fait connaître sous le nom de mennonites. Persécutés pour leurs croyances pacifiques, ils se dispersent dans toute l’Europe et se rendent finalement en Amérique du Nord. Lors de la première vague d’immigration vers le Canada, 2 000 mennonites suisses de la Pennsylvanie sont arrivés dans le Haut-Canada vers 1776, durant et après la Révolution américaine. Dans les années 1870, les politiques de russification du gouvernement russe ont amené 18 000 mennonites hollandais à fuir en Amérique du Nord, environ 7 000 d’entre eux ayant choisi de s’établir dans le sud du Manitoba après qu’on leur eut promis des terres, l’autonomie culturelle et l’exemption du service militaire.

  • 1940 – 1949

    Les Ukrainiens et la deuxième guerre mondiale


    Femmes de pionniers ukrainiens, à Val-d’Or, au Québec, vers les années 1940 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-027486).

  • 1945–1952 : Après la Seconde Guerre mondiale, des millions d’Ukrainiens déplacés ont cherché refuge en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord. Entre 1945 et 1952, de 35 000 à 40 000 Ukrainiens se sont établis au Canada, en grande partie à la suite des pressions exercées par les Canado-Ukrainiens qui s’y étaient rendus plus tôt en tant que réfugiés au début du XXe siècle. À la différence des précédentes vagues d’immigration ukrainienne, ceux qui sont venus au Canada peu après la Seconde Guerre mondiale ont eu tendance à graviter autour des centres urbains du Québec et de l’Ontario plutôt que des Prairies. L’immigration ukrainienne vers le Canada a atteint un sommet en 1949, et en 1951 on dénombrait près de 400 000 Ukrainiens au Canada, lesquels ont contribué de façon importante à façonner la culture de la nation.

  • 1940 – 1949 (suite)

    Personnes déplacées


    Humphrey Mitchell, ministre du Travail, accueille deux enfants déplacés au Centre d’accueil de Saint-Paul-l’Ermite, à leur arrivée au Canada en provenance d’Allemagne, vers 1948 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-049400).

  • 1947–1952: Après l’Holocauste et la Deuxième Guerre mondiale, des centaines de milliers de personnes qui avaient été détenues dans les camps de concentration nazis ont dû être réinstallées ailleurs. Bon nombre de ces personnes, dites déplacées, n’étaient pas en mesure de retourner dans leur pays d’origine pour des raisons politiques, économiques et sociales, ou n’étaient pas disposées à le faire. De 1947 à 1953, le Canada a admis plus de 165 000 personnes déplacées en provenance de l’Europe. Au même moment, l’Union Soviétique commençait à mettre en place des gouvernements communistes dans bon nombre de pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est, procédant souvent à une épuration parmi les anciens dirigeants des gouvernements, des entreprises et de la vie publique. En raison de la surpopulation, des conditions économiques difficiles qui régnaient et des menaces que représentaient le communisme et l’occupation soviétique, des milliers de réfugiés et de personnes déplacées sont venus au Canada. Ces nouveaux venus avaient été activement sollicités par le gouvernement canadien puisqu’ils comblaient des pénuries sur les marchés du travail industriel et agricole canadiens.

  • 1940 – 1949 (suite)

    Palestiniens devenus personnes déplacées


    Famille de réfugiés palestiniens, vers 1948-1950 (avec la permission du Middle East Centre Archives, Collège St Anthony’s, Oxford/1-15011-3).

  • 1947–1950 : En 1947, les Nations Unies ont voté de morceler la Palestine sous mandat britannique entre les Juifs et les Palestiniens. Suivant la guerre israélo-arabe de 1948, un certain nombre de Palestiniens sont devenus des personnes déplacées. En 1949, quelques milliers d’entre eux sont venus au Canada afin de trouver refuge et de se réinstaller.

  • 1950 – 1959

    Convention relative au statut des réfugiés


    Délégués à la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 (avec la permission des Archives des Nations Unies).

  • 1951 : Les Nations Unies adoptent la Convention relative au statut des réfugiés. Il s’agit d’un accord international définissant qui est réfugié et énonçant les protocoles qui régissent la relation entre les réfugiés et leur nation d’accueil. Elle est entrée en vigueur en 1954 afin de prendre des mesures concernant les réfugiés et personnes déplacées par suite de la Deuxième Guerre mondiale, et elle a été élargie en 1967 afin d’inclure les réfugiés d’autres parties du monde confrontés à un éventail plus large de troubles sociaux, économiques, politiques et religieux. À la différence des États-Unis, le Canada a signé les deux traités. Finalement, les Nations Unies ont déterminé qu’un réfugié était une personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

  • 1950 – 1959 (suite)

    Les réfugiés juifs entre 1950 et 1970


    Immigrants juifs arrivant à Toronto en provenance du Maroc, vers 1967 (avec la permission de l’Ontario Jewish Archives/fonds 9, série 12, pièce 6).

  • 1950–1970 : Dans les décennies ayant suivi l’Holocauste et la Deuxième Guerre mondiale, l’immigration juive vers le Canada s’est poursuivie. La première vague a eu lieu entre 1947 et 1952 alors qu’environ 34 000 Juifs sont venus d’Europe, le tiers étant des personnes déplacées, victimes du nazisme. En 1957, plus de 6 000 juifs ont fui l’Europe pour se rendre au Canada. À la fin des années 1950, des milliers de Juifs sépharades d’Afrique du Nord, principalement des francophones du Maroc, sont également venus au Canada et se sont établis principalement dans le sud du Québec. À la fin des années 1960 et dans les années 1970, un nombre encore plus grand de juifs en provenance de l’Europe de l’Est sont venus au Canada, en particulier de la Hongrie, de la Pologne et de la Russie, fuyant l’antisémitisme et des conditions économiques difficiles.

  • 1950 – 1959 (suite)

    La révolution hongroise


    Un interprète des services d’immigration aide les réfugiés hongrois à Halifax, vers les années 1950 (ministère de la Main-d’œuvre et de l’Immigration, avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-181009).

  • 1956 : En 1947, un gouvernement communiste est mis en place en Hongrie sous le contrôle de l’Union Soviétique. Au début des années 1950, les Soviétiques continuaient de dominer la Hongrie sur les plans économique, politique et social et les conditions de vie y étaient devenues insupportables pour certains. En 1956, la Révolution hongroise éclate et tente de libérer le pays du contrôle soviétique. Après une période de combats acharnés, l’Union Soviétique écrase brutalement le soulèvement et sévit durement contre tous ceux qui y ont participé. Des milliers de Hongrois fuient la région, et quelque 37 000 viennent au Canada.

  • 1950 – 1959 (suite)

    La révolution culturelle chinoise


    Canadiens d’origine chinoise célébrant la fête du Canada à Toronto (collection Winnie Ng, avec la permission de la Multicultural History Society of Ontario, G-15-33).

  • 1958–1966 : Pendant cette période, la Chine est en pleine révolution culturelle, une période de profonde transformation sociale, économique et politique dirigée par Mao Zedong. Des millions de citoyens chinois sont alors la cible de mesures discriminatoires, sont emprisonnés ou tués alors que Mao tente de transformer rapidement le pays en une nation socialiste à vocation agricole. Des milliers ont fui la Chine afin d’échapper aux persécutions, à la famine et à un niveau de vie très bas. En 1962, le Canada a reformulé sa politique d’immigration afin d’accepter davantage de groupes raciaux non européens, en particulier ceux en provenance de l’Asie. Cette année-là, 100 familles de réfugiés chinois de Hong Kong sont admises au Canada. À la faveur de ces nouvelles politiques d’immigration, le nombre de réfugiés chinois, attirés par la sécurité et la prospérité qu’offre le Canada, a augmenté de plus de 60 % pendant les années 1960.

  • 1960 – 1969

    La première Déclaration des droits du Canada


    Le premier ministre John Diefenbaker présentant la Déclaration canadienne des droits, à Ottawa, en Ontario, le 5 septembre 1958 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-112659).

  • 1960 : Le premier ministre John Diefenbaker, dont le grand-père était un réfugié allemand des guerres napoléoniennes, fait adopter la première Déclaration des droits du Canada. Promulguée pendant une période de vaste réforme sociale et dans un esprit d’indépendance nationale, la Déclaration des droits était une charte fédérale qui reconnaissait et protégeait les droits humains et les libertés fondamentales des Canadiens. Elle a formellement inscrit dans la législation le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle et reconnu pour les Canadiens la liberté de parole, de réunion et d’association. Elle exprime également le respect du Canada pour la dignité et la valeur de la personne humaine et son respect des valeurs morales et spirituelles quels que soient la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’identité nationale. La Déclaration des droits de 1960 a jeté les bases qui ont permis de créer en 1982 la Charte des droits et libertés.

  • 1960 – 1969 (suite)

    Le printemps de Prague en 1968


    Chars d’assaut soviétique se déplaçant dans le centre-ville de Prague lors de l’occupation de la capitale tchèque, le 21 août 1968 (avec la permission de Canadian Press Images).

  • 1968–1969 : En 1948, l’Union Soviétique met en place un gouvernement communiste répressif en Tchécoslovaquie. En 1968, un conflit éclate alors que les dirigeants tchèques tentent de libéraliser le pays et de lever certains éléments du contrôle soviétique. Pendant ce que l’on a baptisé comme le Printemps de Prague de 1968, la Tchécoslovaquie cherche à recréer « un socialisme à visage humain ». Craignant l’effet domino dans d’autres pays communistes de l’Europe de l’Est, l’Union Soviétique envahit la Tchécoslovaquie au moyen de soldats et de chars d’assaut afin d’écraser la révolution. Quelque 12 000 réfugiés tchèques fuient alors vers le Canada afin d’échapper aux sanctions et représailles soviétiques. Bon nombre de ces réfugiés ont été autorisés à entrer au pays sans posséder de compétences précises ni connaître l’anglais, illustrant à la fois l’humanitarisme et la position du Canada pendant la Guerre froide qui caractérisait alors les relations mondiales.

  • 1960 – 1969 (suite)

    Le Canada signe la Convention relative au statut des réfugiés des Nations Unies


    Véhicule des Nations Unies à Kigali, au Rwanda, dépassant des groupes de réfugiés en chemin vers les camps, août 1994 (photographie de Ryan Remiorz, avec la permission de Canadian Press Images)

  • Le 4 juin 1969 : Le Canada signe la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés des Nations Unies et son protocole de 1967, acceptant de ne pas renvoyer dans leur pays d’origine les personnes qui ont des motifs de craindre d’y être persécutées. La Convention était le texte de loi clé définissant les personnes devant être considérées comme des réfugiés, ainsi que leurs droits et les obligations des États à leur endroit. Le protocole levait les restrictions géographiques et temporelles de la Convention. La signature de cette convention est presque passée inaperçue et n’a pas été signalée dans les médias. Il s’agissait toutefois d’un tournant décisif dans l’histoire des réfugiés canadiens puisqu’elle a créé les conditions qui ont valu au Canada la réputation d’être un chef de file mondial en matière de protection des réfugiés.

  • 1970

    Les réfugiés chiliens des années 1970


    La famille Enriquez et d’autres Chiliens, qui s’étaient réfugiés quelques mois plus tôt à l’ambassade du Canada, ont été transportés par voie aérienne à Toronto à partir de Santiago, au début de 1974, par les Forces canadiennes (avec la permission de la Multicultural History Society of Ontario).

  • Les années 1970 : Entre 1970 et 1973, le Chili tente d’instaurer par voie démocratique un régime socialiste sous le leadership de Salvador Allende. Craignant la propagation du socialisme et du communisme au Chili et dans d’autres pays d’Amérique du Sud, les militaires chiliens renversent le gouvernement Allende en 1973. À la suite d’un coup d’État militaire sous le leadership du général Augusto Pinochet, ils abolissent les réformes socialistes et instaurent une dictature capitaliste. Pendant plus d’une décennie, le Chili connaît une période de répression politique brutale, de turbulences économiques et de restrictions sociales. Entre 1973 et 1978, près de 13 000 Chiliens ont fui vers le Canada afin d’échapper aux persécutions et au pouvoir autoritaire du général Pinochet. En 1978, l’immigration chilienne au Canada représentait près de 2,5 pour cent de l’ensemble de l’immigration au Canada.

  • 1970 (suite)

    Les réfugiés juifs soviétiques


    Familles de réfugiés soviétiques juifs à la gare de Vienne (photographie de Nathan Benn, avec la permission de Corbis).

  • 1970–1990 : Privés de liberté politique et religieuse sous les régimes communistes de l’Union Soviétique et des autres pays du Pacte de Varsovie de l’Europe de l’Est, 250 000 juifs fuient vers l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord. Entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, 20 000 réfugiés juifs soviétiques se sont établis au Canada, principalement dans les centres urbains du Québec et de l’Ontario. Privés de la liberté de culte sous les régimes communistes, ces groupes d’immigrants juifs ont éprouvé des difficultés à s’intégrer pleinement et à harmoniser leurs pratiques avec celles des communautés juives canadiennes existantes. Aujourd’hui, le Canada compte la quatrième communauté juive en importance au monde.

  • 1971 – 1975

    La guerre de libération du Bangladesh


    Neer Hasim, ses quatre filles, sa femme et sa mère, réfugiés du Myanmar, en route vers le Canada (photographie de K. McKinsey, avec la permission du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés).

  • 1971 : Entre 1955 et 1971, une situation conflictuelle perdure entre musulmans du Pakistan Occidental et ceux du Pakistan Oriental, lesquels ne parviennent pas à s’entendre sur le système de représentation politique et sur le régime économique. Après une série d’élections contestées, la guerre de libération du Bangladesh éclate entre les deux États en 1971. Les troupes du Pakistan occidental tentent de supprimer le Pakistan oriental en prenant le contrôle des villes. Confrontée à la résistance de la population, l’armée procède à une série de massacres et d’atrocités au plan des droits humains. Alors que le Pakistan oriental obtient son indépendance en 1971, devenant le nouvel État du Bangladesh, plusieurs milliers craignent les persécutions et l’instabilité économique après la guerre. D’abord, seules quelques centaines de Bengalis fuient vers le Canada, mais entre 1971 et 1986, plusieurs centaines de plus rejoignent les membres de leur famille au Canada.

  • 1971 – 1975 (suite)

    Le programme des réfugiés tibétains


    La famille Lektsog, avec Pema (à gauche), son père, Tenpa, et sa mère, Tseten, arrivée au Canada en 1971 (photographie de Bernard Weil, avec la permission du Toronto Star).

  • 1971–1972 : Le Canada admet 228 Tibétains de l’Inde et du Népal dans le cadre du programme des réfugiés tibétains. Ces personnes, et les Tibétains qui ont par la suite immigré au Canada, étaient des réfugiés fuyant leur patrie après que la Chine l’eut occupée en 1949, contraignant le Tibet à céder devant l’autorité chinoise. L’invasion culmine lors du soulèvement tibétain contre les forces d’occupation en 1959 et la mort de plus d’un million de Tibétains. Ils deviennent ainsi liés aux communautés de réfugiés tibétains en Asie, en Europe et dans toute l’Amérique du Nord. Devant l’écrasement du soulèvement, le Dalaï-Lama fuit en Inde en mars 1959. L’afflux de Tibétains en Inde et dans d’autres pays se poursuit après l’exode initial, exerçant des pressions sur les ressources de l’Inde et, en 1967, le Dalaï-lama fait appel à la communauté internationale afin qu’elle accepte des réfugiés tibétains.

  • 1971 – 1975 (suite)

    Les réfugiés ougandais d’origine asiatique


    Immigrants asiatiques montant à bord d’un avion à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda, vers 1972 (collection Roger St. Vincent, avec la permission de l’Administration centrale de Citoyenneté et Immigration Canada).

  • 1972–1973: À la suite de l’expulsion de l’Ouganda d’Asiatiques, principalement des musulmans de la communauté ismaélienne, par Idi Amin le 4 août 1972, près de 6 000 Ougandais d’origine asiatique ont été amenés au Canada. Amin accusait la politique coloniale de la Grande-Bretagne d’être à l’origine de la domination par les Asiatiques du commerce et des affaires en Ouganda. Déclarant que l’indépendance politique devrait mener à l’indépendance économique, il a expulsé tous les Asiatiques qui n’étaient pas des citoyens ougandais, soit quelque 80 000 personnes, dont la majorité était titulaire d’un passeport britannique, leur accordant 90 jours pour quitter le pays. En réponse à un appel urgent du gouvernement britannique, le gouvernement canadien a accepté d’accueillir 5 000 de ces réfugiés. Le Canada a ouvert une mission diplomatique spéciale à Kampala afin de traiter les demandes, et des comités financés par le fédéral mis sur pied dans diverses villes canadiennes ont coordonné la réinstallation des réfugiés. En octobre et novembre 1972, le Canada a accueilli 4 420 réfugiés ougandais d’origine asiatique, qui sont arrivés par transport aérien d’urgence. Entre janvier et juin 1973, 1 278 réfugiés de plus ont suivi.

  • 1971 – 1975 (suite)

    Les réfugiés de l’ancienne Indochine


    Réfugié vietnamien arrivant gaiement à Edmonton, en Alberta, le 14 août 1979 (photographie de Bill Brennan, avec la permission de Canadian Press Images).

  • 1975–1980 : Après la guerre du Vietnam, le Canada a accepté des réfugiés et des immigrants qui ont fui les communistes au moment de la chute de Saigon le 30 avril 1975. On estime que plus d’un million de personnes ont ce printemps-là quitté le Vietnam, le Laos et le Cambodge (les trois pays qui formaient auparavant l’Indochine). Bon nombre d’entre eux ont tenté de s’échapper par la mer de Chine occidentale en empruntant de petits bateaux vulnérables aux attaques de pirates et mal équipés pour de longs voyages en mer. On les appelait « boat people » ou réfugiés de la mer. La plupart se sont retrouvés dans des camps de réfugiés infects en Thaïlande et en Malaisie, cherchant désespérément un endroit où aller, mais bon nombre d’entre eux se sont noyés et ceux qui ont touché terre n’ont pas reçu un accueil favorable. Le mouvement des réfugiés vers le Canada s’est intensifié en 1978 au moment où le Canada a annoncé qu’il offrirait l’asile à 600 personnes à bord du Hai Hong, un navire de charge vietnamien à qui le gouvernement de Malaisie avait refusé l’autorisation de s’arrimer. Le plus important afflux de réfugiés de la mer a eu lieu en 1979. En tout, le Canada a accepté plus de 60 000 d’entre eux.

  • 1976 – 1979

    La Loi sur l’immigration


    Bénévoles et participants à une activité organisée par l’Immigrant Settlement & Integration Services en - (avec la permission de l’Immigrant Settlement & Integration Services).

  • 1976 : Pendant les années 1970, en réponse à la nécessité croissante de trouver des terres d’accueil pour les populations migrantes et dans le contexte d’une politique restrictive qui n’avait pas été modifiée depuis 1962, la politique canadienne en matière d’immigration ainsi que la politique démographique ont été officiellement revues. La Loi sur l’immigration de 1976 (proclamée en 1978) a établi pour la première fois les objectifs fondamentaux de la politique d’immigration du Canada, posant la pierre angulaire d’une politique d’immigration moderne. Parmi les buts énoncés, mentionnons la promotion des buts démographiques, économiques, sociaux et culturels du Canada; la réunification des familles; l’absence de discrimination; le respect des obligations internationales du Canada relativement aux réfugiés; et la collaboration entre tous les échelons du gouvernement, de même qu’avec le secteur bénévole, afin de promouvoir l’adaptation des nouveaux arrivants à la société canadienne. Parmi les innovations que comportait cette loi, mentionnons une disposition obligeant le gouvernement à établir des cibles pour l’immigration et à consulter les provinces sur la planification et la gestion de l’immigration canadienne.

  • 1976 – 1979 (suite)

    Les réfugiés iraniens


    Mahin Shafei était une étudiante immigrante au Canada lorsque la révolution a éclaté en Iran. Elle a donc décidé de rester au pays (photographie d’Allen McInnis, avec la permission de The Gazette [Montréal]).

  • 1979 : Des réfugiés iraniens fuient l’Iran à la suite du renversement du shah pendant la Révolution islamique et l’imposition d’un régime islamique radical qui porte au pouvoir des mollahs (clergé islamique) à la ligne dure qui n’établissent aucune distinction entre vie politique et vie religieuse et imposent d’importantes restrictions aux femmes. Pour bon nombre d’Iraniens, la révolution était tout simplement le remplacement d’un groupe brutal par un autre, en dépit de la promesse de l’ayatollah Khomeini de libérer les Iraniens de la tyrannie du shah. Avant la révolution, les Iraniens avaient migré au Canada principalement pour des motifs liés à l’éducation ou pour des raisons économiques, mais depuis la révolution, ils l’ont fait en grande partie en tant que réfugiés, contre leur volonté et sous le coup de pressions, afin d’échapper à des conditions de vie désespérées et aux persécutions politiques ou religieuses.

  • 1980 – 1989

    Les réfugiés cambodgiens


    De nombreuses familles cambodgiennes sont venues au Canada pendant les années 1980 pour commencer une nouvelle vie au pays (photographie de Peter Turnley, avec la permission de Corbis).

  • Les années 1980 : Des Khmers du Cambodge fuient leur pays ravagé par la guerre afin de trouver refuge au Canada. Le Cambodge est de plus en plus affecté par la guerre du Vietnam. Pris au piège sous les feux croisés du Vietnam du Nord et du Vietnam du Sud, plus d’un million de Khmers sont contraints de quitter les zones rurales pour se rendre à Phnom Penh où des milliers se sont joints aux Khmers rouges communistes sous la direction de Pol Pot. Lorsque Phnom Penh tombe aux mains des Khmers rouges en 1975, Pol Pot amorce des réformes radicales afin de modifier la société traditionnelle en faisant participer chacun à la production rurale contrôlée par l’État. Il repousse la population de Phnom Penh vers les régions rurales. En trois ans, deux millions de personnes sont tuées, réduites à la famine ou touchées par la maladie. Le Vietnam envahit la région en 1979, chassant Pol Pot. Les fermes collectives s’effondrent. Certains commencent à regagner leurs foyers, mais quelque 40 000 fuient vers la Thaïlande. Ils sont contraints de retraverser la frontière jusqu’à ce que la Thaïlande cède aux pressions internationales et permette la création de camps du HCNUR. Le Canada commence à accepter des réfugiés cambodgiens en 1980.

  • 1980 – 1989 (suite)

    La Charte canadienne des droits et libertés


    La reine Elizabeth II donnant sa sanction royale à la Constitution modifiée, à Ottawa, en 1982 (photographie de Robert Cooper, avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-141503).

  • Le 17 avril 1982 : La Charte canadienne des droits et libertés, l’unique charte des droits enchâssée dans la Constitution canadienne, entre en vigueur. La Charte a joué un rôle important dans le débat entourant le rapatriement de la Constitution en 1981. Le but de la Charte des droits est de protéger le citoyen contre l’État et de protéger les minorités contre les majorités parlementaires. La Charte canadienne est globale, et porte sur divers domaines : droits fondamentaux, droits démocratiques, droits à la mobilité, garanties juridiques, droits à l’égalité et droits linguistiques. L’égalité entre les femmes et les hommes y est aussi expressément protégée par un article particulier de la Charte. Les droits et libertés des Autochtones ne sont pas touchés.

  • 1980 – 1989 (suite)

    Le Canada reçoit le Prix Nansen pour les réfugiés


    La médaille Nansen (avec la permission du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés).

  • Juin 1986 : Les Nations Unies décernent au peuple du Canada le Prix Nansen pour les réfugiés (anciennement connu sous le nom de médaille Nansen) pour « la contribution majeure et soutenue du peuple du Canada à la cause des réfugiés » (c’est-à-dire, des particuliers, familles, groupes de bénévoles, organismes communautaires et religieux et tous les échelons du gouvernement). Le Prix Nansen pour les réfugiés a été créé en 1954 et nommé d’après Fridtjof Nansen de Norvège, qui a été le premier Haut Commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations et récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 1922. Ce prix annuel est décerné à une personne ou à une organisation en reconnaissance de son service extraordinaire et dévoué à l’endroit des réfugiés. Il s’agit de la distinction honorifique la plus prestigieuse accordée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Le peuple canadien est le seul peuple à avoir été collectivement honoré de ce prix.

  • 1990 – 1999

    Les réfugiés au Canada à la fin du 20e siècle


    Une jeune fille qui vivait au camp de réfugiés de Dadaab à Nairobi, au Kenya, a été réinstallée au Canada avec sa famille dans l’espoir d’un avenir meilleur (avec la permission de Citoyenneté et Immigration Canada).

  • Les années 1990 : Dans les années 1990, des demandeurs d’asile étaient venus au Canada de partout dans le monde, en particulier de l’Amérique latine, de l’Europe de l’Est et de l’Afrique. Un demandeur d’asile est une personne qui réclame le statut de réfugié, mais dont la demande n’a pas été évaluée de manière définitive. Toute personne qui arrive au Canada peut demander le statut de réfugié à toute frontière, tout aéroport ou bureau d’immigration à l’intérieur du pays, même les personnes qui seraient refusées par d’autres pays, et leur demande sera examinée. La législation régissant ces demandes joue un rôle crucial en empêchant l’introduction de clandestins et l’abus à l’endroit du système d’octroi de l’asile, qui peuvent avoir des incidences négatives sur les personnes qui ont véritablement besoin de protection internationale.

  • 1990 – 1999 (suite)

    Les réfugiés rwandais


    Photographies de personnes assassinées lors du génocide au Rwanda (photographie de Radu Sigheti, avec la permission de l’agence Reuters).

  • 1991-1997 : Le Canada a accueilli 609 réfugiés rwandais qui ont fui le génocide des Tutsis perpétré par des extrémistes hutus. Le nombre approximatif de personnes tuées à l’occasion de ce génocide va de 500 000 à un million. Le Rwanda est un petit pays densément peuplé de l’Afrique centrale. Pendant des siècles, la majorité de la population était composée de deux tribus : les Hutus et la tribu dominante, mais minoritaire, les Tutsis. Le pays a été gouverné par la Belgique jusqu’en 1960, où un soulèvement des Hutus donne lieu à l’indépendance du Rwanda et le roi tutsi et ses adeptes quittent le pays, pendant que les troubles se poursuivent. Les efforts déployés par les Tutsis pour reprendre le Rwanda ont donné lieu à un regain de violence ethnique, laquelle s’est intensifiée considérablement au début des années 1990, donnant lieu à une guerre civile généralisée entre le gouvernement et le Front patriotique rwandais. En 1993, les Nations Unies ont entrepris des missions de maintien de la paix, la plus importante étant la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), au sein de laquelle le Canada a joué un rôle directeur.

  • 1990 – 1999 (suite)

    La guerre civile en Yougoslavie


    Des musulmanes prient, dans un camp de réfugiés en Bosnie, le 20 août 1992 (photographie de Pascal Le Segretain, avec la permission de Corbis).

  • 1992 : Le Canada admet 5 000 Bosniaques musulmans victimes de la guerre civile yougoslave, laquelle était caractérisée par la purification ethnique et des actes génocidaires. La Yougoslavie comprenait la Slovénie, la Croatie, la Bosnie et l’Herzégovine, la Serbie, et le Monténégro et la Macédoine, qui étaient habitées par trois groupes religieux : les chrétiens orthodoxes, les catholiques romains et les musulmans. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’unité du pays a été maintenue par le dictateur communiste Josip Tito qui avait fait taire les rivalités ethniques, sans toutefois les résoudre. Après sa mort en 1980, le pays commence à se décomposer. En 1991, Slobodan Milosevic arrive au pouvoir en exacerbant le nationalisme serbe et la guerre civile éclate au moment où la Bosnie déclare son indépendance. En avril 1992, les forces bosno-serbes ont commencé à s’emparer méthodiquement du contrôle de la plus grande partie possible du territoire, en particulier dans l’est de la Bosnie. Appuyés par les unités de l’Armée du peuple yougoslave, les gangs auto proclamés « Chetnik » ont recouru à des tactiques de terreur pour chasser les musulmans de leurs villages. Bon nombre de ces musulmans ont fui en tant que réfugiés vers Zepa, Srebrenica, Tuzla et Sarajevo et finalement vers le Canada.

  • 1990 – 1999 (suite)

    Les Albanais d’origine du Kosovo


    Réfugiés serbes dans un camp de réfugiés au Kosovo, à la frontière entre le Kosovo et la Macédoine, 1999 (photographie de Jacques Langevin, avec la permission de Corbis).

  • Du 4 au 23 mai 1999 : Au début de l’année 1998, la guerre civile entre les Serbes et les Albanais d’origine du Kosovo, Yougoslavie, s’est intensifiée. En dépit des pressions internationales exercées contre le président Slobodan Milosevic, il a institué une politique de purification ethnique à l’endroit des Albanais, contraignant l’OTAN à effectuer des frappes aériennes contre les forces militaires yougoslaves à la fin de mars 1999. La guerre civile a ainsi provoqué le déplacement de quelque 860 000 Kosovars de souche albanaise, et les Nations Unies ont lancé un appel à l’aide urgent. En réponse à la crise du Kosovo, le Canada a transporté vers des lieux sûrs quelque 5 500 réfugiés kosovars de souche albanaise dans le cadre d’une évacuation humanitaire d’urgence et de mesures d’établissement appelées Opération Parasol et menées en 1999.

  • 2000 – 2011

    Les réfugiés karens de la Thaïlande


    Un groupe de réfugiés du Myanmar dans la ville de Mae Sot, à la frontière de la Thaïlande, le 8 novembre 2010 (photographie de Chaiwat Subprasom, avec la permission de l’agence Reuters).

  • 2006 : À l’automne 2006, le Canada accepte un premier groupe de réfugiés karens de la Thaïlande composé de 810 personnes. La plus grande partie de la population karen vit au Myanmar, Birmanie, mais elle comprend également la plus importante des tribus des montagnes (Hill Tribes) du nord et de l’ouest de la Thaïlande, près de la frontière avec le Myanmar. Les luttes politiques et les persécutions sont une constante de l’histoire des Karens. Tout au long des années 1990 et 2000, les Karens ont fui leur patrie birmane par vagues. Bon nombre sont allés en Thaïlande où ils ont abouti dans des camps qu’ils ont été contraints de quitter sous la pression du gouvernement thaïlandais. Bon nombre ont été chassés de force. Le Canada a continué d’accueillir des réfugiés karens de la Thaïlande et a finalement permis la réinstallation de 3 900 d’entre eux.

  • 2000 – 2011 (suite)

    Les réfugiés bhoutanais


    Réfugiés bhoutanais au camp de réfugiés de Timai, au Népal, le 15 avril 2007 (photographie de Desmond Boylan, avec la permission de l’agence Reuters).

  • 2007 : Le Canada annonce la réinstallation de pas moins de 5 000 réfugiés bhoutanais dans un délai de cinq ans, un processus amorcé en 2008. Le Bhoutan est un pays montagneux situé entre la Chine et l’Inde. En 1930, sa population du sud comprenait 60 000 personnes d’origine népalaise qui étaient devenues citoyens en vertu de la première loi sur la citoyenneté du Bhoutan, promulguée en 1958. Dans les années 1980, le Bhoutan a adopté des mesures discriminatoires ciblant les personnes d’origine népalaise. La loi sur la citoyenneté de 1985 exigeait que les personnes du sud prouvent qu’elles y résidaient légalement en 1958. En 1989, tous les Bhoutanais étaient susceptibles d’être poursuivis en justice s’ils portaient autre chose en public que le costume nordique traditionnel; la langue népalaise était en outre supprimée de l’enseignement scolaire. Des manifestations publiques ont suivi dans les districts du sud et les participants ont été déclarés « antinationaux » par le gouvernement. En 1991, les Bouthanais du Sud ont commencé à fuir le pays alors que leurs passeports étaient confisqués, que les gens étaient expulsés de force vers des camps de réfugiés, et que leurs maisons étaient détruites.

  • 2000 – 2011 (suite)

    Réinstallation


    Panther Kuol, qui habite maintenant à Vancouver, est l’un des 26 000 « garçons perdus », des réfugiés du Soudan (photographie de Kevin P. Casey, avec la permission du Vancouver Sun).

  • 2010 : Des réfugiés de quelque 70 nationalités ont été réinstallés ou se sont vu accorder l’asile au Canada en 2010 seulement. Réinstallation est le terme utilisé par Citoyenneté et Immigration Canada pour décrire le processus légal en vertu duquel un réfugié est amené au Canada afin d’y vivre en tant que résident permanent. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres organisations de recommandation et groupes de parrainage privés désignent des réfugiés et recommandent qu’ils soient reconnus comme réfugiés afin d’être réinstallés au Canada. Citoyenneté et Immigration Canada recourt à deux processus juridiques, assortis de deux catégories de réfugiés – les réfugiés au sens de la Convention et la catégorie de personnes de pays d’accueil – aux fins de la réinstallation de réfugiés au Canada. Le Canada a accepté des personnes de partout dans le monde, y compris l’Afghanistan, le Bhoutan, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Pakistan, le Rwanda, la Somalie, le Soudan, la Thaïlande, le Vietnam et la Yougoslavie.

  • 2000 – 2011 (suite)

    La Loi sur des mesures de réforme équitables


    Des enfants réfugiés qui habitaient autrefois dans des campements improvisés font face à un avenir plus prometteur lorsqu’ils sont acceptés au Canada (avec la permission de Refugees International).

  • 18 mars 2011 : Le Canada annonce la Loi sur des mesures de réforme équitables qui a pour objet d’élargir ses programmes de réinstallation de réfugiés de 20 pour cent. Le gouvernement annonce son intention d’abroger la catégorie des personnes de pays source, qui s’appliquait uniquement aux personnes de pays énumérés dans le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés. Les changements à la liste nécessitaient des modifications réglementaires, un long processus, faisant de la catégorie des personnes de pays source un outil rigide qui empêchait le gouvernement de faire face à des situations d’urgence. Ce changement a l’avantage de permettre à Citoyenneté et Immigration Canada d’établir un nouvel ordre de priorité pour ses efforts et de mettre davantage l’accent sur le travail avec les Nations Unies et les réfugiés présentant les besoins les plus grands. Ces nouvelles mesures permettront au Canada de demeurer un chef de file mondial en matière de protection des réfugiés.

Musée virtuel

Musée virtuel de l’histoire des Noirs du Canada