Discours – Notes pour une allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, ministre P.C., député ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme à la suite d’une rencontre avec des réfugiés bhoutanais dans le cadre de la célébration des 30 ans du Programme de parrainage privé de réfugiés de CIC et de la présentation d’un certificat de mérite à six signataires d’entente de parrainage

Bureau de la Citoyenneté
Winnipeg (Manitoba)
Le 21 septembre 2009

Tel que prononcé

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Bonjour à tous. Nous nous trouvons en un lieu passablement grandiose pour une rencontre aussi intime. Je viens tout juste d’avoir la chance de rencontrer certains nouveaux arrivants ici à Winnipeg, dont plusieurs sont des hindous bhoutanais du Népal. Je suis très heureux de vous rencontrer. Un des principaux plaisirs que me procure mon travail consiste à accueillir les nouveaux arrivants au Canada, plus particulièrement ceux qui ont été confrontés à des situations difficiles et qui ne peuvent pas retourner chez eux.

Le Canada est fier de la tradition qu’il perpétue en accueillant des gens de partout dans le monde qui cherchent refuge, et en leur offrant protection, débouchés, sécurité et prospérité. Vous suivez une tradition canadienne de longue date. Je crois que cette petite rencontre en ce que nous appelons le bureau de la Citoyenneté est très spéciale.

On dirait un tribunal, et on peut dire que c’en est un. Et peut-être bien qu’un jour, dans quelques années, vous viendrez prendre place sur ces chaises, vous prononcerez le serment d’allégeance et deviendrez citoyens canadiens. Ainsi, c’est aujourd’hui que votre périple s’amorce. Il s’agit d’une étape importante. Nous espérons que vous resterez ici, que vous deviendrez des citoyens et que vos enfants seront de fiers Canadiens.

Gardez à l’esprit cette pensée : revenir dans cette pièce dans quelques années comme futurs citoyens canadiens. Nous sommes fiers de vous accueillir ici, tout comme les 5 000 autres réfugiés bhoutanais que nous accueillerons dans diverses régions du pays au cours des deux prochaines années. Je crois que nous en accueillerons environ 30 ici, à Winnipeg, dans un avenir rapproché.

Nous perpétuons une tradition de longue date, qui remonte au temps où le Canada était un refuge pour les gens fuyant l’esclavage dont ils étaient victimes dans le sud des États-Unis au XIXe siècle.

Ces personnes arrivaient ici par ce qu’on appelait le chemin de fer clandestin, cherchant protection au Canada. C’est quelque chose dont nous sommes très fiers. Aujourd’hui, nous célébrons aussi tout particulièrement le 30e anniversaire d’un volet important de notre programme pour les réfugiés, soit le Programme de parrainage privé de réfugiés. Il y a deux programmes différents pour les gens ayant connu persécution, violence et conflit. L’un d’eux est notre Programme de réfugiés pris en charge par le gouvernement, par l’entremise duquel nous coopérons, comme dans votre cas, avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et l’Organisation internationale pour les migrations.

L’autre est le Programme de parrainage privé de réfugiés, dans le cadre duquel des organismes communautaires – églises, paroisses et groupes communautaires – s’unissent pour amasser des fonds dans le but d’aider à accueillir et à réétablir les nouveaux arrivants réfugiés de partout dans le monde.

C’est en 1979 que ce programme a été mis sur pied, à l’époque où des centaines de milliers de Vietnamiens fuyant la violence et la tyrannie brutale dans leur propre pays se sont égarés dans les océans du Sud-Est asiatique, n’ayant nulle part où aller; le Canada – avec l’aide de nombreuses organisations et églises – a ouvert ses portes pour recevoir des dizaines de milliers de Vietnamiens victimes de persécution en 1979 et 1980; et nos portes sont restées ouvertes depuis.

Je suis presque certain qu’ici, à Winnipeg, vous avez reçu des Vietnamiens en provenance des Philippines dans le cadre de notre programme spécial. Je ne suis pas sûr si nos partenaires savent que vous avez été responsables d’un programme spécial l’an dernier visant à accueillir environ 186 Vietnamiens qui ont vécu aux Philippines au cours des 20 dernières années.

Il ne s’agissait pas de réfugiés conventionnels, mais d’apatrides vivant dans des conditions difficiles aux Philippines. Nous sommes donc très fiers de les accueillir et de mettre un terme au périple des réfugiés de la mer vietnamiens amorcé il y a 30 ans.

Winnipeg est une ville d’immigrants. À vrai dire, pendant des dizaines d’années, des milliers et des milliers de gens sont arrivés dans cette gare où nous nous trouvons. Ils arrivaient souvent en bateau à Halifax, sur la côte Est du Canada, où ils prenaient le train (ils pouvaient aussi partir de la gare de Montréal) jusqu'ici.

Deux ou trois journées, ou peut-être même plus, s’écoulaient avant qu’ils n’arrivent à Winnipeg. Ils descendaient du train à la gare ici et se rendaient à la campagne où ils devenaient fermiers; ou encore ils s’établissaient dans de petits villages ou aidaient à construire la ville. Nous comptons parmi nous, à titre d’exemple, un ami du Congrès des Ukrainiens Canadiens, une des principales communautés d’immigrants fondatrices, dont de nombreux membres étaient des réfugiés politiques de l’Europe de l’Est.

Les nouveaux arrivants ont toujours de nombreux obstacles à surmonter. Outre le premier hiver passé à Winnipeg, ils doivent relever de multiples défis, dont ceux associés à l’emploi et aux titres de compétences. Mais voici ce que je dis aux nouveaux arrivants : si vous travaillez fort et cherchez à parfaire votre éducation et vos aptitudes professionnelles, tout est possible.

Depuis des décennies, nous accueillons des gens de partout au monde qui sont complètement démunis : pas d’argent, pas de biens matériels, pas d’éducation ou presque. Bon nombre d’entre eux (presque tous, autrefois) sont analphabètes, ne sachant ni lire, ni écrire. Mais en travaillant fort, ils réussissent et, surtout, leurs enfants réussissent.

Nous vivons dans un pays formidable et vous aurez des défis à relever, cela va de soi. Nous sommes ici, nous et nos partenaires en matière de titres de compétences, les organismes d’aide au réétablissement des réfugiés et tous les groupes communautaires, pour vous aider à rendre votre réétablissement au Canada aussi efficace que possible. Mais il vous faudra néanmoins faire preuve de beaucoup d’initiative pour réussir.

Au nom de Citoyenneté et Immigration Canada, je tiens aussi à souhaiter la bienvenue aux signataires d’entente de parrainage par le secteur privé pour leur importante participation à notre programme de réétablissement. L’an dernier, le Canada a accueilli plus de 10 000 réfugiés de partout dans le monde : environ les trois quarts d’entre eux ont été pris en charge par le gouvernement, les autres ayant été parrainés par le secteur privé.

J’aimerais même que nous augmentions, au-delà des limites actuelles, le nombre de réfugiés arrivant au Canada et que nous leur offrions un appui encore plus important qu’à l’heure actuelle. Nous devons cependant être fiers de ce que nous avons accompli en tant que pays. Les Nations Unies réétablissent environ 100 000 personnes vivant dans des camps de réfugiés situés dans des zones de conflit. Nous acceptons 10 p. 100 d’entre eux.

Donc, le Canada, qui ne compte qu’une infime fraction de la population du monde – 0,5 p. 100 – accepte 10 p. 100 des réfugiés réinstallés dans le monde. Cela en dit long sur la générosité des Canadiens et démontre ce qui nous tient à cœur. Moi, tout particulièrement, j’appuie les programmes pour les réfugiés. Je suis d’avis qu’ils offrent un genre de point d’ancrage dans la communauté, un réseau d’appui personnel qui aide vraiment les réfugiés à s’intégrer, des réfugiés dont bon nombre ont vécu des expériences traumatisantes avant leur arrivée ici.

C’est une des raisons pour lesquelles nous augmentons progressivement nos cibles de réétablissement, surtout par l’entremise du Programme de parrainage privé de réfugiés. La très grande majorité des réfugiés sont déplacés en raison de la violence religieuse dans leur pays, comme les chrétiens irakiens que j’ai rencontrés à Damas, en mai dernier.

J’ai visité un camp à Damas; j’ai accueilli quelques-uns des candidats irakiens au réétablissement dans notre mission et à notre ambassade à Damas; j’ai écouté leurs histoires de brutalité et de violence. Je songe à la persécution que cette communauté subit en Irak. La journée a été difficile et émouvante pour moi.

Je constate avec plaisir que, cette année, l’an prochain et en 2012, nous prévoyons recevoir 3 800 réfugiés du Moyen-Orient parrainés par le secteur privé, la majorité de l’Irak. Cela veut dire que le Canada, proportionnellement, fera plus que tout autre pays au monde pour réétablir des gens de cette région; seuls les États-Unis en feront davantage en chiffres absolus.

Au cours des trois prochaines années, nous accueillerons 11 000 réfugiés du Moyen-Orient, grâce surtout au Programme de parrainage privé de réfugiés. J’ai bon espoir que nous disposerons de ressources supplémentaires pour aider à réétablir toutes ces personnes et pour leur permettre d’avoir un avenir prometteur au Canada.

Donc, cela étant dit, j’aimerais présenter des certificats de mérite et souligner le partenariat de longue date entre le gouvernement du Canada, Citoyenneté et Immigration Canada, en particulier, et les signataires d’entente de parrainage par le secteur privé.

Il s’agit d’organismes avec lesquels nous avons conclu des ententes, qui nous aident à identifier les gens que nous voulons accueillir, c’est-à-dire des réfugiés de l’étranger, physiquement aptes et respectueux des lois.

Merci beaucoup.

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