Discours – Notes pour une allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

À la Chambre de commerce de Calgary
Calgary (Alberta), le 16 septembre 2011

Tel que prononcée

Merci beaucoup. Je suis heureux d’être de retour chez moi, à Calgary.

Nous savons que l’Alberta est désormais l’un des principaux moteurs de l’économie canadienne, et nous, au gouvernement, continuerons à tout mettre en œuvre pour servir et défendre les intérêts de l’économie de l’Alberta et de notre confédération partout dans le monde. Par exemple, nous nous emploierons activement à créer de nouveaux marchés d’exportation pour nos produits pétroliers et gaziers, y compris le pipeline Keystone. Nous remuerons ciel et terre pour voir à ce que nous puissions tirer de la remarquable prospérité de cette province des ressources naturelles qui sont produites grâce à l’ingéniosité des Albertains pour ensuite les offrir sur tous les marchés du monde, de manière à ne pas être un producteur d’énergie captif. Nous nous y engageons pleinement.

Cela dit, mes amis, je suis ici aujourd’hui surtout pour parler de l’avenir de l’immigration au Canada. Et ce sujet est extrêmement important pour l’Alberta. Au cours de la dernière semaine, j’ai rencontré des employeurs, des gens d’affaires, des nouveaux arrivants, des travailleurs de l’établissement et des dirigeants communautaires de partout en Alberta pour discuter de la contribution dont nous avons besoin des nouveaux arrivants pour stimuler la future prospérité de la province, laquelle a toujours fait preuve d’ouverture et d’hospitalité envers ceux qui souhaitent venir ici pour travailler fort et agir selon les règles.

Comme nous le savons tous, le Canada fait face à un énorme défi démographique, dû au vieillissement de sa population et à la diminution du nombre de travailleurs productifs au profit de la retraite. Donc, si nous voulons être en mesure de respecter nos engagements envers les régimes publics de soins de santé et de pension, si nous voulons poursuivre notre croissance économique et offrir des perspectives d’emploi aux jeunes Canadiens, nous devons trouver des façons de relever cet imposant défi.

Certains disent que tout ce que nous avons à faire est d’accroître l’immigration ou de maintenir un niveau d’immigration élevé. Mettons simplement les choses en perspective : à l’heure actuelle, et de façon soutenue depuis cinq ans, le Canada accueille le plus grand nombre d’immigrants jamais accueillis par un gouvernement dans toute l’histoire canadienne. L’an dernier, nous avons ainsi souhaité la bienvenue à 280 000 nouveaux résidents permanents. Il existe une certaine confusion à ce sujet. Il ne s’agit pas de résidents temporaires, mais bien de 280 000 nouveaux résidents permanents qui sont admissibles à la citoyenneté. Ainsi, chaque année, nous accueillons au pays l’équivalent de 0,8 pour 100 de notre population, ce qui représente le niveau d’immigration par habitant le plus élevé des pays développés.

Nous sommes donc, évidemment, un pays très ouvert à l’immigration, comme nous l’avons été tout au long de notre existence. Mais il est important de bien comprendre que l’immigration en soi n’est pas et ne peut être de façon réaliste la seule solution aux enjeux démographiques à venir. Pour simplement parvenir à maintenir l’âge moyen actuel de la population canadienne par l’immigration, il faudrait plus que quadrupler le niveau d’immigration au Canada et accueillir plus d’un million de nouveaux arrivants par année. Honnêtement, je ne crois pas que ce soit réaliste. Nous nous devons veiller à ce que les nouveaux arrivants aient accès à l’emploi. Nous ne voulons pas inciter les gens à venir ici pour être sans emploi ou sous‑employés.

Et nous devons à ces nouveaux arrivants et au Canada de nous assurer d’avoir la capacité d’intégrer ceux qui arrivent. En outre, notre infrastructure sociale, que ce soit le logement, les soins de santé ou l’éducation, et notre infrastructure essentielle comportent des limites. C’est pourquoi je ne pense pas qu’il soit réaliste pour nous d’envisager d'accroître autant le niveau d’immigration pour simplement maintenir la moyenne d’âge de la population.

Cela dit, puisqu’il existe une limite réelle au nombre d’immigrants que nous pouvons accueillir, la vraie question à se poser est la suivante : comment nous assurer que les personnes que nous autorisons à venir au Canada sont celles qui apporteront la meilleure contribution possible à notre prospérité, celles qui combleront les principales pénuries de main‑d’œuvre que nous connaissons à l’heure actuelle et qui surviendront à l’avenir? Nous avons donc, d’une part, l’énorme défi démographique à relever et, d’autre part, le problème plus urgent à régler du manque de travailleurs, qui se constate de façon plus aiguë ici, en Alberta.

Voyez comme c’est intéressant… Même durant la récession que nous avons subie en raison de la conjoncture mondiale voilà deux ans, nous faisions face à une pénurie de main‑d’œuvre ici, au Canada. En passant, il ne faut pas oublier que le Canada a été le dernier grand pays développé à être emporté par le ralentissement économique mondial et le premier à en sortir. Et ce n’est pas une coïncidence. C’est manifestement grâce au bon travail des Canadiens, particulièrement des entrepreneurs et en grande partie des Albertains.

Mais c’est aussi grâce aux fermes et prudentes décisions stratégiques prises par Stephen Harper, parce que notre gouvernement, comme on dit dans les Prairies, a profité du soleil pour faire les foins en remboursant près de 50 milliards de dollars de la dette fédérale au cours de ses deux premières années au pouvoir. Et au cours de nos cinq premières années à Ottawa, nous avons réduit l’impôt fédéral de plus de 185 milliards de dollars, ce qui représente 3 500 $ pour une famille moyenne. Ce faisant, nous avons baissé le fardeau fiscal fédéral à un niveau inégalé depuis 1964, en pourcentage du PIB. À mon avis, il s’agit d’un accomplissement digne de mention.

Voilà qui, avec le soutien d’une solide réglementation de notre secteur financier et d’investissements clés, nous a permis de vivre la plus brève et la plus superficielle des récessions de presque tous les pays industrialisés, du moins les pays du G7. Malgré cela, malgré une hausse du taux de chômage durant cette période, malgré une certaine pénurie d’emplois, nous avons remplacé tous les emplois perdus. En fait, nous sommes le seul pays du G7 à avoir remplacé tous les emplois perdus durant le ralentissement économique mondial, et nous nous distinguons des autres pays du G7 et de l’OCDE en affichant les meilleures perspectives de croissance, ainsi que la situation financière, le secteur financier et le marché du travail les plus solides. Et nous ne ménagerons aucun effort pour protéger le Canada contre tout autre soubresaut de l’économie mondiale.

Cependant, malgré tout cela, en pleine récession, nous avons réellement connu, comme vous le savez bien, une pénurie de travailleurs au Canada, surtout dans l’Ouest et en Alberta. C’est bizarre quand on y pense. Des Canadiens sont au chômage alors que des emplois restent vacants. Voilà un paradoxe que nous devons régler comme pays, tant les gouvernements à tous les échelons que le secteur privé. Nous devons trouver des façons d’amener les Canadiens sans emploi ou sous‑employés, surtout ceux qui le sont depuis longtemps, vers des emplois productifs. Je sais que Monte (Solberg) s’est penché sur bon nombre de ces idées à titre de ministre de l’Immigration et des Ressources humaines.

En attendant, la réalité est la suivante : puisque l’immigration ne peut à elle seule régler les problèmes de main‑d’œuvre et en raison du vieillissement de la population, nous devons faire en sorte que les Canadiens délaissent le chômage et le sous‑emploi pour occuper les postes qui sont disponibles. Pour ce faire, il faut notamment veiller à ce que les jeunes Canadiens soient formés aux métiers spécialisés que requièrent les emplois vacants. Nous avons instauré des programmes d’apprentissage et d’autres mesures incitatives pour justement aller dans ce sens. Je sais que l’Alberta, le NAIT et le SAIT font un travail admirable, mais il est très difficile de suffire à la demande.

Nous devons également nous occuper de certaines populations comme les communautés autochtones, où sévit un chômage général et permanent, bien souvent dans les régions où il existe un manque criant de main‑d’œuvre. Cela n'a aucun sens. Et nous tentons par tous les moyens de cerner les meilleures pratiques à adopter. Nous savons que certaines communautés des Premières Nations ont consenti d’énormes efforts pour inculquer une éthique du travail chez leurs jeunes et ont vu à les former. Nous pouvons le constater dans de nombreuses communautés autochtones du nord de l’Alberta. Toutefois, il y en a encore davantage qui demeurent aux prises avec un sous‑emploi chronique, et c’est un problème que nous devons régler.

Bien sûr, il existe au pays des îlots de chômage à deux chiffres où, croyez-le ou non, mon ministère envoie des travailleurs étrangers temporaires pour combler des emplois payants. Voilà, à mon humble avis, une situation tout à fait inacceptable. Les employeurs de certaines de ces régions à fort taux de chômage nous demandent de les aider à recruter plus de travailleurs étrangers temporaires. Ils disent que personne ne se porte candidat pour ces emplois. Des emplois payés 12 $, 16 $, 18 $ l’heure. Nous devons donc, comme pays, trouver une solution.

Mais réjouissons‑nous maintenant de quelques bonnes nouvelles. On a pu constater la réussite considérable de gens venus, par exemple, de certaines régions du Canada Atlantique, de Terre‑Neuve et de Cap‑Breton – des régions affichant un taux de chômage élevé endémique – s’établir en Alberta et profiter de ce marché du travail incroyablement prospère. J’ai dernièrement visité l’île du Cap‑Breton et, dans ce qui avait l’habitude d’être une région de ralentissement économique chronique, je vous assure que j’ai vu des entreprises ouvrir leurs portes, de nouvelles habitations en construction et de rutilantes camionnettes sur les routes. Nul besoin de deviner d’où tout cela venait. Ces Cap‑Bretonnais ont travaillé en Alberta, ont fait beaucoup d’argent, sont revenus à la maison et ont investi dans leur région. Voilà l’illustration d’une économie canadienne qui tourne comme il se doit. Nous voulons poursuivre dans cette voie.

Cependant, en ce qui concerne l’immigration, nous, au gouvernement, sommes d’avis que nous devons faire beaucoup mieux pour harmoniser notre politique d’immigration aux besoins de notre économie et de notre marché du travail. Longtemps, la situation était que 85 pour 100 des immigrants choisissaient de s’établir dans l’une des trois grandes villes du pays, soit Toronto, Montréal et Vancouver. Et trop souvent, ils étaient confrontés à un sous‑emploi ou au piège de l’« emploi de survie ». Beaucoup d’entre eux étaient très scolarisés et exerçaient une profession dans leur pays d’origine. En quittant ce pays, ils se sont privés de leur capital humain, puis en arrivant au Canada, ils ont découvert que les obstacles à la reconnaissance des diplômes ou le chômage sont à ce point importants qu’ils se sont retrouvés coincés dans un emploi de survie. Comme le dit notre collègue Devinder Shory, le meilleur endroit pour avoir une crise cardiaque à Calgary est sur le siège arrière d’un taxi.

Je ne sais pas si c’est vrai, mais je sais qu’il y a des centaines de milliers de professionnels formés à l’étranger déçus dont le capital humain reste inexploité et qui vivent énormément de frustration face à cette situation. J’ai assisté, l’autre jour, à une assemblée publique à Red Deer et y ai rencontré un dentiste, marié à une dentiste, arrivés tous deux de l’Amérique centrale depuis cinq ans. L’homme occupe un poste de concierge et il a fondu en larmes en me confiant à quel point il avait honte d’avoir amené sa famille ici pour vivre… une telle situation de sous‑emploi. C’est pourquoi nous devons faire davantage pour ces gens, pour qu’ils puissent avoir accès au marché du travail dans leur domaine.

Il s’agit là d’une question très délicate, mais soyons clairs. La question n’est pas d’amener nos organismes d’attribution des permis à abaisser leurs normes, et c’est parfois, à mon avis, l’argument qu’ils servent comme tactique de dissuasion à ce chapitre. La question est que ces professionnels formés à l’étranger méritent que nos organismes, que notre gouvernement, leur donnent des chances égales dans le cadre d’un processus simple et de délais raisonnables, au lieu de les traîner année après année dans un dédale de formalités administratives. Même s’il s’agit d’une responsabilité provinciale, nous sommes franchement exaspérés des obstacles à l’emploi des professionnels formés à l’étranger, et c’est pourquoi le premier ministre Harper a inscrit cette question pour la toute première fois à l’ordre du jour de la réunion des premiers ministres. C’est ce qu’il a fait il y a deux ans pour dire à ses collègues provinciaux qu’il faut trouvé une solution à ce problème, à commencer par la mobilité au sein même du marché du travail canadien.

Un dentiste qui souhaite déménager de la Colombie‑Britannique à l’Alberta ne devrait pas avoir à attendre trois ans pour être formé et pouvoir exercer sa profession. Nous avons besoin d’une pleine mobilité sur le marché du travail intérieur, et notre gouvernement prend la chose très au sérieux. En fait, nous avons investi 50 millions de dollars de l’argent des contribuables dans un processus visant à réunir les 10 provinces et les quelque 45 organismes de réglementation autour d’une table afin d’en arriver à établir une procédure commune rapide et simple pour examiner la question de la reconnaissance des titres de compétences étrangers. Nous voulons que tous les demandeurs obtiennent une réponse dans un délai maximal d’un an.

Nous prenons également un certain nombre d’autres mesures. Par exemple, nous donnons maintenant des conseils aux immigrants économiques avant qu’ils quittent leur pays, avant qu’ils arrivent au Canada, sur la façon de faire reconnaître leurs compétences étrangers et d’obtenir un emploi au pays, de manière à ce qu’ils puissent prendre de l’avance. Et je suis aussi très heureux de vous dire que, comme nous l’avons promis lors des élections, nous annoncerons dans les prochaines semaines un programme visant à étendre dans tout le pays certaines mesures extraordinaires qui sont prises ici, en Alberta, par l’Alberta Immigration Access Fund, lesquelles permettent d’accorder un microcrédit aux professionnels formés à l’étranger à titre de financement provisoire afin qu’ils puissent s’établir au Canada.

En quoi cela consiste-t-il? Eh bien, souvent, ces gens arrivent ici sans cote de crédit au Canada, ce qui les empêche d’emprunter de l’argent. Ils ont épuisé leurs économies pour immigrer et s’établir ici, et ils sont obligés d’occuper un ou deux emplois de survie pour faire vivre leur famille. Ensuite, ils découvrent que, pour pouvoir exercer leur profession, ils doivent retourner aux études et suivre quelques cours supplémentaires, voire obtenir un autre diplôme. Ils n’ont pas l’argent nécessaire.

Nous travaillerons donc avec le secteur privé, les philanthropes et les banques pour que ces professionnels aient un accès plus facile au crédit et puissent sortir de cette impasse, suivre les cours dont ils ont besoin et se joindre à la main‑d’œuvre productive. À ce jour, dans le cadre des programmes offerts, le taux de remboursement est de plus de 95 pour 100. Nous sommes persuadés que ces nouveaux arrivants vont investir dans leur avenir.

En outre, je dois souligner le fait que notre gouvernement a eu beaucoup de succès à enfin assurer une meilleure répartition des immigrants à travers le pays. Je vous ai dit que 85 pour 100 des immigrants s’établissaient généralement à Montréal, Toronto et Vancouver. Ils sont maintenant environ 65 pour 100, soit environ les deux tiers, à le faire. Nous avons constaté une hausse fulgurante de l’immigration dans d’autres régions du pays… dans certaines régions du Canada Atlantique, mais surtout dans l’Ouest en général, et en Alberta en particulier. Au cours des dix dernières années, le nombre annuel d’immigrants s’étant établis en Alberta a plus que triplé. Depuis que nous sommes au pouvoir, il a plus que doublé. Et la plupart de ces nouveaux arrivants sont des immigrants économiques.

Cette situation n’est pas fortuite. Elle résulte de l’expansion massive que nous avons faite du Programme des candidats des provinces. Certains d’entre vous sont peut‑être au courant : en gros, nous, au gouvernement fédéral, avons décidé de donner aux provinces un certain nombre des postes dont nous nous servons habituellement pour sélectionner les immigrants; en retour, les provinces doivent travailler avec les employeurs pour trouver les personnes qui possèdent les qualifications recherchées. Et cette façon de faire convient très bien à l’Alberta. En fait, lorsque nous sommes venus en 2005, avant d’être au pouvoir, l’Alberta n’accueillait que 400 candidats par année. L’an dernier, l’Alberta a accueilli 7 500 candidats et devrait bientôt en accueillir 10 000. Ces candidats sont des résidents permanents venant combler les emplois clés toujours vacants en Alberta et contribuer à la prospérité de la province.

Nous avons également apporté quelques modifications au Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), et nous continuerons de l’améliorer. Les procédures se font plus rapidement pour les nouveaux demandeurs, qui n’ont plus à attendre sept ans. Ils peuvent venir dans les huit ou neuf mois, surtout s’ils ont déjà une offre d’emploi réservé.

Voilà donc quelques mesures qui ont permis d’accroître de beaucoup l’immigration en Alberta, mais elles ne suffisent pas à combler la pénurie de main‑d’oeuvre. D’où l’existence du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Ce programme est grandement dénigré par les groupes d’intérêts, les dirigeants syndicaux, certains journalistes qui, à mon avis, ne le comprennent pas bien, et certains de nos adversaires politiques qui le dépeignent, de façon irresponsable, comme un programme qui favorise une certaine forme d’exploitation organisée des travailleurs étrangers vulnérables. Ils évoquent les ateliers clandestins de la révolution industrielle ou d’autres images fortes pour décrire ce que ces gens doivent vivre.

Laissez‑moi vous dire que la plupart de ces critiques à propos du Programme des travailleurs étrangers temporaires sont ridicules et non fondées. Pour ma part, je veux travailler avec les entreprises et aussi avec ces travailleurs étrangers temporaires qui vivent une expérience formidable dans la province pour qu’ils puissent dire que nos mesures leur offrent des possibilités. Lorsque je rencontre des travailleurs étrangers temporaires en Alberta, ils me disent qu’ils gagnent ici, en quelques jours, le salaire qui leur prendrait un mois à toucher dans leur pays d’origine. Pour eux, ce qui représente des économies de toute une vie se gagne en un ou deux ans ici, pour démarrer une nouvelle entreprise ou construire une maison. Voilà le genre de possibilités que nous leur offrons, sans compter que chacun d’eux profite des mêmes conditions de travail et droits que les citoyens canadiens; ils sont tous protégés en vertu des mêmes lois et du même régime. Et nous exigeons que les employeurs leur versent le taux canadien de rémunération en vigueur dans la région.

L’image que véhiculent certains groupes d’intérêts – qui disent que ces gens touchent moins que le salaire de base – est ridicule. En fait, la plupart des employeurs nous disent que nous les obligeons à payer, dans certaines régions, un taux supérieur au taux de rémunération en vigueur dans cette partie du Canada. Et je tiens à souligner que même en période de récession, nous avons poursuivi ce programme, malgré le flot de critiques. Pourquoi? Parce que nous estimons que la pire chose à faire en période de récession est d’étouffer les entreprises en croissance et prospères par une pénurie de main‑d’œuvre.

Nous savons que c’est encore une réalité en Alberta. Il y a des entreprises, grandes et petites, qui refusent des commandes, qui sont incapables de respecter leurs contrats parce qu’elles ne disposent pas des employés nécessaires pour faire le travail. Je veux simplement souligner un autre fait à propos du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Je le répète, ce programme est beaucoup décrié et très mal compris. Le Canada a accueilli quelque 185 000 travailleurs étrangers temporaires l’an dernier. En Alberta, le nombre de ces travailleurs a augmenté au cours des dernières années, passant d’environ 10 000 à 58 000 aujourd’hui, soit une hausse d’environ 400 pour 100. Et nous avons augmenté ce nombre parce que si ces gens n’étaient pas ici, les entreprises fermeraient leurs portes et les Canadiens qui y travaillent perdraient leur emploi. Ce serait complètement improductif.

Mais il faut comprendre qu’il y a une vaste gamme de travailleurs qui contribuent à notre économie grâce à ce programme. Sur les 180 000 travailleurs étrangers temporaires accueillis l’an dernier, 68 000 entraient dans la catégorie des travailleurs hautement spécialisés. Il s’agit de gens possédant un niveau de compétence avancée. J’en parlais justement avec quelques employeurs plus tôt aujourd’hui, par exemple des travailleurs possédant des connaissances très spécialisées en ingénierie. Nous ne parlons pas ici seulement d’un grand nombre de travailleurs qu’on dit peu spécialisés. Ils sont 21 000 à être arrivés au pays grâce à un visa obtenu en vertu de l’ALENA. Ce mécanisme permet, pour un certain nombre de professionnels, habituellement des employés hautement scolarisés et qualifiés, d'obtenir un permis de travailler au Canada, au Mexique ou aux États‑Unis. C’est donc dire que moins de 50 000 – moins que le tiers des travailleurs étrangers temporaires – étaient en fait des gens peu spécialisés.

Cela dit, certains estiment que nous devrions accorder une résidence permanente à tous ces gens. Vous savez, je peux comprendre que les employeurs qui ont trouvé des travailleurs productifs et les ont formés souhaitent pouvoir les garder. Rien de plus normal. Mais je vous demande de ne pas oublier la limite réelle au nombre d’immigrants que nous pouvons accueillir au Canada. Si nous devions suivre ces conseils et accorder immédiatement la résidence permanente aux travailleurs étrangers temporaires… eh bien, disons tout d’abord que bon nombre d’entre eux n’auraient aucune raison de demeurer dans le poste précis pour lequel ils ont été embauchés, ce qui ne règlerait en rien le problème de pénurie de main‑d’œuvre. Ensuite, n’oublions pas que cela nécessiterait d’accroître le nombre d’immigrants à environ 450 000 par année au Canada.

Or, 80 pour 100 des Canadiens estiment que les niveaux d’immigration sont déjà assez, voire trop élevés. Et je ne veux pas qu’on fasse la même erreur que certains pays, comme en Europe de l’Ouest, où l’opinion de l’élite sur cette question a fini par être complètement déconnectée de l’opinion populaire. Les Canadiens sont ouverts à l’immigration, ils sont généreux, ils sont accueillants, et les Albertains le sont tout particulièrement, mais ils se rendent également compte que notre capacité à intégrer ces immigrants comporte certaines limites pratiques.

Par ailleurs, je sais qu’il existe une certaine frustration dans le milieu des affaires, parmi les employeurs, concernant certaines lourdeurs administratives… les obstacles, charges et délais de traitement dans l’administration de ce programme. J’ai prêté une oreille attentive à ces employeurs de partout en Alberta. Et nous vous avons entendus. Nous comprenons. Nous comprenons que le marché du travail se resserre et qu’il faut trouver des solutions pour veiller à ce que le programme convienne au Canada et aux travailleurs. Voilà pourquoi je suis ravi de vous annoncer que ma collègue, l’honorable Diane Finley, ministre des Ressources humaines, sera ici, à Calgary, le mois prochain pour rencontrer, avec moi et nos fonctionnaires, tous les principaux représentants des secteurs industriels de l’Alberta. Nous avons l’intention d’en arriver à une procédure plus efficace et exempte de formalités et paperasse inutiles ou redondantes, pour que le Programme des travailleurs étrangers temporaires donne à l’économie albertaine des résultats en temps opportun.

Je veux également parler de ces personnes qui nous reprochent de ne pas offrir à ces travailleurs la possibilité d’une résidence permanente. C’est faux. Notre gouvernement, en fait, Monte Solberg a présenté l’innovation la plus emballante en matière de politique d’immigration canadienne depuis des décennies, c’est‑à‑dire la catégorie de l'expérience canadienne. Ainsi, les étudiants étrangers qui ont obtenu un diplôme d’un établissement postsecondaire canadien et les travailleurs étrangers temporaires hautement spécialisés peuvent devenir résidents permanents à partir du Canada.

Autrefois, la politique n’avait aucun sens. Nous acceptions que ces jeunes viennent en tant qu’étudiants ou travailleurs spécialisés, ce qui leur permettait de contribuer à la société, d’améliorer ou de parfaire leur anglais et d’acquérir les compétences sociales pour s’intégrer à la vie au Canada. Ils finissaient par obtenir cette expérience de travail essentielle ou, dans le cas des étudiants, ce diplôme reconnu par les employeurs canadiens. Puis, nous leur disions : « Bravo, merci beaucoup, vous êtes prêts à réussir, maintenant veuillez quitter le Canada et attendez votre tour pendant sept ans. » Voilà ce que nous leur disions. Mais plus maintenant. Désormais, nous leur disons : « Fantastique, vous êtes prêts à réussir au Canada, veuillez rester et n’hésitez pas à demander votre résidence permanente dans le cadre de ce nouveau programme. »

Ce ne sont que quelques‑unes des mesures que nous avons prises. Nous reconnaissons la nécessité de contribuer à la réussite des nouveaux arrivants. Voilà pourquoi notre gouvernement a, en fait, quadruplé en cinq ans l’investissement fédéral dans les services d’établissement offerts aux nouveaux arrivants, en Alberta en particulier. Ceux‑ci ont ainsi un meilleur accès aux cours de langues, aux techniques de recherche d’emploi et aux autres moyens de se préparer à la vie active pour veiller à ce qu’ils réussissent rapidement. Tout cela parce que, en fin de compte, nous voulons que ces gens connaissent une intégration rapide et fructueuse.

J’aimerais terminer en disant que l’Alberta a beaucoup de mérite. J’ai fait le tour de cette province et visité les petites communautés qui, voilà 10 ou 15 ans, présentaient très peu de diversité… La seule diversité qu’offraient certaines de ces communautés était l’origine de leurs habitants, de descendance polonaise, allemande, écossaise ou irlandaise. Maintenant, on y constate une étonnante diversité. Et, dans l’ensemble, ce fut une expérience très positive.

Chers amis, ces nouveaux arrivants ont été accueillis à bras ouverts. Et vous savez pourquoi? Pour la simple et bonne raison que nous tous, en tant qu’Albertains, savons que nous sommes également relativement nouveaux au pays. En effet, bien peu d’entre nous peuvent dire que leurs racines remontent à plus d’une ou deux générations. Et même ceux qui descendent des familles de pionniers savent que ce qui caractérise les Albertains est leur éthique de travail. Peu nous importe d’où vous venez; ce qui nous importe est où vous vous dirigez.

Et ce que nous attendons de vous est votre ferme intention de travailler fort et d’agir selon les règles. Je suis ravi de vous affirmer que c’est effectivement ce que fait la vaste majorité des personnes du monde entier qui se joignent à nous en tant que nouveaux Canadiens et nouveaux Albertains. Travaillons maintenant ensemble pour veiller à ce que leur vie au Canada soit fructueuse et que nous puissions continuer avec eux à nourrir notre prospérité. Je vous remercie.

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