Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Devant la Chambre de commerce de Surrey, sur le thème « Mettre en place un système d'immigration ciblé, rapide et efficace, axé sur les emplois, la croissance et la prospérité »

Terrain de golf Eaglequest
Surrey (Colombie-Britannique)
Le 26 juin 2012

Tel que prononcé

Chers amis, je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui parce que chaque fois que je pense à Surrey, je pense à l’immigration. Depuis deux ou trois décennies, cette municipalité est l’une de celles qui accueillent le plus de nouveaux arrivants au pays. Au cours des cinq dernières années, notre gouvernement a maintenu à un sommet historique le taux d’immigration au Canada, qui est le taux par habitant le plus élevé du monde développé. En même temps, nous avons accueilli un réfugié sur dix réinstallés dans le monde. Nous accueillons plus de réfugiés par habitant que tout autre pays développé.

Nous affirmons l’identité particulière du Canada en tant que pays de possibilités pour les habitants des quatre coins du monde, car nous croyons que cela est dans l’intérêt supérieur de notre pays. Nous savons qu’en raison de notre population vieillissante et de la réduction de notre main-d’œuvre, nous avons besoin du talent, de l’énergie et de l’esprit d’initiative des nouveaux arrivants afin d’assurer notre prospérité présente et future. C’est la raison pour laquelle le Canada a été à peu près le seul pays développé à maintenir un niveau élevé d’immigration pendant le ralentissement économique mondial, alors que bon nombre de démocraties comparables à la nôtre, comme l’Australie, les pays de l’Europe de l’Ouest et les États-Unis, le réduisaient.

Nous continuons donc d’être un pays ouvert et accueillant pour les nouveaux arrivants talentueux et travailleurs, qui arrivent au pays souvent sans autre chose que leur détermination à devenir de bons Canadiens, à travailler fort et à offrir à leurs enfants un niveau de vie supérieur à celui dont ils auraient bénéficié dans leur pays d’origine. C’est l’une des raisons pour lesquelles le Canada est une nation si remarquable.

Cependant, la réalité, c’est que, depuis trop longtemps, nous constatons une baisse des résultats économiques des immigrants. Nous ne pouvons plus esquiver ce problème, selon moi. Nous devons le régler. Nous devons nous assurer que l’égalité des chances n’est pas seulement un beau principe, mais une réalité vécue par les nouveaux arrivants venus des quatre coins du monde.

Qu’est-ce que j’entends par baisse des résultats économiques des nouveaux arrivants? Eh bien, en ce moment, par exemple, nous constatons que le taux de chômage des immigrants au Canada est deux fois plus élevé que celui de la population globale. Le taux de chômage des immigrants qui possèdent un diplôme universitaire est quatre ou cinq fois supérieur à celui de leurs homologues canadiens. Il y a 35 ans, le revenu des immigrants équivalait en moyenne à 90 % du revenu moyen des Canadiens. Aujourd’hui, il a diminué pour atteindre à peine 60 % du revenu canadien moyen. Pour moi, c’est inacceptable.

Derrière ces statistiques se cachent trop d’histoires tragiques de personnes très scolarisées qui ont laissé une profession de haut niveau, au sommet de l’échelle socioéconomique de leur pays d’origine, et sont venues au Canada pour se retrouver coincées dans un travail de survie au bas de l’échelle et obligées de faire des pieds et des mains pour joindre les deux bouts. J’ai rencontré trop de nouveaux arrivants qui pensaient ne jamais avoir eu vraiment accès à la prospérité promise au Canada.

J’ai participé il y a quelques mois à une activité organisée par la communauté iranienne de Vancouver, où j’ai rencontré une immigrante venue d’Iran, radiologiste, dont l’époux était chirurgien pédiatrique. Elle m’a dit qu’elle était au Canada depuis trois ans et essayait par tous les moyens d’obtenir son permis d’exercer au Canada, ajoutant qu’elle n’était pas près de l’obtenir. Elle a fondu en larmes devant moi, expliquant qu’elle et son mari avaient épuisé leurs économies et qu’ils étaient d’avis qu’il était inutile de rester. Elle m’a dit : « Je déteste le gouvernement iranien à cause de son extrémisme, mais je crois que je vais devoir retourner là-bas pour travailler comme médecin et gagner de l’argent afin d’envoyer mon fils à l’Université de la Colombie-Britannique, pour qu’il puisse réaliser son rêve de devenir médecin et de découvrir le remède contre le cancer. » J’ai entendu beaucoup d’histoires tragiques de ce genre.

Il y a quelques années, j’ai rencontré une Syrienne qui était obstétricienne. Dans son pays d’origine, elle avait travaillé pendant de nombreuses années à mettre des milliers d’enfants au monde. Elle est venue au Canada, d’abord en Colombie-Britannique puis en Alberta, et depuis cinq ans, elle nettoyait des chambres d’hôtel. Je pense aussi à cet ingénieur d’origine algérienne rencontré à Montréal; il travaillait dans un dépanneur et pensait que, pour lui, la promesse d’un avenir meilleur au Canada était impossible à réaliser.

Chers amis, le Canada est un pays de possibilités, mais nous n’avons pas su donner de véritable possibilité à trop de gens. C’est pour cela, à mon avis, que nous devons poursuivre un programme de changements et transformer notre approche en matière d’immigration et d’intégration.

Cela n’a pas de sens. D’un côté, il y a le drame vécu par trop de nouveaux arrivants et de l’autre, les employeurs que j’ai rencontrés, qui pensent qu’ils vont devoir fermer leurs portes parce qu’ils n’ont pas le nombre suffisant de travailleurs qualifiés pour exécuter leurs commandes et respecter leurs contrats. Comment comprendre que nous accueillons chaque année plus de 250 000 nouveaux arrivants, dont un grand nombre – un trop grand nombre – se retrouvent au chômage ou sous-employés alors que notre économie est aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre énormes et croissantes? Cela n’a pas de sens.

C’est la raison pour laquelle j’ai entrepris de transformer nos programmes d’immigration : afin que nous puissions assortir les nouveaux arrivants aux emplois disponibles; afin que, dans la mesure du possible, les immigrants aient, avant leur arrivée, un emploi réservé qui leur permettra de travailler à leur niveau de compétence, de se réaliser pleinement et de contribuer à la productivité de l’économie canadienne; afin de mettre fin à ce gaspillage de talents et au coût énorme qu’il engendre sur le plan économique. Ainsi, des femmes comme la radiologiste iranienne et l’obstétricienne syrienne pourront travailler à leur niveau de compétence dès leur arrivée au Canada.

Voici un renseignement intéressant. Nous avons réalisé récemment une importante étude sur les immigrants arrivés ces dernières années dans le cadre du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral). Nous avons constaté que ceux qui arrivaient au pays avec une offre d’emploi en main gagnaient en moyenne 80 000 $ par an dès leur troisième année au Canada, ce qui représentait le double du salaire de ceux arrivant sans offre d’emploi. Donc, je me dis qu’il y a là quelque chose à examiner, que nous devons, dans la mesure du possible, établir un lien entre les employeurs et les nouveaux arrivants, et que le gouvernement devrait se contenter de faciliter ce processus. En effet, les employeurs savent mieux que le gouvernement quels travailleurs peuvent occuper un emploi à leur niveau de compétence. Nous poursuivons donc cet objectif. C’est le genre de système que nous voulons.

Par conséquent, mes amis, nous avons examiné soigneusement les données, étudié l’ensemble de nos programmes et analysé l’expérience de pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Nous avons constaté que l’une des causes des problèmes de notre système était sa lenteur et sa rigidité. Qu’est-ce que j’entends par lenteur? Eh bien, pendant des années, la gestion de notre système d’immigration n’avait simplement aucun sens : nous acceptions un nombre illimité de demandes alors que bien évidemment, nous ne pouvions accueillir qu’un nombre limité de personnes chaque année. Même si cette limite est élevée, qu’elle dépasse le quart de million, et qu’elle est la plus élevée de notre histoire et du monde développé, il est évident que dans la réalité, nous devons nous en tenir à un quota de personnes que nous pouvons admettre et intégrer.

Mais pendant des années, c’est comme si nous avions vendu de 300 000 à 400 000 billets d’avion par an à destination du Canada alors qu’il n’y avait que 250 000 places. Cela signifie qu’année après année, un nombre croissant de personnes achetaient leur billet et faisaient la file, faute de pouvoir monter à bord. Et cette file s’est allongée avec le temps. Il y a six ans, lorsque notre parti est arrivé au pouvoir, nous avons ouvert pour ainsi dire le classeur du ministère de l’Immigration, et les dossiers en attente n’ont cessé de défiler devant nos yeux. Il y avait 840 000 demandes en attente dans nos divers programmes d’immigration et le délai de traitement moyen était de sept à huit ans en raison de la mauvaise gestion des nouveaux dossiers.

Le Parlement a donné au gouvernement le pouvoir de limiter le nombre de nouvelles demandes afin de réduire l’arriéré et d’accélérer le traitement. Pour accroître l’efficacité du système d’immigration et augmenter le nombre de personnes qui ont un emploi réservé à leur arrivée, nous devons accélérer le système. Quel employeur voudrait offrir un emploi à un étranger si ce dernier doit attendre en file pendant huit ans? Aucun. C’est la raison pour laquelle nous devons en arriver à un système rapide et souple. Pour y parvenir, nous devons nous attaquer avec fermeté à l’important problème dont nous avons hérité, soit le nombre énorme de demandes en attente dans le système. C’est précisément ce que nous sommes en train de faire au moyen du projet de loi C-38, la Loi sur l’emploi, la croissance et la prospérité durable, en prenant la décision difficile, mais nécessaire, de retourner environ les trois quarts de nos demandes en attente.

Je trouve regrettable que ces personnes qui ont attendu patiemment leur tour pour venir au Canada puissent être obligées de présenter une nouvelle demande dans le cadre de nouveaux programmes. Mais voici la bonne nouvelle : cette stratégie de réduction de l’arriéré signifie que d’ici 2014, nous aurons un système d’immigration « juste à temps » où les demandeurs ne devront plus attendre leur tour pendant sept à huit ans. S’ils répondent aux exigences, nous pourrons traiter leur demande et les accueillir au Canada en quelques mois à peine. S’ils ont un emploi réservé, ce délai sera de deux à trois mois. Il s’agit là d’un changement radical dans notre système.

La concurrence pour obtenir les candidats les plus brillants au monde est de plus en plus féroce. Il y a trois ans, j’étais à Mumbai, en Inde, où j’ai rencontré l’un des meilleurs diplômés de l’Institut de technologie d’Hyderabad. On parle ici de la meilleure université de l’Asie du Sud et de l’une des meilleures au monde. Les diplômés les plus brillants de l’Institut de technologie d’Hyderabad avaient des notes de 99 % ou 100 % pendant toutes leurs études secondaires et affichent des résultats similaires à l’université. Ce sont les futurs Bill Gates, vous en conviendrez. Alors, je lui dis : « Ce serait formidable si tu pouvais venir au Canada. Nous avons besoin de gens créatifs et intelligents comme toi. » Il me répond : « Cela m’intéresse, Monsieur le Ministre, mais combien de temps cela prendrait-il? » Je réfléchis un instant puis lui dis : « Bien, tu présentes ta demande et nous t’informerons de la décision dans environ sept ans. » Il me répond alors : « J’ai des amis qui ont terminé leurs études en même temps que moi et qui sont partis en Nouvelle-Zélande et en Australie six mois plus tard. »

Chers collègues, nous nous sommes retrouvés avec un système où nous n’étions plus dans la course pour attirer les candidats les plus brillants au monde. S’ils veulent s’établir dans un pays développé, pourquoi attendraient-ils sept ans pour venir au Canada alors qu’ils peuvent immigrer en Australie ou en Nouvelle-Zélande en six mois tout au plus? Maintenant, nous serons enfin dans la course. Je suis convaincu que si nous offrons rapidement les possibilités promises, nous attirerons beaucoup des meilleurs et des plus brillants candidats au monde.

Nous avons déjà pris plusieurs mesures qui ont contribué énormément à améliorer l’immigration au Canada. Par exemple, nous avons instauré la nouvelle catégorie de l’expérience canadienne. Celle-ci permet aux étudiants étrangers qui ont obtenu un diplôme après deux années d’études et ont travaillé pendant un an au Canada d’obtenir rapidement la résidence permanente. Croyez-le ou non, dans le passé, nous disions à ces jeunes et brillants étudiants étrangers qui étaient titulaires d’un diplôme canadien : « Vous voulez rester ici? Très bien. Mais d’abord, quittez le pays et attendez en file pendant sept à huit ans, puis nous vous communiquerons notre décision. » Maintenant, nous leur disons : « Vous avez un diplôme qui sera reconnu par les employeurs canadiens. Vous avez perfectionné vos compétences en français ou en anglais. Vous êtes bien intégrés. Vous possédez les aptitudes sociales nécessaires pour réussir dans le marché du travail canadien. Restez au Canada. » Maintenant, nous offrons des possibilités à bon nombre de ces jeunes et brillants étudiants étrangers et aux personnes hautement qualifiées qui sont au pays en vertu d’un permis de travail depuis un an.

Nous avons également élargi le Programme des candidats des provinces, qui encourage les provinces, en collaboration avec les employeurs, à sélectionner des personnes à l’étranger afin de les faire venir rapidement au Canada. Cela représente ce que nous espérons faire de mieux avec le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral). L’élargissement du Programme des candidats des provinces a entraîné une meilleure répartition géographique des nouveaux arrivants dans l’ensemble du pays. Un des problèmes de notre ancien système était que près de 90 % des immigrants s’établissaient à Toronto, à Montréal et dans la ville de Vancouver. Les régions, dont beaucoup connaissent les plus importantes pénuries de travailleurs, ne recevaient presque pas d’immigrants, voire aucun.

À la suite des changements que nous avons mis en œuvre en élargissant le Programme des candidats des provinces, nous avons vu les taux d’immigration tripler dans les provinces des Prairies, doubler dans les provinces de l’Atlantique, et augmenter dans le centre de la Colombie-Britannique, où les pénuries de travailleurs spécialisés sont considérables. C’est une bonne nouvelle. Et en permettant davantage aux employeurs de sélectionner les immigrants dans le nouveau système d’immigration fédéral, nous sommes d’avis que ceux-ci s’établiront là où il y a des emplois. Cela ne sert à rien que les nouveaux arrivants s’établissent dans les collectivités où les gens ont déjà beaucoup de difficulté à s’intégrer ou à trouver un emploi, alors que d’autres régions souffrent de pénuries de main-d’œuvre.

Le nouveau système sera donc fondé en partie sur ce qu’on appelle un système de déclaration d’intérêt. Les habitants du monde qui souhaitent venir au Canada présenteront une demande en ligne. Ils rempliront un formulaire de base. Par la suite, ils devront y joindre les résultats d’une évaluation préalable de leurs titres de compétences, qui sera effectuée par les organes nationaux représentant les organismes de réglementation professionnelle. À quoi bon faire venir au Canada un travailleur qui veut travailler comme ingénieur s’il possède l’équivalent d’un diplôme de technicien en ingénierie d’un institut professionnel? Ne devrions-nous pas lui dire d’avance que ce diplôme ne lui permettra probablement pas de remplir les conditions requises pour travailler comme ingénieur pleinement reconnu au Canada? N’est-il pas dans son intérêt, et dans le nôtre, de le lui dire franchement? Donc, dans le nouveau système, nous exigerons des candidats qu’ils fassent évaluer au préalable leurs titres de compétences s’ils veulent venir au Canada pour exercer une profession réglementée, afin de ne pas les induire en erreur et d’éviter qu’ils viennent ici pour constater ensuite qu’ils ne peuvent pas faire reconnaître leurs titres de compétences.

En outre, nous évaluerons leurs études au préalable afin de vérifier si elles sont pertinentes pour le Canada. Croyez-le ou non, dans le passé, nous tenions compte de la quantité d’études, mais pas de leur qualité. Ce ne sont pas tous les diplômes dans le monde qui sont équivalents. Nous voulons nous assurer que les personnes qui viennent au Canada pourront faire reconnaître leur diplôme par les employeurs canadiens. Donc, une fois qu’elles auront subi cette évaluation préalable, elles seront incluses dans un bassin de demandeurs après avoir consenti à ce que nous communiquions leur nom et leur demande aux employeurs et aux provinces qui participent au Programme de candidats des provinces.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie? Eh bien, que dans le cadre de ce nouveau programme rapide et souple reposant sur les employeurs, un employeur qui est au bord du désespoir parce qu’il est sur le point de fermer ses portes en raison d’une pénurie de main-d’œuvre pourra dorénavant aller sur Internet, s’inscrire auprès de notre ministère et effectuer une recherche dans le bassin de demandeurs préqualifiés afin de trouver les personnes ayant manifesté de l’intérêt pour venir au Canada qui correspondent exactement au profil de compétences dont il a besoin. Il pourra ensuite entrer en contact avec ces personnes, faire preuve de la diligence requise, leur faire passer une entrevue au moyen de Skype, recourir à une agence de recrutement à l’étranger, et bref remplir toutes les formalités nécessaires. Et s’il est convaincu qu’elles possèdent les compétences requises, il pourra leur offrir un poste. De notre côté, nous vérifierons la demande du candidat et le ferons venir dans un délai de deux à trois mois.

Pensez à l’ancien système. Les immigrants faisaient la file pendant huit ans et s’établissaient le plus souvent dans l’une de nos trois plus grandes villes. Nous les abandonnions à leur sort dans le marché du travail et beaucoup avaient du mal à s’en sortir. Dans le nouveau système, vous exprimez votre intérêt en ligne. Un employeur qui cherche désespérément des travailleurs qu’il ne trouve pas au Canada entre en contact avec vous. Vous arrivez au Canada, à l’aéroport de Vancouver, où vous êtes admis comme résident permanent. Vous avez confiance, car vous savez que vous allez travailler à votre niveau de compétence, réaliser votre plein potentiel, gagner un bon revenu et contribuer de manière productive à l’économie canadienne. Ce n’est pas une utopie. C’est ce que fait la Nouvelle-Zélande, et c’est ce que fait l’Australie. Nous pouvons procéder de la même façon au Canada.

Aujourd’hui, il y a des personnes qui arrivent à l’aéroport de Vancouver et se sentent dépassées, même si nous leur offrons maintenant des conseils avant l’arrivée. Pour 85 % des immigrants économiques sélectionnés, nous offrons, à l’étranger, des séminaires gratuits et des conseils personnalisés sur la façon d’obtenir un emploi et d’entamer le processus de reconnaissance des titres de compétences, et sur les rudiments de l’intégration. Même si nous collaborons avec les organisations professionnelles afin d’accélérer et de simplifier le processus de reconnaissance des titres de compétences, même si nous avons triplé les fonds pour les services d’intégration, les cours de langue gratuits et l’apprentissage des méthodes de recherche d’emploi, même si le soutien accordé à l’intégration n’a jamais été aussi important, même si d’excellentes organisations comme l’Immigration Employment Council et les municipalités en font davantage pour aider les nouveaux arrivants, c’est toujours, comme vous le savez, une expérience impressionnante pour les personnes qui arrivent, voient ce monde nouveau et prennent la mesure des énormes défis qui les attendent.

C’est la raison pour laquelle nous devons faire en sorte que dans la mesure du possible, la personne qui quitte l’avion sache où elle ira vivre et travailler, pour qu’elle parte véritablement du bon pied au Canada. C’est le même raisonnement que celui utilisé pour l’élargissement de la catégorie de l’expérience canadienne. J’espère que cette catégorie, qui incite les jeunes et brillants étudiants étrangers à rester ici, sera le principal programme d’immigration au Canada. Ces jeunes sont déjà bien intégrés dans la société, possèdent de solides compétences linguistiques et sont titulaires de diplômes reconnus par les employeurs canadiens. Les données et les recherches dont nous disposons indiquent qu’ils ont tout pour réussir. Cela vous donne donc un aperçu de certains des changements que nous mettons en œuvre actuellement.

Nous allons apporter un autre changement important en instaurant un nouveau volet des métiers spécialisés pour la catégorie fédérale de l’immigration économique. Dans le passé, si vous n’aviez pas de diplôme universitaire ou ne maîtrisiez pas la langue, vous n’aviez pratiquement aucune chance d’entrer au Canada en tant qu’immigrant économique. Pourtant, les employeurs recherchent probablement des gens de métiers spécialisés, et pour exercer un métier spécialisé, une personne n’a pas besoin d’un diplôme universitaire ou d’une maîtrise de l’anglais. Vous devez toutefois posséder certaines compétences linguistiques. Vous devez avoir un niveau de formation et d’expérience adéquat. Ce sont là les facteurs que nous évaluerons dans le cadre de notre nouveau volet des métiers spécialisés afin de remplacer la génération de soudeurs, de chaudronniers et de conducteurs d’équipement lourd qui prennent leur retraite et dont les compétences sont cruciales au moment où notre secteur des ressources naturelles est en plein essor. Ces gens de métiers, eux aussi, seront inclus dans le bassin des demandeurs ayant manifesté leur intérêt que les employeurs pourront utiliser.

Nous parlons donc d’un système plus intelligent et plus souple. Il est vrai que, dans ce nouveau système, nous exigerons un niveau supérieur de compétence en français ou en anglais de la part de ceux qui souhaitent exercer une profession réglementée. Car il faut bien l’admettre, si vous ne parlez pas couramment l’anglais, même si vous obtenez votre permis d’exercer la médecine au Canada, vous ne pourrez pas réussir. Donc, bon nombre de professions réglementées exigent un niveau élevé de maîtrise de la langue. Mais il n’est pas nécessaire de parler couramment l’anglais pour travailler comme soudeur; un certain niveau de compétence est suffisant. Par conséquent, notre système effectuera une évaluation plus intelligente des compétences linguistiques.

Mes amis, ce sont là des changements radicaux que nous apportons au système tout en renforçant son intégrité. Le Canada a eu trop longtemps, partout dans le monde – en particulier parmi les intermédiaires en immigration sans scrupules – la réputation d’être une cible facile pour le resquillage et la fraude en matière d’immigration. Cela a créé la perception que notre système n’était pas équitable. Nous essayons maintenant de renforcer l’intégrité du système d’immigration afin de convaincre les gens, au Canada comme à l’étranger, qu’il est fondé sur l’application uniforme de règles équitables.

C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place de nouvelles mesures pour combattre le problème des mariages frauduleux liés à l’immigration et sévir contre les consultants en immigration sans scrupules – dits consultants fantômes ici, au Canada – au moyen d’un nouvel organisme de réglementation, de nouvelles dispositions législatives et de véritables sanctions contre ceux qui exploitent les immigrants ou les visiteurs vulnérables. C’est pour cela que nous présentons un nouveau système d’octroi de l’asile plus rapide, mais aussi plus équitable, afin de nous attaquer au grand nombre de faux demandeurs d’asile qui cherchent à resquiller et à abuser de la générosité du Canada. Toutes ces mesures visent à répandre le message suivant : « Si vous souhaitez venir au Canada, nous vous remercions de votre intérêt. Si vous répondez aux exigences, nous serons heureux de vous accueillir. Essayez dans la mesure du possible d’obtenir un emploi. Mais venez légalement au Canada. » C’est là le message que nous envoyons de plus en plus et qui est, à mon avis, celui qui convient à notre pays.

Mes amis, je vous remercie. J’aimerais ajouter pour terminer que les organisations comme la Chambre de commerce de Surrey ont un rôle important à jouer. Nous voulons nous assurer que notre nouveau système d’immigration convient aux petites et moyennes entreprises. Il sera relativement facile à utiliser pour les grandes entreprises et les gros employeurs, car ils ont leur propre service de ressources humaines, ils comptent des avocats en droit de l’immigration dans leur effectif et ils peuvent découvrir comment utiliser le système à leur avantage. Je me préoccupe surtout des petits et moyens entrepreneurs qui connaissent de graves pénuries de travailleurs qualifiés. Je veux m’assurer qu’ils pourront utiliser assez facilement ce système s’ils pensent qu’ils doivent se tourner vers l’étranger pour recruter des travailleurs qualifiés. C’est pour cela que nous nous ferons un plaisir de collaborer avec la Chambre de commerce du Canada, les chambres de commerce locales, les organisations d’aide à l’établissement et les groupes comme l’Immigrant Employment Council, afin de faire fonctionner ce nouveau système, de renouveler l’identité du Canada en tant que pays de possibilités pour les habitants des quatre coins du monde et de poursuivre notre croissance.

Je dirai en guise de conclusion que nous devrions être très heureux de vivre dans ce pays, le meilleur au monde. Un pays qui offre la liberté d’expression à mes amis à l’extérieur, un pays qui est un symbole d’espoir pour tant de gens partout dans le monde. Ouvrez les journaux. Voyez ce qui se passe en Europe, où des gouvernements sont au bord de la faillite, ou aux États-Unis, qui affichent un déficit de 1,4 billion de dollars. Même les économies asiatiques émergentes subissent un ralentissement. Mais le Canada connaît la plus forte croissance économique des pays du G-7 et a créé près de 760 000 emplois nets au cours des deux dernières années. De toutes les grandes économies développées, nous avons la situation financière la plus solide, et le déficit et la dette les plus faibles en proportion de notre économie. Selon la revue Forbes, le Canada est le meilleur pays au monde où lancer une entreprise. Pour la Banque mondiale, c’est le meilleur endroit où investir.

C’est fantastique. Notre économie a pris un élan extraordinaire. Nous voulons poursuivre sur notre lancée. Nous croyons que les nouveaux arrivants peuvent nous aider à soutenir cet élan, et qu’en apportant les changements logiques qui auraient dû être mis en œuvre depuis longtemps dans notre système d’immigration, nous nous assurerons que le Canada demeure un pays de possibilités pour bien des années à venir. Merci.

Je suis prêt à répondre à vos questions.

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