Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Lors d’une conférence de presse visant une annonce importante concernant la réinstallation des réfugiés

Rotary Centre for New Canadians
Edmonton (Alberta)

Le 3 juillet, 2013

Tel que prononcé

Bonjour. Je m’appelle Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme. J’aimerais avant tout remercier le Rotary Centre for New Canadians et l’organisme Catholic Social Services d’Edmonton de nous accueillir ici aujourd’hui.  

Je sors à peine d’une rencontre exceptionnelle avec des réfugiés iraquiens que nous avons accueillis au Canada au cours des dernières années. Depuis que je suis devenu ministre de l’Immigration, en 2008, le Canada a accueilli près de 16 000 réfugiés iraquiens comme ces gens formidables qui sont ici présents. Nous vous remercions de votre présence et de tout ce que vous faites pour vous intégrer avec succès à la société canadienne. J’aimerais également remercier tous les répondants du secteur privé et les groupes communautaires, comme l’organisme Catholic Social Services, qui permettent à des gens comme eux de venir s’établir au Canada et de vivre dans cette nouvelle terre d’accueil leur offrant sécurité et liberté. Des gens qui ont été victimes de violence et de nettoyage ethnique, particulièrement de persécution religieuse. Nous leur souhaitons la bienvenue au Canada, comme j’ai eu la chance de le faire officiellement aujourd’hui et d’entendre certains récits racontant les difficultés que vivent ces nouveaux Canadiens, mais également leurs réussites.

Ils témoignent de la longue tradition du Canada en matière d’accueil de réfugiés et de protection des victimes de persécution des quatre coins du monde. Le Canada a été fondé en partie par des réfugiés, comme les loyalistes de l’Empire-Uni, qui ont fui la persécution durant la guerre d’Indépendance américaine; les esclaves en fuite des États-Unis, qui sont arrivés au Canada au 19e siècle, pays représentant pour eux l’ultime liberté; les victimes juives de pogroms en Europe de l’Est au début du 20e siècle; et le million et plus de réfugiés que le Canada a accueillis depuis la Seconde Guerre mondiale, dont bon nombre ont été victimes de régimes communistes et totalitaires oppressifs.

Cette tradition de protection des réfugiés représente ce qu’il y a de mieux à propos du Canada. En effet, le Canada accueille dix pour cent de tous les réfugiés réinstallés. Chaque année, nous accueillons environ 13 000 réfugiés réinstallés au Canada, en plus, évidemment, des milliers de personnes qui obtiennent l’asile par l’intermédiaire de notre système juridique équitable. Le Canada est sans contredit le pays comptant le plus grand nombre de réfugiés par habitant. Nous nous classons au premier ou au second rang en matière de réinstallation et de protection des réfugiés, et c’est pourquoi j’ai le plaisir d’annoncer une fois de plus aujourd’hui que nous avons admis quelque 16 000 réfugiés iraquiens qui ont fui un conflit sectaire au cours des dernières années. Nous sommes par ailleurs en bonne voie de respecter notre engagement à accueillir quelque 20 000 réfugiés iraquiens d’ici 2015 dans le cadre de l’un des programmes de protection des réfugiés iraquiens en importance au monde par rapport au nombre d’habitants.

Nous avons eu de la difficulté à atteindre nos cibles relatives aux Iraquiens au cours des deux dernières années, précisément en raison de la guerre en Syrie qui nous a contraints à fermer l’ambassade du Canada et le bureau d’immigration à Damas au début de 2012. Mais nous sommes néanmoins en voie d’atteindre notre cible. Toutefois, nous savons que cette guerre même qui nous a forcés à fermer notre ambassade crée de nouveaux réfugiés. En fait, comme l’a déclaré António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, il s’agit de l’une des plus importantes crises de réfugiés des temps modernes, puisque des millions de Syriens ont fui le conflit pour aller se réfugier dans les pays voisins – soit en Turquie, en Jordanie et au Liban – et, bien entendu, des millions d’autres sont déplacés à l’intérieur de la Syrie.

Comme bien d’autres gouvernements, le nôtre est profondément préoccupé par cette crise et nous continuerons de faire tout en notre pouvoir pour aider les Syriens durement touchés par ce conflit. Le Canada s’est déjà engagé à réinstaller jusqu’à 5 000 réfugiés se trouvant actuellement en Turquie d’ici 2018, principalement des Iraquiens et des Iraniens. Il n’y a pas que le problème syrien qui sévit dans cette région; de nombreuses crises de réfugiés s’y déroulent aussi simultanément. Mais cet engagement permettra d’alléger le fardeau imposé à la Turquie, libérant des ressources pour gérer l’afflux actuel de Syriens cherchant à trouver refuge dans ce pays.

Le mois dernier, alors qu’il se trouvait en Irlande du Nord dans le cadre du Sommet du G8, le premier ministre Harper a annoncé un nouveau soutien canadien de 115 millions de dollars qui permettra de faire face aux difficultés humanitaires et en matière de développement en Syrie et dans les pays voisins, lesquels accueillent des centaines de milliers de réfugiés. Lors de sa récente visite en Jordanie, mon collègue John Baird, ministre des Affaires étrangères, a annoncé qu’il aidera ce pays à faire face à l’énorme fardeau qui lui est infligé en conséquence de la crise syrienne, en lui accordant un financement fiable de 100 millions de dollars pour les trois prochaines années. Cette somme permettra notamment de renforcer la sécurité dans les camps de réfugiés qui se répandent en Jordanie.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a affirmé maintes fois que seule une solution politique peut mettre fin à la violence et à la crise humanitaire en Syrie. Le Canada continue de collaborer avec la communauté internationale à cette fin. Bien sûr, le HCR ne demande pas aux pays partenaires d’entreprendre une réinstallation à grande échelle des Syriens déplacés. Nous ne pouvons pas résoudre une crise de réfugiés impliquant des millions de personnes simplement en transportant ces dernières par avion dans quelques pays développés. Cela est totalement irréaliste et, de fait, ne constitue pas une solution à long terme.

Cela dit, nous sommes prêts à répondre immédiatement à l’appel du HCR qui demande de réinstaller un nombre limité de réfugiés syriens désignés comme ayant le plus besoin de protection d’urgence. Le Canada a initialement pris l’engagement de réinstaller jusqu’à 1 300 réfugiés syriens au Liban et en Jordanie sur deux années. En réponse à l’appel du HCR demandant au Canada de réinstaller un nombre limité de personnes extrêmement vulnérables dont le cas est urgent, le pays réinstallera 200 réfugiés syriens en situation d’extrême vulnérabilité, dans le cadre du Programme des réfugiés pris en charge par le gouvernement en 2013 et en 2014.

De plus, le Canada a collaboré avec les signataires d’entente de parrainage et s’est engagé à accepter un nombre maximal de 1 100 réfugiés syriens en 2014, dans le cadre du Programme de parrainage privé de réfugiés. Au cours de la dernière année, j’ai rencontré des centaines de Canadiens d’origine syrienne qui m’ont fait part de leur anxiété et de leur désir d’aider ceux et celles qui sont exposés à un danger et qui ont dû fuir leur pays. Ces 1 100 places que nous réservons dépasseront le plafond mondial que nous avons établi quant au nombre de places dont nous avions besoin pour les signataires d’entente de parrainage afin de réduire l’arriéré dans ce programme.

L’annonce d’aujourd’hui permet au Canada de respecter son engagement à l’égard de l’ONU et de contribuer de façon importante aux efforts mondiaux coordonnés visant à aider les réfugiés syriens. Notre priorité, de même que celle de nos alliés, consiste évidemment toujours à trouver une solution politique à long terme à la crise qui sévit là‑bas. Notre pays déploie des efforts importants afin de veiller à ce que les réfugiés syriens les plus vulnérables obtiennent la protection et l’aide dont ils ont besoin en les réinstallant de façon permanente ici.

De plus, mon ministère fournira 2,3 millions de dollars sur deux ans pour renforcer la capacité de l’ONU en matière de réinstallation à l’échelle planétaire, par l’intermédiaire d’un partenariat avec le HCR et la Commission internationale catholique pour les migrations. Ce financement comprend près de 1 million de dollars pour appuyer le déploiement d’au plus cinq spécialistes de la réinstallation afin de participer directement à la réinstallation de Syriens déplacés en Turquie, en Jordanie, en Égypte et au Liban. Nous accélérons également le traitement des demandes présentées au titre de la catégorie du regroupement familial pour les Canadiens ayant de la famille en Syrie – nous allons le plus rapidement possible, compte tenu des circonstances. Presque toutes les demandes présentées au titre de la catégorie du regroupement familial qui se trouvaient dans notre système ont déjà été réglées.

Les Canadiens sont fiers de notre grande et longue tradition en matière de protection des victimes de persécution et d’autres actes de violence du genre, et les mesures que j’annonce aujourd’hui constituent d’excellents exemples de ce que nous continuerons à faire à cet égard.

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