Discours – Notes pour une allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme à l’occasion d’un déjeuner-table ronde avec la Chambre de commerce indo‑canadienne

New Delhi (Inde) 13 janvier 2009

Priorité à l’allocution prononcée

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Introduction/Relations Canado–indiennes

Merci pour cette aimable présentation. Na–Ma–STAY. (Bonjour.) Au nom de notre premier ministre Stephen Harper, je vous remercie de m’avoir invité ici aujourd’hui.

Je suis très heureux de me trouver en Inde. Ceux parmi vous qui viennent du Canada ou qui y ont séjourné doivent se souvenir du climat qui sévit en janvier; les relations entre nos deux pays sont beaucoup plus chaleureuses. Il existe un lien spécial entre le Canada et l’Inde qui n’a rien d’accidentel.

Nos deux pays sont des démocraties constitutionnelles, héritiers d’une glorieuse tradition qui date de près d’un millier d’années, de la Magna Carta.

Dans la dernière décennie, quelque 250 000 personnes ont émigré de l’Inde au Canada. Plus de 700 000 personnes d’origine indienne considèrent maintenant le Canada comme leur pays. Étant donné que le Canada compte moins de 33 millions d’habitants, ces chiffres sont importants, et ils le seront de plus en plus dans les années et décennies à venir.

La communauté indo–canadienne a grandement enrichi le Canada depuis plus d’un siècle. Une panoplie de Canadiens d’origine indienne issus des horizons les plus divers ont marqué notre société :

  • le comédien Russell Peters;
  • les auteurs M.G. Vassanji et Rohinton Mistry;
  • l’actrice Lisa Ray;
  • le réalisateur de films Deepa Mehta;
  • le patineur artistique Emanuel Sandhu;
  • mes collègues au Parlement, dont les nouveaux élus Tim Uppal et Devinder Shory.

Les lecteurs de littérature moderne savent que des liens solides existent entre nos deux pays.

Plusieurs romans remarquables qui se déroulent en Inde ont été sélectionnés pour le prestigieux Booker Prize, dont le gagnant de cette année, le roman de l’écrivain indien Aravind Adiga. Mais mon roman indien favori demeure sans conteste Un garçon convenable, de Vikram Seth, qui a remporté le Commonwealth Writers Prize.

L’auteur canadien Rohinton Mistry a été sélectionné à trois reprises pour le Booker Prize, chaque fois pour un roman ayant comme toile de fond le tourbillon de la vie à Mumbai.

Les lecteurs canadiens commencent donc à bien connaître votre pays, et ils s’en trouvent grandis!

Le Canada et l’Inde ont dans le Commonwealth et leurs traditions parlementaires un patrimoine commun, et jouissent de populations diversifiées et de paysages variés qui s’étendent à perte de vue.

Il y a tout juste un an, la ministre Finley, mon prédécesseur, est venue ici pour annoncer l’expansion des activités de mon ministère en Inde.

Or, l’ampleur de l’engagement du Canada envers l’Inde est évidente en ce mois de janvier.

Je suis l’un de trois ministres de notre gouvernement qui visitent l’Inde en janvier. En fait, il y a probablement plus de ministres en Inde ce mois–ci qu’il y en a à Ottawa. Ainsi, si une réunion de notre cabinet s’avérait nécessaire, nous pourrions tout simplement la tenir ici.

Peut–être serions–nous trop peu de ministres pour atteindre le quorum du Cabinet, mais avec deux ou trois ministres de plus, nous pourrions former ici une équipe ministérielle canadienne de hockey sur glace.

Canada vs Inde

L’Inde est un pays qui change rapidement. Que ce soit au cœur du gouvernement à New Delhi ou au cœur du milieu des affaires à Mumbai, on y trouve un mélange harmonieux entre une culture ancienne et vivante et les nouveautés du monde moderne.

Le Canada est un jeune pays comparativement à l’Inde. L’histoire indienne remonte à des millénaires, tandis que l’histoire canadienne se compte en siècles.

Depuis sa confédération en 1867, le Canada a accueilli plus de 15 millions d’immigrants. L’an dernier seulement, plus de 400 000 personnes des quatre coins du monde sont venues vivre au Canada, aussi bien de façon permanente que de façon temporaire.

Le dernier recensement national a révélé qu’une personne sur cinq qui vit maintenant au Canada est née à l’étranger, un sommet depuis plus de 75 ans.

Le Canada a besoin de l’immigration. Notre gouvernement et notre premier ministre croient en l’immigration. Elle fait partie de notre histoire, de notre tissu social. Comme le premier ministre Harper l’a dit un jour, les immigrants ont bâti notre pays.

De plus, l’essor continu de notre économie repose grandement sur l’immigration.

Comme bien d’autres pays occidentaux, notre population active vieillit et notre taux de natalité est faible. Nous prévoyons que d’ici quelques années, la totalité de la croissance nette de notre population active sera attribuable à l’immigration, ce qui constituera son plus grand bienfait.

Ainsi, tandis que certains pays envisagent de diminuer leurs niveaux d’immigration en raison du ralentissement économique mondial actuel, notre gouvernement reconnaît que pour le Canada, l’immigration demeure vitale.

Mesures prises par le Canada : Immigration et reconnaissance des titres de compétences

Dans un climat économique où beaucoup sont tentés de fermer leurs portes, notre pays demeure très ouvert.

J’ai récemment annoncé que notre gouvernement prévoyait accueillir entre 240 000 et 265 000 nouveaux résidents permanents en 2009, ce qui illustre l’importance que nous accordons à la vigueur de notre programme d’immigration. Il s’agira du niveau d’immigration le plus élevé de l’histoire canadienne.

Nous avons également apporté plusieurs changements afin d’accélérer le traitement des nouvelles demandes d’immigration, de réduire l’arriéré – qui se chiffre à plus de 900 000 demandes – et d’accueillir les travailleurs qualifiés qui possèdent les compétences nécessaires pour réussir dans notre économie.

De plus, nous travaillons à faire du Canada une option plus attrayante pour les étudiants étrangers. Une fois diplômés, ceux–ci peuvent maintenant obtenir un permis de travail ouvert – c’est–à–dire délivré sans qu’il soit nécessaire d’avoir déjà reçu une offre d’emploi – grâce auquel ils peuvent demeurer au Canada et y travailler pour une période maximale de trois ans.

Et nous venons tout juste de mettre en place un nouveau programme – la catégorie de l’expérience canadienne – qui permettra à certains étudiants et travailleurs étrangers temporaires de présenter plus facilement une demande de résidence permanente.

Ce qui se passe ici même en Inde démontre bien que les mesures que nous avons prises fonctionnent. En 2008, notre bureau de New Delhi a délivré plus de 19 000 visas, ce qui dépasse de loin les prévisions.

Cela témoigne de nos efforts fructueux en vue de réduire notre arriéré de demandes et d’aider les Indiens à immigrer au Canada.

Par contre, au–delà de nos réussites, d’autres défis restent à surmonter. Nous devons encore réduire la période d’attente des demandeurs. Nous devons également aider les professionnels et les gens de métier formés à l’étranger à obtenir la reconnaissance de leurs titres de compétences une fois qu’ils sont au Canada.

Lorsque je rencontre des groupes indo–canadiens au Canada, les nouveaux arrivants me mentionnent souvent leur besoin de mieux comprendre les qualifications requises avant leur arrivée au Canada. L’histoire qui revient le plus souvent est celle du nouvel arrivant au Canada qui a eu de la difficulté à trouver un emploi dans son domaine.

La réussite signifie l’atteinte de notre plein potentiel, en tant qu’individu et en tant que pays. Ainsi, si les nouveaux arrivants très qualifiés et expérimentés n’y arrivent pas, il en résulte une perte de possibilités pour les nouveaux arrivants et pour le Canada.

C’est pourquoi notre gouvernement a investi dans le Projet canadien d’intégration des immigrants ici en Inde, ainsi qu’en Chine et aux Philippines – tous d’importants pays sources d’immigrants au Canada – afin d’aider les immigrants formés à l’étranger à mieux connaître les exigences du marché du travail au Canada.

En collaboration avec l’Association des collèges communautaires du Canada et nos partenaires fédéraux au ministère des Ressources humaines et du Développement social, les responsables du Projet offrent des séances d’orientation et de counselling aux immigrants éventuels.

Mais le système d’immigration du Canada n’est pas axé uniquement sur l’économie. En effet, la réunification des familles demeure un objectif important. Nous nous sommes attachés à faire en sorte que les demandes au titre de la catégorie du regroupement familial soient traitées aussi efficacement que possible.

Par exemple, ici en Inde, 80 pour cent des demandes provenant d’époux qui désirent rejoindre leur conjoint au Canada sont réglées en six mois ou moins.

En outre, nous demeurons préoccupés par les activités douteuses de certains consultants en immigration, et nous voulons que les Indiens sachent qu’ils n’ont pas à embaucher un représentant en immigration pour faire une demande de visa ou de citoyenneté canadienne. S’ils choisissent d’avoir recours à une telle personne, il doit s’agir d’un représentant autorisé.

Les consultants en immigration sans scrupules représentent un sérieux risque pour les demandeurs et peuvent entraîner d’importantes difficultés financières.

Relations commerciales Canada–Inde

Notre gouvernement désire renforcer les relations entre le Canada et l’Inde et croit que les Canadiens en ont encore beaucoup à apprendre sur la nouvelle superpuissance économique qu’est l’Inde.

L’an dernier, nos échanges commerciaux bilatéraux ont atteint un niveau record de 3,6 milliards de dollars, dont une augmentation de 55 pour cent des exportations de marchandise vers l’Inde. Il s’agit de la plus forte augmentation en 14 ans.

C’est une des raisons qui nous portent à ajouter des délégués commerciaux aux bureaux commerciaux du Canada à Delhi et à Mumbai.

De plus, étant donné que l’économie est en croissance partout en Inde, nous avons ouvert des bureaux commerciaux à Hyderabad et à Calcutta afin d’établir des liens dans le Sud et l’Est du pays.

Ces mesures visant à renforcer nos relations ne sont pas seulement liées à l’économie : elles sont également basées sur nos caractéristiques communes, soit notre démocratie parlementaire, nos systèmes fédéralistes et nos systèmes juridiques.

Elles touchent également une question mise en évidence par le premier ministre Harper et qui nous unit de manière encore plus profonde : notre adhésion commune au pluralisme et à la diversité.

Le pluralisme se trouve au cœur même du concept de société libre et démocratique de l’Inde.  

En avril dernier, le premier ministre Harper a dit, et je cite : « L’Inde fait de plus en plus siens non seulement le système de gouvernement démocratique, mais également les avantages et les impératifs d’une économie de libre marché, car libertés démocratiques et libre marché vont de pair. »

Le multiculturalisme

L’influence des cultures du monde sur les générations de Canadiens est indéniable. Notre modèle de pluralisme et d’immigration est le résultat de notre histoire et des valeurs profondes qu’elle véhicule.

Des valeurs qui préconisent une acceptation des différences culturelles, linguistiques et religieuses plutôt que l’imposition d’une fausse conformité. Des valeurs telles que la dignité humaine et la liberté de conscience, où l’harmonie est la règle et non l’exception.

L’un des objectifs principaux de cet engagement est de faire en sorte que tous les Canadiens, quelles que soient leurs origines, aient la même image de la citoyenneté, une image axée sur la création de liens, l’intégration des nouveaux arrivants, et la promotion du respect envers nos institutions, nos valeurs et notre histoire communes.

Après tout, le multiculturalisme et la citoyenneté ne concernent pas seulement les nouveaux arrivants, mais bien tous les Canadiens, comme en témoigne la popularité des cérémonies de réaffirmation de la citoyenneté.

Ainsi, nous avons investi des fonds considérables pour aider les nouveaux arrivants, comme ceux qui se sont joints à nous aujourd’hui, à s’intégrer à la société canadienne.

Nous avons fixé de nouvelles priorités au Programme du multiculturalisme afin de promouvoir l’intégration, d’aider les jeunes à risque et d’encourager la compréhension interculturelle en abordant les enjeux d’aujourd’hui.

Bref, notre but n’est pas seulement d’attirer de nouveaux arrivants au Canada, mais également de les aider à s’intégrer à notre pays, à accepter les différences culturelles et à adhérer à nos valeurs communes.

La sécurité et les attentats de Mumbai

Il y a un mois seulement, je me suis joint à des centaines de personnes de tous les milieux réunies à Toronto pour une veille à la chandelle en mémoire des personnes tuées – dont deux Canadiens – lors des attentats terroristes qui ont eu lieu à Mumbai le 26 novembre 2008.

La veille était organisée par la Fondation Canada–Inde et soutenue par plus de 70 groupes religieux, culturels et humanitaires. Le président de la Fondation, Surjit Babra, a bien exprimé nos sentiments lorsqu’il a demandé aux personnes présentes d’aider à créer un tsunami de paix dans le monde entier.

Le gouvernement du Canada condamne les actes de violence outrageux de ce genre.

Aucune cause politique ou religieuse ne peut justifier la haine qui mène à une telle violence envers des innocents. Aussi le premier ministre Harper s’est–il engagé à soutenir nos collègues de l’Inde démocratique dans leur lutte contre le terrorisme.

Le terrorisme est une réalité mondiale, et tout comme ses alliés, le Canada n’est pas à l’abri de la menace. C’est pourquoi l’immigration au Canada est réglementée par une loi exhaustive, en vertu de laquelle seules sont admises les personnes qui respectent des exigences précises, les personnes qui représentent une menace pour la santé ou la sécurité du public, ou pour la sécurité nationale, étant interdites de territoire.

Conclusion

Dans la dernière décennie, l’Inde est devenue une étoile montante dans le milieu international des affaires, et sa classe moyenne a connu une importante croissance. Et puisque les Indiens vont étudier, travailler et vivre dans d’autres pays comme le Canada, de solides alliances financières à l’échelle internationale continueront à voir le jour.

Je regarde cette salle et je vois des gens qui travaillent pour l’établissement d’échanges dynamiques profitables pour nos deux pays. Nous bénéficions tous de notre amitié.

Au nom du premier ministre Harper et du gouvernement du Canada, je vous félicite et je vous encourage à continuer vos efforts afin de renforcer les liens entre nos deux pays.

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