Discours – Notes d’allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme lors du 2009 Top Employer Summit « Aider les nouveaux arrivants à intégrer le marché du travail »

Hôtel Fairmont Royal York
Toronto (Ontario)
Le 19 novembre 2009

Tel que prononcé [Traduction de la transcription anglaise]

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Merci beaucoup, Tony.

C’est un réel plaisir pour moi d’être ici et de participer à cet important sommet des employeurs, où l’on accomplit un travail innovateur en communiquant les pratiques exemplaires et en célébrant les réalisations des grands employeurs canadiens : ce sont eux qui créent de la richesse et des occasions d’affaires dans notre pays, qui montrent la voie à suivre dans l’une des économies les plus prospères du monde.

Nous pouvons être fiers des réalisations du Canada maintenant que s’achève cette année difficile, l’année la plus difficile qu’ait connue l’économie mondiale depuis la Crise de 1929. Oui, en effet, nous pouvons tous être fiers que le Canada n’ait été touché que tardivement par ce ralentissement économique mondial, après presque tous les autres grands pays développés. Au dire de la majorité, il semble aussi que nous nous dirigions vers un cycle de croissance bien avant la plupart d’autres pays développés : notre situation financière est enviable et notre économie, plus concurrentielle.

Cette situation s’explique, et pas qu’un peu, par le travail fantastique accompli par les employeurs réunis ici ainsi que par d’autres innovateurs de partout au pays. Je suis donc très heureux d’être avec vous, et cela, en partie parce que mon ministère représente évidemment, à bien des égards, l’avenir du marché du travail du Canada, et l’avenir, de façon plus large, de notre pays.

Compte tenu des changements démographiques qui ne tarderont pas à se faire sentir, nous savons que d’ici quelques années tout au plus la totalité de la croissance du marché du travail du Canada et de la croissance nette de la population sera attribuable à l’immigration. À Toronto, c’est probablement déjà la réalité. Donc, l’avenir du Canada, en tant que pays à la prospérité croissante, reposera impérativement sur un solide programme d’immigration – un programme d’immigration qui se montre favorable aux nouveaux arrivants et favorable à l’économie canadienne, par la même occasion.

C’est notre objectif, et c’est ici que vous entrez en jeu. En tant qu’employeurs, il est vraiment essentiel que vous puissiez bénéficier des atouts et des compétences, de l’expérience et de la formation des nouveaux Canadiens ; en même temps, il est extrêmement important pour la réussite de la très ambitieuse politique du Canada en matière d’immigration et de son modèle de diversité que les grands employeurs ouvrent leurs portes aux professionnels formés à l’étranger ainsi qu’à ceux qui arrivent au pays avec une extraordinaire éthique du travail, avec des espoirs et des rêves d’un avenir meilleur pour eux et leurs enfants.

Je souhaite donc faire l’éloge des organisateurs du sommet des 100 meilleurs employeurs. Et tout particulièrement, j’aimerais féliciter votre organisation d’avoir créé, en collaboration avec Citoyenneté et Immigration Canada, la catégorie des meilleurs employeurs pour les nouveaux Canadiens. J’aimerais également féliciter les 25 employeurs qui figurent au palmarès de cette catégorie pour l’exemple fantastique qu’ils donnent à leurs homologues de partout au pays.

En tant que ministre de l’Immigration, l’une des choses qui me préoccupent, lorsque je regarde les données de ces deux dernières décennies, c’est que nous constatons un recul de la situation économique des nouveaux arrivants, et une augmentation de leur taux de chômage.

Les Canadiens d’origine étrangère titulaires d’un diplôme universitaire ont un taux de chômage trois fois plus élevé que les Canadiens de naissance qui ont des diplômes. Nous avons constaté une baisse de revenus pour les nouveaux arrivants au Canada et de très sérieuses difficultés, sur le plan de l’intégration économique – difficultés qui s’expliquent en particulier par les problèmes liés à la reconnaissance des titres de compétences étrangers –, pour les 20 p. 100 d’immigrants économiques au Canada qui se classent dans la catégorie des professions réglementées.

Comme vous le savez, ils éprouvent beaucoup de difficulté à faire reconnaître leurs compétences et leurs diplômes acquis à l’étranger par les organismes de réglementation canadiens. Et s’ils ne figurent pas dans ces catégories de professions, la grande majorité des nouveaux arrivants sont confrontés à ce que j’appelle le paradoxe de l’expérience canadienne : pas d’emploi canadien sans expérience canadienne, et pas d’expérience canadienne sans emploi canadien.

C’est ainsi que, tragiquement, des centaines de milliers de nouveaux Canadiens très spécialisés, très intelligents et motivés se retrouvent à occuper des emplois inférieurs à leurs capacités. Dans une certaine mesure, il est inévitable que plusieurs personnes vivent une période de transition et d’intégration à leur arrivée au pays. Il est aussi peut-être inévitable que certains occupent de prétendus emplois de transition durant un certain temps. Mais il faut veiller à ce que ces gens aient la possibilité d’occuper ensuite des emplois à la hauteur de leur formation et de leurs compétences le plus tôt possible. Et c’est la raison de ma présence ici, aujourd’hui : je veux vous encourager à travailler avec nous, avec tous les ordres de gouvernement et le secteur sans but lucratif pour créer un contexte favorable à l’embauche.

Nous administrons le programme d’immigration le plus ambitieux du monde. C’est toute une expérience, si vous voulez vous donner la peine d’y réfléchir. Chaque année, le Canada accueille de nouveaux résidents permanents dont le nombre équivaut à 0,8 p. 100 de la population canadienne. C’est le plus haut niveau d’immigration dans le monde développé, en termes relatifs. Et aujourd’hui, au milieu d’une période de ralentissement économique mondial, alors que les marchés du travail se resserrent, la majorité des autres pays développés réduisent leurs objectifs en matière d’immigration. Je viens justement d’apprendre que c’est ce qui se passe aux États-Unis, et la Grande-Bretagne en a fait l’annonce tout juste la semaine dernière. L’Australie a fait la même chose, à l’instar de nombreux autres pays de l’Europe de l’Ouest. Le Canada est pratiquement le seul pays dans le monde industrialisé à maintenir ces niveaux extraordinairement ambitieux d’immigration, et ce, même en face d’un resserrement du marché du travail en pleine période de ralentissement économique à l’échelle internationale.

Peut-être que cela vous semble aller à l’encontre du bon sens. D’aucuns diraient : « Monsieur Kenney, pourquoi venez-vous tout juste d’annoncer qu’en 2010 le Canada a l’intention de maintenir son niveau d’immigration à 265 000 nouveaux résidents permanents? »

La réponse est parce que nous voyons, dans l’immigration, le chemin qui conduit à la future prospérité de notre pays. Nous sommes convaincus que le Canada doit planifier à moyen et à long terme, et non établir ses prévisions stratégiques en réagissant spontanément à des conditions économiques à court terme. Avec les changements démographiques qui se préparent, avec les pénuries massives de main-d’œuvre qui risquent encore une fois de poser de sérieux problèmes au retour de la période de croissance du cycle économique, les gens doivent réaliser que nous avons besoin de nouveaux arrivants talentueux et travailleurs pour occuper les emplois à venir.

À titre d’exemple, avant le ralentissement économique, le ministère des Ressources humaines avait estimé que d’ici 2020 il y aurait, dans les deux provinces situées le plus à l’ouest, soit l’Alberta et la Colombie-Britannique, une pénurie de main-d’œuvre pour combler plus de 600 000 emplois. Laissez-moi vous dire que je rencontre encore des employeurs dans certaines industries et dans certaines régions de notre pays qui éprouvent les plus grandes difficultés en raison de cette pénurie de main-d’œuvre. Il faut donc continuer d’aller de l’avant avec cet ambitieux programme d’immigration et veiller à ce qu’il entraîne une amélioration de la situation économique des nouveaux arrivants – afin que nous puissions mieux aligner les nouveaux arrivants que nous accueillons sur les besoins réels du marché du travail. Il nous faut aussi investir davantage pour que les personnes soient qualifiées pour les emplois disponibles et qu’elles puissent mettre à contribution les titres de compétence qu’elles possèdent.

Et c’est justement ce que nous essayons de faire. Pour commencer, l’année dernière, notre gouvernement a instauré ce que nous appelons le Plan d’action pour accélérer l’immigration, dans lequel nous avons condensé le Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral – la principale source d’immigration économique vers le Canada, communément appelée « le système de points ».

Nous n’avons pas réduit la cible pour les immigrants économiques qui viennent au Canada. Mais en revanche, nous nous sommes dit qu’il y avait dans le passé plus de 400 catégories professionnelles dans lesquelles les personnes pouvaient être admissibles en vue d’immigrer à titre de travailleurs qualifiés. Nous avons réduit ce classement de manière à ce qu’il ne reste que 38 emplois, sélectionnés après avoir mené des consultations approfondies; ces emplois sont ceux qui sont les plus demandés sur le marché du travail national.

Cela nous permet donc de contrôler le nombre de nouveaux immigrants et, de ce fait, de réduire l’énorme arriéré qui s’est accumulé au fil des années. Mais, encore plus important, nous avons maintenant… ou plutôt, nous pouvons maintenant donner une indication aux demandeurs… à tout le moins, une indication préliminaire, au sujet de leur demande d’immigration au Canada au bout de quelques semaines, et une réponse définitive au bout de quelques mois. Avant l’instauration du Plan d’action, cela pouvait prendre jusqu’à six ans. Pour vous donner un exemple, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pouvaient donner une réponse aux demandeurs au bout de six à huit mois, et nous pouvions le faire au bout de cinq ou six ans. Donc, nous n’étions pas dans la course; mais nous y sommes revenus! Nous venons de faire un énorme pas en avant. L’année dernière, nous avons réduit du tiers l’arriéré dans la catégorie des immigrants économiques et nous réussissons à traiter les demandes beaucoup plus rapidement, ce qui nous remet dans la course.

Nous avons également collaboré avec les provinces en vue de donner plus d’ampleur à une initiative appelée le Programme des candidats des provinces, qui est, à mon avis, un énorme pas dans la bonne direction. L’un des principaux problèmes que nous avons eus avec l’immigration dans le passé était que 85 p. 100 des nouveaux arrivants s’établissaient dans trois grandes villes, et ce, même si une bonne partie des plus grands besoins du marché du travail se trouvaient dans les régions du Canada et à l’extérieur des grands centres. Désormais, avec le Programme des candidats des provinces, nous travaillons main dans la main avec les employeurs et les provinces en vue de repérer des nouveaux arrivants susceptibles d’occuper des emplois prédéterminés, habituellement dans le cadre du Programme des candidats des provinces. Il s’écoule donc très peu de temps entre la présentation de la demande et le moment où le candidat arrive par l’entremise de ce programme. Grâce à quoi, à toutes fins utiles, le Manitoba, qui, il y a dix ans, ne recevait que quelques milliers d’immigrants, en accueille aujourd’hui plus de 9 000 dans un marché du travail très dynamique. Et la majorité des nouveaux arrivants, du moins en théorie, occupent un emploi à la hauteur de leurs compétences et de leur formation dès la semaine suivant leur arrivée.

Je fais la promotion de ce Programme des candidats des provinces, parce que je voudrais vous encourager à vous en prévaloir, selon la province dans laquelle vous exercez vos activités : il pourrait vous aider à sélectionner des immigrants susceptibles de répondre à vos besoins et qui possèdent les compétences et l’expérience requises ; en retour, ce programme permettrait d’intégrer immédiatement les immigrants au marché du travail canadien.

Nous avons également permis au Programme des travailleurs étrangers temporaires de prendre de l’expansion en fonction de la demande. Ce programme est la cible de critiques il est vrai, mais en réalité, il est le reflet des pénuries de main-d’œuvre au Canada. Nous n’accordons pas de permis de travail à un demandeur souhaitant venir au pays à titre de travailleur temporaire à moins que l’emploi disponible n’ait été offert aux Canadiens d’abord pendant une certaine période. Je peux vous affirmer que des milliers d’employeurs auraient pu être forcés de mettre la clé sous la porte s’ils n’avaient pas pu recruter ces travailleurs motivés qui viennent ici dans le cadre de ce programme pour travailler d’arrache-pied, faire des économies et envoyer de l’argent à leur famille.

Mais plus important encore, nous avons décidé de faciliter l’obtention de la résidence permanente au Canada à bon nombre de ces travailleurs par l’entremise de la nouvelle catégorie de l’expérience canadienne, qui prépare le terrain en vue de l’attribution de la résidence permanente aux travailleurs temporaires qualifiés et aux étudiants étrangers. Le premier ministre a augmenté radicalement le nombre d’étudiants étrangers autorisés à venir étudier dans nos collèges et nos universités, et il l’a d’ailleurs mentionné lors de son récent voyage en Inde. Nous informons les étudiants étrangers que désormais, s’ils viennent étudier au Canada, décrochent un diplôme canadien, améliorent leurs compétences linguistiques durant leur séjour, au besoin, et possèdent un diplôme qui sera reconnu par tous les employeurs se trouvant dans cette salle, nous sommes prêts à faciliter l’obtention rapide de la résidence permanente, à partir du Canada, plutôt que d’exiger, même si c’est ridicule, qu’ils quittent le pays, présentent une demande et attendent six ans avant de pouvoir revenir. Voilà quelques-unes des améliorations que nous avons apportées au programme d’immigration afin de pouvoir compter sur un bassin de nouveaux travailleurs qui correspondent davantage aux besoins que vous pouvez avoir en tant qu’employeurs.

Mais c’est néanmoins insuffisant, parce que, d’après les chiffres, l’une des principales raisons pour lesquelles des spécialistes ayant obtenu leur diplôme à l’étranger éprouvent de la difficulté à décrocher un emploi au Canada, est la compétence linguistique. Compass Research a mené auprès des grands employeurs une enquête qui a révélé que la principale raison pour laquelle ils n’engageaient pas davantage de nouveaux Canadiens était la compétence linguistique. C’est pourquoi notre gouvernement a triplé l’investissement fédéral dans les programmes d’intégration, d’établissement et de cours de langue – des cours gratuits, en anglais et en français – destinés aux nouveaux arrivants au Canada. Et nous innovons même au sein de ce programme en menant un projet pilote dans le cadre duquel nous remettons aux immigrants des bons leur permettant de magasiner pour trouver ce qu’ils considèrent comme les meilleurs services pour eux parmi les agences de formation linguistique. De cette manière, nous espérons être en mesure d’améliorer les compétences linguistiques des nouveaux résidents permanents du Canada.

Mais, c’est toujours insuffisant. Nous sommes de plus en plus convaincus que nous devrions préparer les nouveaux arrivants à s’intégrer au Canada avant même qu’ils ne descendent de l’avion. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons mis sur pied le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers et, par son intermédiaire, le Projet canadien d’intégration des immigrants, qui est administré de main de maître en Inde, aux Philippines et en Chine par l’Association des collèges communautaires du Canada. Nous aimerions d’ailleurs profiter de l’occasion pour les remercier de leur travail fantastique.

Il s’agit d’un programme extraordinaire qui offre des séminaires gratuits de deux jours ainsi que des séances de consultation privées à certains travailleurs qualifiés du volet fédéral présélectionnés. Ces activités leur permettent, ainsi qu’à leurs personnes à charge, de prendre une longueur d’avance dans le processus consistant à faire reconnaître leurs titres de compétences. On répond entre autres aux questions suivantes : comment doivent-ils s’y prendre pour présenter une demande en réponse à une offre d’emploi au Canada? À quoi ressemble le marché de l’habitation dans la ville où ils projettent de s’installer? Peuvent-ils obtenir un lieu de résidence avant d’arriver au pays? Comment doivent-ils procéder pour obtenir une carte d’assurance-maladie ou un permis de conduire, ou encore pour inscrire leurs enfants dans une école?

J’ai eu l’occasion de rencontrer quelques-uns des finissants de ce programme à New Delhi en janvier. Ils étaient tout simplement ravis que ce fardeau leur soit épargné. Ils savaient où ils s’en allaient. Nombre d’entre eux avaient déjà trouvé un emploi. Ils avaient déjà entamé le processus de reconnaissance de leurs titres de compétences depuis plusieurs mois. Ainsi très bien préparés à leur arrivée au Canada, ils ne se heurteront pas à une montagne d’obstacles à franchir sur le plan de l’intégration. Dans cet ordre d’idées, nous avons l’intention de faire des annonces intéressantes sous peu en ce qui concerne l’expansion de ce programme.

Enfin, nous prenons d’importantes mesures, de concert avec les provinces, en vue d’accélérer la reconnaissance des titres de compétences des professionnels formés à l’étranger. Vous savez sans doute que c’est une situation qui dure depuis longtemps. C’est triste, mais malheureusement les chauffeurs de taxi les plus instruits au monde se trouvent au Canada. Et vous avez sans doute déjà rencontré des ingénieurs et des titulaires de doctorats qui travaillent comme agent de sécurité et comme commis dans des dépanneurs ou encore comme chauffeurs de taxi. Ce n’est pas ce que l’immigration devrait être au Canada.

Le problème, dans notre fédération complexe, c’est que le gouvernement fédéral est principalement responsable d’inviter les immigrants dans le cadre du programme d’immigration, et souvent en fonction de leurs compétences et de leurs études; en revanche, ce sont les provinces qui assument la responsabilité de la réglementation des professions. Écoutez bien. Dans chaque province, on compte plus de 40 organismes de réglementation et il y a au Canada plus de 400 associations professionnelles, chacune dotée de sa propre réglementation et de ses procédures internes. C’est ce qui explique pourquoi les nouveaux arrivants ont parfois tant de difficultés à s’y retrouver.

En 2006, notre gouvernement a commencé par créer le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers. Il a pour mandat, notamment, d’offrir des services préalables à l’intégration aux futurs immigrants. De concert avec le ministère des Ressources humaines, nous collaborons avec nombre des organismes de réglementation les plus progressistes en vue de simplifier l’information et de la fournir à ceux qui en ont besoin. Nous avons mis sur pied un portail Web très complet. Si vous êtes par exemple un immigrant ayant été sélectionné en Corée, et si vous avez l’intention de venir au Canada en tant que médecin, vous pouvez ouvrir une session en ligne, vous renseigner sur les démarches à entreprendre pour obtenir un permis d’exercice dans votre province de destination et amorcer le processus. Nous nous efforçons de convaincre les organismes de réglementation de collaborer, de déterminer les pratiques exemplaires et de rationaliser l’ensemble du processus.

Mais ce genre de jargon ne satisfait pas vraiment ceux qui sont sous-employés. L’autre jour, à Edmonton, j’ai rencontré une femme médecin d’origine syrienne qui avait accouché des milliers de femmes dans son pays d’origine, et qui fait le ménage dans des chambres d’hôtel depuis cinq ans.

Cela vous donne une idée de l’importance de cette première entente qu’ont signée en janvier dernier les dix premiers ministres provinciaux, à l’instigation du premier ministre. Cette entente vise à créer un marché du travail ouvert à l’échelle nationale et une réglementation rationalisée pour toutes les professions, d’un bout à l’autre du pays. C’est la première étape. Vous savez, au sein de l’Union européenne, en tant que vétérinaire, vous pourriez très bien quitter la Pologne et déménager au Portugal et ouvrir une clinique le lendemain. Mais c’est impossible de faire la même chose entre l’Ontario et le Québec. Donc, ça, c’est la première étape. En signant cette entente, les premiers ministres se sont aussi engagés à régler cette question.

Par ailleurs, cette entente crée une approche pancanadienne à la reconnaissance des titres de compétences étrangers, dont le but est d’offrir aux immigrants potentiels un processus transparent qui leur permettrait d’obtenir une réponse à leur demande de reconnaissance dans l’année. Naturellement, nous ne pouvons pas garantir que tous recevront une réponse positive, et là n’est pas le but de l’exercice. Personne ne veut engager des ingénieurs incompétents pour la construction des ponts, et personne ne souhaite être opéré par un chirurgien qui n’a pas les titres de compétences requis. Mais, une chose est sûre, nous devons offrir à chacun des demandeurs un processus transparent et raisonnablement rapide, et c’est ce à quoi nous nous employons.

Enfin, il faut souligner l’excellent travail accompli par les associations professionnelles, dont plusieurs bénéficient de l’appui de notre ministère, en vue d’inciter de grands employeurs à donner leur chance aux nouveaux Canadiens grâce aux programmes de mentorat. Voici un programme que je m’efforce de reproduire à Ottawa, par l’entremise de la fonction publique. C’est un petit peu plus difficile, il y a beaucoup plus de contraintes, mais sachez que déjà, dans mon propre ministère, quelques jeunes réfugiés très prometteurs sont entrés chez nous dans le cadre de programmes de stages et certains occupent maintenant des emplois à temps plein.

Je suis également ministre du Multiculturalisme et je suis convaincu que c’est la voie à suivre dans ce domaine. J’ai dit souvent que le multiculturalisme ne devrait pas se résumer à célébrer, de façon superficielle, la diversité. Nous sommes tous en faveur de la diversité. Il s’agit d’un aspect positif et irréversible de notre société. Mais il faut désormais montrer qu’au Canada nous sommes déterminés à aider d’autres personnes à réussir ici sur le plan économique, à s’intégrer culturellement et socialement tout en conservant avec fierté leurs origines et en se familiarisant avec celles des autres.

Dans le cadre du Programme du multiculturalisme, le programme dont je suis le plus fier, nous avons créé une possibilité pour des enfants originaires de la Somalie qui sont réfugiés ici à Toronto, d’obtenir du mentorat et des stages, de même que des possibilités d’apprentissage dans des professions habituellement, mais pas exclusivement, pratiquées par des membres de la collectivité juive. Voici comment les choses se passent : des membres de la collectivité musulmane se mêlent avec ceux de la collectivité juive, et ils apprennent l’un et l’autre à s’apprécier et à se respecter. Les jeunes gens acquièrent une expérience professionnelle pour la toute première fois, et je peux vous affirmer que beaucoup de professionnels y trouvent aussi leur compte et profitent énormément de ce programme.

Ce n’est pas compliqué. Il suffit de comprendre que certaines personnes, même si elles ne sont pas parfaitement à l’aise en anglais ou en français, et même si elles sont titulaires de diplômes décernés par des universités dont les noms nous sont totalement inconnus, sont de manière générale extraordinairement vaillantes et, si on leur en donne la chance, peuvent réaliser des choses incroyables pour vos compagnies.

Je tiens à remercier chacun d’entre vous pour les contributions que vous apportez, et je vous encourage à continuer de collaborer avec notre ministère.

Nous avons publié entre autres choses la Feuille de route de l’employeur pour l’embauche et le maintien en poste de travailleurs formés à l’étranger. Ce document résume bon nombre des sujets que j’ai abordés avec vous aujourd’hui, et il constitue, à mon avis, un outil utile pour découvrir entre autres les programmes gouvernementaux qui existent afin de vous aider à ouvrir la porte de la prospérité dont nous jouissons nous-mêmes à ces personnes qui viennent ici remplies d’espoir et avec le rêve de donner un meilleur avenir à leur famille.

Je vous remercie de faire partie de la solution.

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