Discours – Notes d’allocution pour l’honorable Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, prononcée lors d’un forum de groupes intéressés organisé par l’Alliance des conseils sectoriels et le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers,

à l’occasion du lancement de la Feuille de route de l’employeur pour l’embauche et le maintien en poste de travailleurs formés à l’étranger

Ottawa (Ontario)
Le 16 juin 2009

Tel que prononcé

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Je voudrais avant tout remercier Corrine, qui accomplit un travail si extraordinaire en tant que directrice du Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers (BORTCE), ainsi que Cheryl Paradowski, présidente du conseil d’administration de l’Alliance des conseils sectoriels, pour cette invitation. Merci également à tous les membres de ces organisations pour le bon travail accompli. Je constate avec plaisir que vous êtes nombreux à prendre de votre temps, qui serait normalement consacré à votre travail, pour venir discuter des effets positifs que la venue des nouveaux arrivants apporte, socialement et économiquement, à la bonne marche des affaires au Canada.

Nous avons tous de quoi être très fiers du fait que tout au long de notre histoire, nous avons perpétué une tradition d’ouverture envers les nouveaux arrivants en provenance de toutes les régions de la terre. En fait, nous conservons le niveau d’immigration relatif le plus élevé des principaux pays industrialisés du monde. De toute évidence, cela nous offre des possibilités extraordinaires, mais nous place aussi devant certains défis. Par exemple, nous voulons nous assurer que les nouveaux arrivants qui possèdent de l’expérience professionnelle et technique puissent entrer dans le cycle de prospérité de notre économie et s’intégrer rapidement à notre société plutôt que d’être marginalisés. Nous ne désirons pas que notre programme d’immigration favorise dans notre pays l’éclosion de communautés parallèles et d’exclusion sociale que l’on peut observer dans certains autres pays industrialisés.

Jusqu’à présent, nous avons assez bien réussi. Mais l’examen des données recueillies durant les vingt dernières années révèle un déclin, relativement parlant, de la situation économique des nouveaux arrivants; et cette situation nous inquiète vraiment. De toute évidence, la question de la reconnaissance des titres de compétences étrangers est au cœur du problème.

Notre gouvernement entend assurer un avenir prospère pour les nouveaux Canadiens, et je pense en particulier à ceux qui, souvent, ont laissé derrière eux, dans leurs pays d’origine, une prospérité appréciable.

Un grand nombre des professionnels formés à l’étranger et que nous attirons au Canada sont issus de la classe sociale et économique la plus haute de leur pays d’origine. Mais une fois rendus au Canada, trop souvent, en raison du paradoxe de l’expérience canadienne, en raison de la difficulté à faire reconnaître leurs titres de compétences ou pour ces deux raisons à la fois, ils se retrouvent sous‑employés pour des salaires comblant à peine leurs besoins essentiels.

Il nous faut donc reconnaître le risque que ces gens ont pris. D’un autre côté,  j’ai le plaisir de vous signaler que l’an passé, nous avons accueilli au Canada 520 000 nouveaux arrivants, y compris les résidents permanents et temporaires; c’est le nombre de nouveaux arrivants posant le pied sur le sol canadien le plus élevé jamais enregistré. Ce nombre comprend plus de 247 000 résidents permanents, 193 000 travailleurs étrangers temporaires et 79 000 étudiants étrangers. De plus, grâce aux changements que nous avons apportés l’an passé à notre programme d’immigration, nous avons pu introduire la catégorie de l’expérience canadienne afin de permettre à des milliers de travailleurs temporaires et d’étudiants étrangers qualifiés de demander le statut de résident permanent d’ici même au Canada.

Je crois que ce programme est formidable. Il est encore peu connu et peu de gens s’y inscrivent; mais c’est le genre de changement qu’il nous faut continuer d’apporter, car il facilite l’accès à la résidence permanente à des personnes qui sont déjà, dans un sens, intégrées au Canada; tels que les étudiants universitaires possédant un diplôme qui sera reconnu par nos universités et qui ont amélioré leur connaissance des langues officielles lorsqu’ils ont eu à le faire, ou encore les travailleurs étrangers temporaires plus instruits, qui ont fait l’expérience du marché du travail canadien et le comprennent déjà très bien, qui ont travaillé pendant deux ou trois années pour des employeurs et qui, souvent, sont très appréciés de ces derniers.

Bien sûr, nous savons tous que nous traversons une période de difficultés économiques importantes, et nous ressentons les effets du ralentissement économique mondial. Cela dit, nous pouvons être reconnaissants du fait que le Canada soit entré dans cette récession mondiale après tous les autres principaux pays industrialisés; et que tous, de la Banque mondiale à OCDE et jusqu’au FMI, semblent annoncer que nous en sortirons non seulement avant tous les autres pays industrialisés importants, mais aussi plus forts qu’avant.

Étant donné la situation, la plupart des pays industrialisés ont annoncé, et mis en œuvre en 2009, des réductions assez importantes de leur niveau d’immigration. Le Canada, peut‑être par une intuition contraire, a choisi la voie opposée. Nous sommes, à ce que je sache, le seul pays industrialisé qui maintient ses objectifs d’immigration pour 2009.

Je crois que notre vision à long terme serait défaillante si nous abaissions nos objectifs à cause du ralentissement économique, car certains secteurs d’activité et certaines régions souffrent d’une pénurie constante de travailleurs. Si vous en doutez, je vous invite à m’accompagner lorsque je visite des employeurs de l’Ouest canadien, par exemple, et à les écouter me dire que s’ils ne peuvent obtenir plus rapidement le concours de travailleurs étrangers temporaires, il leur faudra déclarer faillite.

En ce qui a trait à l’immigration, nous croyons donc que la pire chose que le gouvernement pourrait faire durant une récession serait de priver les entreprises bien portantes de la main‑d’œuvre dont elles ont besoin pour continuer de prospérer. Voilà donc une des raisons pour lesquelles non seulement nous croyons qu’à court terme, il est de notre responsabilité de maintenir l’immigration à son niveau actuel, mais qu’à plus long terme, dès que nous serons parvenus à la phase de relance de ce cycle, nous aurons besoin de nouveaux arrivants ayant une bonne formation, oui de nouveaux Canadiens, pour occuper les emplois de l’avenir.

De toute évidence, des défis extrêmement sérieux de nature économique ou, devrais‑je dire, de nature démographique, nous attendent à long terme. En effet, d’ici 2013, 100 % de la croissance de notre marché du travail sera attribuable à l’immigration.

Voilà donc la raison pour laquelle j’ai annoncé en décembre dernier que notre gouvernement accueillera plus de 156 000 personnes de la catégorie de l’immigration économique et que nous maintiendrons nos niveaux historiquement élevés d’immigration. En fait, depuis que nous avons adopté en 2008 le Plan d’action pour accélérer l’immigration et que nous en avons fait une partie intégrante des modifications à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés inscrites dans la loi budgétaire de l’année passée, nous assistons pour la première fois en presque une génération à la diminution du nombre de travailleurs étrangers inscrits sur la liste d’attente, plutôt qu’à son augmentation. Nos progrès m’enthousiasment énormément!

Notre arriéré de la catégorie des travailleurs qualifiés était l’an passé d’environ 600 000. Il est tombé à environ 515 000 à la fin de 2008 en raison des mesures que nous avons prises. Il s’agit là d’une importante baisse de 15 %. Au 30 avril de cette année, l’arriéré était passé à 481 000, ce qui représente une diminution additionnelle de 7 %. Donc, moins d’un an après l’introduction de notre Plan d’action, nous avons réussi à réduire la liste d’attente de travailleurs qualifiés de 20 % et nous continuons de la réduire. J’ai bon espoir que nous atteindrons nos objectifs. Il en résultera une diminution des délais de traitement et l’intégration plus rapide des gens au Canada.

L’un des effets pervers de cet arriéré gigantesque a été d’établir la moyenne de délai des traitements de dossiers des résidents permanents à cinq ou six ans. Bien des gens, au moment de recevoir leur lettre d’acceptation, avaient oublié qu’ils avaient présenté une demande.

Ou s’ils étaient de ces immigrants ayant de l’ambition et appartenant aux échelons supérieurs de leurs marchés du travail respectifs, ils avaient déjà déménagé chez des concurrents comme l’Australie et la Nouvelle‑Zélande; ceux‑là offraient de répondre à leur demande et de leur accorder la résidence permanente en quelques mois. Nous étions en train de nous disqualifier nous‑mêmes dans l’arène de la concurrence internationale visant à attirer l’élite de la main‑d’œuvre immigrante.

Notre Plan d’action a des conséquences sur deux catégories d’immigrants. Premièrement, ceux qui ont présenté une demande depuis le mois de février de l’année passée et qui appartiennent à l’une des 38 catégories professionnelles priorisées recevront une réponse de six à douze mois après leur demande. C’est beaucoup mieux que de cinq à six ans.

Nous pouvons de nouveau nous mesurer aux autres pays industrialisés pour attirer les nouveaux immigrants économiques. Deuxièmement, ceux qui ont présenté une demande avant que nous ayons opéré ces modifications devront attendre plus longtemps, mais les délais de traitement sont constamment réduits. Voilà une bonne nouvelle pour ces personnes également.

À présent, le défi que nous avons tous à relever est de veiller à ce que les nouveaux arrivants ne se retrouvent pas dans la file des chômeurs, mais plutôt qu’ils se dirigent vers un emploi rémunérateur, de préférence dans leur profession. C’est dans ce but que nous avons créé, en 2006, le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers, qui collabore de façon extraordinaire avec Ressources humaines et Développement des compétences Canada pour trouver des façons plus rapides et plus claires de parvenir à la reconnaissance des titres de compétences. Et effectivement, nous fournissons actuellement cette information aux gens.

De même, le 16 janvier dernier, le premier ministre a rempli un engagement électoral – inscrire la question de la reconnaissance des titres de compétences sur la liste des priorités des premiers ministres provinciaux.

En raison de la pression grandissante exercée par des professionnels formés à l’étranger sous‑employés, les gouvernements fédéral et provinciaux en sont venus à une entente extrêmement importante ayant trait à l’élaboration d’un Cadre pour la reconnaissance des titres de compétences applicable à l’ensemble du Canada. Le premier rapport à ce sujet paraîtra d’ici septembre.

Non seulement avons‑nous fait preuve du leadership nécessaire pour inviter les provinces à s’asseoir à la table de négociations, mais nous avons également injecté dans le Plan d’action économique de janvier une somme de 50 millions de dollars, étalés sur deux ans, pour financer le travail des fonctionnaires des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ayant reçu le mandat d’élaborer ce cadre de reconnaissance des titres de compétences.

Nous travaillons de pair avec les provinces et les territoires afin que les nouveaux arrivants comprennent clairement de quelle façon ils peuvent obtenir plus rapidement une réponse à leur demande de reconnaissance de titres de compétences. Bien sûr, nous ne pouvons et ne devrions jamais garantir que 100 % des professionnels formés à l’étranger se verront reconnaître leurs titres de compétences. Comme je l’ai souvent dit, nous ne voulons pas que des gens qui ne sont pas vraiment ingénieurs construisent nos ponts ou que des docteurs qui n’ont pas reçu de formation adéquate exécutent des chirurgies sur les patients canadiens.

Mais il est clair dans mon esprit que puisque nous avons invité ces personnes à venir au Canada sur la base de leur formation à l’étranger, nous avons le devoir de leur présenter les choses d’une façon claire et transparente et de leur éviter d’avoir à s’engouffrer dans un dédale bureaucratique pendant des années et des années. Nous avons aussi le devoir de leur donner une réponse dans un délai raisonnable, et je souhaite que l’objectif soit fixé à un an au maximum.

Bien sûr, nous avons tous entendu des reportages et nous avons tous eu vent de récits particuliers. Prenez, par exemple, cette gynécologue‑obstétricienne syrienne qui a immigré il y a cinq ans au Canada et que j’ai rencontrée, il y a quelques mois, à Edmonton. Elle a reçu sa formation dans une des plus grandes facultés de médecine du Moyen‑Orient, mené à bien sa résidence et aidé des centaines de femmes à accoucher. Puis elle est venue au Canada dans l’espoir d’y pratiquer la médecine. Or elle nettoie des chambres d’hôtel depuis cinq ans...

Bien entendu, je suis incapable de déterminer la valeur de ses titres de compétences. Peut‑être n’a‑t‑elle pas reçu une formation suffisante. Mais une chose est claire pour moi : il n’y a aucune raison valable pour qu’elle passe cinq années dans un dédale bureaucratique avant d’obtenir une réponse claire à sa demande. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons créé le BORTCE, afin de fournir aux nouveaux arrivants l’information dont ils ont besoin pour que leurs titres de compétences soient reconnus le plus rapidement possible.

C’est aussi la raison pour laquelle le gouvernement a financé le Projet canadien d’intégration des immigrants (PCII) ainsi que trois bureaux pilotes à l’étranger, soit en Inde, en Chine et aux Philippines. J’ai visité celui de l’Inde, où l’on accomplit un travail formidable; et nous espérons pouvoir annoncer plus tard dans l’année l’élargissement du PCII.

Dans le cadre de ce programme, n’importe quel travailleur qualifié immigrant au Canada peut participer gratuitement et pendant deux jours à des séances d’information sur les processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers et sur le marché canadien du travail. Ces séances sont accompagnées de conseils personnalisés, en privé, sur les questions d’établissement et d’intégration. Lorsque ces projets pilotes se termineront en 2010, le BORTCE continuera de fournir ces services à l’étranger. Mais pour aider les nouveaux arrivants à entrer dans ce que j’appelle le milieu de la prospérité canadienne, il nous faut aussi aider les employeurs en leur fournissant tous les outils et ressources dont ils ont besoin.

C’est pourquoi je suis très heureux de lancer aujourd’hui la Feuille de route de l’employeur pour l’embauche et le maintien en poste de travailleurs formés à l’étranger. Cette feuille de route, que nous devons à l’efficacité du partenariat auquel ont participé le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers et l’Alliance des conseils sectoriels, aidera les employeurs à embaucher et à maintenir en poste des travailleurs étrangers. Si donc vous êtes employeur dans une petite ou une moyenne entreprise, vous tirerez profit de cette feuille de route. Elle vous explique comment évaluer et choisir des travailleurs venant de l’étranger et, une fois qu’ils sont embauchés, comment les intégrer à votre organisation en aménageant pour eux un environnement accueillant. La feuille de route comprend aussi une liste détaillée d’outils, de programmes et de ressources qui pourraient vous être utiles tout au long du processus.

Notre aptitude à attirer et à intégrer des travailleurs hautement qualifiés est l’un des fondements de l’avantage concurrentiel du Canada. Les nouveaux arrivants contribuent au talent, à la volonté d’agir et à la diversité dont nous avons besoin pour construire un Canada solide et nous préparer un avenir meilleur. En même temps, nous devons continuer de vous appuyer, vous les employeurs, et de veiller à ce que vous soyez bien équipés pour embaucher et intégrer ces travailleurs qualifiés dans vos milieux de travail.

Je vous remercie donc chaleureusement pour votre soutien, votre participation et votre leadership. Ensemble, je l’espère, nous travaillerons et réaliserons le potentiel véritable des dizaines de milliers de gens qui viennent au Canada pour bâtir leur avenir; oui, pour bâtir, avec nous et vos organisations, cette prospérité que nous avons en commun. Merci.

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