Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

À l’occasion d’une activité pour annoncer les modifications visant à améliorer la capacité des programmes des candidats des provinces à répondre aux besoins économique

Saskatoon (Saskatchewan)
le 11 avril 2012

Tel que prononcé

Je suis heureux d’être ici, en compagnie de mon collègue et ami Rob Norris, mon homologue de la province de la Saskatchewan qui accomplit un travail remarquable de concert avec le premier ministre Brad Wall, en traçant la voie pour favoriser la croissance de la Saskatchewan, et plus particulièrement, en étant déterminé à relever l’immense défi auquel nous devons tous faire face, soit les pénuries de main‑d’œuvre qui sévissent dans cette province et partout au pays. L’annonce que je m’apprête à faire constitue la véritable raison de ma présence ici.

Tout d’abord, permettez‑moi de souligner que je suis originaire de la Saskatchewan. Je suis heureux d’être de retour chez moi. Je fais partie des réfugiés de l’Alberta voulant améliorer leur situation économique. Au fil des années, j’ai vu poindre un grand nombre d’affiches « À louer » et « À vendre » aux alentours de Saskatoon. Parfois, les choses ne semblaient pas si bien aller à Regina. Les petites agglomérations enregistraient une baisse de leur population en raison du départ des habitants. En tant que personne ayant grandi dans cette province, c’est un plaisir de revenir et de constater que cet endroit rayonne d’énergie et compte de nouvelles personnes, de jeunes gens et des entreprises dont le principal problème consiste non pas à être à la recherche d’emploi, mais bien de trouver des travailleurs. Cette province fait presque l’objet d’une révolution économique. Cela est vraiment réjouissant. Félicitations au ministre Norris et à son gouvernement pour avoir joué un rôle essentiel dans cette nouvelle croissance.

Je crois que les récentes statistiques sur le chômage qui ont été publiées la semaine dernière révèlent que la Saskatchewan enregistre le taux de chômage le plus faible au pays et avoisine le plein emploi. Cela témoigne du défi économique de plus en plus grand auquel le Canada devra faire face dans un avenir pas trop lointain.

Il est vrai que nous comptons un trop grand nombre de chômeurs canadiens. Toutefois, il ne fait aucun doute que nous sommes confrontés à une pénurie de main‑d’œuvre grandissante et importante. Il s’agit d’un paradoxe que nous devons résoudre et le gouvernement s’y emploie, par l’entremise de son Plan d’action économique, en vue d’améliorer la formation –plus particulièrement en ce qui touche les jeunes Canadiens d’origine autochtone au chômage – pour encourager les prestataires de l’assurance‑emploi à trouver un emploi rémunéré. Nous procèderons à la réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires afin d’inciter les gens sans emploi qui se trouvent dans les régions où le taux de chômage est traditionnellement élevé à occuper les postes disponibles.

Toutefois, nous envisageons également l’immigration comme un outil indispensable pour résoudre la pénurie de main‑d’œuvre croissante dont l’importance se révèle difficile à minimiser. C’est pourquoi nous sommes très fiers des résultats découlant d’une meilleure harmonisation de l’immigration et des besoins du marché du travail canadien. En fait, depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons conservé le plus haut niveau relatif d’immigration parmi les pays développés, augmentant de 0,8 % par année notre population. En outre, nous avons conservé le plus haut niveau d’immigration durable de l’histoire du Canada, en accueillant plus d’un quart de million de nouveaux arrivants, confirmant notre tradition d’ouverture envers le travail acharné, l’énergie et l’esprit des nouveaux arrivants.

Je pense notamment que l’une des grandes réalisations de nos changements en matière d’immigration au cours des cinq dernières années a été de parvenir à une bonne répartition géographique des nouveaux arrivants au pays. Il fut une époque où presque neuf immigrants sur dix s'établissaient dans nos trois plus grandes villes, même si ces endroits n’offraient pas les meilleures perspectives d’emploi. C’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes retrouvés avec des taux de chômage et de sous‑emploi très élevés parmi les immigrants.

Mais, l’aspect positif est que, depuis notre arrivée au pouvoir en 2006, nous avons vastement élargi le Programme des candidats des provinces et apporté certaines autres modifications. De ce fait, nous avons observé une énorme augmentation du niveau d’immigration dans l’Ouest, dans les Prairies plus particulièrement, ainsi que dans le Canada atlantique. Or, nous avons constaté qu’au cours des cinq dernières années, les niveaux d’immigration ont doublé au Canada atlantique, ont triplé au Manitoba, ont quadruplé en Saskatchewan et, enfin, ont doublé en Alberta. C’est une nouvelle réjouissante. Nous sommes passés de 2 000 résidents permanents s’établissant en Saskatchewan en 2005 à 9 000 l’an dernier. Cette hausse contribue à alimenter la croissance positive de la population de cette province.

Ce résultat a été obtenu, en grande partie, grâce à l’expansion du nombre d’admissions des candidats des provinces par le Saskatchewan Immigrant Nominee Program (SINP). Les admissions sont passées de 500 personnes en 2005 à 8 700 l’an dernier. Il s’agit d’une énorme hausse. Cela est très positif. En fait, nous sommes passés de 5 000 admissions à l’échelle nationale dans le cadre du Programme des candidats des provinces en 2005 à 45 000 nouvelles admissions qui sont prévues cette année.Par conséquent, il s’agit d’une excellente nouvelle.

Nous avons également effectué un vaste examen du Programme des candidats des provinces. Nous voulons nous assurer d’être sur la bonne voie en ce qui a trait à notre réforme en matière d’immigration. Les conclusions de l’examen se sont révélées fort positives. Selon celles‑ci, des résultats économiques très favorables sont observés en règle générale pour ce qui est des candidats des provinces qui viennent au Canada, car ceux-ci possèdent un emploi réservé. Ce programme fonctionne à son mieux lorsque des employeurs tels que Morris Industries et d’autres entrepreneurs se rendent à l’étranger en vue de recruter de façon proactive des employés talentueux qui peuvent commencer à travailler en fonction de leurs compétences dès leur arrivée au pays, se réaliser pleinement et contribuer de manière fructueuse à l'économie canadienne.

Il s’agit de l’exemple que j’utilise lorsque je parle de la réforme de l’immigration partout au Canada, par opposition à l’ancien mode de fonctionnement défaillant de notre système d’immigration lent et rigide au sein duquel nous invitions seulement les gens à venir au pays, sans se soucier de la pertinence de leurs études, de leur expérience ou de leurs qualifications sur le marché du travail canadien. Ils étaient invités à plonger dans le marché du travail canadien. Mais, un trop grand nombre ont dû lutter pour maintenir leur tête hors de l’eau et ont été coincés dans des emplois de survie en étant sous‑employés ou au chômage.

Les immigrants du Programme des candidats des provinces qui ont été invités par Morris Industries et des centaines d’entrepreneurs de la Saskatchewan, par l’entremise d’un organisme du gouvernement provincial, nous permettent de constater que le programme met en adéquation les nouveaux arrivants talentueux qui peuvent commencer à travailleur dès leur arrivée et les employeurs qui ont besoin de leur ensemble précis de compétences. Cela évite que des immigrants soient bouleversés du fait que leurs compétences ne sont pas mises à contribution, ou qu’ils soient sous‑employés. Au contraire, ils occupent un bon emploi en fonction de leurs compétences, contribuent à notre économie et paient des impôts. C’est avantageux pour tout le monde.

Par conséquent, nous voulons étendre ce modèle. C’est pourquoi, comme il est mentionné dans notre Plan d’action économique de 2012, le budget fédéral déposé par Jim Flaherty il y a deux semaines, nous nous engageons dans un processus de changements transformationnels au chapitre des programmes d’immigration du Canada. Nous allons passer d’un système lent, rigide et passif ayant contribué à la baisse des résultats liés aux nouveaux arrivants à un système rapide, souple et proactif qui donnera lieu à de bien meilleures retombées économiques pour les immigrants et le Canada.

Je vais faire un petit retour en arrière, car je veux vous expliquer dans quelle mesure ces changements sont cruciaux. Afin de pouvoir bénéficier d’un système rapide, juste‑à‑temps et dans le cadre duquel les employeurs peuvent offrir un emploi à une personne et la faire venir au pays en quelques mois, nous devions composer avec un énorme problème d’arriérés dont nous avons hérités, soit presque un million de candidats en attente d’une réponse quant à leur venue au Canada, qui peut prendre jusqu’à sept ans.

C’est pourquoi nous avons pris des mesures décisives en vue de procéder au retour d’un grand nombre d’anciennes demandes périmées qui engorgent notre système. De ce fait, d’ici 2014, soit dans près de dix‑huit mois, le Canada disposera d’un système d’immigration juste‑à‑temps à l’échelle nationale. Ainsi, une personne qui présente une demande en 2014 obtiendra une réponse quant à sa venue au pays au cours de cette même année. En principe, cela signifie que nos programmes d’immigration fédéraux serviront de complément au SINP ainsi qu’aux autres programmes de candidats des provinces partout au Canada, conférant des pouvoirs aux employeurs et aux entreprises qui savent mieux que le gouvernement quels sont les travailleurs qui peuvent occuper un emploi en fonction de leurs compétences dès leur arrivée au pays. Voilà ce qu’il nous faut, un système proactif qui invite les gens qui peuvent réussir au pays.

Nous poursuivons l’ensemble de la réforme prévue par le gouvernement fédéral et je serai heureux de répondre à vos questions à ce sujet. Nous procèderons à des annonces tout au long de l’année. Au fait, j’ai annoncé hier à Calgary que l’un des principaux changements sera la création d’un nouveau volet dédié aux gens de métier qualifié dans le cadre du programme d’immigration du gouvernement fédéral. Il s’agit d’une évolution importante parce que jusqu’à maintenant, à moins de détenir un diplôme d’études postsecondaires et de posséder un niveau de compétence très élevé et difficile à atteindre dans une langue officielle, les immigrants exerçant des métiers spécialisés formaient seulement trois pour cent de la catégorie économique. Cela est aberrant dans une économie présentant d’énormes lacunes et d’importantes pénuries en ce qui touche les soudeurs, les chaudronniers et les conducteurs de machinerie lourde.

Nous avons besoin de ces travailleurs et nous allons commencer à les faire venir au pays par l’entremise de nos programmes fédéraux. Pour ce faire, nous mentionnerons aux entreprises telles que Morris Industries qu’elles disposent de deux choix. Elles peuvent opter pour le programme de la Saskatchewan ou les programmes fédéraux susmentionnés. Ce qui signifie une souplesse accrue et une meilleure capacité à répondre aux besoins du marché du travail. Ces programmes sont fort intéressants.

Toutefois, nous croyons également que nous devons veiller au succès continu du Programme des candidats des provinces. Voici quelques points qui ressortent de notre vaste analyse du Programme des candidats des provinces réalisée et publiée en fin d’année dernière. À notre avis, il est crucial que les candidats des provinces admis au Canada à titre de résidents permanents détiennent un niveau de compétence linguistique minimal. Toutes les données de même que les recherches sur l’immigration effectuées au pays révèlent que le niveau de compétence linguistique en anglais, et bien entendu en français pour le Québec, constitue l’unique facteur le plus important quant à l’échec ou la réussite des immigrants de la catégorie économique. Cela va de soi. Les gens ont besoin de pouvoir se débrouiller dans la société dans laquelle ils évoluent. Ils doivent comprendre la langue et connaître le vocabulaire technique utilisé dans le milieu de travail.

Jusqu’à présent, nous avons poursuivi les programmes des candidats des provinces en faisant preuve d’une extrême souplesse, ce qui constitue à notre avis une bonne chose. Les provinces faisaient office de laboratoire des politiques, permettant de découvrir les éléments qui fonctionnent le mieux pour les économies régionales. Mais, nous avons consulté les provinces, y compris la Saskatchewan, quant à l’établissement d’un niveau de compétence linguistique minimal pour les candidats des provinces. Cette mesure sera en vigueur à compter de juillet de cette année. Les candidats qui arriveront au Canada comme travailleurs étrangers temporaires avant le mois de juillet de cette année seront exemptés. Toutefois, les personnes qui viendront comme travailleurs étrangers temporaires après le mois de juillet de cette année devront détenir des compétences linguistiques de niveau 4 pour le Canada, lesquelles seront évaluées par un évaluateur linguistique tiers, afin d’être admises à titre de résidents permanents. Ce niveau correspond essentiellement au bas de l’échelle intermédiaire des niveaux de compétence.

Que les choses soient claires. Nous ne suggérons pas que les gens qui viennent au pays et qui travaillent en tant que mécaniciens à Morris Industries devraient posséder des compétences en anglais de niveau universitaire. Heureusement, ils n’ont pas besoin de détenir un doctorat en littérature. Il leur suffit d’être en mesure de se débrouiller en anglais. Nous croyons que cela est équitable pour eux, pour nous et pour le Canada, étant donné qu’ils s’intègreront plus rapidement. À long terme, ils contribueront davantage à l’économie.

Les employeurs peuvent dorénavant inviter, à titre de travailleurs étrangers temporaires, les candidats qu’ils ont dénichés à l’étranger et qui ne possèdent peut‑être pas ce niveau de compétence linguistique. Évidemment, nous faciliterons leur entrée et ils pourront demeurer au pays jusqu’à concurrence de quatre ans, suivant le renouvellement de leur permis. Ils disposeront d’une grande période de temps pour améliorer leurs connaissances en vue d’atteindre le niveau de compétence linguistique exigé et être admis comme résidents permanents. Nous sommes simplement d’avis qu’il s’avère primordial d’établir des niveaux de compétence linguistique de base partout au pays. En effet, bien que cela ne pose pas un grand problème en Saskatchewan, nous avons constaté dans certaines autres provinces participant au Programme des candidats des provinces, un nombre grandissant et important de travailleurs sans aucune compétence linguistique en anglais qui peuvent arriver au Canada et être admis comme résidents permanents. Ce problème nous préoccupe.

Nous ne voulons pas risquer de créer une sorte de sous‑classe comme en Europe où les immigrants admis ne possèdent pas de niveau de compétence dans les langues officielles. Ils finissent par ne plus avoir accès à la mobilité sociale et aux possibilités s’y rattachant. Nous voulons éviter cette situation. C’est la raison pour laquelle nous établissons ce niveau minimal de compétence linguistique. Je suis reconnaissant envers le ministre Norris et son approche positive à cet égard ainsi que la coopération continue de la Saskatchewan.

Ensuite, nous collaborerons avec les provinces afin de faire en sorte que les candidats qu’elles sélectionnent dans le cadre de cet important programme soient des personnes qui autrement ne bénéficieraient pas d’un accès. Nous voulons qu’elles tirent parti du programme. De ce fait, nous incitons les provinces à éviter de sélectionner des candidats qui pourraient venir rapidement au pays par l’entremise des programmes fédéraux.

Ainsi, nous avons notre propre catégorie fédérale du regroupement familial qui se révèle plutôt généreuse, soit le programme de réunification familial le plus généreux à l’échelle mondiale. Si les immigrants qui viennent en Saskatchewan veulent parrainer les membres de leur famille, ils le peuvent. Non pas proposer, mais bien parrainer les membres de leur famille par l’entremise de nos programmes fédéraux de parrainage des membres de la famille. Nous invitons les gens à toujours examiner de quelle manière ils peuvent faire usage des programmes fédéraux plutôt que de se tourner vers les rares postes accessibles aux fins de nomination et qui sont, en grande partie, destinés à ceux que nous pourrions appeler les immigrants principaux de la catégorie économique, des personnes qui s’efforcent de trouver du travail et de contribuer pleinement à l’économie, dans la mesure du possible.

Voici essentiellement les annonces que je fais aujourd’hui en vue de renforcer la valeur des programmes provinciaux d’immigration. Il s’agit d’un partenariat. Je voudrais conclure en disant que lorsque j’ai parcouru le pays, je me suis servi de l’exemple de la Saskatchewan et de ce qu’elle fait à l’heure actuelle pour illustrer le programme d’immigration de l’avenir. Elle cherche activement à l’étranger des bassins de travailleurs talentueux. Elle collabore avec le gouvernement et les entreprises pour inviter ces travailleurs à venir au pays. Le type de recrutement de travailleurs étrangers talentueux que nous voulons voir davantage au Canada correspond à celui réalisé le mois dernier en Irlande par Rob et le ministre Wall auprès des employeurs.

Ainsi, nous sommes très enthousiasmés par le leadership dont fait preuve la Saskatchewan. Nous sommes très encouragés de constater que les niveaux d’immigration ont quadruplé. Nous croyons que, grâce à la réforme prévue par le gouvernement fédéral et au renforcement du Programme des candidats des provinces, nous continuerons de répondre aux besoins du marché du travail et de la croissance économique de cette province.

Je tiens à vous remercier ainsi que Rob. C’est avec plaisir que je répondrai à vos questions par la suite.

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