Notes d’allocution de Chris Alexander, ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration

À une présentation sur les politiques d’immigration du Canada : Aperçu de l’immigration et de la future politique

Hôtel Pan Pacific
Vancouver (Colombie-Britannique)
26 septembre 2013

Tel que prononcé

Mesdames et messieurs, bonsoir, good evening. Merci de cette aimable présentation. Je vous remercie de m’avoir invité. Merci à la Banque Nationale, l’hôte de l’événement, et merci à vous tous de votre présence, que vous travailliez dans le domaine de l’immigration, que vous participiez à la vie économique de cette merveilleuse province et du pays ou que vous représentiez les médias qui ont un rôle très important à jouer pour transmettre le message aux différents publics à la grandeur du Canada et dans le monde entier sur les programmes qui nous tiennent à cœur, en tant que Canadiens, et sur les plans que nous avons élaborés pour poursuivre la réforme et les améliorer davantage.

C’est fantastique d’être de retour à Vancouver. Je suis venu ici peu de temps après être entré en fonctions comme ministre, après ma nomination à la mi-juillet. C’est agréable d’être de retour peu de temps après dans ce nouveau rôle. Je suis particulièrement ravi d’être associé à ce que vous voyez derrière moi, à ce paysage et à cette vue par une soirée aussi splendide, alors qu’on dirait que nous sommes encore en plein été, mais nous savons que nous sommes aux portes de l’automne. En effet, si le Canada a un attrait, c’est la qualité de nos villes, la qualité de notre paysage, sa vaste superficie, des qualités qui, à mon avis, sont visibles de Vancouver peut-être plus que de n’importe où ailleurs au Canada. C’est donc pour moi un véritable privilège d’être dans cet édifice, avec toute son histoire et avec ce paysage en toile de fond.

Avant de faire mon entrée, j’ai mentionné à quelques-uns d’entre vous que la dernière fois que je suis venu dans cet hôtel, je crois que c’était en 1993, soit il y a vingt ans bien comptés, comme jeune diplomate canadien à l’occasion d’un sommet historique qui s’y tenait. Le premier ministre Brian Mulroney était l’hôte à l’époque, mais le sommet mettait en présence Boris Yeltsin et Bill Clinton. Comme le temps passe.

Nul besoin de rappeler à des Vancouvérois comme vous que l’immigration est l’un des enjeux les plus importants en matière de politique officielle canadienne. Il ne s’agit pas simplement d’amener ici des gens venus d’ailleurs ou d’améliorer l’efficacité et de réformer le programme afin de le faire rapidement. C’est notre avenir économique qui est en jeu. Il s’agit de bâtir un pays, parce que pour assurer l’avenir du Canada, nous devons prendre les bonnes décisions concernant la répartition des secteurs économiques, les politiques économiques et les compétences de notre main-d’œuvre, et l’immigration a un rôle énorme à jouer à cet égard.

Je vous remercie donc de m’offrir l’occasion de discuter de ces enjeux avec un public très bien renseigné.

Je ne suis ministre que depuis deux mois et demi ce qui me permet d’examiner la question avec un regard neuf, mais aussi avec le regard d’un homme qui a toujours été passionné par notre diversité, par la puissance de nos programmes d’immigration, dès mon enfance, puisque je suis né et j’ai grandi à Toronto, une ville au moins aussi diversifiée que Vancouver peut l’être. Ce fut pour moi un honneur d’assumer cette charge au cours des derniers mois à la demande de notre premier ministre, et de le faire dans une période de changement aussi radical, parce que pendant quelques décennies, nous avons peu modifié nos programmes d’immigration ou nous étions en mode réactionnel. Nous avons tourné autour du pot, mais nous ne nous sommes pas attaqués de front aux problèmes que nous pouvions voir s’accumuler.

Si nous poursuivons cette réforme, je crois que nous tous, au sein du gouvernement du Canada, et nous tous en tant que Canadiens, avons confiance qu’elle peut engendrer des avantages énormes pour le Canada et pour toutes les régions du Canada.

Je ne sais pas combien de gens se souviennent de Jack Parr, un grand humoriste et animateur de variété américain, qui était au sommet de sa gloire il y a déjà quelques dizaines d’années, dans les premières années de la télévision, mais il a dit quelque chose de très révélateur et éloquent sur ce portefeuille. Il a dit : « L’immigration est la plus sincère des flatteries ». Le fait que des gens veulent venir au Canada, c’est comme s’ils nous faisaient à tous un compliment, et s’il y a une part de vérité dans cette très vieille blague, alors les Canadiens devraient effectivement se sentir très flattés.

En 2010, Ipsos a demandé à des Canadiens et à des citoyens de 24 des principales économies mondiales s’ils étaient en accord avec l’énoncé suivant. La question était : « Si j’avais le choix de vivre au Canada ou de rester dans mon pays, je déménagerais au Canada » - êtes-vous en accord ou non avec cette affirmation? La question a été posée à des citoyens de 24 pays différents. La majorité des répondants, bien au-delà de 50 p. 100 des répondants, ont dit qu’ils préféreraient déménager au Canada que de rester dans le pays où ils vivaient au moment du sondage.

Si vous extrapolez les résultats du sondage, cela représente au moins deux milliards d’habitants de pays industrialisés, d’économies développées, qui aimeraient immigrer au Canada. Je vous mets tous au défi de trouver des résultats de sondage aussi favorables, aussi flatteurs à l’égard d’un autre pays.

Ce résultat valide la fierté que nous éprouvons comme Canadiens de vivre dans un pays dont tant de gens espèrent faire leur patrie. Il n’est pas étonnant que nos libertés, notre dévotion à la primauté du droit, le succès de nos efforts pour créer une société paisible et diversifiée, de même que les débouchés économiques disponibles en Colombie-Britannique et à la grandeur du Canada sont ce qui attire beaucoup de gens des quatre coins de la planète.

Dans les faits, notre histoire récente n’a que contribué à cette réputation mondiale. Je suis rentré au Canada en 2009. J’avais passé jusque là 18 ans comme membre du Service extérieur du Canada en tant que diplomate canadien représentant notre pays à l’étranger, et je venais de terminer un mandat de six ans en Afghanistan comme ambassadeur, puis au sein de la mission à l’ONU. Toutefois, en 2009, comme tant d’autres pays industrialisés, tant d’économies développées dans toutes les régions du monde, le Canada ressentait les effets d’un ralentissement économique global sans précédent dans les annales mondiales.

Nos principaux partenaires commerciaux étaient en crise. Nous nous souvenons tous de la chute libre que les marchés financiers américains ont subie il y a à peine cinq ans. Notre marché du travail a été durement touché à cause de l’affaiblissement de nos marchés d’exportation. L’incertitude mondiale était plus marquée. Nous étions littéralement au bord d’un précipice, comme le monde n’en avait pas vu depuis la Grande Dépression. À l’époque, les mauvaises décisions stratégiques auraient pu nous faire basculer dans ce précipice.

Ce qui s’est produit depuis au Canada - je n’exagère pas en disant que c’est directement attribuable en grande partie au leadership de notre premier ministre - retient certainement l’attention dans le monde entier. La façon dont le Canada a émergé de ce ralentissement économique, le rôle de leadership que nous avons joué au sein du G7, du G20, de l’OTAN, au sujet de la Libye et ailleurs, les appels répétés que nous avons faits pour des mesures de relance opportunes, ciblées et temporaires, le bon financement pour les bons projets - dans notre cas, pour l’infrastructure - au bon moment suivis d’un effort concerté afin de réduire le ratio de la dette au PIB et de revenir à l’équilibre financier, toutes ces mesures ont gagné l’admiration et suscité l’émulation.

Je crois que nous en avons encore eu un exemple il n’y a pas plus de deux semaines à Saint-Pétersbourg, où le Canada était de nouveau à l’avant-plan de l’établissement des objectifs que toutes ces économies et tous ces gouvernements essaieront de réaliser dans les années à venir, alors que nous pouvons continuer à dire avec fierté au sein du G7 que nous avons de loin le plus faible niveau d’endettement par rapport au PIB et les plans les plus ambitieux pour réduire encore davantage ce niveau d’ici 2021.

Tout cela a suscité une grande admiration à notre égard. Cela fait de nous un chef de file en matière économique et un modèle à suivre. Les gens voient le Canada sous un jour nouveau, avec un regard nouveau, et cela dépasse notre réputation traditionnelle de gardien de la paix poli. Nous ne voulons pas renoncer à cette réputation, mais nous voulons la dépasser - être un exemple pluraliste et prospère pour le monde entier.

Vu les louanges que le Canada reçoit, il est essentiel que notre système d’immigration soit rapide, équitable et souple. Il doit prendre en compte nos intérêts économiques nationaux afin d’être un moteur de notre succès futur. Par ailleurs, il va presque sans dire que notre gouvernement a à cœur la création d’emplois, la croissance et la prospérité à long terme, pour des générations à venir, et il se consacre intensément à cette tâche.

L’immigration s’intègre-t-elle tout naturellement dans le plan économique du gouvernement.

Le système d’immigration joue un rôle vital dans la santé à long terme de notre économie et dans notre compétitivité à l’échelle internationale. N’oublions pas à quel point la concurrence est féroce. Nos entreprises le savent, nos banques le savent. Dans nos programmes nationaux, nous devons être parfaitement conscients de la concurrence qui existe pour attirer les personnes les plus brillantes, qui possèdent les compétences les plus pertinentes et qui, dans la plupart de ces professions - les professions qui comptent le plus dans l’économie d’aujourd’hui - ne sont pas disponibles en nombres infinis.

Ceux d’entre vous qui sont des immigrants ou dont les parents ont immigré au Canada, ceux qui emploient des immigrants ou qui sont employés par eux, ceux qui – comme moi – sont mariés à un immigrant ou une immigrante, savent d’expérience que cela est vrai.

Même dans une période d’incertitude économique globale, le Canada a encore besoin d’un système d’immigration robuste pour garantir que notre main-d’œuvre reste forte et pour satisfaire aux besoins changeants du marché de travail, des besoins de plus en plus grands dans la plupart des cas, comme dans les autres pays aux prises avec des populations vieillissantes. Nous sommes fiers du fait que notre population vieillit. C’est un signe de succès. C’est un signe des progrès obtenus dans notre mode de vie, dans notre niveau de vie et dans notre réseau de soins de santé.

Dans un avenir relativement proche, le Canada, comme d’autres pays confrontés au vieillissement de la population et à un faible taux de natalité, manquera de sang neuf pour maintenir la croissance de sa population active.

Alors que les membres de la génération du baby-boom commencent à prendre leur retraite - et nous leur souhaitons tout le bien possible pour leur retraite, nous espérons qu’ils ont de bonnes rentes avec la Banque Nationale et d’autres institutions financières - notre économie compte de plus en plus sur l’immigration pour assurer la croissance de sa population active.

Comme vous le savez tous, le Canada a accueilli plus de 250 000 immigrants par an en moyenne depuis 2006, depuis que notre gouvernement est arrivé au pouvoir. Il s’agit du niveau d’immigration durable le plus élevé de toute l’histoire du Canada. Pour que l’immigration alimente notre avenir économique et en soit le moteur, nous devons accueillir des immigrants qui ont la volonté et la capacité de s’adapter au marché du travail canadien et qui sont prêts à occuper des emplois dans les secteurs où il y a une pénurie de main-d’œuvre. Nous devons choisir les immigrants qualifiés dont le Canada a besoin et qui ont les meilleures chances de réussir une fois qu’ils sont établis au pays.

Je viens de rencontrer la ministre de l’Emploi de la Colombie-Britannique, Shirley Bond, qui assume une énorme responsabilité à l’égard de l’immigration et de l’emploi et qui s’occupe d’autres dossiers en plus de ces deux très grands défis. Elle a parlé de la révolution liée au gaz naturel, imminente dans plusieurs régions de la province. Elle a parlé de l’essor de la construction qui se poursuit ici dans la vallée du bas Fraser et qui se fera bientôt sentir dans plusieurs régions de l’intérieur de la Colombie-Britannique où la construction de camps, de projets, d’installations de production de gaz et d’électricité et de l’infrastructure connexe est à la veille de commencer à une très grande échelle.

Ces pénuries de personnel sont littéralement sur le pas de notre porte en Colombie‑Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et à l’échelle du pays.

J’ai visité le Sud du Manitoba il y a deux ou trois semaines. Pas de pétrole, pas de gaz, simplement de très bonnes terres agricoles. Dans ces petites municipalités de 10 000 ou 12 000 habitants, il y a des activités manufacturières, il s’y fait de la transformation d’aliments. Il y a de la recherche et du développement, il y a de la fabrication de pointe, et un taux de chômage de 2,8 p. 100. Je nous invite tous à dire à nos enfants, aux membres de notre famille, à leurs amis, à tous ceux qui se plaignent d’avoir de la difficulté à trouver du travail et qui sont jeunes ou à une étape de leur vie où ils ont la possibilité d’essayer de vivre dans une autre région du Canada, à les orienter vers ces régions. Les emplois ne se limitent pas à Fort McMurray. De nombreuses régions du pays en plein essor sont confrontées à des pénuries de personnel et elles se tournent vers notre programme d’immigration pour obtenir de l’aide, pour obtenir une infusion des talents qui alimentent la croissance future.

Pour satisfaire à cette demande, le gouvernement du Canada s’est engagé à rendre le système plus rapide et plus souple qu’il ne l’a été jusqu’à présent, au cours des dernières décennies, afin de satisfaire aux besoins naissants de l’économie et du marché du travail canadien tout en préservant nos traditions axées sur le regroupement des familles et la réponse aux besoins humanitaires, notamment aux besoins de réfugiés.

Nous voyons la marée humaine qui tente d’échapper au conflit en Syrie et dans d’autres régions du monde. Certains de ces réfugiés - dont les plus vulnérables d’entre eux - seront bien sûr les bienvenus au Canada.

Je me suis engagé à faire fond sur ces réformes afin de créer un système d’immigration mieux adapté aux besoins de l’économie et de la population du Canada. Il est important de comprendre non seulement comment nous apportons ces changements, mais précisément pourquoi ils sont essentiels.

Nous savons tous que l’immigration est essentielle à notre identité nationale, à notre histoire, à notre sécurité nationale et à notre avenir économique. Cela dit, ces dernières années, des défis sont apparus, en partie intérieurs et en partie internationaux, qui ont fait en sorte qu’il est devenu encore plus urgent de changer et de moderniser le système d’immigration du Canada.

Ces dernières années, les catalyseurs de changement ont été une économie mondiale incertaine,aux forces changeantes, dans laquelle le poids de régions entières et, assurément, de pays importants au sein du système économique, change. Cela réclame une nouvelle réflexion sur le rôle du système d’immigration pour protéger la prospérité future du Canada.

Prenez les initiatives de libéralisation des échanges dans lesquelles nous nous engageons dans la région du Pacifique, avec l’Amérique latine, avec l’Union européenne. Notre système d’immigration doit tenir compte des possibilités qu’elles engendreront, dès qu’elles s’offriront.

L’évolution des besoins économiques dans les différentes régions du Canada est également un facteur à considérer. J’ai parlé du Sud du Manitoba. De nombreuses régions du pays sont maintenant aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre et elles n’ont pas reçu d’immigrants depuis cent ans. Le problème ne se pose pas seulement à Vancouver, à Calgary, à Fort McMurray ou à Toronto. Il se pose dans de petites municipalités, parfois dans des endroits éloignés où les emplois très rémunérateurs se trouvent, où des compétences très spécialisées sont requises.

Il y a aussi le vieillissement de la population et le taux de natalité relativement faible du Canada, dont j’ai déjà parlé.

Il y a aussi de nouvelles recherches sur les perspectives d’emploi des immigrants, sur les résultats économiques qu’ils obtiennent après des années ou des dizaines d’années au Canada, des rechercher qui proposent des solutions pour mieux nous assurer que les nouveaux arrivants réussissent et prospèrent une fois qu’ils se sont établis au Canada.

Par ailleurs, ces dernières années, il y a bien sûr les défis liés aux politiques et aux opérations du système d’immigration lui-même, un système plutôt décentralisé dont le personnel réparti dans le monde entier et, évidemment, à l’échelle du Canada, s’emploie à éliminer les inventaires, les arriérés, à composer avec la demande très élevée dans plusieurs catégories d’immigration au pays, des domaines dans lesquels nous savons que nous pouvons faire mieux et où la réforme est encore à l’horizon.

Quant aux enjeux, l’un des plus importants ces dernières années a revêtu la forme d’arriérés importants.Nous avons hérité d’arriérés trop nombreux en 2006. Ils s’étaient graduellement alourdis depuis le début des années 1990 parce qu’à cette époque, avant le début des réformes en cours, nous étions tenus de traiter chaque demande reçue jusqu’à son dénouement. Nous étions en mode passif, à attendre que des gens présentent leurs demandes, puis en les traitant de façon mécanique une après l’autre.

Pendant la majeure partie de cette période, le nombre de demandes reçues a largement dépassé le nombre d’admissions prévues et la capacité de traitement du Ministère.Comme vous l’aurez déduit de ces deux faits simples, ou comme vous l’avez vu dans votre propre expérience professionnelle, ce système était voué à l’échec. Il était voué à créer des arriérés toujours plus lourds, des temps de traitement toujours plus longs, des délais toujours plus longs entre la déclaration d’intérêt d’un immigrant potentiel et son arrivée au Canada, faisant en sorte qu’il était presque inévitable que nous ne satisfassions pas à nos besoins économiques, que nous ne disposions pas d’un système juste à temps pour mettre en concordance les compétences d’immigrants avec les emplois disponibles.

C’était, en bref, un système, une situation vouée à l’échec par la logique arithmétique des demandes en fonction d’une capacité limitée.

Ce qui explique l’alourdissement des arriérés au fil du temps.Les demandeurs ont connu des délais d’attente de moins en moins tolérables, l’incertitude par rapport à leurs choix de vie qui accompagne des délais de cet ordre - jusqu’à dix ans dans la plupart des cas extrêmes. Et ces retards ont empêché le Canada d’attirer les esprits les plus brillants et les plus doués du monde entier.

Quelle personne saine d’esprit, au sommet de sa profession, ferait la queue dans le cadre d’un processus en sachant qu’il faudra sept, huit ou dix ans pour traiter leur dossier?

Il nous reste du chemin à parcourir. Certains arriérés sont encore trop volumineux, mais en prenant des mesures claires et décisives pour absorber les arriérés, nous parviendrons à l’objectif d’un système d’immigration rapide et souple qui contribue mieux à la croissance de l’économie. Les arriérés ont été réduits de 40 pour cent par rapport à ce qu’ils étaient en 2006, malgré des niveaux d’immigration plus élevés, malgré la demande plus grande que jamais pour venir au Canada.

Pour vous donner une idée de la façon dont nous avons géré ce problème jusqu’à présent, permettez-moi de m’attarder un instant à un programme d’immigration connu de bon nombre d’entre vous, j’en suis sûr. C’est notre programme phare, le Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral. L’arriéré dans ce programme avait augmenté pendant plusieurs années pour atteindre 625 000 demandeurs à son sommet, avec un délai de plusieurs années, en réalité, un délai de presque dix ans.

Grâce à plusieurs mesures que nous avons prises depuis notre arrivée au pouvoir, cet arriéré a été réduit à 62 000, soit le dixième du sommet précédent, et il continue de diminuer puisque nous demeurons résolus à gérer la réception de demandes, à traiter les demandes en attente et à réduire le plus possible le temps nécessaire pour traiter les demandes. Il s’agit donc d’une réduction de 90 pour cent en cinq ans. Grâce à ce programme phare, le Canada fait figure de chef de file mondial en matière de croissance et de stabilité économiques à l’heure actuelle et pour l’avenir.

Des individus de partout au monde possèdent les compétences qui peuvent répondre aux besoins actuels de notre économie, et ces personnes veulent venir au Canada dès que possible. Quand les arriérés ralentissaient le système, nous ne pouvions pas tirer parti de leur bonne volonté, de leur aspiration à venir au Canada. Sans arriérés, nous pourrons les accueillir beaucoup plus rapidement au Canada.

À mesure que nous continuons de réduire l’arriéré du Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral, nous réussissons à faire en sorte que le programme soit mieux adapté aux besoins économiques actuels.

J’ai mentionné il y a quelques instants que la recherche a été l’un des moteurs de la réforme de notre système - une analyse étendue, indépendante, parfois menée par le milieu universitaire, parfois par le secteur privé, du bien-être économique des nouveaux arrivants après leur installation au Canada. Il va sans dire que cette recherche profite autant aux nouveaux arrivants qu’à l’économie canadienne puisque nous pouvons cibler les critères qui prédisent le mieux la capacité des candidats de s’épanouir dans le marché du travail moderne.

Plusieurs réformes du Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral fondées sur les résultats des recherches approfondies que nous avons effectuées sont entrées en vigueur plus tôt cette année. Comme la maîtrise de l’anglais ou du français est l’un des facteurs les plus déterminants de la réussite économique future d’un immigrant au Canada, nous avons fixé de nouveaux seuils minimaux en matière de maîtrise des langues officielles. Les résultats des études étaient clairs : ceux qui arrivent au Canada en parlant un niveau acceptable de français ou d’anglais ont tendance à se tirer beaucoup mieux d’affaire.

Nous attachons plus d’importance aux candidats plus jeunes au moment de leur arrivée au Canada. Ceux-ci apporteront une contribution durable à l’économie canadienne

Nous exigeons désormais des candidats qu’ils possèdent des titres de compétence étrangers évalués par une tierce partie désignée, afin de déterminer s’ils soutiennent la comparaison avec les normes canadiennes.Cette comparaison, cette évaluation objective indépendante, permet au futur immigrant de s’engager sur la voie de la reconnaissance de ses titres de compétence. Bien sûr, nous voulons que ce parcours commence le plus tôt possible, longtemps avant - dans la situation idéale - l’arrivée de l’immigrant au Canada.

Les nouveaux arrivants sont mieux outillés pour réussir au Canada lorsqu’ils peuvent avoir confiance que leur formation et leurs compétences seront reconnues et pertinentes ici. Ces changements font en sorte que les candidats au Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral sont plus susceptibles de prendre une longueur d’avance lorsqu’ils arrivent au Canada.

Tandis que nous nous employions à améliorer ce programme d’immigration phare et à lui donner une impulsion nouvelle pour le 21e siècle, nous avons aussi créé des programmes d’immigration économique adaptés aux tendances économiques naissantes. Ces tendances comprennent le besoin de compétences spécialisées dans certains secteurs de l’économie et des besoins propres à certaines régions du pays.

Nos deux plus récents programmes d’immigration économique adaptés à ces tendances sont le Programme de visa pour démarrage d’entreprise et le Programme des travailleurs de métiers spécialisés.

Notre nouveau programme pilote de visa pour démarrage d’entreprise est unique au Canada. Notre gouvernement a pris cette mesure pour faire en sorte d’attirer les meilleurs et les plus brillants candidats de partout dans le monde - en mettant particulièrement l’accent sur l’entrepreneuriat, le lancement d’une nouvelle entreprise, pour semer la graine de la croissance économique que nous savons être le principal moteur de notre économie.

Ce programme offre la résidence permanente à des entrepreneurs immigrants dynamiques qui s’associent à des investisseurs providentiels et à des sociétés de capital de risque dont on trouve dans cette ville et cette province des exemples parmi les plus créatifs.

Ces immigrants de la catégorie économique ont le potentiel de bâtir de nouvelles entreprises novatrices, de créer de l’emploi pour les Canadiens, de conquérir de nouveaux marchés et de rivaliser sur la scène internationale.

Notre nouveau Programme des travailleurs de métiers spécialisés a été créé pour répondre à une demande des employeurs canadiens de faire venir plus rapidement et plus efficacement au Canada des travailleurs de métiers spécialisés pour les secteurs de la construction, du transport, de la fabrication et des services. Le nouveau PTMSF offre aux gens de métiers un mode d’évaluation fondé sur des critères axés sur leur réalité; il met davantage l’accent sur la formation pratique et l’expérience professionnelle que sur l’éducation formelle.

N’oublions pas que l’importance accordée aux métiers spécialisés aux fins de l’immigration va de pair avec l’importance que nous accordons tous au Canada à convaincre des Canadiens de se tourner vers ces métiers qui sont souvent très bien payés, qui sont manifestement très recherchés et qui ont été négligés depuis des dizaines d’années dans le système d’éducation canadien.

L’un des premiers événements auxquels j’ai eu le privilège d’assister en tant que ministre s’est déroulé à Toronto cet été. J’y ai rencontré Eric Byrne, un jeune plombier spécialisé venu d’Irlande, l’un des premiers candidats s’étant vu accorder la résidence permanente par l’entremise de ce programme. Pourquoi Eric Byrne? Pourquoi l’Irlande? Eh bien, nous connaissons tous l’histoire de l’Irlande : le tigre celtique, une économie en plein essor, un secteur de la construction qui crevait le plafond, littéralement, sur une longue période, des gens de métier très talentueux. Puis soudainement, un ralentissement, voire une crise dans certains secteurs, dans le contexte global des difficultés économiques en Europe. C’est ainsi que les Eric Byrne de ce monde ont cherché de nouveaux débouchés et nous espérons que beaucoup d’autres suivront son exemple, pas seulement en Irlande, mais dans le monde entier, de toutes les régions du monde, des plombiers, des charpentiers, des soudeurs, afin de concrétiser cette nouvelle phase d’expansion, de croissance du secteur de la construction dans toutes les régions de la Colombie-Britannique et du Canada qui semblent aujourd’hui voir naître des perspectives vraiment excitantes.

En même temps que nous avons créé les programmes d’immigration économique spécialisés, nous avons aussi mis l’accent sur des programmes existants.

Deux excellents exemples : le Programme des candidats des provinces a eu de grandes retombées pour plusieurs économies régionales à la grandeur du Canada en donnant aux provinces et aux territoires un plus grand rôle que jamais dans la sélection de nouveaux immigrants.

Nous avons aussi créé la catégorie de l’expérience canadienne. Le programme qui s’y rattache a permis à des travailleurs étrangers temporaires ayant de l’expérience dans un domaine spécialisé et aux étudiants étrangers ayant fait des études au Canada de présenter une demande de résidence permanente. Nous avions créé ce programme en 2008 afin de miser sur les données probantes montrant que l’expérience antérieure au Canada permet aux immigrants d’obtenir de meilleurs résultats. Comme vous le savez tous, ceux qui ont étudié ici, ceux qui ont travaillé ici avec succès au bénéfice de tous, ont prouvé leur capacité à s’adapter aux conditions de notre pays et ils ont donc quelques longueurs d’avance et beaucoup plus de chances de réussir en tant qu’immigrants permanents.

Le Programme des candidats des provinces et la catégorie de l’expérience canadienne ont donc été considérablement élargis au cours des dernières années. Ce sont nos programmes d’immigration affichant la croissance la plus rapide. Ils sont mis en œuvre en partenariat avec le gouvernement de la Colombie-Britannique et les gouvernements des autres provinces et territoires.

Le premier se classe désormais au deuxième rang de nos programmes d’immigration économique, tout juste derrière notre programme phare, le Programme des travailleurs qualifiés du volet fédéral. L’autre, le programme rattaché à la catégorie d’expérience canadienne, est notre programme d’immigration affichant la croissance la plus forte. Les chiffres pour la Colombie-Britannique en 2012 étaient 50 pour cent plus élevés qu’en 2011.

Je suis certain que vous avez entendu dire au cours des derniers mois que le Programme des travailleurs étrangers temporaires a été l’objet des réformes prévues et que les réformes se poursuivront dans les mois et les années à venir. Le Programme visait à combler de graves pénuries de main-d’œuvre bien réelles, en permettant à des employeurs d’embaucher des travailleurs étrangers de façon temporaire pour combler des besoins à court terme. Dans de nombreux cas, les employeurs doivent démontrer, avant de pouvoir recourir à ce programme, qu’ils ont fait tous les efforts raisonnables pour recruter des travailleurs canadiens d’un océan à l’autre.

C’est important parce que diverses régions canadiennes qui connaissent de grandes pénuries de compétences ont également des taux de chômage supérieurs à la moyenne.Essayez d’expliquer cette situation à différentes populations à la grandeur du Canada. Comment cela est-ce possible? Des entreprises dans la même province se plaignent d’une pénurie de main-d’œuvre alors que nous savons qu’en général, dans certaines de ces provinces, le chômage est élevé et qu’il est particulièrement plus élevé encore chez les jeunes Canadiens.

En avril, notre gouvernement a annoncé son intention d’introduire des réformes qui feront en sorte que les emplois disponibles sont offerts en premier à des Canadiens, et pour être certains qu’ils ont la première chance d’obtenir les postes disponibles, nous devons aussi nous assurer que les bons programmes de formation professionnelle et technique sont disponibles à la grandeur du pays.

Récemment, de vastes consultations ont eu lieu sur la réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Dans ce dossier, nous travaillons de concert avec le ministère de l’Emploi et du Développement social, désormais dirigé par mon prédécesseur dans ce portefeuille, Jason Kenney. Grâce en partie à cette rétroaction, le gouvernement prendra en compte les besoins des employeurs canadiens tandis qu’il met en œuvre des réformes destinées à garantir que le Programme des travailleurs étrangers temporaires complète le recrutement de citoyens canadiens et de résidents permanents au lieu de lui nuire.

Notre vision du Programme des travailleurs étrangers temporaires s’harmonise avec notre vision de l’avenir de l’immigration économique permanente au Canada. Ces deux séries de réformes, ces deux volets du perfectionnement professionnel, doivent avancer main dans la main, de concert.

Je m’explique : plus nous serons efficaces en matière d’immigration économique, moins nous aurons besoin de compter sur des travailleurs temporaires. Par ailleurs, plus nous accueillerons rapidement des travailleurs qualifiés, plus nous aurons au Canada des résidents permanents dont nous savons qu’ils réussiront à s’établir et qu’ils contribueront à la vision de la prospérité à long terme que nous avons tous en commun.

Je sais que des employeurs à la grandeur du pays et surtout dans l’Ouest canadien ont grandement besoin de travailleurs qualifiés pour combler leurs besoins de main‑d’œuvre. D’où l’existence du Programme des travailleurs étrangers temporaires, mais les réformes que nous avons mises en œuvre au cours des dernières années et dont je viens de vous parler, nous ont permis de réfléchir dans une perspective beaucoup plus large à un système d’immigration plus rapide, plus équitable et plus souple pour l’ensemble du pays.

Nous discutons régulièrement avec les provinces et les territoires et avec des employeurs dans les provinces et les territoires en vue de créer ce que nous désignons - pour le moment - la « déclaration d’intérêt », ou DI, un système d’immigration économique pour le Canada.

Ne vous attachez pas à l’appellation « DI ». Ce programme a probablement besoin d’être rebaptisé. Les sigles ne sont pas vraiment accrocheurs et la personne susceptible de trouver le nom qui convient à ce programme pourrait bien être assise dans cette pièce. Si c’est le cas, n’hésitez pas à me faire part de votre suggestion un peu plus tard.

Néanmoins, l’intention est déjà claire. Ce nouveau système sera d’une importance vitale. Il représente le point culminant des transformations que j’ai décrites. Il représente une nouvelle façon de gérer les demandes d’immigration qui créera un nouveau bassin, un vaste bassin de travailleurs qualifiés prêts à devenir des résidents permanents et à entrer en fonction dans leur emploi, avec une longueur d’avance, à mesure que les besoins surgissent dans le marché du travail.

Nous voulons que ce système soit en œuvre d’ici le jour de l’An 2015, soit dans 15 mois et demi.

Des pays dotés de systèmes d’immigration similaires au nôtre - notamment la Nouvelle-Zélande et l’Australie - ont déjà l’équivalent de la Déclaration d’intérêt et nous tirons des leçons de leur expérience afin d’élaborer une déclaration adaptée à nos besoins. La Nouvelle-Zélande a emprunté cette voie il y a environ dix ans et l’Australie l’a fait beaucoup plus récemment. Dans notre cas, les avantages potentiels sont encore plus grands, vu notre échelle.

Il s’agit d’un processus simple et accéléré qui permettra au Canada et à des employeurs canadiens - à des entreprises à la grandeur du pays - de sélectionner des candidats qualifiés les plus susceptibles de satisfaire à nos besoins économiques, plutôt que les candidats qui s’adonnent à être les premiers dans une très longue file, qui ferait en sorte que le couplage avec les besoins du Canada et les emplois disponibles risque de ne pas être très bon. Il s’agira plutôt d’un système qui permettra à l’intervenant - le gouvernement ou le secteur privé - ayant un besoin économique de sélectionner les compétences requises dans le bassin et, par le fait même, la personne compétente, de façon à ce que le jumelage soit très solide et que le traitement pour faire venir la personne ici se fasse très rapidement.

Dans le nouveau système de déclaration d’intérêt, les immigrants potentiels rempliront un formulaire en ligne pour exprimer leur intérêt à venir au Canada en tant que résidents permanents dans des catégories économiques désignées du programme d’immigration. Le formulaire fournira des renseignements sur leur profession, leur expérience de travail, leurs résultats d’évaluation de leurs compétences linguistiques et leurs diplômes, entre autres critères.

Si ces candidats remplissent les critères d’admissibilité minimaux, ces Déclarations d’intérêt seront saisies dans un bassin après s’être vu attribuées un pointage et un classement. Les candidats les mieux classés dans le bassin qui intéressent les provinces, les territoires et les employeurs ou le gouvernement du Canada recevraient des invitations à demander leur résidence permanente. Autrement dit, la demande, le processus dans son ensemble, ne s’amorcerait que sur invitation.

Pour soumettre une demande d’immigration officielle, les immigrants potentiels devront d’abord présenter leur Déclaration d’intérêt et recevoir de Citoyenneté et Immigration Canada une invitation à présenter une demande. Bien sûr, CIC agira aussi pour le compte des provinces, des territoires et des employeurs. Les candidats qui présentent une Déclaration d’intérêt ne seront pas tous invités à présenter une demande.

Le système de déclaration d’intérêt établira donc un lien entre la sélection d’immigrants qualifiés et les besoins réels de notre marché du travail. Il constituera aussi un moyen efficace de mettre en concordance des demandes et nos cibles en matière d’immigration sans excéder notre capacité à traiter les demandes dans les meilleurs délais. Autrement dit, nous répondrons de façon plus précise et rapide à nos besoins économiques, mais nous éviterons aussi le scénario dans lequel d’énormes arriérés s’accumulent et le temps écoulé entre la présentation de la demande et l’arrivée devient aussi démesuré qu’il l’était auparavant.

Parmi les avantages escomptés du système de DI :

Premièrement, il est plus rapide. Les travailleurs qualifiés dont notre économie a vraiment besoin arriveront ici dans un délai de quelques mois plutôt que quelques années.

Deuxièmement, il est plus efficace pour trouver de nouveaux arrivants qualifiés. Le bassin de candidats dans lequel nous pouvons puiser sera beaucoup plus étendu. Comme je l’ai dit, nous pouvons sélectionner les candidats les plus qualifiés dans le bassin, plutôt que ceux ayant présenté leur demande en premier.

Troisièmement, en exigeant que les candidats reçoivent une invitation à présenter une demande d’immigration avant qu’ils la soumettent, nous éviterons l’accumulation d’arriérés.

Quatrièmement, le système sera plus sensible aux changements dans le marché du travail, exprimés par les employeurs ou par des secteurs d’activités lorsque leur situation s’améliore ou, parfois, se détériore. Il y aura davantage de candidats qualifiés ayant une offre d’emploi valide et une compréhension commune plus claire des titres de compétences étrangers des candidats. Avec la Déclaration d’intérêt viendra une compréhension des éléments nécessaires pour obtenir la reconnaissance de ses qualifications au Canada. Avec l’invitation viendra une idée très claire du délai, de la marche à suivre et des efforts nécessaires pour non seulement amener le candidat en question au Canada, mais l’amener à un point où il est qualifié pour travailler dans son domaine comme ingénieur ou technologue, technicien, radiologue ou peu importe.

Il y aura aussi un plus fort pourcentage de candidats qui possèdent les caractéristiques que j’ai mentionnées plus tôt, celles qui prédisent le mieux leur réussite économique au Canada, soit la langue, l’âge et la faculté d’adaptation. Les employeurs auront aussi un rôle accru à jouer dans le système de l’immigration permanente, en offrant de meilleurs couplages avec des pénuries de compétences réelles au Canada.

Ne nous faisons pas d’illusions sur ce qui alimente notre croissance économique. Bien sûr, les politiques officielles sont très importantes, mais ce sont les centaines de milliers d’entreprises à la grandeur du Canada - petites, moyennes et grandes - qui sont les principaux facteurs de notre réussite économique. Nous avons besoin de connaître leurs priorités, leur stratégie en matière de ressources humaines pour alimenter notre système d’immigration si nous voulons connaître le succès.

Les employeurs pourront donc utiliser le système des DI comme une source riche de recrues potentielles pour combler leurs besoins de main-d’œuvre lorsqu’ils ne réussissent pas à trouver de travailleurs qualifiés au Canada. Ce sera le bouton qu’ils pousseront lorsqu’il est clair que nos universités et nos collèges, ou les intérêts des jeunes Canadiens, ne suffisent simplement pas pour satisfaire aux demandes de leur entreprise ou de leur secteur d’activités dans une période donnée.

Les employeurs veulent une stabilité financière, une stabilité fiscale, une stabilité juridique, mais ils veulent aussi la stabilité de la main-d’œuvre - l’élasticité de la population active - pour pouvoir trouver 50 personnes de plus, si la demande le justifie, une fois qu’ils ont réussi avec les 5 ou 10 premières personnes dans une profession donnée.

Pour les employeurs en quête de stabilité, ce nouveau système ouvrira la porte à une vision à plus long terme axée sur les compétences, sur l’engagement de la main‑d’œuvre, et les avantages d’un tel système sont absolument clairs.

Autrement dit, nous demandons au plus grand nombre possible de ces deux millions de personnes - il y en a peut-être davantage - qui seraient en principe intéressées à venir au Canada à déclarer leur intérêt, à remplir un petit formulaire en ligne, où qu’elles soient dans le monde. Ensuite, nous allons faire en sorte que tous les intervenants au Canada ayant un rôle à jouer pour cerner nos besoins économiques - le gouvernement du Canada, les provinces, les territoires, les employeurs - conjuguent leurs forces pour inviter les personnes dont nous avons besoin à présenter une demande. Nous passerons d’un système passif à un système actif, d’un système réactionnel à un système proactif. Ce faisant, nous devrions obtenir des résultats nettement meilleurs et donner à notre immigration une orientation économique beaucoup plus nette.

Nous examinons aussi des façons de modifier le Programme d’immigration des investisseurs pour que nous soyons sûrs qu’il fonctionne comme prévu, c’est-à-dire qu’il contribue à l’économie canadienne tout en attirant la crème de la crème des entrepreneurs.

Des questions se posent sur le fonctionnement du programme. Nous voulons qu’il fonctionne à la fois comme un programme axé sur les investisseurs et comme un programme qui attire des immigrants. Je me contenterai de dire ici que certaines provinces, dont la Colombie-Britannique, n’ont pas tiré autant profit de ce programme qu’elles l’auraient aimé, et que nous l’aurions aimé. En toute justice, un examen du programme s’impose et j’espère pouvoir en dire plus sur le sujet sous peu.

Qu’il suffise de dire que nos réformes se poursuivent de façon systématique. Nous continuons de déployer des efforts pour aider les nouveaux arrivants à mieux réussir leur établissement et le souci de notre gouvernement de créer un système d’immigration rapide, équitable et souple dans l’intérêt national - principalement dans l’intérêt de notre économie - demeure absolument ferme.

Lorsque de nouveaux arrivants viennent au Canada, nous leur offrons plusieurs services différents. Nous essayons de les aider à trouver les services dont ils ont besoin pour s’établir confortablement dans leur nouvelle vie, leur nouvelle carrière - cela va de l’amélioration de leur maîtrise de la langue à l’emploi et au logement en passant par les services sociaux ou simplement à apprendre à se déplacer dans leur localité, à trouver les magasins, les cliniques, les services dont ils ont besoin. Je ne peux exagérer l’importance de ce genre de services. C’est absolument essentiel à l’esprit d’accueil et au progrès vers le succès que nous voulons que les immigrants vivent.

Les avantages pour les nouveaux arrivants sont évidents. Si on les oriente, s’ils trouvent leur chemin, s’ils reçoivent du soutien, ils ont tendance à réussir plus rapidement. Ils ont tendance à se sentir plus à l’aise, plus rapidement chez eux.

Les avantages pour les collectivités qui accueillent de nouveaux arrivants, et pour l’économie canadienne dans son ensemble, sont incalculables. Nous avons tous intérêt à veiller à ce que les immigrants qualifiés participent à part entière à notre marché du travail. Nous sommes chanceux d’avoir l’un des marchés de l’emploi les plus dynamiques au monde, assurément parmi les économies développées. Nous avons tous intérêt à veiller à ce que les obstacles à l’emploi soient aplanis et que l’arrivée de gens talentueux d’un peu partout dans le monde stimule notre croissance économique.

C’est pourquoi nous devons préparer les nouveaux arrivants pour qu’ils réussissent - en les mettant en rapport plus rapidement avec un employeur, en les aidant à s’intégrer plus rapidement dans de nouvelles collectivités qui, dans bien des cas - comme je l’ai dit plus tôt - n’ont pas accueilli d’immigrants depuis 100 ans, 120 ans, mais qui entrent dans une nouvelle phase excitante d’immigration et de croissance.

Nous voulons que les nouveaux arrivants aient le plus facilement accès à des renseignements et à des services utiles en fonction de leurs besoins et de leur situation avant leur arrivée au Canada.

Dans les quelques instants qu’il me reste, j’aimerais vous lancer un défi. Comme plusieurs d’entre vous sont des employeurs, vous savez mieux que quiconque combien il est important, pour notre économie en mutation rapide, que notre système d’immigration s’adapte à l’évolution des besoins du marché du travail. Vous avez un rôle à jouer pour qu’il le fasse et votre participation est la bienvenue.

Cela s’inscrit dans une discussion que Jason Kenney a entamée et que je poursuis avec le secteur privé et avec les administrations publiques à la grandeur du Canada et que notre gouvernement dans son ensemble tient à approfondir.

Je vous en prie, participez pour aider à forger l’avenir de notre système d’immigration. Engagez-vous par l’entremise de vos associations professionnelles, mettez vos associations professionnelles de la partie pour réfléchir à la façon de mieux fonctionner dans ce nouveau système.

Parlez à votre gouvernement provincial. Parlez à mon ministère, Citoyenneté et Immigration Canada. Nous sommes à l’écoute. Nous sommes présents dans la plupart des grandes villes du pays. Peut-être pas au sujet de demandes individuelles, mais lorsqu’il est question de politiques, vous constaterez que nous sommes ouverts à cette discussion à la moindre occasion. Lorsqu’il est question de dossiers particuliers, quand vous me voyez, je veux en entendre parler.

Vous êtes probablement peu nombreux à l’avoir fait récemment, mais visitez le site Web de Citoyenneté et Immigration Canada. J’en conviens, nous n’offrons pas en ligne autant de services, autant d’information que nous devrions le faire sur des cas individuels. C’est notre intention de nous orienter vers un traitement de plus en plus électronique, fait de plus en plus à partir d’un ordinateur de bureau, d’un ordinateur portable et, en conséquence, plus rapide et plus efficace.

Savez-vous combien de visites le site Web a reçues en 2012? Soixante-deux millions. Il s’agit donc d’un outil que les gens utilisent comme une porte d’entrée, une passerelle vers le Canada. Comparez ce chiffre au service du gouvernement en ligne, à l’empreinte électronique de n’importe quel autre ministère fédéral ou dans d’autres administrations publiques dans le monde entier, et nous faisons bonne figure.

Les perspectives sont réjouissantes en ce qui concerne l’avenir de l’immigration économique au Canada. Nous avons encore à faire pour mener à bien ces transformations. Je suis avide de connaître l’avis de ceux qui ont une connaissance directe des répercussions économiques de nos politiques d’immigration. Nous devons arrêter la bonne politique pour tout le monde.

Dans la plupart des cas, lorsque je me penche sur des cas particuliers – comme celui de ma femme qui est une immigrante au Canada – la réponse honnête est que dans ce domaine, dans ce programme, nous composons encore avec un arriéré. Nous composons encore avec un inventaire plus grand que nous le souhaiterions. Nous allons réduire ces inventaires encore plus que nous l’avons déjà fait et nous allons les maintenir à un bas niveau afin que nous puissions vraiment être plus rapides, plus souples et plus compétitifs à long terme.

Nous tenons à aider les employeurs à devenir informés et mobilisés - et honnêtement, à tirer parti de cette nouvelle souplesse que nous incorporons dans le système d’immigration fédéral. Nous tenons à ce qu’ils développent un sentiment d’appartenance, qu’ils aient l’impression d’aider à cerner les besoins économiques du pays, les besoins auxquels nous voulons que notre programme d’immigration réponde. Il s’agit d’un partenariat, mesdames et messieurs. Comme tous ceux qui emploient des immigrants qualifiés, le gouvernement reconnaît l’importance de l’immigration pour la santé de notre économie et accorde une grande valeur aux contributions des immigrants qualifiés qui améliorent notre compétitivité à l’échelle internationale.

Nous devons tous nous engager à faciliter l’arrivée des personnes les plus talentueuses dans notre pays, aujourd’hui et à l’avenir. Nous avons tous intérêt à faire en sorte qu’elles réussissent.

Merci beaucoup de l’occasion que vous m’avez offerte.

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