Rapport sur les résultats : Consultation des intervenants et du public sur les niveaux d’immigration et la répartition des immigrants dans les catégories

Contexte

Lorsqu’il planifie le nombre total de personnes que le Canada peut accueillir à titre de résident permanent, CIC doit concilier ses objectifs en matière d’immigration avec plusieurs autres facteurs, dont les engagements généraux du gouvernement, les commentaires des provinces et des territoires ainsi que la conjoncture économique actuelle et projetée. Le Ministère doit également tenir compte de sa capacité de traiter les demandes rapidement, ainsi que de la capacité des collectivités d’accueillir de nouveaux arrivants.

En plus de constituer une occasion importante de recueillir les commentaires des intervenants et du public sur les enjeux clés pour CIC, les consultations permettent au Ministère de communiquer à ces groupes certaines considérations et les choix difficiles qui sont liés à la gestion d’un système mondial d’immigration.

Ces consultations représentent une occasion importante de fournir une meilleure compréhension des choix à faire dans le cadre de l’établissement des niveaux d’immigration. Il existe des visions opposées et des objectifs divergents quant à l’avenir du programme d’immigration, et il n’y a pas qu’une seule bonne réponse à ce problème. Toutefois, encourager les intervenants et le grand public à participer à cette conversation est essentiel à l’établissement d’un plan qui permettra au Canada d’aller de l’avant.

Méthodologie

Au cours de l’été, CIC a tenu des consultations en personne et en ligne avec des intervenants et des membres du public au sujet des niveaux d’immigration et de la répartition des immigrants dans les catégories. Des tables rondes se sont tenues avec les intervenants du 12 juillet au 16 août 2011, et la consultation en ligne avec les intervenants et le public s’est déroulée du 29 août au 19 septembre 2011. Les consultations ont été annoncées par la voie d’un communiqué publié le 12 juillet 2011 (voir l’annexe C).

Remarque – Comme la participation aux tables rondes et à la consultation en ligne était volontaire, les résultats résumés dans le présent rapport reflètent strictement le point de vue des participants recueilli dans le cadre des consultations. Leurs opinions ne sont pas nécessairement représentatives de la population canadienne en général ni des groupes d’intervenants de CIC. Les résultats ne sont qu’un indicateur parmi tous ceux qui éclaireront la prise de décisions stratégiques à l’égard des questions abordées dans le cadre de la consultation.

Tables rondes avec les intervenants — principaux résultats

Aperçu et participants

En juillet en août 2011, CIC a mené une série de consultations à l’échelle nationale sur des questions relatives à l’immigration. Des intervenants ont été invités aux tables rondes organisées aux endroits suivants :

  • 12 juillet – Calgary (Alberta)
  • 18 juillet – Vancouver (Colombie Britannique)
  • 20 juillet – Toronto (Ontario)
  • 15 août – Mississauga (Ontario)
  • 15 août – Scarborough (Ontario)
  • 16 août – London (Ontario)

Les rencontres ont réuni une centaine de représentants de secteurs variés (employeurs, syndicats, établissements d’enseignement, organisations professionnelles, associations de gens d’affaires, organismes de réglementation, municipalités, organismes d’aide aux immigrants, conseils sectoriels et organismes ethnoculturels). Liste des participants se trouve à l’annexe D.

Préalablement à la discussion, les participants ont reçu des documents d’information décrivant diverses réalités et divers enjeux liés à la gestion du système d’immigration du Canada (voir l’annexe F). Les rencontres visaient à recueillir les commentaires des intervenants sur le niveau adéquat d’immigration au Canada (le nombre) et la répartition adéquate des immigrants entre les trois catégories d’immigration au Canada – immigration économique, regroupement familial et personnes protégées. Les intervenants ont également été invités à se prononcer sur la meilleure façon de gérer le système de manière à pouvoir respecter des délais de traitement raisonnables et améliorer le service.

Principaux résultats

Voici les faits saillants des discussions tenues lors des différentes rencontres.

Niveaux

  • Les participants ont exprimé, en général, des opinions favorables envers le gouvernement et son orientation en matière d’immigration. Ils estiment en majorité que le Canada doit maintenir les niveaux et envisager la possibilité de les hausser.
  • Certains représentants, par contre, souhaitent qu’on diminue les niveaux, faisant valoir que les décideurs doivent tenir compte des coûts d’intégration et des « coûts cachés », comme l’incidence sur le budget de la santé et les coûts de logement.
  • Le niveau actuel se situant à 250 000 immigrants, certains participants s’interrogeaient quant à la meilleure façon de déterminer le nombre approprié. Divers facteurs entrent en ligne de compte, notamment la taille optimale de la population canadienne et les objectifs d’immigration du Canada, les conditions qui permettent au Canada de conserver un avantage concurrentiel à l’échelle mondiale, les pénuries de compétences anticipées, la croissance requise de la population et de la main d’œuvre, et les compromis à faire en lien avec les autres coûts sociaux.
  • Les intervenants se sont prononcés sur la compétitivité du programme d’immigration. Puisque la concurrence mondiale est une réalité, il sera important que le Canada attire et garde des gens de talent. Certains intervenants ont parlé des avantages à hausser les niveaux pour relever ce défi et maintenir l’équilibre avec les autres catégories.
  • Quelques participants ont commenté l’importance d’évaluer la réussite des immigrants récents et de ceux de longue date (y compris ceux de la deuxième génération) pour comprendre les résultats et obtenir une vision réaliste des niveaux appropriés.

Répartition

  • Le Programme des candidats des provinces bénéficie d’un appui solide en général. On le voit comme une histoire de réussite dans les Prairies parce qu’il a permis d’accueillir un plus grand nombre d’immigrants sans nuire au Programme des travailleurs qualifiés (fédéral). Pour les municipalités, la capacité est l’élément déterminant. On considère que l’Ontario a un contexte différent par rapport au reste du pays. Les municipalités sont responsables du logement, des services d’emploi et d’autres formes d’aide sociale, et elles disposent de ressources limitées pour répondre à des besoins complexes.
  • Des opinions ont été exprimées au sujet du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) lors de toutes les tables rondes. Selon des représentants du secteur privé (en particulier des industries du pétrole, du gaz et du commerce), il faut assouplir les critères et accélérer le traitement des demandes de permis de travail. Afin d’accroître la mobilité, il a été suggéré de délivrer les permis de travail par profession ou par secteur au lieu de les lier à un employeur particulier. Quelques participants ont proposé de faciliter l’accès à la main d’œuvre des États Unis afin que les travailleurs peu spécialisés et spécialisés puissent se déplacer librement entre les deux pays pour occuper des emplois temporaires. Des représentants du secteur privé et de fournisseurs de services ont fait remarquer qu’on utilise le programme pour pourvoir des postes permanents alors qu’il doit servir à doter des postes temporaires. Certains se demandaient s’il faut faciliter la transition à la résidence permanente pour les TET de longue date, tandis que d’autres étaient d’avis qu’il faut limiter l’accès des travailleurs temporaires au profit des travailleurs permanents.
  • Les opinions concernant la catégorie des parents et grands-parents sont partagées. Certains participants étaient d’avis que le programme permet au Canada d’attirer et de garder des immigrants, précisant que les investisseurs et les travailleurs ne veulent pas s’établir au Canada en permanence sans leur famille. D’autres avaient une opinion contraire, précisant que l’Australie a resserré son programme de réunification des familles et accueille quand même tous les immigrants dont elle a besoin. D’autres, encore, croient que les demandeurs de cette catégorie ne souhaitent pas toujours devenir des résidents permanents, mais on leur refuse un visa de visiteur. Les participants s’entendent en général sur l’importance de trouver le bon équilibre pour cette catégorie puisque le Canada doit tenir compte des besoins futurs du marché du travail dans ses politiques d’immigration actuelles.
  • Un grand nombre de participants croient que l’admission au titre de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) doit être élargie et augmentée. Les candidats de cette catégorie connaissent les langues officielles, sont plus jeunes et ont plus de chances de s’adapter. Quelques participants ont proposé d’élargir la CEC afin d’offrir une voie d’accès à ceux qui sont déjà ici, par exemple les résidents de longue date sans statut et les travailleurs temporaires qui ont fait de longs séjours au pays.
  • Les participants croient aussi que les étudiants étrangers peuvent représenter une excellente source d’immigrants, soulignant que le Canada devrait recruter plus d’étudiants étrangers et les garder par le truchement de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) puisqu’ils ont des titres de compétences canadiens.
  • Quelques participants, notamment des représentants de fournisseurs de services et du secteur privé, appuient l’idée d’exploiter davantage le volet des circonstances d’ordre humanitaire pour répondre aux besoins du marché du travail. Tous s’entendent sur les avantages d’augmenter le nombre de réfugiés parrainés par le secteur privé puisqu’ils sont plus souvent prêts à intégrer le marché de l’emploi. Les participants ont dit qu’il faut investir davantage dans les réfugiés parrainés par le gouvernement, et approuvent l’engagement du Canada dans ce domaine. Ils ont aussi souligné l’importance de veiller à ce que les réfugiés aient accès à des services d’établissement et d’intégration.

Système d’immigration et processus

  • Pour la plupart, les participants connaissaient peu les processus opérationnels. Peu de commentaires ont donc été exprimés à ce sujet. En général, les intervenants croient qu’un processus équitable contribuant à réduire la fraude et la méfiance envers le système serait bénéfique pour le programme d’immigration et l’opinion publique envers l’immigration.
  • La plupart des intervenants ont reconnu le besoin d’éliminer l’arriéré (demandes de TET et de la catégorie des parents et grands parents en particulier), mais n’ont proposé aucune solution. Ils ont aussi souligné l’importance de communiquer avec les clients au sujet de l’avancement de leur demande.
  • On juge que les programmes d’immigration fonctionnent bien, mais que les délais de traitement et les complexités administratives font obstacle. Il a été proposé d’établir des objectifs stratégiques à long terme pour les instructions ministérielles.
  • Quelques participants ont proposé de donner plus de poids aux employeurs dans les décisions sur les immigrants économiques que le Canada devrait accepter.

En ce qui concerne les travailleurs qualifiés et peu spécialisés, les participants reconnaissent l’importance de la langue (et le besoin d’imposer des tests linguistiques plus stricts), des compétences, de l’âge, de la capacité d’adaptation et de la scolarité comme facteurs de réussite pour immigrer au Canada. On reconnaît, en général, l’importance d’améliorer le processus de reconnaissance des titres de compétences, de s’assurer que les listes de professions reflètent les besoins du marché du travail et d’assouplir l’accès au programme pour les travailleurs peu spécialisés et les gens de métiers.

Autres commentaires

  • Tout au long du processus de consultation, les intervenants ont souligné l’importance d’atteindre l’objectif du Canada visant une proportion de 4 % de francophones dans les communautés de langues officielles en situation minoritaire. Les participants ont dit qu’il faut attirer des immigrants d’expression française dans les régions ayant des communautés francophones établies et que ces objectifs doivent être maintenus indépendamment de la répartition des immigrants.
  • Certains participants estiment que les immigrants doivent recevoir plus d’information avant leur arrivée, en particulier sur les possibilités d’emploi et la reconnaissance des titres de compétences, afin qu’ils aient, à leur arrivée, des attentes réalistes en matière de débouchés ainsi que par rapport à la formation dont ils peuvent avoir besoin.
  • Concernant le maintien des immigrants qualifiés, un participant a fait remarquer que la mobilité ne doit pas être vue comme un échec. Dans un contexte de concurrence mondiale, les travailleurs qualifiés sont susceptibles d’aller chercher du travail dans d’autres pays.
  • Les participants ont souligné l’importance des compétences linguistiques dans la réussite des immigrants. Beaucoup croient que les immigrants ont la responsabilité d’apprendre une langue officielle avant de venir au Canada.

Consultation en ligne des intervenants et du public sur les niveaux d’immigration et la répartition des immigrants dans les catégories

Méthodologie

Du 29 août au 19 septembre 2011, CIC a tenu une consultation en ligne sur les niveaux d’immigration et la répartition des immigrants dans les catégories. Cette consultation était ouverte à toute personne souhaitant donner son point de vue sur le système d’immigration du Canada. Le communiqué de CIC annonçant cette consultation nationale (voir l’annexe C) contenait un lien permettant aux intéressés de s’inscrire afin d’être informés du lancement de la consultation en ligne. Plus de 1 600 personnes se sont inscrites pour recevoir le questionnaire. La consultation en ligne a été lancée le 29 août 2011, par voie de communiqué (voir l’annexe E). Une invitation a également été envoyée aux personnes qui s’étaient inscrites pour recevoir de l’information au sujet des consultations à partir d’un lien affiché sur le site Consultations auprès des Canadiens du gouvernement du Canada et mis en évidence sur le site Web de CIC.

Les participants à la consultation en ligne ont d’abord lu un document d’information (voir l’annexe F) qui contenait de l’information sur les programmes et le système d’immigration du Canada. Ils ont ensuite répondu à une série de questions (voir l’annexe G) visant à recueillir leurs points de vue sur les niveaux d’immigration, notamment le niveau d’immigration adéquat pour le Canada, et sur la répartition la plus adéquate des immigrants dans les catégories de l’immigration économique, du regroupement familial et des personnes protégées.

Plus de 4 900 réponses ont été reçues durant la période de consultation en ligne d’un mois. De ce nombre, 4 780 provenaient de membres du grand public vivant au Canada (85 %) ou à l’étranger (13 %) [plus de 2 % n’ont pas indiqué leur lieu de résidence]. Quelque 71 % de ces répondants étaient des citoyens canadiens, 9 % des résidents permanents et 4 %, des résidents temporaires; encore 16 % ont choisi de ne pas indiquer leur statut au Canada. Quelque 130 représentants d’organismes intervenants ont également participé (voir à l’annexe D la liste des organismes participants ayant consenti à la divulgation de leur nom). Les intervenants représentaient divers secteurs, dont des fournisseurs de services d’établissement ou d’intégration, des avocats ou consultants en immigration, des organismes communautaires, des associations d’employeurs et d’employés, des associations de gens d’affaires ou sectorielles, des établissements d’enseignement, des associations professionnelles, des signataires d’une entente dans le cadre du Programme de parrainage privé de réfugiés, des associations ou administrations municipales, des groupes de réflexion et des syndicats. Cinq représentants de gouvernements provinciaux et territoriaux ont aussi participé.

Les résultats globaux présentés ici reflètent les réponses obtenues auprès des intervenants, du public et des représentants provinciaux et territoriaux. Les différences entre les réponses fournies par les représentants des organismes intervenants et celles des particuliers sont mises en évidence, le cas échéant. Étant donné le faible nombre de représentants provinciaux et territoriaux (n = 5), les réponses de ce groupe ne sont pas mises en évidence dans le rapport sommaire, mais sont incluses dans les résultats agrégés.

Il est important d’examiner les réponses des intervenants séparément de celles du grand public puisqu’elles reflètent deux visions différentes. Les réponses des intervenants reflètent la connaissance et l’expérience que possèdent leurs organismes respectifs du système d’immigration canadien. Les membres du grand public, en revanche, ont exprimé un point de vue personnel à partir de l’information contenue dans la documentation. Tel qu’il a déjà été précisé cependant, les répondants n’ont pas été sélectionnés; ils ont choisi de participer à la consultation. Par conséquent, leurs opinions ne sont pas représentatives de la population canadienne en général ni des groupes d’intervenants de CIC.

Principaux résultats

Soutien à l’égard des niveaux d’immigration

Les répondants à la consultation en ligne étaient partagés à savoir s’il faut diminuer ou augmenter les niveaux d’immigration des cinq prochaines années par rapport à la moyenne actuelle de 250 000 admissions. La majorité estime qu’il faut les augmenter (56 %) ou les maintenir (29 %). La fourchette des 300 000 à 350 000 immigrants par année est celle sélectionnée par la plus grande part d’intervenants (34 %). En comparaison, près de la moitié (46 %) des membres du grand public sont d’avis qu’il faut diminuer les niveaux. Seulement un quart (27 %) des répondants du grand public croient que les niveaux doivent être augmentés et encore un quart (25 %) estiment qu’il faut maintenir les niveaux actuels. Les répondants du grand public (25 %) étaient les plus favorables à l’option des 50 000 immigrants ou moins par année, contre 16 % en faveur de la fourchette des 50 000 à 100 000 et 12 % en faveur de la fourchette des 100 000 à 150 000. À la question demandant de classer les objectifs qui devraient guider l’établissement des niveaux d’immigration, « favoriser la croissance économique à long terme » est l’objectif jugé le plus important par tous les répondants (intervenants et particuliers).

Soulignons que les opinions sur les niveaux d’immigration obtenues auprès du grand public dans le cadre de la consultation diffèrent sensiblement des résultats de l’Enquête de suivi annuelle de CIC. L’enquête de suivi est un sondage téléphonique qui est mené chaque année auprès d’un échantillon représentatif d’adultes vivant au Canada afin de suivre l’évolution des perceptions à l’égard des niveaux d’immigration, entre autres. Selon les résultats des enquêtes de suivi menées de 2004 à 2010, l’appui à l’égard des niveaux d’immigration, indépendamment de leur hauteur à ce moment là, demeurait au-dessus de 50 %. En fait, le nombre de Canadiens disant qu’il y a « un trop grand nombre » d’immigrants a chuté de près de moitié depuis 1996. On en déduit que la population générale a une perception plus favorable des niveaux d’immigration que les membres du grand public qui ont choisi de participer à la consultation en ligne.

Répartition des immigrants dans les catégories de l’immigration économique, du regroupement familial et des personnes protégées

On a demandé aux répondants d’indiquer un pourcentage pour chacune des trois catégories d’immigration de façon à ce que la somme soit égale à 100 %. La catégorie de l’immigration économique est jugée la plus importante, une forte majorité de répondants ayant indiqué un pourcentage variant entre 60 et 70 %. Les répondants ont dit le plus souvent que la catégorie du regroupement familial devrait représenter de 20 à 30 % de l’immigration totale au Canada et que celle des personnes protégées (réfugiés), une part de 5 à 10 %.

Immigration économique

Les répondants sont plus favorables à la catégorie de l’immigration économique qu’à toutes les autres. Ils sont plutôt en faveur (40 %) d’augmenter l’immigration économique, bien que trois répondants sur dix (30 %) soient pour une diminution du nombre d’immigrants admis au titre de cette catégorie. Comme les particuliers, les intervenants appuient une augmentation du nombre d’immigrants économiques, mais dans une proportion beaucoup plus forte (58 %). Parmi tous les répondants favorables à une hausse de l’immigration économique (n = 1 994), plus de quatre sur dix (42 %) ont dit qu’il fallait compenser en diminuant les admissions dans la catégorie du regroupement familial ou de personnes protégées.

Parmi les répondants en faveur d’une baisse des niveaux d’immigration économique (n = 1 490), en général, 35 % croient qu’il faut en conséquence hausser les niveaux dans la catégorie du regroupement familial. En revanche, 35 % ont dit ne pas savoir dans quelle catégorie hausser les niveaux pour compenser une diminution des niveaux d’immigration économique. Les intervenants étaient les plus susceptibles (25 %) de dire que la catégorie du regroupement familial et celle des personnes protégées devraient bénéficier d’une augmentation. Soulignons cependant que 43 % des intervenants ont répondu « Je ne sais pas. »

Lorsqu’on leur a demandé de sélectionner la répartition appropriée des immigrants de la catégorie de l’immigration économique entre les programmes fédéraux et provinciaux (en tenant compte d’une part de 20 % pour les travailleurs qualifiés et gens d’affaires immigrants sélectionnés par le Québec), les répondants ont dit en majorité que la répartition appropriée devrait être de 40 % pour les programmes fédéraux et de 40 % pour les programmes provinciaux. Les intervenants ont recommandé le plus souvent une répartition de 50 % et 30 %, respectivement. Les réponses des particuliers concordent avec les chiffres généraux, soit 40 % pour les programmes fédéraux et 40 % pour les programmes provinciaux.

À la question de savoir qui devrait avoir le plus grand poids dans les décisions sur les immigrants de la catégorie de l’immigration économique que le Canada devrait accepter, près de la moitié des répondants ont dit que le gouvernement fédéral, les provinces et territoires (pour leur sphère de compétence) et les employeurs devraient travailler de concert. Un quart (24 %) de tous les répondants estiment que le gouvernement fédéral devrait avoir le plus grand poids.

Concernant le classement des objectifs de l’immigration économique, les répondants étaient les plus susceptibles de dire que l’« admission d’immigrants titulaires de diplômes d’études postsecondaires supérieures (p. ex. un doctorat) » et l’« admission d’immigrants qui feront des investissements importants en capital ou créeront des emplois » constituait l’objectif le plus important (1 137 et 1 095, respectivement).

À l’instar des participants aux tables rondes, les répondants à la consultation en ligne ont dit que le facteur le plus important pour la réussite d’un immigrant sur le marché du travail canadien est une bonne maîtrise de l’une des langues officielles du Canada, suivie de l’obtention d’une offre d’emploi au Canada avant l’arrivée.

Travailleurs étrangers temporaires

La majorité (56 %) des répondants ne sont pas en faveur d’établir des voies additionnelles d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers temporaires peu spécialisés. Des différences ressortent entre les intervenants et les particuliers. Selon une majorité d’intervenants (56 %), il faut établir des voies additionnelles d’accès à la résidence permanente. En comparaison, 57 % des répondants du grand public ne croient pas que les TET peu spécialisés devraient bénéficier de voies d’accès à la résidence permanente.

Parmi les répondants favorables à l’établissement de voies d’accès additionnelles (n = 1 465), 43 % croient que les TET ont fait leurs preuves avec leur employeur canadien. Lorsqu’on regarde les différences entre les particuliers et les intervenants quant aux raisons d’établir des voies d’accès à la résidence permanente pour les TET, les intervenants étaient les plus susceptibles de dire que le Canada a besoin de plus de travailleurs peu spécialisés (32 %), que les TET possèdent déjà une expérience de travail canadienne (28 %) et qu’ils ont déjà fait leurs preuves avec leur employeur canadien (25 %). En comparaison, les répondants du grand public ont dit que les TET ont déjà fait leurs preuves avec leur employeur canadien (43 %), que le Canada a besoin de plus de travailleurs peu spécialisés (24 %) et qu’ils possèdent déjà une expérience de travail canadienne (24 %).

Parmi les répondants non favorables à l’établissement de voies d’accès additionnelles (n = 2 772), la majorité (54 %) croit que le Canada doit investir dans les travailleurs canadiens et en embaucher davantage. Cette opinion est partagée par les intervenants (51 %) et le grand public (54 %).

Les intervenants sont d’avis que les travailleurs étrangers temporaires comblent un manque de main d’œuvre dans nombre d’industries où il est difficile de trouver des travailleurs canadiens. Quelques uns estiment que le processus de recrutement est trop long et dispendieux, surtout compte tenu de la nature des emplois à pourvoir. Des préoccupations ont aussi été exprimées quant au fait que « les travailleurs temporaires peu spécialisés [sont] vulnérables à l’exploitation » et qu’il faut mieux les protéger à l’aide de la législation du travail.

Regroupement familial

Les participants à la consultation en ligne étaient moins favorables à l’immigration au titre du regroupement familial. Près de la moitié des répondants (48 %) se sont dit en faveur d’une diminution du nombre d’admissions dans cette catégorie. Les organismes intervenants, par contre, sont favorables dans des proportions presque équivalentes à une augmentation (36 %) et à une diminution (32 %) des admissions à ce titre. Du côté du grand public, l’appui à l’égard d’une diminution dans cette catégorie était plus évident, 48 % des répondants de ce groupe étant en faveur d’une diminution contre 32 % en faveur d’une augmentation.

Nombre des répondants favorables à l’immigration au titre du regroupement familial croient que les avantages ne se limitent pas à la contribution économique :

« Il est important de combler les besoins actuels en main d’œuvre pour appuyer la croissance économique du pays; pour garder les travailleurs qualifiés cependant, il faut aussi reconnaître la grande importance du regroupement des familles. Les travailleurs seront plus susceptibles de rester si leur famille [est] proche. »

Répondant du grand public

Parmi les répondants en faveur d’une hausse des admissions au titre du regroupement familial (n = 1 591), 48 % ont dit qu’il faudrait en contrepartie réduire les niveaux annuels dans la catégorie des personnes protégées. Mais du côté des répondants favorables à une diminution (n = 2 343), 70 % ont dit que les immigrants additionnels devraient provenir de la catégorie économique.

Parents et grands parents

Près de la moitié des répondants (45 %) ne jugent pas important de maintenir le programme des parents et grands parents. Les participants croient que l’élément le plus important de ce programme est qu’il permet la réunion des familles (35 %) et permet aux nouveaux arrivants de travailler puisque les parents ou grands parents peuvent s’occuper des enfants (22 %). Une nette majorité (60 %) de répondants ne croit pas que l’on doive accorder la même priorité de traitement aux demandes de parents et grands parents qu’à celles présentées par les conjoints, les partenaires et les enfants.

À la question leur demandant d’indiquer, spontanément, de quelle façon le Canada devrait éliminer l’arriéré des demandes dans cette catégorie, les répondants se sont dits favorables à l’idée d’accroître le nombre de parents et grands parents admis au Canada chaque année (1 482 mentions); venait ensuite l’option consistant à limiter le nombre de personnes autorisées à parrainer leurs parents et grands parents (1 275 mentions). D’autre part, 1 272 répondants ont déclaré que la question n’est pas pertinente puisque cette catégorie devrait être éliminée.

Beaucoup de participants, en particulier du grand public, sont préoccupés par le fardeau financier que les parents et grands parents représentent pour l’économie et les régimes sociaux du Canada. Si une modification devait être apportée au programme d’immigration des parents et grands parents, 24 % de tous les répondants (26 % des intervenants et 24 % des particuliers) croient que le Canada devrait attendre que les répondants soient mieux établis sur le plan financier avant de les autoriser à parrainer. Plusieurs participants ont suggéré spontanément que le gouvernement trouve d’autres solutions pour autoriser les parents et grands parents à venir au Canada sans pour autant y acquérir la résidence permanente ou la citoyenneté :

« La plupart des parents et grands parents ne sont pas intéressés [à] immigrer, ils veulent seulement voir leur famille. [P]ourquoi ne pas établir un processus différent pour cette catégorie[?] On peut simplement leur offrir un permis temporaire prolongé et non un processus d’immigration. Ou encore, fixer une limite d’âge pour le parrainage des parents et grands parents. »

Répondant du grand public

Personnes protégées (réfugiés)

La catégorie des personnes protégées est celle bénéficiant du plus faible soutien de la part des répondants. Un grand nombre d’entre eux sont en faveur d’une baisse du nombre annuel d’admissions dans cette catégorie. Sur l’ensemble des répondants, 68 % croient qu’il faut diminuer le nombre d’admissions. Bien que les intervenants soient favorables (45 %) à une diminution du nombre de réfugiés admis au Canada, ils ne le sont pas dans une aussi grande proportion que les répondants du grand public (69 %).

Quelques participants ont l’impression que les réfugiés apportent une contribution moindre au pays. D’autres craignent que des immigrants éventuels profitent de la solide tradition humanitaire du Canada : « La protection des réfugiés est un volet très important. Mais le Canada doit s’assurer qu’il s’agit de réfugiés AUTHENTIQUES. »

Les participants en faveur d’une hausse des niveaux dans cette catégorie (n = 517) ont proposé de compenser en réduisant les admissions dans les catégories de l’immigration économique (37 %) et du regroupement familial (34 %). Les intervenants (n = 36) en faveur d’une augmentation des admissions annuelles de réfugiés sont beaucoup plus favorables (44 %) à une diminution de l’immigration économique. Parmi les participants en faveur d’une diminution du nombre de réfugiés (n = 3 339), la majorité (52 %) estime qu’il faut augmenter l’immigration économique en conséquence.

Conclusion

Selon les participants à la consultation en ligne sur les niveaux d’immigration et la répartition des immigrants dans les catégories, il est primordial de préserver l’intégrité et le but du système d’immigration du Canada. Que ce soit en assurant la légitimité des demandeurs d’asile, en accueillant des travailleurs qualifiés pour combler les pénuries de main d’œuvre ou en réunissant les familles au Canada, l’immigration contribue énormément à la culture et à l’économie de notre pays.

Si l’on croit en général que la prospérité économique du Canada peut être assurée par le maintien ou l’augmentation de l’immigration économique, beaucoup de participants ont dit aussi que l’immigration au titre du regroupement familial peut également contribuer à la réussite du Canada en aidant les immigrants à s’établir et à rester au Canada. Au moment d’établir les niveaux adéquats et la répartition appropriée des immigrants dans les catégories, il sera important d’évaluer continuellement les besoins du marché du travail canadien, le taux d’accroissement démographique (dans certaines régions en particulier) et la capacité du pays d’appuyer et d’intégrer différentes catégories d’immigrants.

Les membres des Premières Nations n’ont pas été expressément invités à se prononcer sur ces questions, et le Ministère entend corriger cette lacune à l’avenir.