Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

« Le système d’immigration du Canada et notre avenir économique » au Canadian Club du Canada. »

Lors de l’Événement de l’Economic Club of Canada
Salle Laurier, Château Laurier, 1, rue Rideau (Ottawa), le 7 mars 2012

Tel que prononcé

Merci beaucoup et félicitations au Club économique du Canada de votre ouverture ici à Ottawa et toutes vos activités. Je crois que vous avez un déjeuner chaque jour cette semaine et c’est un plaisir d’être parmi vous à nouveau. 

Je tiens en particulier à souligner la présence de certains de mes collègues députés. Premièrement, mon secrétaire parlementaire et député de St Catharines, Rick Dykstra. Rick, je te remercie d’être ici et pour ton bon travail; il y a également le porte-parole de l’opposition et député de Vancouver-Kingsway, Don Davies, un homme très diligent qui n’a pas peur du travail. Toutefois, Don, je te prierais de ne pas m’apostropher pendant mon discours. Tu peux bien le faire, mais une période de questions est prévue à la fin du discours et tu ne seras pas limité à 35 secondes.

Nous avons une relation très constructive avec tous les partis par l’entremise du comité sur l’immigration qui, à mon avis, reflète l’une des grandes bénédictions du Canada, qui est peut-être la plus grande démocratie libérale du monde où il existe un vaste consensus politique pro-immigration à l’échelle du spectre politique, et je crois que nous pouvons le constater dans le travail constructif que nous accomplissons. Je constate la présence de Kerry-Lynne Findlay, secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et députée de Delta-Richmond Est. Merci donc à vous, collègues et amis, d’être ici.

Je suis ici aujourd’hui pour vous parler d’un grave problème pour la prospérité du Canada. Ce problème est en fait un paradoxe. Le Canada est confronté à une énorme pénurie de main-d’œuvre, qui ne cesse de croître. C’est pourquoi nous maintenons des niveaux d’immigration très élevés. Toutefois, un trop grand nombre d’immigrants que nous accueillons se retrouvent au chômage ou sont sous-employés. Cela ne fait aucun sens.   

Cette situation perdure depuis trop longtemps. Le temps est venu d’apporter des changements fondamentaux à nos programmes d’immigration, qui sont rigides et lourds. Ce gouvernement y donnera suite : des changements pour faire en sorte que l’immigration fonctionne pour le Canada et les nouveaux arrivants; des changements qui permettent d’accueillir des immigrants en fonction des énormes pénuries de main-d’œuvre, qui ne cessent de croître et qui menacent notre croissance; des changements qui permettent d’accueillir des nouveaux arrivants qui pourront pallier la pénurie de main-d’œuvre, qui ne cesse de croître, comme je l’ai dit, dans toutes les régions du pays où nous voyons des développements, qu’il s’agisse du Grand Nord, de l’Ouest, du Canada atlantique, dans toutes les régions; des changements qui permettront aux nouveaux arrivants de connaître la dignité du travail plutôt que de lutter pour leur survie.

Comme l’a indiqué le Premier ministre Harper dans l’important discours qu’il a prononcé dans le cadre du Forum économique mondial, en janvier, « Au cours des prochains mois, le Canada procédera aux transformations nécessaires pour faire durer la croissance économique, la création d’emplois et la prospérité, aujourd’hui et pour la prochaine génération. Nous entreprendrons aussi une réforme importante de notre système d’immigration. Tout en respectant nos obligations humanitaires et nos objectifs de réunification des familles, nous nous assurerons que nos efforts en matière d’immigration répondent aux besoins de l’économie et de la population active. »

Nous connaissons et célébrons tous le mythe puissant et positif entourant l’immigration au Canada. Cela fait partie de notre identité. 

Songez seulement aux affiches archétypes postrecrutement de Clifford Sifton qui promettaient une terre de liberté et qui ont attiré des millions d’immigrants dans l’Ouest canadien. Que l’on pense aux pionniers entreprenants qui sont arrivés avec Samuel de Champlain il y a 400 ans, aux Écossais victimes de déplacements forcés, aux Irlandais victimes de la famine au milieu du 19e siècle, incluant mes ancêtres, aux travailleurs sikhs de l’industrie du bois, aux ouvriers chinois qui ont participé à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique ou aux hommes de Sifton vêtus de manteaux en peau de mouton qui ont labouré le sol vierge, ce sont des générations de nouveaux arrivants à l’éthique professionnelle infatigable qui ont fait du Canada une terre de prospérité sans pareil et au potentiel illimité.   

Mais ce mythe est-il vrai aujourd’hui? Nous sommes toujours un pays ouvert et accueillant. En fait, depuis que ce gouvernement est entré en fonction, nous avons accueilli en moyenne plus d’un quart de million de nouveaux arrivants chaque année, ce qui représente le plus haut niveau soutenu d’immigration de l’histoire du Canada. 

Alors que les gouvernements précédents ont considérablement réduit les niveaux d’immigration en période de récession, nous avons fait le contraire, en augmentant les niveaux d’immigration de quelque 14 %. En accueillant au pays chaque année l’équivalent de 0,8 % de notre population, nous maintenons le niveau d’immigration par habitant le plus élevé des pays développés.

Nonobstant ces niveaux d’immigration élevés, il y a toujours un nombre infini de personnes du monde entier qui rêvent de pouvoir refaire leur vie au Canada. En fait, d’après un sondage mondial mené par Angus Reid il y a quelques années, au moins deux milliards de personnes dans le monde souhaiteraient immigrer au Canada. À mon avis, c’est un bon problème. Cela signifie que le Canada peut se permettre d’être sélectif quant aux nouveaux arrivants qu’il choisis, soit ceux qui possèdent les compétences et l’expérience dont nous avons besoin et qui sont les plus susceptibles de réussir, de trouver et de conserver de bons emplois, et de démarrer des entreprises prospères.   

Au cours des dernières années, j’ai eu l’occasion de rencontrer des milliers de Canadiens qui sont venus ici des quatre coins du globe, qu’il s’agisse de réfugiés analphabètes qui ont séjourné pendant des années dans des camps de l’ONU avant d’être réinstallés au Canada et de devoir surmonter d’importants défis liés à l’intégration, comme les réfugiés karens de la Birmanie que j’ai rencontrés récemment à Langley, en Colombie-Britannique, d’étudiants étrangers venant tout juste de décrocher un diplôme d’une université canadienne et qui sont prêts à affronter le monde, ou encore, de travailleurs qualifiés qui sont venus ici munis d’une éducation et d’une expérience remarquables. 

Laissez-moi vous dire que ces rencontres m’ont profondément inspiré.

La vaste majorité de ces nouveaux arrivants m’ont grandement impressionné par leur détermination à réussir, leur désir de nous aider à bâtir le Canada et leur éthique du travail sans borne. En fait, lorsque je rencontre ces nouveaux arrivants et que je vois l’ambition dans leurs yeux, ils me rappellent qu’ils ont amené au Canada les vertus fondatrices qui ont contribué à faire de ce pays une terre de prospérité et d’opportunités. 

Lorsque je rencontre des employeurs de partout au pays qui dépendent des nouveaux Canadiens, ils ne cessent de répéter que les nouveaux arrivants élèvent l’éthique du travail et le niveau de productivité, et qu’ils font preuve d’une attitude positive au travail. Ils apprécient leur chance de travailler au Canada. Les employeurs me disent que leur attitude se communique même aux employés nés au Canada qui sont un peu moins enthousiastes. Mais malheureusement, un grand nombre de ces nouveaux arrivants se retrouvent en marge de notre marché du travail, coincés dans des emplois de survie, frustrés et déçus que leur rêve d’une vie meilleure ne se réalise pas au Canada. 

Et les données nous disent que cela se produit beaucoup trop souvent.

Trop souvent, être un immigrant a signifié être pauvre, plus susceptible d’être sous-employé ou au chômage, et moins outillé pour réussir dans une économie moderne qu’une personne née au Canada. Depuis environ les trois dernières décennies, nous avons vu le statut des nouveaux arrivants décliner. Par exemple, les résultats du sondage de 2006 démontrent que les immigrants qui sont arrivés au Canada en 2004 étaient plus de trois fois plus susceptibles d’avoir un faible revenu. Plus de 34 % des nouveaux arrivants se situaient dans la catégorie de faible revenu du sondage, comparativement à 9,7 % de la population générale. Le taux de chômage chez les immigrants possédant un diplôme universitaire est trois fois plus élevé que chez les personnes nées au Canada qui possèdent un diplôme universitaire.

Pendant trop longtemps, l’archétype de l’immigration au Canada a été celui d’un professionnel de l’éducation qui arrive d’un pays en voie de développement pour se heurter à des barrières impénétrables lorsqu’il veut se faire certifier pour exercer sa profession, incapable de trouver un emploi, car il ne possède pas d’expérience de travail au Canada et souvent freiné par un manque d’aptitudes sociales douces, incluant la maîtrise des langues officielles. Par exemple, une étude récente a démontré que 60 % des nouveaux arrivants se situaient sous le niveau 3 de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, ce qui est considéré comme le niveau de compétence minimal nécessaire pour relever les défis de l’économie d’aujourd’hui. 

Ainsi, le professionnel qui arrive au pays avec de grands espoirs finit trop souvent, comme nous le savons, à prendre un emploi de survie afin de pouvoir nourrir sa famille. Il travaillera comme chauffeur de taxi, commis de dépanneur ou gardien de sécurité la nuit.

Voici le paradoxe. Alors que cet immigrant éduqué est déçu et plonge souvent dans la spirale de la dépression, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur sa famille et leur entourage, pendant que cela se passe dans son ménage, dans sa vie, dans d’autres régions du pays et dans d’autres secteurs de l’économie, des employeurs recherchent désespérément des travailleurs qualifiés.

Et voilà le paradoxe dont je parlais au début.

Nous accueillons un nombre record d’immigrants, le niveau relatif d’immigration le plus élevé des pays développés, mais nombre d’entre eux se retrouvent au chômage ou sous-employés dans une économie où l’on connaît d’énormes pénuries de main-d’œuvre qui ne cessent de croître.

Quelque chose est brisé et doit être réparé.

Pratiquement tous les groupes de réflexion, les grands groupes et les groupes industriels, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante aux chambres de commerce, estiment que d’ici la fin de cette décennie, le Canada se trouvera aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre de centaines de milliers de travailleurs, et ce, dans tous les domaines de compétences.

Je me suis rendu récemment dans le sud-est de la Saskatchewan, où la croissance économique est étonnante et durable; j’y ai rencontré des employeurs mécontents qui nous demandaient de faire mieux et d’inciter des nouveaux arrivants à s’établir dans cette partie de la Saskatchewan. Ils me disaient que les pénuries de main-d’œuvre vont des ouvriers de ferme à 25 $ l’heure jusqu’aux avocats, aussi invraisemblable que cela puisse paraître. C’était la première fois de ma vie que j’entendais parler d’une pénurie d’avocats, mais il semble que cela est bel et bien vrai. De plus, il s’agit d’une province où nous avons réussi à quadrupler les niveaux d’immigration au cours des cinq dernières années grâce à certains changements que nous avons apportés. Nos efforts n’ont toutefois pas suffi à pallier les pénuries de main-d’œuvre, ce qui a incité le premier ministre Wall ainsi qu’une douzaine d’employeurs de la Saskatchewan à se rendre en Irlande la semaine dernière afin de recruter des milliers d’Irlandais au chômage pour qu’ils viennent travailler dans cette province.

Voilà le paradoxe que nous avons : d’énormes pénuries de main-d’œuvre et des niveaux d’immigration élevés, mais trop souvent les nouveaux arrivants au pays se retrouvent au chômage ou sous-employés. 

Il ne fait aucun sens d’accueillir des immigrants qui se retrouvent sous-employés dans une économie où il y a tant de postes à pourvoir. Il est temps d’avoir une discussion franche sur la nécessité d’apporter des changements transformationnels à nos programmes d’immigration afin que nous puissions sélectionner des immigrants qui combleront la pénurie de main-d’œuvre existante; non seulement pourront-ils contribuer pleinement à la productivité et à la prospérité du Canada, mais ils seront récompensés dans le processus. 

Voilà ce que je veux dire lorsque je dis que nous devons apporter des changements transformationnels, pour nous doter d’un programme d’immigration qui profite au Canada et aux nouveaux arrivants.   

Nous avons déjà fait beaucoup pour réformer nos programmes d’immigration afin qu’ils soient mieux adaptés à nos marchés du travail. Par exemple, le gouvernement a vastement élargi les programmes des candidats des provinces, passant de 4 000 admissions en 2005 à un nombre prévu de 45 000 immigrants cette année. Nous avons connu un franc succès et la répartition géographique des nouveaux arrivants à l’échelle du pays a été bien meilleure. 

Si nous reculons de dix et vingt ans, environ neuf nouveaux arrivants sur dix s’établissaient au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, principalement à Montréal, Toronto et Vancouver. Même si les meilleures perspectives d’emploi ne se trouvaient pas dans ces villes. Mais, avec l’expansion du Programme des candidats des provinces, par le biais duquel les employeurs sélectionnent des travailleurs de l’étranger pour qu’ils soient ensuite approuvés par la province et, leur demande, traitée par mon ministère, nous avons constaté que les niveaux d’immigration dans les Prairies ont triplé et ceux dans le Canada atlantique, doublé; moins d’immigrants s’installent à Vancouver et davantage s’installent ailleurs en Colombie-Britannique.

Si vous vous rendez dans de petites communautés des Prairies dont le nombre d’habitants diminuait, comme celles où j’ai grandi dans le sud de la Saskatchewan, vous constaterez qu’elles sont en pleine croissance et que l’on y retrouve une plus grande diversité. Il s’agit d’une histoire de réussite pour ce qui est de parvenir à une meilleure répartition géographique des nouveaux arrivants et de faire en sorte que ces derniers peuvent occuper immédiatement un emploi qui leur avait été réservé.

Ensuite, nous avons créé ma catégorie d’immigration favorite, la catégorie de l’expérience canadienne. Cette catégorie aurait dû être créée il y a fort longtemps. Avant, le message que nous envoyions aux étudiants étrangers qui venaient étudier ici et qui décrochaient un diplôme canadien était le suivant : « Merci beaucoup, vous êtes maintenant titulaire d’un diplôme qui sera reconnu par un employeur canadien, vous avez approfondi votre connaissance de l’anglais ou du français, maintenant veuillez quitter le pays. Si vous souhaitez immigrer ici, allez vous placer à la fin de la file d’attente de huit ans et nous communiquerons avec vous. »

Cela ne faisait aucun sens.   

Et nous avons la catégorie de l’expérience canadienne, où nous envoyons plutôt le message suivant : « d’accord, vous avez obtenu un diplôme d’une université ou d’un collège canadien et nous vous avons délivré un permis de travail valide pour deux ans. Si vous travaillez pour un employeur pendant un an après avoir décroché votre diplôme, nous allons vous inviter à demeurer ici à titre de résident permanent, de manière accélérée, parce que vous avez tout ce qu’il faut pour réussir. Vous êtes déjà préintégrés, vous êtes titulaire d’un diplôme qui sera reconnu par un employeur canadien, vous avez déjà un emploi et vous avez approfondi votre connaissance de l’anglais ou du français. » Cette catégorie connaît une bonne croissance et je crois qu’elle représentera de nombreuses manières le futur de l’immigration. 

Aussi, nous avons réformé de manière importante le Programme des travailleurs qualifiés. Il s’agit en quelque sorte de notre principal programme fédéral d’immigration économique. Tout d’abord, en 2002, le gouvernement précédent a modifié judicieusement la grille de points de manière à mettre davantage l’accent sur le capital humain et les compétences linguistiques. Et voici de bonnes nouvelles. Alors que nous avons vu pendant trois décennies les résultats économiques des nouveaux arrivants diminuer, au cours des dernières années, nous avons commencé à remonter la pente, ce que nous croyons être attribuable au niveau plus élevé de capital humain des travailleurs qualifiés sélectionnés en fonction de la grille de points qui est entrée en vigueur il y a dix ans.   

Voici une observation importante. En ce qui concerne les travailleurs qualifiés qui sont venus ici par l’intermédiaire de ce programme et qui avaient déjà un emploi réservé au Canada, leur salaire moyen, après seulement trois ans au Canada, était, tenez-vous bien, de 79 000 $, ce qui est bien supérieur au salaire moyen au Canada. Qu’est-ce que nous devons en déduire? Que les personnes possédant un capital humain souple, une très bonne maîtrise de la langue, ainsi qu’un emploi réservé ont tout pour réussir.

Il s’agira d’un important indicateur au fur et à mesure que nous progressons avec les changements transformationnels. 

Finalement, je ne peux sous-estimer à quel point notre système a été accablé par d’énormes arriérés dans le passé. À vrai dire, cette situation a découlé de la réticence du Canada à gérer adéquatement les nouvelles demandes reçues. Chaque année, et pendant plusieurs années, nous avons reçu des centaines de milliers de nouvelles demandes, que la loi nous obligeait à traiter. Toutefois, aux termes de notre plan d’immigration, nous pouvions seulement admettre plus ou moins un quart de million de personnes chaque année. L’arriéré n’a donc cessé de croître, jusqu’au point où il contient maintenant des millions de dossiers dans bon nombre des programmes, et le délai d’attente a atteint sept ou huit ans.

Je tiens à remercier et à féliciter le Comité permanent sur l’immigration pour son excellent rapport sur la question, hier.   

Le gouvernement a pris des mesures, on a pris l’action pour réduire les arriérés en immigration et particulièrement dans le programme des travailleurs étrangers qualifiés. On a vu une diminution d’environ 50 % dans cet arriéré-là et heureusement les nouveaux demandeurs, leurs demandes sont traitées dans un délai de 12 mois au lieu de les vieux demandeurs qui sont toujours dans l’arriéré. Ça prend toujours sept à huit ans pour mon ministère à prendre une décision sur leurs demandes. 

Ce système lent et surchargé signifie que nous ne sommes pas dotés d’un système d’immigration qui puisse être rapide et souple, en mesure de répondre aux offres d’emploi ou aux changements dans l’économie et le marché du travail du Canada. Il est par conséquent essentiel de réduire et d’éliminer ces arriérés afin que nous puissions passer d’un système lent, rigide et passif à un système rapide, souple et capable de s’adapter aux besoins.

Et donc, comme j’ai dit, il faut prendre action pour réduire et éliminer les arriérés en immigration pour qu’on puisse avoir un système qui va répondre aux changements de le marché de main d’oeuvre et qui est vite et flexible. 

Nous réalisons d’énormes progrès, mais nous devons aller plus loin. Nous étudions des manières de réduire l’arriéré. Par exemple, nous nous apprêtons à lancer un projet pilote qui permettra aux provinces et territoires de « puiser » des candidats dans l’arriéré; en d’autres mots, les provinces et les territoires désigneront des demandeurs provenant de l’arriéré actuel puis sélectionneront ceux qu’ils jugent nécessaires immédiatement pour leur économie. Par ailleurs, nous nous affairons actuellement à informer certaines personnes dont la demande stagne dans l’arriéré du Programme des travailleurs qualifiés que le Programme des candidats des provinces pourrait représenter une possibilité pour elles.

Nous examinons également des façons d’obtenir le consentement des demandeurs dans l’arriéré qui souhaiteraient que leurs dossiers soient soumis à des employeurs canadiens qui ont des postes à pourvoir. S’ils disposent d’une offre d’emploi au Canada, ces demandeurs verront leur demande traitée en priorité. 

Nous envisageons donc quelque chose comme un système de déclaration d’intérêt par l’intermédiaire duquel les gens nous feraient part de leur consentement à transmettre leur demande à des employeurs et aux provinces afin qu’ils puissent obtenir une offre d’emploi avant d’arriver au Canada, encore une fois pour favoriser leur réussite dès leur arrivée. 

La Nouvelle-Zélande et l’Australie, deux pays dont le système d’immigration ressemble beaucoup au nôtre, ont déjà pris des mesures supplémentaires et ont apporté des modifications à leur système respectif, rendant ce dernier plus agile, plus souple et mieux adapté aux réalités du marché du travail moderne qu’il ne l’était auparavant. 

La Nouvelle-Zélande a adopté une loi pour éliminer son arriéré de demandes en 2003 et a mis en place un système sous le régime duquel les demandeurs potentiels peuvent être sélectionnés à partir d’un bassin composé de personnes qui ont présenté une demande. Plutôt que de perdre temps et énergie à traiter les vieilles demandes, la Nouvelle-Zélande peut consacrer ses ressources de manière à activement faire correspondre les demandeurs qui possèdent les compétences voulues aux emplois à pouvoir pour ainsi répondre aux besoins économiques actuels. 

Par ailleurs, au cours des derniers mois, le Premier ministre Harper a parlé du fait que nous devions, dans l’économie du futur, faire plus que simplement accepter les demandes passivement. Il a parlé de la nécessité de recruter activement des personnes pour qu’elles viennent au Canada dans le but de pallier des pénuries de main-d’œuvre en particulier. 

D’excitantes possibilités s’offrent à nous pour ce qui est de l’avenir de l’immigration au Canada. Évidemment, la première étape consiste à éliminer cet important et injuste arriéré, et ce, le plus rapidement possible. Encore une fois, nous sommes ouverts aux suggestions créatives et nous continuerons à consulter les Canadiens quant à la meilleure façon de faire progresser la réforme du système d’immigration. 

Avant de terminer, j’aimerais vous parler un peu plus en détail des consultations publiques que nous menons ainsi que de la façon dont les employeurs peuvent s’impliquer de manière plus proactive dans le cadre du système d’immigration – et cette participation est essentielle. 

Quand je dis que nous voulons passer d’un système passif, dans le cadre duquel les gens à l’étranger ne font pratiquement qu’ajouter leur demande dans notre système pour venir au Canada sans emploi, en attendant souvent pendant des années, nous voulons passer de ce système à un système plus actif, un système sous le régime duquel les employeurs canadiens recrutent activement des gens dans le marché du travail international à partir de l’étranger, parce que je crois, bien honnêtement, que les employeurs sont les mieux placés pour savoir qui est susceptible de réussir dans leur milieu de travail, ce qui serait beaucoup plus efficace qu’un système gouvernemental bureaucratique et rigide. Nous inviterons donc les employeurs canadiens à jouer un rôle plus actif dans le processus d’immigration. 

Bon nombre d’entre vous aujourd’hui êtes des employeurs, et vous savez mieux qui quiconque qu’il importe, dans notre économie en constante évolution, que notre système d’immigration soit en mesure de répondre aux besoins du marché du travail.

En fait, dans les dernières semaines, mon sous-ministre, Neil Yeates, a lancé une série de rencontres sous forme de table ronde avec les employeurs de partout au pays. Cette série de rencontres s’inscrit dans les efforts que nous déployons pour nous assurer que nos programmes d’immigration tiennent compte des besoins des employeurs des quatre coins du pays. 

Je crois qu’il est essentiel que le gouvernement du Canada s’implique plus directement avec les employeurs du Canada pour tout ce qui touche à l’immigration. 

Nous avons créé une nouvelle section sur notre site Web ministériel. Cette section s’intitule tout simplement « Employeurs ». Vous y trouverez de l’information sur l’embauche de travailleurs étrangers temporaires, sur le recrutement de travailleurs qualifiés et sur la façon d’appuyer leur demande de résidence permanente, ainsi que sur les divers programmes d’immigration économique offerts au pays. 

L’information a récemment été mise à jour et nous continuons à évaluer des outils pour vous aider à naviguer dans notre système d’immigration. 

Donc, si vous souhaitez contribuer à attirer dans notre marché du travail des travailleurs formés à l’étranger – et j’espère que bon nombre d’entre vous le souhaitez – notre ministère est une incroyable source d’informations. 

En fin de compte, il s’agira d’un partenariat. 

Le système d’immigration de l’avenir ne sera plus lent, rigide et passif. En effet, il sera rapide, souple et activement axé sur le recrutement des personnes dont nous avons besoin pour pourvoir les postes qui doivent être pourvus au Canada, aujourd’hui. 

Je suis vraiment emballé à l’idée de ce changement important, que nous avons déjà amorcé, mais 2012 sera une année charnière historique alors que réitérons notre engagement à l’égard de l’immigration au Canada. Alors que nous confirmons le mythe bien ancré selon lequel l’immigration est l’une des composantes essentielles de notre prospérité.  

Nous sommes choyés, en tant que pays, d’accueillir un si grand nombre de nouveaux arrivants de partout dans le monde qui sont prêts à laisser derrière eux tout ce qui est familier et sécurisant dans leur pays d’origine dans le but de venir ici sans aucune garantie. 

Nous leur devons de faire tout ce que nous pouvons pour assurer leur réussite. Parce que la réussite des nouveaux Canadiens, c’est la réussite de tout le Canada. 

Merci beaucoup. 

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