Discours – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

à l’occasion d’une conférence de presse visant à annoncer les résultats préliminaires du projet pilote sur les bons de formation linguistique
Mississauga (Ontario), le 28 novembre 2010

Telle que prononcée

Merci, Dorothy. En passant, on me demande souvent comment dire « Bouddha souriant » en mandarin. Cheeow Fa. Voilà. Merci beaucoup. Je crois qu’il s’agit davantage d’un commentaire sur ma ligne que sur ma sagesse, mais c’est vrai. C’est mon surnom.

Merci beaucoup, Dorothy, de votre présentation chaleureuse et surtout pour l’excellent travail que vous faites en aidant les nouveaux arrivants, particulièrement dans la communauté chinoise, à bien s’intégrer au Canada. Vous êtes l’exemple même des éducateurs, des bénévoles et des professionnels dévoués qui facilitent grandement la vie des nouveaux arrivants au Canada.

J’aimerais aussi remercier les services de santé de la communauté panjabi, qui nous accueillent ici aujourd’hui. Nombre de leurs employés et de leurs bénévoles se sont joints à nous. Je vous invite à les applaudir chaleureusement. Merci de votre hospitalité.

Un peu plus tard, j’aurai l’occasion de rencontrer l’un de leurs groupes, et j’en suis enchanté. Il s’agit d’un organisme qui effectue un travail important en faisant la promotion d’une bonne santé et de la littératie en santé auprès des nouveaux arrivants provenant des quatre coins du monde, mais particulièrement auprès de la communauté panjabi. Je souhaite également remercier les représentants de Citoyenneté et Immigration Canada qui ont participé à l’organisation de l’annonce de cet après-midi.

En fait, j’ai deux annonces à faire. Il s’agit de deux très bonnes nouvelles pour les immigrants du Canada. D’abord, j’aimerais vous parler davantage d’un point que Dorothy a abordé tout à l’heure, c’est-à-dire les résultats de notre projet pilote sur les bons de formation linguistique. Vous savez déjà, je crois, que les études ont révélé que la langue constitue le principal obstacle auquel font face les nouveaux arrivants pour trouver un emploi.

Si nous voulons faire en sorte que les nouveaux Canadiens décrochent de bons emplois et profitent des occasions économiques qui leur sont présentées, nous devons tout faire pour les aider à améliorer leurs compétences en anglais ou en français.

C’est un défi important pour le gouvernement fédéral que de s’assurer que les nouveaux arrivants peuvent communiquer au moins de façon minimale dans l’une de nos deux langues officielles, soit l’anglais ou le français, dépendamment de la région du pays où ils habitent.

L’un des éléments qui me préoccupaient le plus lorsqu’on m’a nommé comme ministre de l’Immigration était de voir qu’au cours des 25 à 30 dernières années, les résultats des immigrants sur le plan économique étaient en déclin : en effet, au cours de cette période, nous avons assisté à une hausse du taux de chômage, à une baisse du taux d’emploi et à une diminution des revenus parmi les immigrants.

Mon principal objectif est devenu de faire tout ce qui était possible pour renverser cette tendance et assurer un meilleur taux d’emploi, de meilleurs revenus et un plus grand nombre de possibilités économiques pour ces personnes qui, après tout, viennent justement au Canada afin d’améliorer leur sort sur le plan économique.

C’est pourquoi nous avons décidé de tout mettre en œuvre afin d’offrir aux nouveaux Canadiens un plus grand nombre de services de qualité en matière de formation linguistique. À cette fin, lorsque notre gouvernement est arrivé au pouvoir en 2006, il a triplé les investissements fédéraux consacrés aux services d’établissement, incluant les formations linguistiques. Globalement, avant notre arrivée au pouvoir, le gouvernement fédéral dépensait moins de 200 millions de dollars par année sur les services d’établissement et les services d’ordre linguistique destinés aux nouveaux Canadiens. Aujourd’hui, nous consacrons chaque année plus de 600 millions de dollars à ces services.

Il s’agit d’une augmentation considérable qui reflète la priorité que le Premier ministre Harper a placée sur la réussite de l’intégration des nouveaux arrivants. Comme je le mentionnais précédemment, nous savons que la langue constitue le principal obstacle auquel font face les nouveaux arrivants pour parfaire leur éducation ou leur formation, ou encore pour trouver un emploi. Nous savons aussi que la maîtrise d’une langue officielle a une incidence sur l’intégration des nouveaux arrivants dans leur nouvelle collectivité.

Plus un immigrant maîtrise le français ou l’anglais, plus il est susceptible de se joindre à un groupe communautaire ou d’accepter de faire du bénévolat à l’école de son enfant. Toutefois, à l’heure actuelle, seulement un petit nombre d’immigrants venant s’installer au Canada doivent satisfaire à des exigences linguistiques minimales. En effet, nous évaluons uniquement les compétences linguistiques de ceux qui désirent venir s’installer au Canada en tant que travailleurs qualifiés.

Ces compétences sont évaluées au moyen d’un système de points, qui met également en lumière d’autres aptitudes. Or, même si un demandeur principal du Programme des travailleurs qualifiés maîtrise bien le français ou l’anglais, cela ne veut pas dire que c’est le cas des personnes qui sont à sa charge, qu’il s’agisse de sa conjointe ou de ses enfants. De plus, lorsqu’il parrainera des membres de sa famille à titre de réfugiés, qu’il s’agisse de ses parents, de ses grands-parents, de ses enfants ou de sa conjointe, ces personnes n’auront pas à maîtriser l’une ou l’autre des langues officielles avant de venir s’installer au Canada.

Environ 10 % des nouveaux arrivants au Canada doivent satisfaire à une exigence linguistique. Cela signifie qu’il y a des centaines de milliers d’immigrants qui pourraient avoir besoin d’aide afin d’améliorer leurs compétences dans l’une ou l’autre des langues officielles. C’est pourquoi nous offrons le programme des cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC). Il s’agit de notre principal service en matière d’établissement. C’est dans ce programme que nous avons investi la majorité des nouveaux fonds que notre gouvernement a dégagés en triplant le financement consacré aux services d’établissement.

Les CLIC offrent des formations linguistiques de base en français ou en anglais aux résidents permanents admissibles qui ont atteint l’âge légal de fin de scolarité. Il s’agit d’un élément important des programmes d’intégration de Citoyenneté et Immigration Canada. Les CLIC reçoivent la majeure partie des fonds pour l’établissement et sont gratuits pour les nouveaux arrivants admissibles. Ils couvrent plusieurs niveaux de compétence, allant du niveau débutant jusqu’au niveau avancé.

Les cours sont offerts à tout moment : le matin, l’après-midi et le soir, à temps plein ou à temps partiel, et même le week-end. Ils peuvent avoir lieu en classe, en ligne, par correspondance ou par l’entremise de séances de tutorat individuelles. Le programme offre du financement aux personnes à mobilité réduite ou qui n’ont pas de moyen de transport. Un service gratuit de garde d’enfants est également offert afin de permettre aux nouveaux arrivants qui ont de jeunes enfants de participer aux cours. L’inscription est continue, de sorte que très peu de nouveaux arrivants doivent attendre longtemps avant d’être inscrits à un cours.

Le programme finance une variété de fournisseurs de services, tels que des universités, des commissions scolaires et des organismes communautaires, qui offrent des cours à divers endroits et dans la plupart des villes. En somme, il s’agit d’un programme extrêmement accessible, mais en dépit de tout cela, le taux de participation actuel aux CLIC est d’à peine 25 % parmi les nouveaux arrivants admissibles.

Même si nous avons triplé le financement, nous n’avons constaté qu’une très faible augmentation du nombre de nouveaux arrivants inscrits aux CLIC. C’est pourquoi il fallait s’assurer de mieux faire connaître ce service aux nouveaux arrivants et veiller à ce qu’ils en profitent afin de pouvoir accéder à de nouvelles et à de meilleures possibilités en matière d’emploi.

Ainsi, il y a deux ans, nous avons décidé de mettre en œuvre un programme innovateur de bons de formation linguistique. Nous avons commencé à mettre cette idée à l’essai à l’automne passé, et ce projet pilote se poursuivra jusqu’au début de l’an prochain. Il aura ainsi une durée totale de 18 mois. Laissez-moi vous expliquer brièvement comment ce projet fonctionne.

Nous avons envoyé des bons de formation à 2 000 résidents permanents choisis au hasard dans trois provinces : l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et l’Alberta. L’objectif de ce projet est d’accroître le taux de participation des immigrants aux CLIC. Nous voulions savoir si le fait d’envoyer un bon de formation linguistique directement aux nouveaux arrivants admissibles leur ferait mieux connaître les CLIC et augmenterait le nombre d’inscriptions aux cours.

Nous avons également pensé que les bons de formation permettraient aux nouveaux arrivants de choisir plus activement les services qu’ils reçoivent. D’une certaine façon, nous leur demandons de prendre eux-mêmes la responsabilité d’améliorer leurs compétences linguistiques en leur présentant une solution de manière directe et concrète.

Bref, nous voulions voir quel effet aurait le projet pilote sur le nombre d’inscriptions aux CLIC. Les résultats que nous dévoilons aujourd’hui sont préliminaires. Il faudra attendre au début de l’année prochaine pour avoir les résultats finaux. Les nouvelles sont toutefois très encourageantes.

Six mois après avoir reçu leur bon de formation, 7 % des nouveaux arrivants se sont inscrits à un CLIC; au cours de la même période, le taux d’inscription parmi les résidents permanents admissibles qui faisaient partie du groupe témoin à qui nous n’avions pas distribué de bon de formation n’a été que de 3 %. Donc, au cours de la même période, nous avons doublé le nombre d’immigrants inscrits aux CLIC. Cela signifie que nous avons obtenu jusqu’ici un taux d’inscription aux CLIC 100 % plus élevé parmi les personnes qui ont reçu un bon de formation.

Par ailleurs, dans le cadre du projet, 60 % des nouveaux arrivants inscrits aux CLIC sont des femmes, comparativement à 40 % dans le groupe témoin. Les compétences linguistiques sont particulièrement importantes pour les femmes, peut-être parce que la maîtrise d’une langue leur facilite la tâche lorsqu’elles désirent connaître leurs droits, sortir de la maison et trouver un emploi.

Les résultats obtenus jusqu’ici montrent qu’en donnant un choix aux nouveaux arrivants et qu’en le leur présentant directement grâce au bon de formation, nous pouvons augmenter le nombre d’inscriptions aux cours de langue parmi les immigrants et ainsi les aider à améliorer leurs compétences linguistiques. Je crois qu’il s’agit là d’une excellente nouvelle, mais nous prendrons le temps de terminer cette étude l’an prochain.

Si les résultats montrent que le programme des bons de formation linguistique permet d’inciter un plus grand nombre de nouveaux arrivants à apprendre le français ou l’anglais dans le cadre des cours de langue, nous étudierons certainement la façon de développer ce programme et de le mettre en œuvre à l’échelle nationale.

La deuxième annonce que je voulais faire aujourd’hui concerne un communiqué de presse que nous avons émis il y a quelques jours, mais elle est aussi en lien avec la bonne nouvelle qui concerne les bons de formation linguistique. Il s’agit de l’étude que nous venons de publier et qui révèle une amélioration considérable des résultats économiques pour les travailleurs qualifiés qui immigrent au Canada.

En 2002, le Parlement a adopté la nouvelle Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés de même qu’un nouveau système de points pour la sélection des travailleurs qualifiés fédéraux, qui constitue bien sûr l’élément principal du programme d’immigration canadien. Environ 60 % des immigrants du Canada sont issus du programme des travailleurs qualifiés; un tiers d’entre eux sont les immigrants principaux de la composante économique, tandis que les autres sont des membres de leur famille.

Il s’agit d’un programme extrêmement important pour l’avenir du Canada et pour notre système d’immigration. En 2002, le nouveau système de points a entraîné plusieurs améliorations. Il a entre autres accru l’exigence relative à la maîtrise de l’une ou l’autre des langues officielles du Canada. Cela avait soulevé une certaine controverse, à l’époque. Le nouveau système a également entraîné quelques autres ajustements, et c’est pourquoi nous avons procédé à une importante étude visant à faire le suivi des résultats obtenus par les nouveaux arrivants sélectionnés par le nouveau système de points dans le cadre du programme des travailleurs qualifiés.

Il faut dire que même si ces personnes ont présenté une demande d’immigration en 2002 ou 2003, les longs délais de traitement ont entraîné un grand arriéré au cours de la dernière décennie, de sorte que ces immigrants ne sont arrivés au Canada qu’en 2006 ou 2007. Les données que nous avons sont assez récentes, mais elles sont aussi très encourageantes.

Nous avons évalué si le programme actuel des travailleurs qualifiés fédéraux sélectionnait les immigrants qui étaient les plus susceptibles de réussir sur le plan économique au Canada. Nous avons constaté que c’était bel et bien le cas. En 2009, comme je le mentionnais précédemment, les travailleurs qualifiés fédéraux ont constitué une très grande partie des nouveaux arrivants. Selon notre évaluation, les plus importants facteurs déterminant la réussite d’un immigrant sur le plan économique sont le fait d’avoir déjà trouvé un emploi au Canada au moment de la demande, le fait de pouvoir parler français ou anglais et le fait d’avoir déjà travaillé au Canada antérieurement à la demande d’immigration.

Le fait d’avoir étudié au Canada pendant au moins deux ans ou le fait d’avoir de la parenté au Canada n’étaient pas d’aussi grands facteurs de réussite. Notre évaluation a montré que les immigrants qualifiés se débrouillent bien au Canada et comblent des lacunes dans notre population active. Le vieux cliché des chauffeurs de taxi les plus éduqués au monde ne tient plus vraiment la route, puisque notre étude montre que de plus en plus d’immigrants réussissent à trouver un emploi dans les professions pour lesquelles ils sont qualifiés.

Par ailleurs, notre étude a révélé que les critères de sélection ont permis d’améliorer les résultats sur le plan économique des immigrants qualifiés en mettant un accent accru sur les emplois réservés, la langue et l’éducation. Les revenus des travailleurs qualifiés sélectionnés en vertu des critères prévus par la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés étaient jusqu’à 65 % plus élevés que ceux des travailleurs sélectionnés en vertu de l’ancien système, c’est-à-dire celui antérieur à 2002.

C’est donc dire que les nouveaux critères ont entraîné une augmentation de 65 % du revenu moyen des immigrants sélectionnés depuis 2002. Les travailleurs qualifiés qui avaient déjà un emploi réservé lorsqu’ils ont présenté leur demande de résidence permanente ont obtenu les meilleurs résultats : en effet, trois ans après être arrivés au Canada, ils gagnaient en moyenne plus de 79 000 $, ce qui est plutôt remarquable.

L’étude a également révélé que les travailleurs qualifiés sélectionnés en vertu des nouveaux critères étaient moins susceptibles d’avoir recours à l’assurance-emploi ou à l’aide sociale. L’étude recommande entre autres que nous accordions une plus grande priorité aux jeunes travailleurs, que nous augmentions l’intégrité du programme en ce qui a trait aux emplois réservés, et que nous mettions un accent accru sur la maîtrise du français ou de l’anglais, ce que nous avons fait en juin dernier en mettant en œuvre une exigence obligeant les immigrants de la composante économique à se livrer à une évaluation de la compétence linguistique par une tierce partie.

J’insiste pour dire qu’il s’agit là d’une très bonne nouvelle, car nous disposons désormais de données statistiques concrètes nous indiquant que nous renversons la tendance et que la situation s’améliore pour les immigrants de la composante économique du Canada : leurs revenus sont supérieurs, leur taux d’emploi est à la hausse, et ils ont de moins en moins recours à l’aide sociale et à l’assurance-emploi.

Cette étude nous a fourni beaucoup de renseignements qui nous seront utiles lorsqu’il faudra apporter d’autres améliorations à notre système d’immigration. En fait, dans un avenir pas très lointain, nous annoncerons la tenue de consultations sur des changements éventuels aux critères de sélection du programme des travailleurs qualifiés en vue de mettre en œuvre certaines des leçons apprises au cours des huit dernières années.

En somme, nous n’avons aujourd’hui que des bonnes nouvelles pour les nouveaux arrivants : les fonds pour l’établissement ont triplé, le projet pilote sur les bons de formation linguistique va bon train, et le nouveau système de sélection de travailleurs qualifiés fonctionne bien. Tous ces éléments font en sorte qu’un plus grand nombre d’immigrants s’intègrent plus rapidement et avec succès à la société canadienne, trouvent de meilleurs emplois et obtiennent de meilleurs revenus. En bout de ligne, nous aidons les immigrants qui ont choisi le Canada à élever leur famille ici et à s’épanouir.

Il me fera plaisir de répondre à vos questions. Je sais que beaucoup de citoyens sont présents aujourd’hui, mais je vais accorder la priorité aux représentants des médias, au moins pour commencer.

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