Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Lors d'une conférence de presse concernant les nouveaux critères de sélection dans le cadre du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral)

Ottawa (Ontario)
Le 19 décembre 2012

Tel que prononcé

Je vous remercie, Daniel. Bienvenue à ce qui semble être une séance d’information quotidienne durant le processus visant à apporter des changements importants au système d’immigration du Canada. Je vous remercie de votre intérêt.

Comme vous le savez déjà, les réformes que nous mettons en place sont conçues pour améliorer considérablement les résultats économiques des nouveaux arrivants et de contribuer à la productivité du Canada au moment où notre main-d’œuvre diminue et notre population vieillit. Nous avons besoin du talent et de l’énergie de nouveaux arrivants du monde entier – les plus compétents et les plus talentueux – pour nous aider à bâtir une économie solide et prospère. C’est pour cela que depuis un an, soit depuis le discours du premier ministre au Forum économique mondial, nous mettons en œuvre des éléments de réformes importantes touchant les critères de sélection des immigrants de la catégorie économique au Canada. La réforme vise une sélection plus ciblée des immigrants qui sont en mesure de trouver un emploi correspondant à leur niveau de compétences à leur arrivée au Canada afin qu’ils puissent réaliser leur plein potentiel et contribuer pleinement à la productivité et à la prospérité du pays.

Depuis trop longtemps, trop de nouveaux arrivants au Canada doivent composer avec le sous-emploi et le chômage et ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Plus de 70 p. cent des immigrants économiques au Canada finissent par travailler dans des domaines autres que ceux pour lesquels ils ont été formés. De plus, le taux de chômage parmi les nouveaux arrivants est deux fois plus élevé que le taux de chômage dans la population générale et pour les nouveaux arrivants avec les diplômes universitaires, le taux de chômage est quatre à cinq fois plus élevé que la population générale avec des diplômes, ce qui est inacceptable. Depuis quatre décennies, on a vu une diminution des revenus moyens pour les nouveaux arrivants par rapport à la population générale.

Il s’agit là d’un paradoxe inacceptable dans un contexte où de nombreuses régions et industries au sein de notre économie connaissent un problème croissant de pénurie de main-d’œuvre. Par conséquent, les réformes en matière d’immigration économique favorables à la croissance sont conçues de façon à mieux jumeler les nouveaux arrivants sélectionnés aux emplois disponibles aujourd’hui et demain. Le concept est simple : choisir des personnes qui pourront réellement trouver un emploi qui correspond à leurs compétences dans la profession pour laquelle ils ont été formés. Ils pourront ainsi réaliser leur potentiel dès leur arrivée ou peu de temps après, ce qui leur permettra de nous aider à faire face aux pénuries de compétences et de main-d’œuvre que nous connaissons à l’heure actuelle et qui surviendront à l’avenir. Autrement dit, plutôt qu’autoriser des ingénieurs à venir au Canada pour conduire des taxis ou des médecins pour travailler dans des dépanneurs, nous voulons que les ingénieurs que nous choisissons puissent réellement travailler à titre d’ingénieurs, et les médecins à titre de médecins. Au lieu d’autoriser l’arrivée au Canada de 250 000 nouveaux arrivants du monde entier chaque année alors que de nombreux d’entre eux sont touchés par le chômage ou le sous-emploi et que les entreprises connaissent une pénurie de main-d’œuvre, nous voulons mieux contrer ces pénuries par l’entremise des nouveaux arrivants venant s’installer au Canada.

Voilà pourquoi je suis heureux d’annoncer aujourd’hui la mise en œuvre d’un projet qui prend forme après environ trois ans de travail. Ce projet concerne une réforme fondamentale du programme phare d’immigration, le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral). Il s’agit d’un système de pointage considéré par la plupart des pays développés comme un modèle pour la sélection d’immigrants économiques. Il y a quelques années, nous avons effectué une importante étude de base des résultats du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) qui a produit des résultats substantiels. En fait, depuis l’entrée en vigueur de la grille de points actuelle en 2002 comportant une meilleure évaluation des compétences linguistiques en anglais ou en en français, nous avons constaté une amélioration des résultats. Mais les résultats sont encore inférieurs à ceux des autres Canadiens. Nous pouvons donc améliorer les choses.

Aujourd’hui, j’annonce des changements à la grille de sélection du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) fondés sur la recherche que nous avons effectuée. Il s’agit d’une politique axée sur les faits. Nous nous appuyons sur des données, et les changements reposent sur la recherche menée non seulement par le ministère de Citoyenneté et Immigration Canada, mais aussi par des universitaires, des groupes de réflexion et d’autres qui nous ont dit que les nouveaux arrivants ayant une meilleure connaissance de l’anglais ou du français connaissent plus de succès au Canada. Ils gagnent mieux leur vie et obtiennent de meilleurs emplois sur une période plus longue.

Par ailleurs, les données indiquent que les jeunes immigrants ont tendance à mieux réussir. Ils sont plus souples et ont une meilleure capacité d’adaptation. À vrai dire, ils sont en mesure de contribuer, sur une période plus longue, à l’économie du pays. Pour notre part, nous avons appris que les personnes ayant un emploi réservé à leur arrivée au Canada ou une expérience de travail au Canada réussissent mieux que ceux qui n’en ont pas. En réalité, ceux qui arrivent au Canada avec un emploi réservé ont un revenu deux fois supérieur à celui des arrivants sans emploi réservé. Nous avons également appris qu’il est, bien entendu, extrêmement important dans la mesure du possible, de choisir des immigrants qui ont peu ou pas de difficulté à obtenir leur permis d’exercer les professions réglementées, ou ceux dont les études sont reconnues comme étant conformes ou presque aux normes du Canada.

Alors, je suis ici pour vous annoncer qu’en mai, lorsque CIC recommencera àrecevoir des demandes, le Ministère exigera que les candidats fassent évaluer leurs titres de compétence étrangers par un tiers désigné et qualifié afin de déterminer dans quelle mesure ils se comparent à leurs équivalents canadiens. Dans le cadre du nouveau système de sélection, les demandeurs recevront des points en fonction du degré d’équivalence de leurs titres de compétences étrangers aux titres de compétences décernés au Canada. Je tiens à souligner ici que les nouvelles évaluations des diplômes et des titres ne remplaceront pas les évaluations plus approfondies que les organismes de réglementation provinciaux utilisent pour accorder des permis aux professionnels provenant d’autres pays. Elles contribueront toutefois à écarter les demandeurs qui n’ont pas les titres de qualification nécessaires pour accéder au marché du travail.

Au début de 2013, je désignerai des organisations tierces qui seront autorisées à effectuer ces évaluations obligatoires pour tous les immigrants potentiels présentant une demande dans le cadre du Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral. Les changements que j’ai annoncés aujourd’hui visent tous à permettre au Canada de sélectionner les candidats les meilleurs et les plus brillants sur le concurrentiel marché mondial des travailleurs qualifiés. CIC est déterminé à mettre en place un système d’immigration et de citoyenneté du Canada plus efficace, plus souple et mieux adapté aux besoins du marché du travail.

Enfin, je dois dire qu’avec nos efforts à réduire l’arriéré dans tous nos programmes d’immigration, particulièrement celui-ci, on a vu une diminution radicale en 2008. L’arriéré dans ce programme était 640 000 cas, dont ça nous a pris sept ans à traiter des nouvelles demandes, ce qui n’était pas acceptable. Maintenant, avec nos efforts à réduire l’arriéré, c’est environ 100 000 demandes dans l’arriéré, et prochainement, par la fin de 2013, nous aurons un système juste à temps. Ça veut dire que les nouvelles demandes seront traitées dans un délai d’un an ou moins. Ça serait un très grand avantage dans la concurrence pour les gens les plus talentueux contre les autres pays comme l’Australie par exemple. Donc on est très optimistes de ces réformes, et je suis ouvert à vos questions.

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