Discours – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Au Club de golf de Chandigarh
Chandigarh (Inde), le 9 septembre 2010

L’allocution définitive fait foi

Je vous remercie de cette aimable présentation. Je suis ravi d’être de retour à Chandigarh.

Mesdames et Messieurs, en tant que grandes démocraties et pays membres du Commonwealth, le Canada et l’Inde ont beaucoup en commun.

La diversité, comme vous le savez peut-être, constitue une des grandes caractéristiques de la société canadienne, mais notre situation n’a rien d’unique à cet égard. En fait, l’Inde a une longue tradition de diversité ethnique, linguistique et culturelle.

Comme l’a fait remarquer le premier ministre Stephen Harper, en juin dernier, lorsqu’il a reçu le premier ministre de l’Inde, M. Manmohan Singh, lors de sa visite au Canada, nos deux pays ont édifié des sociétés cohésives et pluralistes en présence de populations diversifiées sur le plan ethnique, spirituel et linguistique.

Nous sommes tous deux issus du régime de démocratie parlementaire de Westminster, que nous avons adapté à un fédéralisme ingénieux, de manière à tenir compte de nos grandes différences régionales.

Nous sommes deux sociétés qui appuient et respectent la diversité et qui accordent une grande valeur à la liberté d’expression, à la liberté de réunion, à la liberté de religion et au libre exercice du commerce.

Les valeurs qui nous unissent expliquent pourquoi le gouvernement du Canada travaille à élargir et à approfondir les liens commerciaux, diplomatiques et culturels entre nos deux pays.

Elles expliquent aussi pourquoi nos économies sont complémentaires à tant d’égards, et pourquoi nous avons la possibilité d’améliorer nos relations dans l’avenir.

Comme l’Inde, le Canada a maintenu sa vigueur économique et a résisté mieux que quiconque à la récession.

Au début des années 1990, l’Inde a connu une période de grandes réformes et de libéralisation économiques réalisées par Manmohan Singh, le ministre des Finances d’alors et actuel premier ministre.

L’ouverture économique au commerce et aux investissements dont fait preuve l’Inde aujourd’hui vient enrichir la longue liste des principes que nos pays partagent.

Je sais que le premier ministre Harper tient à la relation d’amitié que le Canada continue d’entretenir avec l’Inde et a bien l’intention de poursuivre cette relation.

En novembre dernier, le premier ministre Harper a visité l’Inde et a rencontré le premier ministre afin de faire le point sur les relations bilatérales et de discuter des enjeux qui nous sont communs. Ce voyage a été couronné de succès et a renforcé les liens entre nos deux pays.

Au cours de cette visite, le gouvernement du Canada a signé un protocole d’entente afin de former un groupe d’étude conjoint pour examiner la faisabilité d’un accord mondial de partenariat économique entre l’Inde et le Canada.

En juin dernier, lors de la visite du premier ministre Singh au Canada, nos deux premiers ministres ont accueilli la conclusion de ce rapport, dans lequel le groupe d’étude conjoint fait état de gains économiques potentiels pour les deux pays si un tel accord est conclu.

Comme ils l’on fait remarquer, les recommandations formulées dans le rapport seront examinées par nos deux pays. Les processus nécessaires pour obtenir des approbations ont été déclenchés dans l’intention de les terminer d’ici la fin du mois d’octobre.

En plus d’approfondir nos relations économiques, nos deux premiers ministres ont également discuté de la nécessité d’intensifier la coopération mondiale pour combattre le terrorisme international et ont annoncé la signature d’un accord historique de coopération nucléaire afin de partager la technologie nucléaire civile.

Par l’intermédiaire des rencontres annuelles du Dialogue stratégique Canada-Inde et du Groupe de travail conjoint Canada-Inde sur le contre-terrorisme, le Canada et l’Inde maintiennent un dialogue ouvert sur la sécurité régionale et sur des questions mondiales d’intérêt commun.

Nous continuons également à prendre des mesures pour conclure un accord sur la promotion et la protection de l’investissement étranger afin de contribuer à protéger réciproquement les investisseurs canadiens et indiens.

Depuis 2009, nous avons ouvert trois nouveaux bureaux commerciaux et accru notre présence dans les missions existantes, non seulement pour aider les entreprises canadiennes, mais également pour aider les entreprises indiennes à se tourner vers le Canada pour trouver des solutions novatrices et créatrices à leurs besoins commerciaux.

Outre notre haut-commissariat à New Delhi et nos consulats à Chandigarh, Chennai et Mumbai, le Canada dispose maintenant d’un total de huit bureaux commerciaux en Inde. Le réseau commercial du Canada en Inde forme, en fait, l’un des plus vastes réseaux commerciaux dans le monde.

En septembre dernier, à Ahmedabad et à Kolkata, nous avons ouvert nos deux plus récents bureaux commerciaux en Inde. Et plus tôt en 2009, nous avons également ouvert un nouveau bureau à Hyderabad, afin de resserrer nos liens commerciaux avec le sud de l’Inde.

Le gouvernement du Canada, en partenariat avec l’Association des collèges communautaires du Canada, a amorcé un projet innovateur dans les bureaux canadiens des visas en Inde.

Ce projet vise à augmenter le taux d’approbation des demandes de permis d’étude soumises par les étudiants indiens qui choisissent d’étudier dans des collèges communautaires du Canada.

Depuis que le Programme des partenaires étudiants a été lancé, avec 20 collèges membres participants, les bureaux des visas de Citoyenneté et Immigration Canada en Inde ont reçu plus de 9 000 demandes d’étudiants indiens dans le cadre de ce programme, ce qui a permis de tripler le nombre de permis d’études pour ces collèges par rapport à l’année précédente.

En 2010, nous avons élargi ce programme pour inclure 38 collèges participants!

De plus, le bureau des visas de New Delhi a élaboré le programme « Business Express » à l’intention des entreprises qui ont démontré leur fiabilité et qui effectuent un grand nombre de voyages au Canada.

Les entreprises adhèrent au programme « Business Express » à l’invitation du haut-commissariat. Ce service offre aux partenaires de confiance une simplification des formalités administratives et un traitement accéléré des demandes. Le programme continue de croître de façon soutenue et compte maintenant 55 sociétés partenaires.

L’an dernier, lorsque j’étais en visite en Inde, des entreprises m’ont demandé d’étendre le programme afin d’inclure les personnes qui viennent au Canada à titre de travailleurs temporaires. Notre bureau canadien des visas à New Delhi a donc créé le programme « Worker Express » pour y arriver, et le programme a connu un très grand succès.

Notre capacité à faire des affaires dans le monde entier et à faciliter les voyages d’affaires fait partie de l’avantage concurrentiel du Canada. Après tout, dans une économie mondiale, il est tout à fait logique d’avoir une présence commerciale mondiale et une main-d’œuvre mondiale.

Comme vous le savez, l’Inde continue de figurer parmi les pays en tête de liste des pays de naissance des nouveaux arrivants au Canada, non seulement en ce qui a trait aux étudiants et aux travailleurs, mais également en ce qui a trait aux résidents permanents.

En fait, en 2009, 6 390 visas au titre de la catégorie du regroupement familial ont été délivrés en Inde, qui se retrouve, par le fait même, au deuxième rang des pays ayant obtenu ce type de visa. Il s’agit d’une augmentation de plus de 13 p. 100 par rapport à l’année précédente. Ces données illustrent l’importance que nous accordons à la réunification des familles.

En 2010, nous accueillerons plus d’un quart de million de résidents permanents en provenance de toutes les nations. Bien sûr, il nous incombe de nous assurer que toutes les personnes qui viennent s’établir au Canada sont sélectionnées pour les bonnes raisons et qu’elles sont bien les personnes qu’elles prétendent être dans leur demande.

Notre gouvernement est déterminé à s’assurer que tous les renseignements fournis dans les demandes d’immigration sont exacts et complets. Cette mesure s’applique à tous les demandeurs, y compris à ceux qui cherchent à amener leur conjoint ou conjointe et des membres de leur famille au Canada.

Nous souhaitons réunir nos citoyens et nos résidents permanents avec les membres de leur famille, et nous reconnaissons que la plupart des personnes qui font une demande au titre du regroupement familial ont de véritables liens de filiation.

Mais nous souhaitons également protéger l’intégrité de notre système d’immigration et faire respecter nos lois en cernant et en contrant les activités frauduleuses. Cela suppose également de faire en sorte de découvrir les mariages frauduleux et de s’assurer qu’on n’y a pas recours pour enfreindre nos lois.

Par conséquent, si nous constatons pendant le processus de parrainage qu’une personne a conclu un mariage frauduleux, nous pouvons et nous allons refuser la demande de résidence permanente.

Nos représentants dans les missions, ici comme à l’étranger, sont formés pour évaluer les relations sur la base des us et coutumes, des traditions et des pratiques des cultures particulières au sein desquelles ils travaillent.

Je peux vous assurer que le gouvernement du Canada s’emploie à diminuer le nombre d’abus et de fraudes, sans toutefois restreindre l’immigration au Canada ni la protection que le Canada offre aux réfugiés.

Par exemple, notre gouvernement cherche à sévir contre les consultants en immigration malhonnêtes qui exploitent les immigrants potentiels.

En juin, le projet de loi destiné à sévir contre les consultants véreux a été soumis aux parlementaires. La Loi sévissant contre les consultants véreux permettrait de renforcer les règles régissant les activités des personnes qui reçoivent des honoraires en échange de conseils en matière d’immigration, de supprimer les failles dont les consultants sans scrupules se servent pour exploiter des immigrants et pour miner l’intégrité du système d’immigration du Canada, et d’améliorer la façon de réglementer les activités des consultants en immigration.

Bien que la plupart des consultants en immigration travaillant au Canada exercent leur métier en toute légitimité et en respectant la déontologie de la profession, il est indéniable que la fraude en matière d’immigration demeure une menace répandue pour l’intégrité du système d’immigration du Canada.

Nous désignons ces profiteurs par le terme qui leur convient : des consultants véreux, soit des personnes qui peuvent facturer des frais importants, promettre des emplois aux immigrants potentiels ou l’obtention accélérée de visas ou qui peuvent vendre des documents de voyage falsifiés, entre autres activités peu scrupuleuses.

Et, trop souvent, les personnes qui paient s’aperçoivent trop tard qu’elles ont été trompées et perdent tout l’argent qu’elles ont versé.

Tout indique, par ailleurs, que ces consultants véreux incitent les personnes qui souhaitent immigrer au Canada à mentir dans leur demande d’immigration ou à s’unir par mariage de complaisance à des citoyens canadiens ou à des résidents permanents. Ce comportement sape ainsi l’intégrité et l’équité du système d’immigration du Canada, ce qui est complètement inacceptable.

Dans leur quête de gains personnels, ces consultants véreux ont fait preuve d’un mépris pour nos règles d’immigration, ont soutiré à de nombreuses personnes l’argent qu’elles ont gagné à la sueur de leur front et ont démoli la vie d’un nombre incalculable de gens en cours de route.

Bien sûr, comme nous le savons tous, ce problème existe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières du Canada. Dans tous les pays du monde, y compris en Inde, nombreux sont ceux qui cherchent des victimes et essaient de frauder le système.

C’est pourquoi, dans ce contexte, le Canada encourage les gouvernements des pays étrangers à coopérer à ces mesures pour lutter contre les consultants véreux qui exploitent les gens qui essaient d’immigrer au Canada.

Mes homologues du Royaume-Uni et de l’Australie ont également exprimé des inquiétudes similaires.

Nous avons entrepris cette démarche l’an dernier au cours de ma visite en Inde, alors que je rencontrais, ici à Chandigarh, le ministre en chef du Punjab, M. Parkash Singh Badal.

Je suis heureux de constater une augmentation du nombre d’accusations portées et de condamnations contre les fraudeurs dans le domaine de l’immigration. Je suis également heureux d’avoir obtenu aujourd’hui l’engagement renouvelé du ministre en chef de sévir contre les consultants véreux qui mènent leurs activités frauduleuses à partir de Chandigarh.

Mesdames et Messieurs, le Canada et l’Inde ont déjà jeté les fondements d’une amitié durable.

Les athlètes canadiens, dont un certain nombre d’origine indienne, sont impatients de participer aux Jeux du Commonwealth que la ville de Delhi accueillera avec fierté le mois prochain, et qui sera le plus important événement sportif multidisciplinaire jamais organisé en Inde.

Le Canada accepte aussi plus de visiteurs en provenance de l’Inde. En effet, au cours du premier trimestre de 2010, l’Inde s’est classée au deuxième rang en ce qui a trait aux visas et aux extensions de visas délivrés dans le cas des visiteurs, avec un total de 20 804, soit une augmentation de 12 p. 100 par rapport à la même période l’an dernier.

En fait, en juin dernier, le ministre d’État chargé du tourisme et moi-même avons souligné la nomination de M. Akshay Kumar, acteur et chanteur populaire de grande renommée en Inde, à titre de nouvel ambassadeur du tourisme en Inde. Nous avons été ravis qu’il ait accepté de faire la promotion de notre pays diversifié. Cela témoigne de l’importance que nous accordons à la solidité de nos liens avec l’Inde.

L’an dernier, la visite du premier ministre Harper a démontré à quel point la relation entre nos pays est de plus en plus solide. Par ailleurs, la visite du premier ministre Singh au Canada avant et après le sommet du G20, en juin dernier, a renforcé ce lien.

Je suis convaincu que grâce aux mesures et aux initiatives que je viens de mentionner, ici, aujourd’hui, le Canada et l’Inde continueront de créer des occasions de renforcer nos liens dans le domaine des affaires, de l’économie, de l’éducation et de la famille.

Les liens solides qui unissent nos deux pays s’expliquent aussi par la présence au Canada de près d’un million de Canadiens d’origine indienne qui, par leurs aptitudes, leurs connaissances et leurs talents, ont contribué à la richesse du Canada.

Les Indo-Canadiens contribuent à une chose qui nous tient à cœur au Canada : une société pluraliste qui voit la diversité comme un élément clé d’un pays fort et prospère.

Les personnes d’origine indienne ont apporté des contributions essentielles au Canada et continuent de façonner notre histoire nationale.

Je suis certain que tous partagent mon espoir que de tels liens contribueront à bâtir un brillant avenir pour nos deux pays.

Merci.

En vedette

Date de modification :