Document d’information — Points saillants de l’évaluation du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral)
L’évaluation a porté sur les travailleurs qualifiés admis au Canada entre 2002 et 2008, et s’est appuyée sur une analyse statistique de données fiscales afin de comparer la situation économique des travailleurs qualifiés sélectionnés avant et après la mise en œuvre de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) en 2002.
Le système de sélection mis en place en vertu de la LIPR tient compte de la capacité générale du travailleur de s’adapter au marché du travail canadien et attribue des points pour tout un éventail de facteurs, notamment la maîtrise d’une langue officielle, les études, l’expérience professionnelle, l’âge et l’existence ou non d’un emploi déjà réservé au Canada. L’ancien système de sélection accordait une importance nettement moins grande à la connaissance de la langue et mettait moins l’accent sur les études et les emplois réservés.
Une méthodologie rigoureuse
L’évaluation approfondie a été réalisée à l’aide d’entrevues, d’enquêtes effectuées auprès de travailleurs qualifiés et d’employeurs, d’études de cas, de recherches documentaires et d’analyses statistiques de trois différentes bases de données. Un échantillon important de plus de 1 800 personnes appartenant à divers groupes d’intervenants nous ont fait part de leurs points de vue et commentaires.
Solides résultats économiques
- En tout, 89 % des travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR sont employés ou travaillent à leur compte trois ans après leur arrivée au Canada. Les revenus de ces travailleurs augmentent avec le temps et se situent entre 34 000 $ et 40 600 $ un an après leur arrivée, pour atteindre entre 46 000 $ et 53 300 $, trois ans après leur arrivée. (p. 31)
- De plus, 95 % des employeurs interrogés lors de l’évaluation déclarent que les travailleurs qualifiés (fédéral) répondent à leurs attentes ou les surpassent. En outre, la plupart des employeurs (63 %) ont eu des difficultés à doter le poste pour lequel le travailleur qualifié (fédéral) a été embauché en définitive. (p. 35)
- Les revenus d’emploi moyens des travailleurs qualifiés (fédéral) qui disposent d’un emploi réservé s’élèvent à 79 200 $ trois ans après leur établissement, comparativement à 44 200 $ pour les travailleurs qui n’en ont pas. De plus, l’enquête effectuée indique que les travailleurs qualifiés (fédéral) qui disposent d’un emploi réservé sont plus susceptibles de travailler encore pour leur premier employeur au Canada. (p. 40)
« La plupart des [travailleurs qualifiés (fédéral)] ont dit que leur emploi courant correspond à leur domaine d’études (76 %) et à leur formation (72 %) et que le revenu correspond à leurs attentes (63 %). » (p. 34)
Améliorations liées à la LIPR
- Les travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes des critères prévus par la LIPR gagnent beaucoup plus que leurs prédécesseurs sélectionnés avant l’entrée en vigueur de la LIPR, et ce, dès l’année de leur arrivée. (p. 37)
- Si l’on prend l’année 2004 [Note 1] à titre d’exemple, les revenus moyens des travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR dépassent ceux de leurs prédécesseurs de 65 % et de 51 % au cours de leur première et deuxième année au Canada, respectivement. (p. 38, tableau 3-2)
- Les travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR sont également plus susceptibles d’avoir un emploi. Leur taux d’emploi est supérieur de 5 % à celui de leurs prédécesseurs sélectionnés avant l’entrée en vigueur de la LIPR : deux ans après leur arrivée, 80 % des travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR ont un emploi, contre 75 % de leurs prédécesseurs. (p. 39, tableau 3-3)
- Le pourcentage de travailleurs qualifiés (fédéral) qui déclarent avoir touché des prestations d’assurance-emploi ou d’aide sociale – ce pourcentage est très faible pour les deux groupes – a également baissé avec l’entrée en vigueur de la LIPR. (p. 38)
- Les travailleurs qualifiés qui disposent d’un emploi réservé ont des revenus nettement supérieurs à ceux des travailleurs qui n’en ont pas. Les travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR qui disposent d’un emploi réservé sont aussi plus susceptibles de travailler encore pour leur premier employeur au Canada. (p. 41)
« Selon les [travailleurs qualifiés (fédéral)] qui ont répondu au sondage, le processus de demande et les procédures sont clairs et compréhensibles, l’information est accessible et les services reçus sont satisfaisants. » (p. 62)
Critères de sélection efficaces
- Les indicateurs de réussite économique les plus pertinents pour les immigrants sont, en ordre d’importance, l’emploi réservé, la compétence dans les langues officielles et l’expérience de travail au Canada avant l’immigration. (p. 48)
- L’âge, les études, l’expérience professionnelle et le niveau d’études du conjoint ont également un effet positif sur les revenus d’emploi, tandis que la présence de parents au Canada semble avoir un effet négatif sur les revenus. (p. 48)
- Plus des deux tiers des principales personnes interrogées estiment que les critères de sélection actuels sont adéquats; toutefois, des changements ont été proposés en ce qui a trait à la manière dont les critères sont pondérés et au processus d’évaluation. (p. 51)
Bassin de travailleurs plus diversifié
- Les caractéristiques des travailleurs qualifiés (fédéral) ont évolué avec l’entrée en vigueur de la LIPR et l’application des nouveaux critères de sélection, et le profil de ces travailleurs est en conséquence beaucoup plus diversifié. (p. 25)
- La proportion de femmes parmi les travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR est plus importante qu’avant (30 % du nombre total de demandeurs en comparaison de 23 % avant la LIPR). La répartition par âge reste semblable : la majorité des travailleurs qualifiés (fédéral) sont âgés de 30 à 39 ans à leur arrivée. (p. 25)
- Les travailleurs qualifiés (fédéral) sélectionnés aux termes de la LIPR sont aussi plus instruits et maîtrisent mieux les langues officielles que les travailleurs admis dans le cadre de l’ancien système de sélection. Ils représentent un éventail plus large d’expériences professionnelles et proviennent d’un plus grand nombre de pays d’origine différents. (p. 25)
Programme perçu comme indispensable
- Les résultats révèlent un besoin soutenu et continu d’immigrants qualifiés au Canada. La majorité des employeurs interrogés ont déclaré que les travailleurs qualifiés (fédéral) répondaient à leurs attentes ou les surpassaient, et qu’il avait été difficile de doter le poste pour lequel le travailleur avait été embauché. (p. 35)
- Tous les intervenants conviennent que le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) s’est adapté aux besoins du marché du travail et qu’il s’avère de plus en plus indispensable. (p. 28)
- Selon les intervenants, le programme reste nécessaire en raison de l’importance des travailleurs qualifiés pour l’économie canadienne, des pénuries de main-d'œuvre spécialisée engendrées par la croissance économique et du taux de plus en plus élevé de départs à la retraite attribuable au vieillissement de la population. (p. 27)
« [Le Programme] contribue à l’économie et au marché du travail canadiens, atténue quelques-uns des impacts des changements démographiques et aide à maintenir une main-d’œuvre stable. Le Programme contribue également au développement de compétences adaptables et à la diversité de la main-d’œuvre en plus de créer des occasions d’attirer au Canada des travailleurs hautement qualifiés. » (p. 28)
Veuillez prendre note que les numéros de page en référence portent sur l’Évaluation du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), que vous pouvez consulter ici.
Footnote(s) | Note(s) en bas de page
- [1] Nous avons pu examiner la situation de travailleurs qualifiés (fédéral) arrivés en même temps au Canada (ce qui nous a permis ainsi de disposer d’une situation économique comparable au Canada au moment de l’arrivée), mais qui avaient été sélectionnés en vertu de deux systèmes de sélection différents (avant et après l’entrée en vigueur de la LIPR). [retour au texte