Nouvelle : Ivan Babikov est arrivé 5e au 30 km poursuite, 7e au relais 4 x 10 km, 8e au 15 km style libre et 33e au 50 km départ groupé classique.

Le succès n’a pas été offert sur un plateau d’argent au fondeur Ivan Babikov. Sa première médaille d’or à la Coupe du monde – remportée en janvier dernier à Val di Fiemme, en Italie –, il la doit à son travail acharné.
Né et élevé dans la ville russe de Syktyvkar, Ivan Babikov s’est inscrit à l’âge de neuf ans dans l’équipe de ski de fond de son école. Ambitieux et déterminé à se montrer à la hauteur de ses coéquipiers, il s’est entraîné sans relâche, de sorte que petit à petit, il est devenu l’un des meilleurs fondeurs de Russie.
« J’ai travaillé fort, je me suis beaucoup entraîné et je ne me suis donné aucun répit. Je suis très entêté et j’ai continué à m’entraîner même quand je n’obtenais pas de bons résultats en Russie. J’ai persévéré, » affirme-t-il.
Ivan a immigré au Canada en 2003 en compagnie de sa mère grâce à une demande de parrainage présentée par sa sœur, qui vit à Toronto depuis 1998. Son intention n’était pas de faire carrière comme fondeur au Canada; son premier souci a plutôt été de se trouver un emploi à Toronto pour parrainer son épouse et son fils.
« Je ne me suis pas installé au Canada pour faire partie de l’équipe canadienne de ski, mais plutôt à cause du mode de vie : je voulais une meilleure vie et un avenir plus prometteur pour moi-même, mon fils et mon épouse. J’adore le mode de vie canadien; les Canadiens veulent vraiment la réussite des autres. »
Ivan a même songé à renoncer au ski, mais l’équipe de course X-C.com a eu tôt fait de le recruter. Il a ensuite emménagé à Canmore, en Alberta, pour se consacrer à sa passion. Les trois années suivantes ont été les plus difficiles de sa vie, alors qu’il a dû partager son temps entre l’Amérique du Nord, où avaient lieu ses entraînements et ses courses, et la Russie, où il passait ses étés en compagnie de son épouse Svetlana et de son nouveau-né Sergey.

En 2005, il a tenté d’obtenir la citoyenneté pour pouvoir porter les couleurs du Canada aux Jeux olympiques de 2006, mais, n’y étant pas admissible parce qu’il n’habitait pas au pays depuis assez longtemps, il s’est trouvé coincé entre deux mondes : il vivait et s’entraînait au Canada, mais il participait à des compétitions internationales pour la Russie. Il s’est finalement qualifié pour se rendre à Torino, a compétitionné au sein de l’équipe russe et est arrivé au 12e rang.
« J’ai trouvé difficile de retourner là-bas et d’essayer de m’adapter à leurs systèmes. Je vivais déjà au Canada, et ils me considéraient déjà comme un Canadien. À leurs yeux, je n’étais plus Russe. Mais c’était vraiment important pour moi, j’avais besoin de cette expérience pour me préparer en vue des Jeux olympiques de Vancouver. »
Son épouse et son fils l’ont rejoint à Canmore en 2006, mais il était souvent séparé d’eux : pour subvenir aux besoins de sa famille, il participait au plus grand nombre possible de compétitions offrant des prix en argent, la majorité ayant lieu à l’étranger.

L’équipe nationale de ski du Canada l’a pris sous son aile, mais n’a pas réussi à lui obtenir des subventions gouvernementales et des commandites. Se démenant pour joindre les deux bouts, Ivan attendait impatiemment le jour où il serait enfin Canadien. Celui-ci est finalement arrivé en 2008, après trois années difficiles.
« En tant qu’athlètes, nous devons gagner de l’argent pour vivre, manger et voyager. L’équipe nationale a tenté de m’aider, mais elle n’a pas pu faire beaucoup pour moi. Quand j’ai reçu mon passeport en février 2008, j’ai commencé à mieux respirer. Enfin, je pouvais compétitionner en tant que Canadien au sein de l’équipe nationale de ski et j’avais des commanditaires. »
L’obtention de la citoyenneté canadienne a signifié pour Ivan la fin de ses difficultés et le début d’une nouvelle vie. Sa victoire à la Coupe du monde en janvier dernier lui a permis de se qualifier pour les Jeux de 2010 à Vancouver, et il a hâte d’y représenter le Canada.
« Il m’aura fallu plus de trois ans pour obtenir la citoyenneté. Je suis on ne peut plus heureux d’être enfin Canadien et de pouvoir compétitionner pour le Canada. »