Document d’information — Définition pratique de la négation et de la distorsion de l’Holocauste

Point marquant de l’année de la présidence par le Canada de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH), des réunions de travail semestrielles ont eu lieu du 6 au 10 octobre 2013 à Toronto, rassemblant plus de 175 experts, universitaires et décideurs du monde entier. Les réunions se sont terminées par une séance plénière, où les participants se sont entendus sur un certain nombre de questions importantes, dont une définition pratique de la négation et de la distorsion de l’Holocauste, qui aidera le Canada à atteindre son objectif de combattre l’antisémitisme en précisant ce en quoi consiste ce problème persistant.

Qu’est-ce que la négation de l’Holocauste?

« Définition pratique de la négation et de la distorsion de l’Holocauste » – La présente définition est une expression de la conscience du fait que la négation et la distorsion de l’Holocauste doivent être contestées et dénoncées à l’échelle nationale et internationale, et doivent faire l’objet d’un examen au niveau mondial. L’AIMH a adopté la définition pratique suivante de la négation et de la distorsion de l’Holocauste.

La négation de l’Holocauste est un discours et une propagande qui nient la réalité historique et l’ampleur de l’extermination des Juifs par les nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale – extermination connue sous le nom d’Holocauste ou de Shoah. La négation de l’Holocauste désigne expressément toute tentative d’affirmer que l’Holocauste ou la Shoah n’a pas eu lieu.

La négation de l’Holocauste peut consister notamment à nier ou à mettre en doute publiquement l’utilisation des principaux mécanismes de destruction (comme les chambres à gaz, les fusillades, la privation de nourriture et la torture) ou le caractère intentionnel du génocide du peuple juif.

La négation de l’Holocauste sous ses diverses formes est une expression d’antisémitisme. Toute tentative de nier le génocide des Juifs est une tentative de décharger le nazisme et l’antisémitisme de toute culpabilité ou responsabilité dans le génocide du peuple juif. Parmi les formes de négation, on compte le fait de reprocher aux Juifs d’exagérer l’ampleur de la Shoah ou de l’avoir inventée à des fins politiques ou financières, comme si elle était le résultat d’une conspiration fomentée par les Juifs. En l’occurrence, l’objectif est de blâmer les Juifs et de légitimer encore une fois l’antisémitisme.

Les objectifs de la négation de l’Holocauste sont souvent la réhabilitation d’un antisémitisme clairement affirmé, et la promotion d’idéologies et de conditions politiques propices à l’apparition du type même d’événement qu’il nie.

Qu’est-ce que la distorsion de l’Holocauste?

La distorsion de l’Holocauste désigne : 

  1. Les efforts délibérés pour justifier l’Holocauste ou ses principaux éléments, notamment les collaborateurs et les alliés de l’Allemagne nazie, ou en minimiser l’impact;
  2. Une minimisation flagrante du nombre de victimes de l’Holocauste en contradiction avec les sources sûres;
  3. Toute tentative de reprocher aux Juifs d’être la cause du génocide dont ils ont été victimes;
  4. Les déclarations présentant l’Holocauste comme un événement historique positif. Elles ne nient pas l’Holocauste, mais y sont intimement liées en tant que forme radicale d’antisémitisme. Elles peuvent sous-entendre que l’Holocauste n’est pas allé assez loin dans la réalisation de son objectif d’être la « solution finale à la question juive »;
  5. Toute tentative d’atténuer la responsabilité pour l’établissement des camps de concentration et de la mort conçus et dirigés par l’Allemagne nazie en jetant le blâme sur d’autres nations ou groupes ethniques.

Voici certaines décisions notables prises à la séance plénière :

  • Adoption d’une définition pratique de la négation et de la distorsion de l’Holocautes, qui aidera le Canada à atteindre son objectif de combattre l’antisémitisme en précisant ce en quoi consiste ce problème persistant;
  • Avancement du plan de travail pluriannuel au moyen de financement supplémentaire accordé pour mener des recherches sur des sites où ont eu lieu des meurtres de l’Holocauste hors des principaux camps de la mort, avoir accès aux archives de l’Holocauste et avoir la capacité d’organiser des activités pour commémorer le jour du Souvenir;
  • Établissement d’un Fonds Yehuda Bauer visant à reconnaître une proposition exceptionnelle soumise par l’entremise du Programme de subventions de l’AIMH chaque année.

La séance plénière comprenait aussi une discussion sur l’établissement de liens avec de nouveaux pays et sur la collaboration accrue avec les partenaires internationaux permanents.

En conjonction avec la réunion semestrielle, des activités se sont déroulées du 6 au 10 octobre avec des organismes communautaires en vue de soutenir la commémoration de l’Holocauste. Une conférence universitaire a aussi eu lieu à l’Université de Toronto et a permis de rassembler 24 experts (de l’Amérique du Nord, de l’Europe, d’Israël, de l’Australie et de l’Argentine) et de présenter de nouvelles recherches relatives à l’Holocauste.

Le 7 octobre, l’organisme B’nai Brith Canada a organisé une réception au Barreau du Haut-Canada où le ministre Uppal a annoncé le lancement du Guide de recherche sur les fonds documentaires liés à l’Holocauste de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Ce projet, appuyé par le gouvernement du Canada, répertorie les vastes ressources sur l’Holocauste détenues à BAC. Ces ressources sont essentielles pour tous ceux qui désirent en apprendre davantage sur ce crime horrible contre l’humanité. Elles seront notamment utiles aux éducateurs de partout au Canada qui visent à inculquer aux plus jeunes un engagement à l’égard du principe voulant que « plus jamais » une telle chose ne se reproduira.

Le 8 octobre, le ministre Kenney a participé à un dîner de gala à l’intention des participants de l’AIMH et organisé par la Canadian Society for Yad Vashem, où les familles Kottelengberg et De Jongh étaient aussi présentes. Gert Jan, Jan Kottelenberg, et Maria et Barend de Jongh se sont vus décerner, à titre posthume, la médaille et le certificat Yad Vashem en tant que justes parmi les nations pour leur héroïsme incroyable et leur courage moral lorsqu’ils ont sauvé la vie de Juifs pendant l’Holocauste.

Le 10 octobre, lors d’un événement en l’honneur des personnes qui offrent de l’enseignement sur les survivants de l’Holocauste organisé en collaboration avec le Sarah and Chaim Neuberger Holocaust Education Center, le ministre Kenney a annoncé que le gouvernement du Canada octroyait 800 000 $ à quatre organisations pour l’exécution de projets visant à préserver les témoignages des survivants de l’Holocauste, afin que leurs histoires puissent être entendues par les générations futures. Le 9 octobre, le ministre a aussi annoncé le gagnant du Prix d’excellence pour l’éducation sur l’Holocauste, soit un enseignant de Toronto, Scott Masters.

Pour de plus amples renseignements sur le partinariat entre le Canada et l’AIMH.

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