Discours – Allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme au Immigrant Language and Vocational Assessment Referral Centre pour faire l’annonce du programme pilote des bons de formation linguistique

Calgary (Alberta)
Le 16 octobre 2009

Tel que prononcé

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Merci beaucoup. C’est un grand honneur de revenir ici, à Calgary, pour faire cette importante annonce.

Même dans une période économique difficile, le Canada a su maintenir le plus haut niveau relatif d’immigration parmi les pays développés, c’est-à-dire à .8 % de notre population, car nous croyons en l’immigration pour assurer notre prospérité future. En outre, nous reconnaissons que notre avenir démographique dépend, en grande partie, de l’accroissement de la population grâce à l’immigration.

Ce fort taux d’immigration s’accompagne d’immenses possibilités et de défis importants. Au cours des deux dernières décennies, il y a eu, à bien des égards, une baisse dans les résultats économiques des nouveaux arrivants au pays, car ils n’ont pas joui pas de la même qualité d’emploi qu’au cours des décennies précédentes et ils n’ont certainement pas accédé aussi rapidement à ces emplois. Ceci s’explique par plusieurs raisons, et l’une des raisons évidentes réside dans les problèmes de reconnaissance des titres de compétences étrangers pour les personnes œuvrant dans des industries réglementées.

Toutefois, tout démontre que la langue est une compétence essentielle pour les nouveaux arrivants désirant réussir leur intégration économique au Canada. C’est la raison pour laquelle le gouvernement, peu après son arrivée au pouvoir en 2006, a plus que triplé l’investissement fédéral dans la formation linguistique et dans d’autres services d’établissement et d’intégration.

Voici le pari que nous avons pris : en triplant l’investissement dans la formation linguistique, nous désirions assurer la réussite des nouveaux arrivants qui, avant d’arriver au Canada, n’ont peut-être pas perfectionné leurs compétences dans les langues officielles. Mais nous sommes inquiets, car seulement environ 25 % d’entre eux qui sont admissibles aux cours gratuits de français et d’anglais se sont inscrits à ces cours, et ce, malgré les énormes efforts déployés, la grande qualité des programmes et les services novateurs fournis par les organismes d’aide à l’établissement comme vous.

Le programme des Cours de langues pour les immigrants au Canada permet aux nouveaux arrivants d’atteindre de nombreux objectifs, mais son titre révèle son but principal : aider les nouveaux arrivants à apprendre l’anglais ou le français. Alors pourquoi le taux de participation est si faible et que pouvons-nous y faire? Les programmes de formation linguistique que nous appuyons répondent-ils du mieux qu’ils peuvent aux besoins des nouveaux arrivants?

Nous tentons de résoudre ces problèmes et j’ai vraiment hâte d’entendre les intervenants à ce sujet. Dans le premier discours du Trône ayant suivi les dernières élections, le gouvernement a promis de collaborer avec les provinces en vue d’accroître le recours aux services d’aide à l’établissement et, depuis 2006, nous avons considérablement accru le financement des programmes d’établissement – comme je l’ai dit plus tôt, nous l’avons plus que triplé – afin d’accorder aux provinces et aux territoires, à l’exception du Québec, 1,4 milliard de dollars additionnels sur cinq ans.

Ce chiffre atteint approximativement le niveau de financement par habitant au Québec. L’année dernière, il existait une iniquité importante dans les programmes d’établissement, car le Québec profitait d’un niveau de soutien beaucoup plus élevé que les autres provinces. Ce n’est plus le cas et, aujourd’hui, ce niveau est à peu près équivalent.

Donc, les fonds sont là, mais je me demande toujours s’il existe d’autres pistes à envisager pour encourager le recours aux programmes d’établissement comme la formation linguistique. C’est ce qui m’amène à vouloir examiner la possibilité d’instaurer un certificat qui pourrait être remis aux nouveaux arrivants et leur donnerait droit à un nombre approprié de cours de langue, leur permettrait de retenir le fournisseur de formation linguistique qui leur convient, et qui serait entièrement transférable.

Un récent rapport de la Fédération canadienne des municipalités parlait des coûts entraînés par la migration secondaire dans les grandes municipalités. L’Alberta dans son ensemble, et Calgary en particulier, sont concernés par ce problème.

En effet, de nombreux nouveaux arrivants s’installent à Toronto ou à Vancouver, puis, dans la première ou la deuxième année de leur arrivée au Canada, vont, pour les citer, « là où se trouvent les emplois », à savoir ici, en Alberta, à Calgary.

Théoriquement, le financement pour l’établissement va vers l’Ontario, le Québec ou la Colombie‑Britannique, nos plus grandes provinces, mais les provinces qui ont une croissance plus rapide sur le plan de l’immigration, de la démographie et de la migration secondaire ne voient ni les services ni l’argent venir.

Je pense donc qu’un tel certificat pourrait contribuer à réduire les coûts d’établissement dans les centres de migration secondaire. Je suis conscient que cette idée sort des sentiers battus, mais je pense qu’elle mérite que l’on s’y attarde en raison des possibilités qu’elle présente. Elle inciterait peut-être les organismes d’aide à l’établissement à s’adapter davantage aux besoins des nouveaux arrivants, qui jouiraient d’un nouveau pouvoir de décision.

Notre ministère a collaboré avec les intervenants, les organismes d’aide à l’établissement, les provinces et les territoires et je suis vraiment ravi d’être là aujourd’hui pour vous annoncer qu’à compter de cet automne, un nouveau projet pilote de bons de formation linguistique sera mis en œuvre dans trois provinces : l’Alberta, la Nouvelle-Écosse et l’Ontario.

Grâce à ce projet pilote, de nouveaux arrivants sélectionnés recevront par courrier un bon de formation linguistique. Ce bon les incitera à participer au projet pilote et à recourir aux programmes de formation linguistique financés par le gouvernement fédéral. Les bons seront distribués au hasard par courrier à 2 000 nouveaux arrivants qui seront, par la même occasion, informés de la façon de s’inscrire à des cours de langue gratuits qui répondent à leurs besoins.

La phase pilote durera 18 mois, à la suite desquels nous évaluerons le projet pour voir si les bons ont eu pour effet d’inciter les nouveaux arrivants à suivre des cours de langue. Les résultats de cette évaluation contribueront à un effort collectif plus vaste pour déterminer comment mieux aider les nouveaux arrivants à apprendre l’anglais ou le français.

Le gouvernement du Canada finance des organismes d’aide à l’établissement pour leur permettre d’offrir aux nouveaux arrivants des cours de langues gratuits. J’approuve réellement le travail extraordinaire qu’accomplissent ces organismes à l’esprit novateur qui font tout leur possible pour que les nouveaux arrivants réussissent leur immigration au Canada.

J’ai longuement parlé à de nombreux étudiants partout au pays et je suis toujours ému et stimulé quand je rencontre des nouveaux arrivants qui font cet effort, parce qu’ils démontrent que l’immigration au Canada n’est pas une voie à sens unique, mais bien une voie à double sens. Notre pays offre des possibilités, des perspectives de prospérité économique et une meilleure vie pour les nouveaux arrivants, leurs enfants et leurs petits-enfants.

En retour, nous nous attendons à ce qu’ils fassent un réel effort pour s’intégrer à notre société. La maîtrise d’une langue est l’outil d’intégration par excellence – autant pour l’intégration sociale, que culturelle ou économique. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas réussir sans parler couramment le français ou l’anglais, mais les chances de réussite sont beaucoup plus élevées si l’on maîtrise une de nos langues officielles ou les deux.

Je suis donc très heureux de faire cette annonce aujourd’hui, en partie parce que j’ai espoir que ce projet pilote réussisse et sensibilise davantage les nouveaux arrivants aux services linguistiques gratuits qui existent. J’espère qu’il aura pour effet d’accroître leur participation aux programmes comme celui offert ici.

Si ce projet est une réussite et si nous envisageons par la suite de le mettre en œuvre à l’échelle du pays, je pense qu’il pourra donner lieu à un changement de paradigme où nous habiliterons les nouveaux arrivants à être des clients. Nous irons directement vers eux pour leur dire : « Vous avez le pouvoir de décider où et quand vous suivrez votre formation linguistique. Nous vous soutenons et nous nous attendons à ce que vous fassiez de votre mieux pour collaborer avec nous afin d’améliorer vos compétences linguistiques, car le gouvernement et tous les Canadiens veulent que leurs nouveaux concitoyens réussissent. »

Nous voulons que les nouveaux Canadiens aient du succès. Nous ne voulons pas qu’ils soient sous-employés ni au chômage. Nous voulons qu’ils trouvent des emplois de qualité et bien rémunérés. Nous voulons qu’ils se sentent membres à part entière de la collectivité canadienne et ils pourront y arriver en maîtrisant une de nos langues officielles. Nous espérons que ce programme constituera une amélioration dans la palette de services que nous fournissons aux nouveaux arrivants.

Je vous remercie chaleureusement de votre accueil et de votre travail extraordinaire. Je me réjouis de continuer à collaborer avec vous pour faire en sorte que les centaines de milliers de nouveaux arrivants que nous accueillons de partout dans le monde réussissent encore mieux leur expérience canadienne.

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