Discours – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Lors du 2010 Top 100 Employers Summit
Toronto (Ontario), le 1 novembre 2010

Tel que prononcé

Merci beaucoup, Tony. Bonjour tout le monde. Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui. Je dois dire que lorsque j'ai vu que cet événement se déroulerait à l'hôtel Four Seasons et vous comptiez Sidney Poitier et Measha Brueggergosman parmi vos invités, j’ai cru qu’il s’agissait d’un événement du Festival international du film de Toronto.

Votre programme est impressionnant et passionnant. Citoyenneté et Immigration Canada, en raison de son rôle au sein du gouvernement du Canada, est ravi de figurer parmi les commanditaires de ce congrès des Meilleurs employeurs qui portera en partie sur la nécessité d'assurer l'accessibilité du marché du travail du Canada aux nouveaux arrivants, car cela est essentiel à notre prospérité, aujourd’hui et demain.

Mesdames et Messieurs, je voudrais que vous imaginiez que nous sommes en 2031. Notre population active a désormais à sa charge une population de retraités qui a doublé. Les populations sont mises à rude épreuve. Pourtant, un nombre considérable de postes cruciaux pour soutenir notre population et maintenir notre économie et nos services sociaux demeurent vacants. Certains Canadiens sont incapables de trouver un médecin de famille. Les hôpitaux ont besoin de plus d'infirmières pour s'occuper d'une population vieillissante et de plus en plus dépendante des soins de santé. Dans presque tous les secteurs, des employeurs sont incapables de pourvoir à certains postes spécialisés.

Des immigrants arrivent au Canada munis de diplômes et d'une expérience dans des professions spécialisées comme la médecine ou le génie, mais plusieurs d’entre eux n’ont toujours pas la possibilité d’accéder aux postes cruciaux que nous avons désespérément besoin de pourvoir. Ce n’est pas faute d’être qualifiés pour ces postes ou d’avoir les compétences requises. Ils ne sont tout simplement pas en mesure de transférer leurs études et leur expérience de l’étranger dans les milieux de travail du Canada en temps opportun.

Comme vous le savez, cette situation est déjà une réalité pour de nombreux nouveaux arrivants dans les professions réglementées au Canada. Les immigrants forment déjà le quart des entrants sur le marché du travail. Très bientôt, le nombre d’entrants venant du Canada chutera sous le nombre de départs à la retraite.

Notre main-d'œuvre diminuera si elle ne jouit pas de l’apport de l'immigration, qui représentera d’ailleurs la totalité de la croissance de notre main-d'œuvre d’ici cinq ans. Si nous ne commençons pas à éliminer les barrières réelles qui empêchent les nouveaux arrivants d’accéder à leur profession au Canada, nous risquons de faire en sorte que leur situation actuelle entraîne de graves conséquences pour l’avenir de notre pays.

Le résultat serait un pays touché par des pénuries de main-d’œuvre de plus en plus graves et par la présence d’un grand bassin de professionnels formés à l’étranger, mais chroniquement sous-employés. Cela n'a aucun sens, tant pour le Canada que pour les nouveaux arrivants. Je ne suis pas ici pour brosser un sombre tableau de notre avenir. Je souhaite plutôt exposer ces dures réalités que nous ne pouvons plus nier.

Notre population vieillit. Notre taux de natalité est en baisse et notre main-d'œuvre ne croîtra pas spontanément. Nous devons nous assurer que les immigrants que nous faisons venir ici contribuent à notre marché du travail le plus efficacement possible. Par ailleurs, nous devons nous rappeler que le Canada est loin d’être le seul pays dans cette situation. La plupart des autres démocraties occidentales se heurteront bientôt aux problèmes qui découlent du rétrécissement de la main-d'œuvre nationale et devront compter sur l'immigration pour combler les pénuries.

Le Canada doit s’assurer de bien se positionner pour faire concurrence à ces autres pays dans la course au recrutement des professionnels les plus talentueux. Comment y parviendrons-nous? D’abord, nous devons faire en sorte que les nouveaux arrivants puissent travailler au Canada rapidement après leur arrivée. Il est aussi important qu’ils puissent travailler dans leur domaine de formation.

Mesdames, Messieurs, nous avons tous un rôle à jouer pour aider les nouveaux Canadiens à réussir leur transition dans nos milieux de travail. Il ne s’agit pas que d’aider les nouveaux arrivants à réussir. Je parle simplement ici d'une excellente décision d'affaires. Nous voulons éviter de perdre certains des meilleurs employés du monde aux mains de nos concurrents dans d'autres pays.

De plus, dans une économie mondiale, il est tout à fait logique de se doter d'une main-d'œuvre tout aussi « mondiale ». Deux des plus grands obstacles que les immigrants rencontrent avant d’obtenir un bon emploi dans leur domaine d'expertise sont le manque d'expérience de travail au Canada ou l’absence d’un diplôme canadien, voire les deux. Par conséquent, la plupart des nouveaux arrivants se retrouvent coincés dans ce que nous appelons le « paradoxe de l'expérience canadienne ». Si ces gens n'ont pas encore eu un emploi au Canada, ils n'ont pas d'expérience. S’ils n'ont pas d’expérience, ils ont de la difficulté à trouver un emploi au Canada.

Je suis ici aujourd'hui pour vous mettre au défi, vous et les employeurs en général, de renverser cette tendance et d’envisager de faire davantage pour embaucher de nouveaux arrivants dans votre milieu de travail. Avant que vous n’entriez en jeu, les immigrants doivent d'abord faire face au défi que représente la complexité du processus d’octroi de permis des organismes professionnels du Canada.

Il y a plus de 400 organismes de réglementation au Canada. Vous pouvez donc imaginer l’ampleur du défi pour les nouveaux arrivants. En effet, on dénombre environ 45 professions réglementées avec leur organisme spécifique dans chacune de nos dix provinces, pour un total d’au-delà de 400 organismes de réglementation, chacun doté de ses propres procédures, souvent très compliquées, pour la reconnaissance des titres de compétences.

Ainsi, les nouveaux arrivants ne savent vraiment pas par où commencer, dans ce labyrinthe bureaucratique, et avec qui ils doivent communiquer pour obtenir la reconnaissance de leurs titres de compétences. Nous ne pouvons pas les en blâmer. Les nouveaux arrivants ne devraient pas avoir à faire mille acrobaties ou à attendre plusieurs années avant que leurs diplômes de l’étranger soient examinés attentivement par les organismes de réglementation au Canada.

Une partie de la difficulté découle également de la façon dont le pays est organisé. Tandis que le gouvernement fédéral est responsable de la sélection des immigrants en fonction de leurs compétences, de leur maîtrise des langues officielles et de leur niveau d’études, les provinces sont chargées de réglementer les professions et, en bout de ligne, de décider si les nouveaux arrivants sont suffisamment qualifiés ou non pour travailler.

Les travailleurs formés à l'étranger dans les professions réglementées doivent maintenant généralement attendre plusieurs années avant qu’on ne leur ouvre les portes qui leur permettront de faire reconnaître leurs titres de compétences. Certes, il n'existe pas de solution simple au problème de la reconnaissance des titres de compétences étrangers – et croyez-en ma parole, car il y a des facteurs qui incitent ardemment les acteurs politiques et ceux de la fonction publique à chercher une telle solution – mais nous espérons tout de même résoudre certains des problèmes liés aux champs de compétence, grâce à notre collaboration continue avec nos partenaires, les provinces et les territoires.

En janvier 2009, nous avons fait un énorme pas à ce sujet. Le premier ministre Stephen Harper a rencontré les dix premiers ministres des provinces et a inscrit pour la première fois à l'ordre du jour cette question vexatoire de la reconnaissance des titres de compétences. Il a dit aux provinces, écoutez, non seulement nous avons des problèmes de mobilité de la main-d’œuvre au sein du Canada dans les professions réglementées, mais nous plaçons aussi les nouveaux arrivants devant des barrières apparemment infranchissables; nous devons rationaliser et simplifier le processus partout au Canada.

Ils ont donc signé au début de 2009 un accord pour arriver à une stratégie pancanadienne qui permettra de clarifier, de simplifier et de rationaliser les règles du processus de reconnaissance des titres de compétences. Nous avons ensuite financé ce projet à même le budget de 2009, en prévoyant un investissement de 50 millions de dollars par l’entremise du Plan d'action économique du Canada, ce qui nous a permis de préparer les détails avec les provinces. En novembre dernier, nous avons lancé ce que nous appelons le Cadre pancanadien d'évaluation et de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger.

Bref, un travail concret est réalisé dans les professions réglementées pour simplifier, accélérer et rationaliser le processus partout dans notre fédération. Grâce à ce cadre, nous serons bientôt en mesure de fournir aux travailleurs qualifiés étrangers une décision sur la reconnaissance de leurs qualifications au Canada dans l'année suivant leur demande.

Pour certaines personnes, cela ne semble peut-être pas un grand progrès, mais croyez-moi : dans nombre de ces professions, le processus prend trois, quatre ou cinq ans, voire davantage. En décembre, de tels processus seront mis en place pour huit professions réglementées. Ainsi, parmi les quelque quarante professions réglementées, nous avons commencé avec huit professions dont les organismes de réglementation ont fait part de leur volonté de travailler avec les gouvernements sur cette question. Cela inclut les infirmières, les ingénieurs et les pharmaciens.

Nous nous attendons à ajouter six professions à cette liste de secteurs dotés d’un processus de reconnaissance des titres de compétences rationalisé d’ici décembre 2012. Nous déployons aussi beaucoup d'autres efforts pour inciter les autres professionnels à collaborer avec nous. Par exemple, Santé Canada travaille également avec les provinces et les territoires à un projet pilote de processus d’évaluation national pour les diplômés étrangers en médecine qui désirent effectuer une résidence au Canada.

Il s’agit là de mesures importantes pour s'assurer que les processus sont justes, cohérents, transparents et surtout, diligents. Comme je l'ai mentionné, le Plan d'action économique du Canada a permis d’investir 50 millions de dollars pour poursuivre notre collaboration avec les provinces en ce qui a trait à cette nouvelle approche. Nous menons plusieurs autres programmes intéressants. Je vais vous en donner un exemple.

À Edmonton, j'ai rencontré une obstétricienne formée en Syrie, où elle a accouché des centaines de femmes. Elle a déménagé au Canada en rêvant de pratiquer la médecine ici. Elle a plutôt passé les six dernières années à nettoyer des chambres d'hôtel. Voilà le genre de tragédies humaines que tout cela entraîne. Cette femme pleurait en m’expliquant son sentiment d'humiliation, sa lutte et sa déception.

En un sens, il y a trop de gens comme elle à qui nous avons vendu implicitement le rêve de travailler dans leur profession au Canada, par l'intermédiaire de notre processus d'immigration, mais pour qui le rêve s’est transformé en déception. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour ouvrir les portes du marché du travail aux femmes et aux hommes dans ce genre de situations.

J’ai rencontré cette dame de Syrie dans le cadre d'un programme que nous lancions à Edmonton pour donner une formation sur la manière de devenir ambulanciers paramédicaux au Canada à des médecins formés à l’étranger qui, comme elle, n’étaient pas parvenus à obtenir leur permis auprès du collège médical, pour diverses raisons. Nous avons constitué à Edmonton un groupe de 40 médecins formés à l’étranger. Nous leur avons offert une formation sur les aspects techniques du travail d’ambulancier paramédical au Canada afin qu'ils puissent au moins mettre un pied dans le marché du travail médical, accumuler une certaine expérience de travail canadienne, apprendre certaines particularités des soins aux patients au Canada et, au moins, obtenir la satisfaction psychologique et professionnelle de travailler auprès de patients.

Nous finançons et mettons à l’essai de tels programmes dans tout l’éventail des professions réglementées. Cela dit, les Canadiens ne souhaitent certainement pas que nous abaissions les normes canadiennes. Ils ne veulent pas d’ingénieurs qui ne répondent pas aux normes canadiennes pour construire nos ponts. Ils ne veulent pas subir des interventions chirurgicales aux mains de chirurgiens insuffisamment formés.

Nous ne pouvons pas demander aux organismes de réglementation de réduire leurs exigences. Il ne s’agit pas du tout de cela. Il s'agit de disposer d’un processus simplifié et raisonnablement rapide pour la reconnaissance des titres de compétences. Si les qualifications des demandeurs ne correspondent pas aux normes canadiennes, nous pouvons au moins les informer de l’ampleur des cours supplémentaires dont ils ont besoin ou leur suggérer de travailler plutôt dans un domaine similaire, où ils pourraient tout de même appliquer leurs compétences et leur expérience.

Comme le gouvernement fédéral n'est pas le principal responsable de la reconnaissance des titres de compétences, nous essayons aussi d'apporter notre contribution en aidant les nouveaux arrivants à trouver l'information dont ils ont besoin sur le processus. Nous leur donnons une longueur d'avance grâce à de nombreux programmes.

Permettez-moi de vous expliquer comment nous avons essayé d’y parvenir. Je suis sûr que certains d'entre vous connaissent déjà le Bureau d'orientation relatif aux titres de compétences étrangers (BORTCE) que notre gouvernement a créé en 2007 avec un investissement de 37 millions de dollars, et qui est dirigé par notre très compétente directrice générale Corrine Prince‑St-Amand, qui est ici et nous avons une table d’information dehors.

Le BORTCE fournit aux nouveaux arrivants sélectionnés et aux immigrants économiques potentiels des renseignements sur l’amorce du processus de reconnaissance des titres de compétences. Des membres de l'équipe du BORTCE sont parmi nous aujourd'hui et, comme je l'ai dit, je vous invite à leur rendre visite au kiosque, à l'extérieur, où vous pouvez trouver toutes sortes d'informations utiles, dont une feuille de route pour les employeurs qui désirent embaucher et retenir des professionnels formés à l’étranger. Nous avons lancé cette feuille de route à l’occasion de ce même congrès, l’an dernier.

Nous croyons aussi que l’amélioration de la situation économique des nouveaux arrivants passe par la bonification des conseils et informations que nous leur fournissons avant leur arrivée au sujet de la reconnaissance des titres de compétences au Canada, de manière à leur donner une longueur d'avance. C'est pourquoi nous avons investi dans ce qu'on appelle le Projet canadien d'intégration des immigrants, réalisé au moyen de fonds du gouvernement du Canada par l'Association des collèges communautaires du Canada.

Ce projet permet aux nouveaux arrivants d’obtenir des renseignements essentiels sur la façon de prendre de l'avance dans le processus de reconnaissance des titres de compétences pendant qu'ils sont encore à l'étranger. Ce programme a déjà aidé plus de 9 000 professionnels dans la catégorie des travailleurs qualifiés sélectionnés par le gouvernement fédéral, grâce à des services d'orientation personnelle. Nous faisons cela en Inde, en Chine et aux Philippines. Nous allons maintenant étendre le projet à une grande partie de l'Europe, y compris aux États du Golfe, par l’intermédiaire de notre mission à Londres. Nous avons, à Taïwan et en Corée, un programme similaire géré par un excellent organisme d'aide à l’établissement de Vancouver appelé S.U.C.C.E.S.S.

Nous rejoignons désormais environ 80 % de nos immigrants économiques, qui reçoivent ainsi une orientation avant leur arrivée au Canada. J'ai rencontré des personnes qui ont bénéficié de ce programme à Beijing, Manille et New Delhi. C'est génial. Ils s'assoient. Ils obtiennent un peu de conseille personnel quant à la province où ils ont l'intention de s'installer, à leur profession et à leurs attentes. Ensuite, on les aide à établir une feuille de route.

On les invite, au cours d'un séminaire gratuit de deux jours, à envoyer une demande en ligne à l'organisme de réglementation de leur profession, puis on leur montre comment faire une recherche d'emploi avant même d'arriver au Canada. Nous avons constaté que ce programme apporte des résultats réels.

Mon ministère a récemment investi une autre somme de 50 millions de dollars sur trois ans, comme je l'ai mentionné, pour étendre ce service à d'autres pays en Europe et au Moyen‑Orient, ainsi que pour l'étendre aux candidats des provinces, qui forment une part croissante de l’immigration dans les régions de l’Ouest et de l’Atlantique.

Dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, notre gouvernement innove aussi en ce qui a trait aux moyens de nous renseigner sur les enjeux liés à la reconnaissance des titres de compétences étrangers, ainsi qu’à nos façons d’en discuter. Par exemple, le mois prochain, nous lancerons le site Web du Réseau des qualifications internationales, un outil qui aidera nos partenaires, dont les employeurs comme vous, à mettre en commun leurs réussites et qui les aidera à combler leurs besoins au chapitre de l'évaluation ou de la reconnaissance des titres de compétences étrangers. Communiquez avec nous si vous souhaitez y participer.

Pour faire en sorte que le programme d’immigration continue de répondre à nos besoins sur le marché du travail, les gouvernements doivent continuer d’investir dans les programmes qui permettent que les personnes sont bien formées pour pratiquer la profession qu’ils ont choisie, et qu’ils sont en mesure d’utiliser leurs qualifications et leurs connaissances dans le milieu du travail du Canada peu de temps après leur arrivée au pays.

Plus important encore : les gouvernements doivent d'abord sélectionner les travailleurs qualifiés qui sont les plus susceptibles de s'intégrer et de réussir dans le marché du travail. Cela est notre responsabilité. À titre indicatif, je déposerai aujourd’hui devant le Parlement notre pland'immigration pour 2011, qui prévoit que 60 % de nos nouveaux arrivants proviendront de l'immigration économique. En tout, environ 20 % des nouveaux arrivants que nous sélectionnerons seront évalués en fonction de leur capital humain et le reste sera surtout le fait de leurs personnes à charge et des autres membres de leur famille au titre de nos programmes humanitaires.

Au cours des dernières années, il y a eu des signes d'amélioration de la manière dont nous choisissons certains de ces nouveaux arrivants. Cela est d’autant plus encourageant que les données pour la période de la fin des années 1970 au début de la dernière décennie faisaient état de résultats en baisse pour les nouveaux arrivants : revenus inférieurs, taux de chômage supérieur et autres obstacles considérables. Cependant, nous disposons de nouvelles données qui indiquent que les nouveaux arrivants sélectionnés depuis environ 2002, année où le gouvernement a mis en place une nouvelle grille de sélection, ont un bien meilleur accès au marché du travail, car ils maîtrisent mieux la langue, sont plus scolarisés et ont davantage d’expérience.

Je suis ravi de vous informer que les changements apportés ont fait en sorte que les travailleurs qualifiés sélectionnés par le gouvernement fédéral gagnent désormais des revenus 65 % plus élevés que leurs prédécesseurs, dans l’ancien système. Le Conference Board du Canada a récemment publié une étude montrant que les immigrants ont aussi un effet majeur sur l'innovation et le rendement à tous les niveaux, dans les domaines tels que la recherche, la culture, les affaires et le commerce mondial.

Cette étude révèle qu'au moins 35 % des quelque 1 800 chaires de recherches au Canada sont occupées par des natifs de l’étranger, bien que les immigrants ne constituent qu'un cinquième de la population canadienne. Une fois que le gouvernement a joué son rôle, il incombe aux employeurs et au secteur privé d’ouvrir les portes à tous les Canadiens, y compris à ceux qui viennent d'arriver.

Je sais que beaucoup d'entre vous ici aujourd'hui ont déjà pris les mesures nécessaires pour amener davantage de diversité dans les milieux de travail. Je crois qu’on peut en faire encore plus, et je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi. À titre d'exemple, l'année dernière, le gouvernement fédéral a lancé le Programme fédéral de stage pour les nouveaux arrivants, qui offre aux jeunes nouveaux arrivants la possibilité d'effectuer des stages dans huit ministères.

Ce programme est très encourageant. En fait, il a commencé dans mon ministère, lorsque nous avons décidé d’offrir des stages à de jeunes réfugiés ayant fréquenté des collèges canadiens. Plusieurs ont ensuite remporté des concours pour des postes à temps plein dans le secteur public.

J’aimerais certes m’accorder le crédit pour cette innovation, mais la réalité demeure que le secteur public suit l'exemple du privé, comme d'habitude. Des organismes exceptionnels comme TRIEC, ici à Toronto, ont vraiment innové et ont lancé ce processus. Je suis heureux de souligner que la majorité des employeurs qui ont embauché des travailleurs formés à l’étranger ont indiqué que ces derniers ont atteint ou surpassé leurs attentes.

Le Conference Board du Canada recommande aux employeurs d’embaucher des immigrants à tous les niveaux de leur organisation, y compris dans les rôles de direction, de manière à ce que la diversité de leurs milieux de travail reflète celle de leur clientèle. Je voudrais ajouter à cela que vous avez aussi la responsabilité de veiller à ce que la tendance à l’amélioration des résultats des nouveaux immigrants dans le marché du travail se maintienne.

Lorsque j'ai assisté à ce même événement l'an dernier, j'ai parlé du travail de notre ministère en vue du lancement de la Feuille de route des employeurs que j'ai mentionnée tout à l'heure. Ce guide explique comment recruter, évaluer et sélectionner des travailleurs formés à l'étranger. Il contient aussi des suggestions de façons d'aider ces nouveaux arrivants à s'intégrer dans leur milieu de travail et à y rester.

L'ouverture de vos portes aux nouveaux arrivants est extrêmement importante non seulement pour le succès du programme d'immigration du Canada, mais aussi pour l’avenir de notre pays. Ainsi, je tiens à vous remercier, vous tous, les 100 meilleurs employeurs, pour les milieux de travail exceptionnels que vous proposez aux travailleurs canadiens. Merci particulièrement à ceux d’entre vous qui sont nommés pour le titre de meilleur employeur de nouveaux Canadiens.

Vous avez réalisé que les immigrants qui ont des diplômes de pays étrangers ou qui ont une expérience de travail pour des entreprises internationales peuvent apporter une précieuse contribution à votre organisation. À nouveau j’aimerais vous encourager à continuer dans ce sens et j’aimerais vous remercier et vous féliciter de votre démarche. Je tiens à vous remercier et à vous féliciter pour le travail que vous faites. Ce sera un plaisir de travailler en partenariat avec vous dans l’avenir. Merci beaucoup.

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