Discours – Notes d’allocution pour l’honorable Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, lors de la cérémonie de remise du Prix Paul Yuzyk

Toronto (Ontario)
Le 12 juin 2009

Tel que prononcé

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Marci, je tiens à vous offrir mes plus sincères remerciements pour votre rôle de maîtresse de cérémonie ce soir. Votre Éminence, Monseigneur, révérends pères et révérendes sœurs, collègues parlementaires, membres de la famille Yuzyk, et récipiendaire honoré ce soir, Monsieur John Yaremko, c’est avec plaisir que je célèbre avec vous cet important jalon pour le multiculturalisme canadien.

Je suis heureux de me trouver parmi vous ce soir, afin de célébrer une journée importante pour le multiculturalisme canadien.

Nous célébrons ce soir le premier récipiendaire du Prix Paul Yuzyk. Ce nouveau prix a été nommé en l’honneur de l’homme dont on se souvient probablement d’abord comme père du multiculturalisme et grand Canadien, le défunt sénateur Paul Yuzyk.

Né en Saskatchewan de parents venus d’Ukraine pour se bâtir une nouvelle vie au Canada, il était un athlète et un étudiant exceptionnel. Il a su surmonter la période difficile de la grande dépression ainsi que, comme Vera nous l’a dit, les préjugés auxquels il a dû faire face dans sa collectivité. Il est devenu universitaire et s’est engagé dans l’armée canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale, où ses talents de professeur ont été mis à contribution pour la formation des sous-officiers lors de missions de reconnaissance.

Il a ensuite poursuivi sa carrière universitaire en tant que professeur d’histoire et d’études slaves à l’Université du Manitoba et à l’Université d’Ottawa. En reconnaissance de son travail de penseur avant-gardiste et d’activiste communautaire, il s’est vu offrir un poste de sénateur par Sa Majesté en 1963, sur l’avis du premier ministre John Diefenbaker, autre personnage occidental remarquable.

Le prix porte le nom du fameux universitaire du Manitoba, activiste communautaire, et sénateur nommé par le premier ministre, John Diefenbaker.

En 1963, lorsque le gouvernement Pearson a créé la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, le sénateur Yuzyk a défendu l’adoption d’une approche plus vaste qui refléterait l’ensemble de la diversité et de l’histoire du Canada, comme l’a fait notre récipiendaire du prix ce soir. Il a fait valoir que de réduire le Canada à deux cultures fondatrices revenait à faire fi du tiers des Canadiens qui, comme lui, et comme John Diefenbaker, n’étaient pas d’ascendance britannique ou française.

Dans une allocution clée devant le Sénat en 1964, il a affirmé qu’une grande nation dynamique devait se consacrer à défendre de grandes idées et de grands principes notables venant du passé; que sans les peuples fondateurs et leurs contributions, le Canada n’existerait pas aujourd’hui. Ainsi, il a affirmé que l’identité nationale ne devait pas reposer exclusivement sur la notion de deux cultures fondatrices, mais qu’il ne fallait pas non plus les ignorer, ni leur contribution essentielle à la diversité actuelle du Canada.

Les Canadiens français, disait-il, ont beaucoup de connaissances à transmettre sur la préservation de la culture et sur la fierté qu’elle suscite pour eux. Il poursuivait en disant qu’ils étaient plus conscients du sens de la vie sans la présence française, et que sans cette présence, le Canada n’existerait pas. Il ajoutait que le cadeau impérissable des Britanniques au mode de vie canadien était le système parlementaire et la démocratie évolutive, sous l’égide de la Couronne, qui protègent la primauté du droit et l’égalité devant la loi, la liberté, la justice, l’équité, l’égalité des chances et la dignité humaine. Il affirmait qu’avec le Parlement, nous avions acquis l’indépendance, la souveraineté et un prestige à l’échelle mondiale. Ce sont les valeurs et les institutions unificatrices mentionnées par Rudyard.

Or, le sénateur Yuzyk soutenait que les Canadiens ont besoin de s’instruire sur le tiers des habitants de leur pays qui ne sont pas d’ascendance française, britannique ou autochtone, mais qui sont issus de partout dans le monde, et qui ont d’ailleurs de nombreux représentants dans la salle ici ce soir. Il fondait sa pensée sur la tradition léguée par Watson Kirconnel, universitaire conservateur parmi les premiers à avoir reconnu la valeur et le potentiel de la littérature et de la culture des Canadiens originaires de l’Europe centrale et orientale qui ont fui le joug communiste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Comme le disait le sénateur Yuzyk, en tant qu’héritiers du passé, nous constituons une société pluraliste et multiculturelle avec une fondation chrétienne, évoluant dans un système démocratique. Malgré sa vie remplie d’activités, il a occupé le poste de directeur du Conseil Canadien des Chrétiens et des Juifs, et de président du Conseil canadien des arts populaires.

Inspiré par les travaux avant-gardistes du sénateur Yuzyk, le secrétaire d’État conservateur David Crombie a été l’instigateur de la Loi sur le multiculturalisme canadien en 1988, année où elle a été adoptée. Gerry Weiner est par la suite devenu le premier à occuper le poste de ministre du Multiculturalisme et de la Citoyenneté en 1991.

Il s’agit d’une riche tradition, dont le gouvernement est fier d’hériter et qu’il est déterminé à perpétuer. Le prix que nous remettons ce soir et qui, espérons-le, deviendra une tradition annuelle qui perdurera, est accordé en reconnaissance d’une contribution exceptionnelle au pluralisme du Canada et à sa tradition d’unité et de diversité. Il s’agit d’une façon de se rappeler des véritables voies historiques qui ont mené à l’approche unique et efficace du Canada en matière de multiculturalisme.

Ainsi, pour honorer l’héritage du sénateur Yuzyk, le gouvernement a créé le Prix Paul Yuzyk. À compter de ce soir, le prix sera décerné chaque année à une personne ou à une organisation qui a fait preuve d’excellence dans la promotion du multiculturalisme par l’ensemble de ses réalisations ou par une réalisation exceptionnelle.

À compter de ce soir, le prix sera décerné chaque année à une personne ou une organisation qui ont fait preuve d’excellence dans la promotion du multiculturalisme par l’ensemble de ses réalisations ou par une réalisation exceptionnelle.

Cette année, nous honorons un autre grand Canadien d’origine ukrainienne, M. John Yaremko, pour l’ensemble de ses réalisations. M. Yaremko a été l’un des premiers champions du multiculturalisme au Canada, avec Paul Yuzyk, ici même à Toronto, au cœur du multiculturalisme. Diplômé de la Faculté de droit Osgoode Hall, M. Yaremko a été député de l’Ontario de 1951 à 1975 et ministre dans les cabinets des premiers ministres Leslie Frost, John Robarts et William Davis.

Si je ne m’abuse, il a été à l’époque le plus jeune membre à être élu à la législature. Il a été le plus jeune ministre nommé au Cabinet de l’Ontario et le premier Ontarien d’origine ukrainienne élu à Queen’s Park et nommé au Cabinet. À ce jour, il détient encore le record du plus long état de service au parlement ontarien.

John, quel parcours impressionnant! Il a été le premier solliciteur général de la province, ainsi que le premier ministre responsable de la citoyenneté, puis également ministre des Transports, ministre des Services sociaux et des Services aux familles et ministre du Bien-être social. M. Yaremko s’est non seulement dévoué au service de la population à Queen’s Park et au gouvernement, mais il était aussi motivé par un sens profond du service communautaire, de la sollicitude et de la compassion à l’égard des autres. Il a été un défenseur passionné des droits de la personne, des services communautaires, de la diversité culturelle et des soins de longue durée. Son engagement a permis d’aider de nombreuses organisations communautaires comme le Bellwood Centre for Community Living, l’Ukrainian-Canadian Care Centre, le Musée des beaux‑arts de l’Ontario, la Compagnie d’opéra canadienne, le Musée royal de l’Ontario et l’Université de Toronto où il a établi le programme John et Mary Yaremko en multiculturalisme et droits de la personne à la Faculté de droit, et il a également énormément contribué à la création de ce magnifique édifice de Toronto qu’est le Roy Thompson Hall. Il m’a dit qu’il n’y a pas contribué autant que Roy Thompson, mais qu’il y a bien participé.

Nous rendons hommage ce soir à M. Yaremko en particulier pour l’une des grandes contributions à la mosaïque canadienne, à savoir les efforts visionnaires qu’il a déployés à titre de ministre du gouvernement de l’Ontario pour aider un grand nombre de personnes à fuir la tyrannie et à trouver refuge et protection dans notre pays libre, je parle bien sûr des Hongrois qui ont fui la tyrannie communiste en 1956. Comme vous le savez, après le soulèvement démocratique en Hongrie, les forces armées de l’Union soviétique ont envahi le pays, occupé Budapest et forcé 200 000 personnes à s’enfuir et à chercher asile à l’étranger. À ce moment-là, John a vu la situation tragique dans laquelle se trouvaient ces personnes, coincées à la frontière, et même s’il n’était pas le ministre fédéral responsable de l’immigration, même s’il était un ministre du gouvernement de l’Ontario, il savait qu’il fallait faire quelque chose pour ces gens. Après être allé jusqu’en Europe pour rendre visite aux réfugiés, il est revenu à Ottawa et a convaincu le gouvernement fédéral de créer un programme spécial qui a permis de réétablir rapidement, ici, au Canada, 40 000 Hongrois en quête de liberté. Ces personnes et leur famille vous sont à jamais reconnaissantes, John, pour votre travail exceptionnel.

En récompense de ses efforts, le gouvernement hongrois lui a décerné la croix d’officier de l’Ordre du mérite, et j’ai eu le grand honneur de pouvoir assister à la cérémonie très émouvante de la remise de cet insigne. Et John, laissez-moi vous dire que je serai dans deux semaines à Budapest pour représenter le Canada lors des célébrations du 20e anniversaire de la chute du communisme en Hongrie. Sachez, cher Monsieur, que lorsque je serai là-bas, je ne manquerai pas de me souvenir de vous et de votre contribution à la liberté du peuple hongrois, et des populations des nations captives d’Europe.

Mesdames et Messieurs, lorsque le Canada offre un refuge aux personnes qui sollicitent sa protection, nombre de ces personnes participent ensuite à la réussite de notre pays et leur présence nous rend tous plus riches.

Nous nous enrichissons également au contact de personnes comme M. Yaremko, qui a contribué toute sa vie à renforcer les valeurs canadiennes que sont la liberté, la démocratie, le respect des droits de la personne et la primauté du droit.

En conséquence, comme nous avons le privilège de compter M. Yaremko parmi nous ce soir, je tiens à le féliciter pour l’ensemble de ses réalisations. Je suis extrêmement honoré d’être des vôtres pour rendre hommage à un homme qui personnifie si bien l’idéal de Paul Yuzyk et qui représente ce que le Canada a de mieux à offrir.

Alors, merci beaucoup et félicitations, John Yaremko.

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