Toronto (Ontario) 27 novembre 2008
Priorité au discours prononcé
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Bonjour. Je tiens à vous remercier de votre participation extraordinaire et de votre appui, ainsi que de l’intérêt et de l’engagement que représente votre présence ici pour ceux qui viennent trouver refuge au Canada. Je remercie également l’organisation de m’avoir invité.
Je vous avouerai d’abord que j’occupe ce poste depuis seulement trois semaines, alors ne soyez pas trop durs avec moi. Je suis en plein apprentissage. J’adore apprendre et je sais écouter les gens; c’est pourquoi j’aurais préféré être celui qui écoute plutôt que celui parle lors de mes premiers échanges avec le Conseil canadien pour les réfugiés.
J’aimerais mieux participer à une table ronde et assister à certaines séances prévues au programme d’aujourd’hui plutôt que de me tenir devant vous afin de prononcer un discours préparé typique de politicien. J’ai dû renoncer à l’idée puisque vous m’avez invité, et j’ai fait un réel effort pour me déplacer alors que nous siégeons à Ottawa afin de vous présenter quelques observations, de vous dire d’où je viens, de vous souligner certaines des forces évidentes de notre système, selon moi, et de vous informer de certains éléments que nous devons améliorer en travaillant main dans la main.
Je tiens également à m’excuser à l’avance d’avoir à quitter sitôt mon allocution terminée, car je suis attendu à la Chambre des communes d’Ottawa le plus tôt possible après midi. Je suis en quelque sorte un otage du temps.
Toutefois, je tenais à être présent aujourd’hui afin de vous souhaiter à tous un joyeux 30e anniversaire. Y en a-t-il parmi vous qui travaillaient pour l’organisation il y a 30 ans? Levez vos mains. Félicitons-les. Voilà un réel engagement. L’on ne peut parler ici de simple dévouement. Il s’agit plutôt d’un engagement profond. Félicitations à ces vétérans pour leur apport exceptionnel à l’avancement de la dignité humaine et à la promotion des valeurs les plus importantes du Canada.
En tant que ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, je crois fermement que le Canada s’enrichit lorsqu’il offre l’asile aux personnes qui en ont besoin. Chaque année, nous accueillons presque un quart de million de nouveaux arrivants de partout dans le monde qui partagent nos valeurs de liberté, de démocratie, de respect des droits de la personne et de primauté du droit.
Parmi eux se trouvent des milliers de réfugiés, attirés par nos valeurs ancrées dans l’histoire et par la possibilité de commencer une nouvelle vie. Leur courage nous rappelle que nous devons tous nous dresser contre la tyrannie dans le monde.
L’accueil que nous offrons aux victimes de persécution nous a donné une réputation de champion international en matière de dignité humaine.
Depuis l’entrée en poste du gouvernement dont je fais partie en 2006, par exemple, plus de 51 000 réfugiés d’un peu partout dans le monde ont été admis au Canada.
Je suis ici aujourd’hui afin de vous assurer de ma conviction et de mon soutien fermes à l’égard de la dimension humanitaire du programme d’immigration canadien. C’est une question très importante pour moi. Je ne suis pas arrivé assez tôt pour voir si je connais personnellement des membres de l’audience, mais je peux vous affirmer que ma vocation politique était motivée par ma passion pour la dignité humaine et les droits de la personne. La réalisation dont je suis le plus fier pendant mon mandat a été de présider le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes.
Et je peux vous affirmer que ce que j’ai accompli de plus gratifiant à titre de député et de ministre a été de travailler sur des cas particuliers afin d’aider des personnes victimes de persécution à venir au Canada. Des personnes comme Lu Decheng, l’un des braves jeunes champions de la démocratie sur la place Tiananmen, en 1989. Il a été arrêté et condamné à 18 ans de prison pour avoir pris part aux manifestations, mais a réussi à s’enfuir de sa prison, en Chine, et à se rendre en Thaïlande, où le gouvernement a subi d’énormes pressions pour qu’il soit renvoyé en Chine, où des circonstances atroces l’attendaient. J’ai travaillé fort avec d’autres, dont un groupe de parrainage privé à Calgary, afin que Lu Decheng soit autorisé à venir au Canada, où il mène maintenant une vie prospère dans ma ville d’origine.
J’ai travaillé afin d’aider de nombreuses personnes comme Lu et Magda Yusuf. Malheureusement, la demande d’asile au Canada de ce dernier a été jugée sans fondement et il a été expulsé vers l’Égypte où il a été torturé. Toutefois, j’ai eu le plaisir de travailler avec ma prédécesseure afin de le faire revenir au Canada.
En outre, comme vous tous, j’ai connu des personnes remarquables qui sont venues au Canada à titre de réfugiés et, sans tenir compte de l’adversité qu’elles ont affrontée, ont fait d’énormes contributions à notre vie ensemble. Des personnes comme l’un de mes meilleurs amis, l’ancien président du caucus national du gouvernement, Rahim Jaffer, qui est arrivé au Canada enfant à titre de réfugié de l’Ouganda d’Idi Amin, à la suite de l’expulsion des Africains-Asiatiques au début des années 1970. Et imaginez quelqu’un qui a été victime de ce type de persécution raciale et est élu seulement 24 ans plus tard au Parlement d’un pays du G-7. Voilà qui démontre que le Canada est un grand pays.
Des personnes comme mon ancien chef de cabinet, Tenzin Khangsar, fils de réfugiés tibétains arrivés au Canada pour fuir la persécution à l’étranger, qui contribue énormément à notre vie publique.
Par conséquent, ce sont ces types de relations et de personnes qui m’ont touché et ont suscité chez moi un profond engagement personnel à m’assurer que le Canada est accueillant et généreux envers les personnes du monde entier.
Je crois donc en la tradition humanitaire de longue date du Canada en ce qui concerne l’accueil de réfugiés et de personnes déplacées.
Et selon moi, nous devrions célébrer le fait que c’est une tradition qui fait l’objet d’un consensus politique répandu au Canada et qui n’est pas visée pas la partisanerie. Contrairement à de nombreuses autres démocraties occidentales, il n’y a pas de formation politique au Canada qui s’oppose à l’immigration ou qui cherche à obtenir des avantages politiques en s’opposant aux immigrants et aux réfugiés.
Par exemple, à la fin des années 1950, le premier ministre de l’Ontario, Leslie Frost, et notamment le premier ministre ontarien de l’Immigration, John Yaremko, ont mené une campagne visant à accueillir des milliers de réfugiés hongrois fuyant l’invasion soviétique en 1956. Ensemble, ils ont convaincu le gouvernement fédéral de l’époque d’accorder l’asile au Canada à 38 000 de ces réfugiés.
À l’époque du gouvernement Diefenbaker, la ministre de l’Immigration Ellen Fairclough a mis en place en 1962 une politique plus généreuse pour les réfugiés et a présenté des changements au Parlement afin d’éliminer la discrimination raciale dans les politiques d’immigration.
En 1979, le premier ministre Joe Clark a été le premier à ouvrir les portes du Canada aux réfugiés de la mer vietnamiens. Les gouvernements suivants ont emboîté le pas et, au cours des 16 années qui ont suivi, 100 000 réfugiés vietnamiens ont été admis au Canada et ont concrétisé pour de nombreux Canadiens l’idée et la réussite de la politique de réétablissement des réfugiés.
Bien que beaucoup d’entre eux aient trouvé refuge au Canada ou ailleurs, 160 sont demeurés sans statut aux Philippines. Le printemps dernier, ma prédécesseure, l’honorable Diane Finley, a annoncé que le gouvernement conservateur allait faciliter, pour des motifs d’ordre humanitaire, l’immigration des Vietnamiens apatrides qui sont demeurés aux Philippines. Et je suis fier de dire que j’ai récemment accueilli au Canada l’une de ces familles et qu’elle est ravie, après avoir attendu pendant 28 ans – d’avoir un domicile sur lequel elle peut compter.
Naturellement, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, le gouvernement du premier ministre Mulroney a accueilli des dizaines de milliers de victimes de la violence en Somalie, dont bon nombre se sont installées dans la région du Grand Toronto, mais qui, selon moi, commencent à réussir leur intégration économique dans d’autres parties du pays comme dans ma province, l’Alberta.
Cette année, nous avons pris d’importants engagements concernant la protection des réfugiés karens et bhoutanais en Asie, et des réfugiés de l’Afrique et de l’Amérique latine. Et bien sûr, comme vous le savez, nous avons également offert notre protection aux réfugiés d’Iraq. Et je constate que c’est une question qui vous préoccupe.
Je ne pourrai pas assister à tous les discours, mais j’ai lu celui de Liz – elle a eu la gentillesse de me laisser lire son discours et elle soulèvera la question des réfugiés iraquiens.
Comme vous le savez, le Canada est, dans l’ensemble, l’un des trois principaux pays en ce qui concerne le nombre de réfugiés admis aux fins de réétablissement.
Notre programme d’octroi de l’asile est également très généreux. Les demandeurs d’asile de presque partout dans le monde ont trouvé au Canada une solution durable à leur situation.
Nous pouvons être fiers de nos réalisations.
Bien avant ma nomination plus tôt ce mois-ci j’ai voyagé au Canada et j’ai rencontré des gens à qui j’ai exprimé ma fierté concernant la réputation du pays en tant que modèle de pluralisme.
Notre histoire est jalonnée d’accommodements culturels, linguistiques et religieux et reflète notre profond attachement à des valeurs comme la dignité humaine et la liberté de conscience.
Mesdames et Messieurs, je partage votre intérêt pour le regroupement familial ainsi que pour les questions touchant aux enfants, à la protection des réfugiés et à l’intégration des nouveaux arrivants à la société canadienne. Je constate à la lecture de votre programme que vous examinerez, entre autres, la question de la traite de personnes. Je tiens vivement à entendre votre point de vue sur ce que le gouvernement du Canada peut faire de plus pour combattre ce fléau, ici et à l’étranger.
Ma collègue au gouvernement, la députée Joy Smith, a mené au Parlement une campagne de sensibilisation à la cause des victimes de la traite de personnes et j’ai collaboré étroitement pendant des années avec mon collègue, Chris Smith, membre du Congrès des États-Unis et l’un des grands champions de la lutte contre la traite de personnes au Congrès.
Comme vous le savez, le gouvernement du Canada a apporté des changements pour rendre plus souple la délivrance de visas aux victimes de la traite de personnes ici au pays. S’il y a d’autres mesures que nous pouvons et devrions prendre, je crois – et même, je sais – que vous pourrez compter sur la volonté du gouvernement comme sur la mienne.
En outre, je remarque que vous aborderez aussi la question du racisme, qui touche évidemment de nombreux, sinon l’ensemble, des réfugiés. Et c’est avec plaisir que je m’entretiendrai avec vous dans l’avenir sur les moyens de voir à ce que les 53 millions de dollars investis dans le Plan d’action national contre le racisme et le Programme du multiculturalisme ne se limitent pas à de simples propos, mais produisent des résultats concrets dans la lutte contre le racisme au Canada.
Je vois que les droits des travailleurs temporaires figurent aussi dans vos points de discussion. C’est une question qui m’intéresse également. Je souligne les récentes mesures législatives adoptées par le Manitoba pour protéger les droits des travailleurs temporaires et leur garantir des normes du travail minimales, les normes de base dont tous les autres travailleurs bénéficient. Et j’aimerais connaître vos idées sur ce que nous pourrions faire, car je crois (ceci ne fera peut-être pas l’unanimité, mais j’estime) que les besoins du marché du travail sont énormes, même en cette période d’incertitude économique.
Par ailleurs, grâce à la nouvelle catégorie de l’expérience canadienne, nous donnerons l’occasion de devenir résidents permanents à bon nombre de personnes qui viennent au Canada à titre de travailleurs étrangers temporaires. Nous devons nous assurer que leur expérience au Canada est positive.
Je ne l’ai pas vue sur le programme, mais il y a une autre question que j’aimerais soulever, ce sont les droits des aides familiaux résidants. Ce programme a connu une expansion considérable ces derniers temps et des dizaines de milliers de personnes, surtout des femmes parfois vulnérables, viennent travailler au Canada à titre d’aides familiaux résidants. Nous avons tous lu trop d’histoires sur les mauvais traitements qu’elles reçoivent et il faut trouver un moyen, avec les ressources nécessairement limitées dont nous disposons, de veiller à ce que les lois déjà en vigueur soient appliquées adéquatement pour protéger ces personnes.
J’ai aussi constaté, en jetant un coup d’œil sur le prochain discours, la question des délais de traitement pour le parrainage privé de réfugiés. J’ai été troublé de lire que les délais de traitement pour le parrainage privé de réfugiés du Nigeria sont d’environ 48 mois. C’est clairement inacceptable et nous devons trouver des solutions. Je pensais que le programme de parrainage privé de réfugiés était une façon rapide d’obtenir le statut de réfugié au Canada. Je reconnais donc mon ignorance et j’avoue avoir besoin d’apprendre de chacun de vous.
Je sais aussi que vous avez des inquiétudes à propos des récentes modifications apportées à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Accordez-moi donc quelques minutes pour calmer vos inquiétudes.
L’arriéré de demandes de travailleurs qualifiés est énorme. Il se chiffre actuellement à plus de 600 000 demandes. En reprenant le contrôle de l’arriéré et en nous assurant que le volet économique du programme d’immigration soit mieux aligné sur les besoins du marché du travail, nous allons renforcer le système dans son ensemble ainsi que le soutien du public à son égard, ce qui est toujours essentiel. Nous pourrons donc, en temps voulu, accorder plus de temps et de ressources au volet humanitaire du programme d’immigration. C’est mon objectif.
Je veux être absolument clair à propos d’une chose. Si je pensais que nos efforts visant à améliorer le programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral portent préjudice de quelle façon que ce soit à la dimension humanitaire de notre politique en matière d’immigration, je ne les soutiendrais pas.
Mais je ne pense pas que c’est le cas. Je pense que nous conviendrons tous que le système de protection des réfugiés du Canada est reconnu comme l’un des plus fort et équitable dans le monde à l’heure actuelle, même si naturellement il n’est pas parfait. Le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés lui-même l’a présenté comme un modèle à suivre pour d’autres pays. Or, je crois que nous conviendrons également que nous pouvons l’améliorer.
Vous savez tous que notre système de protection des réfugiés est confronté à d’importantes difficultés. L’une de ces difficultés, à laquelle j’ai fait allusion en parlant des délais de traitement pour les parrainages, sont les longs délais de traitement des demandes. Je reconnais qu’une partie de la solution consiste à pourvoir les postes vacants à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR). Je m’engage donc à les pourvoir en embauchant des personnes qualifiées le plus rapidement possible.
Mais ce n’est pas la solution miracle qui réglera le problème des délais de traitement. Le problème est plus complexe que cela. En tant que nouveau ministre, je ne prétends pas disposer de toutes les réponses, mais, comme je l’ai dit, je sais prêter une oreille attentive et je suis ouvert à toute idée raisonnable pour améliorer le système d’immigration en général et le programme à l’intention des réfugiés en particulier. Je sais que vous avez de nombreuses idées pour régler ce problème, qui sont fondées sur nombre d’années d’expérience réelle et de services remarquables envers les autres.
À mon avis, l’une des difficultés à laquelle nous sommes confrontés est que même les délais avant de prendre une décision favorable à l’égard des demandes d’asile les plus simples sont trop longs. Je pense que l’un de nos objectifs devrait être de consacrer davantage de temps et de ressources aux personnes qui ont vraiment besoin d’aide et de protection, tout en gérant plus rapidement le cas des individus qui tentent de tirer avantage de la générosité du Canada. Et ce genre de personne existe. Je n’ai pas besoin de raconter toutes les histoires; la population les entend trop fréquemment.
Les Canadiens sont fiers du soutien accordé par leur pays aux réfugiés, mais moins de 25 % d’entre eux approuvent la façon dont nous gérons les cas de réfugiés illégitimes et je pense que cela peut remettre en question le soutien accordé au système de protection des réfugiés en général. Par exemple, on a récemment enregistré une augmentation importante du nombre de demandeurs d’asile du Mexique, et, comme les médias l’ont correctement affirmé, près de 90 % de ces demandeurs sont déboutés. Les demandeurs d’asile admis par la CISR doivent attendre deux ans, à partir de la date où ils présentent leur demande, avant de se voir octroyer la résidence permanente. Or, la CISR désigne moins de la moitié des demandeurs d’asile, 43 % en fait, comme des personnes à protéger.
Franchement je suis préoccupé par le fait que le soutien du public en général envers le généreux système de protection des réfugiés du Canada peut être menacé par les abus trop fréquents.
Et j’ai l’impression, et je le dis en tant que personne qui a passé les deux dernières années et demie à traverser le pays sans arrêt et à parler aux nouveaux Canadiens et aux membres des communautés culturelles, et j’ai l’impression que ce sentiment est particulièrement aigu chez les personnes qui viennent au Canada, attendant patiemment parfois pendant des années, qui s’établissent et qui attendent ensuite encore pendant des années avant d’être réunies avec leur famille. Elles ont l’impression que les personnes souhaitant effectivement immigrer au Canada au titre de la catégorie économique ne sont pas traitées équitablement lorsqu’elles entendent parler de cas d’abus du système d’octroi de l’asile.
Je pense donc qu’il faut se poser la question suivante et je sais qu’elle ne me rendra pas populaire, mais je veux une discussion sincère, sans mensonges. Devrions-nous traiter les demandes de persécution politique du Mexique, de l’Angleterre ou de la République tchèque sur un pied d’égalité avec celles du Zimbabwe, du Soudan ou de la Corée du Nord? Ou ne devrions-nous pas trouver une façon de garantir que les demandeurs d’asile provenant de zones de conflit ou de sociétés totalitaires bénéficient d’un traitement préférentiel par rapport à ceux qui proviennent de démocraties libérales?
Je pense qu’il s’agit de questions raisonnables qu’il ne faut pas rejeter d’entrée de jeu. Il s’agit de questions que je suis prêt à aborder. Comme je l’ai dit au début, j’ai la ferme intention de promouvoir la dimension humanitaire du programme d’immigration canadien. Je souhaite que le Canada continue d’être un leader mondial en ce qui concerne l’accueil de réfugiés. J’aimerais que nous travaillions en collaboration étroite avec l’ONU et, par l’entremise du programme de parrainage par le secteur privé, que nous acceptions davantage de réfugiés de partout dans le monde qui vivent dans des conditions déplorables et souvent dangereuses. Afin d’y arriver, il faudra probablement apporter certains changements et procéder à un certain rééquilibrage, à savoir consacrer moins de ressources aux personnes qui enfreignent nos lois et profitent de la générosité du Canada, et affecter plus de ressources aux personnes qui ont le plus besoin de notre protection. Naturellement, ces changements doivent respecter nos lois, la Constitution et nos valeurs les plus importantes.
Pour terminer, le Canada est un pays béni, un champion de la dignité humaine. Nous allons poursuivre notre travail avec la communauté internationale afin de protéger les réfugiés authentiques et de respecter nos traditions humanitaires.
Le 10 décembre 2008, le Canada célébrera avec des gens de partout dans le monde le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le thème des célébrations est « Dignité et justice pour nous tous ».
Personne n’est mieux placé pour nous rappeler la dignité inhérente à l’être humain ou l’appel universel à la justice que les victimes innocentes de la persécution, de la violence et de la guerre. Ma propre expérience auprès de ces personnes me permet d’affirmer qu’elles nous donnent plus que nous ne pourrons jamais leur donner. Elles nous enseignent silencieusement le caractère sacré de la vie humaine.
Elles nous rappellent que la liberté que nous tenons pour acquise tous les jours est un cadeau qui n’a pas de prix et elles nous inspirent souvent grâce à leur témoignage consciencieux contre la tyrannie et l’oppression.
Le Canada continuera d’être une terre d’espoir et de refuge pour ces personnes du monde entier. Et il continuera de l’être grâce en grande partie aux trois décennies de service, de promotion et de charité pratique du Conseil canadien pour les réfugiés et de ses organisations membres représentées ici aujourd’hui.
Grâce à vos efforts, les réfugiés se sentent en sécurité ici car ils peuvent fonder un foyer, s’établir avec les membres de leur famille et assurer un avenir prometteur à leurs enfants. Je vous félicite d’avoir contribué pendant 30 ans à créer l’harmonie au sein d’un pays qui suscite l’admiration à l’échelle mondiale. Je vous souhaite une consultation très fructueuse et j’ai hâte d’entendre les comptes rendus de mes représentants sur vos délibérations des deux prochains jours.
Merci beaucoup.