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Histoires de réussite

Fatima: Voyage au Canada – Le récit d’une réfugiée

Fatima Bahir

Juin 2010

Il y a 15 ans, Fatima Bahir était une jeune fille qui fréquentait une école pour réfugiés à Peshawar, au Pakistan. Aujourd’hui, elle est une citoyenne canadienne et une résidente d’Ottawa qui planifie avec ambition sa carrière au sein de la fonction publique. Lorsque nous lui avons demandé où elle souhaitait être dans cinq ans, elle nous a répondu, sourire aux lèvres, qu’elle voulait « occuper un poste de directrice ». Mais le parcours que cette conseillère en apprentissage à Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a dû franchir pour se rendre à Ottawa est on ne peut plus particulier.

Née à Kaboul, en Afghanistan, en 1977, Mme Bahir ne pensait jamais que dix ans plus tard elle et les membres de sa famille seraient forcés de fuir leur demeure, un endroit dont elle conserve de « beaux souvenirs ». Mais en 1993, la violence et les conflits ont dégénéré, de sorte qu’il n’était plus sécuritaire de rester dans la région. Mme Bahir et les membres de sa famille ont donc fui la résidence familiale à bord d’une minifourgonnette pleine à craquer. C’est à ce moment qu’a commencé leur périlleux voyage pour traverser la frontière. Ils ont dû franchir de nombreux points de contrôle et offrir des pots-de-vin lors de chaque arrêt.

Le séjour au Pakistan s’est avéré très différent pour Mme Bahir; ce fut un choc culturel pour elle. En tant que réfugiée, elle n’avait aucun statut ni aucune liberté de circulation. La seule option qui s’offrait à elle en matière d’éducation était une école austère pour jeunes filles réfugiées administrée grâce à l’aide d’organismes internationaux, où elle a étudié pendant quatre ans. L’avant-midi était consacré à l’enseignement des leçons par des professeurs formés à l’université, qui étaient, eux aussi, des réfugiés. L’après-midi, Fatima se rendait à une école d’anglais très réputée, c’était la chose à faire « si nous voulions nous rendre plus loin et faire quelque chose de notre vie ».

Elle a travaillé fébrilement et a rapidement obtenu son diplôme d’études secondaires. Elle a ensuite décidé de rester pour enseigner l’anglais dans l’espoir d’aider d’autres personnes. « Personne ne voulait rester dans un pays où personne n’avait de droits, le but était donc d’immigrer au Canada ou dans tout autre pays qui accepterait d’accueillir des réfugiés et de leur accorder le statut d’immigrant – la première étape à franchir était donc d’apprendre la langue (l’anglais) », a-t-elle déclaré.

Son travail assidu a attiré l’attention des coordonnateurs d’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), qui lui ont recommandé de présenter une demande dans le cadre du programme d’études pour réfugiés de l’organisme. En apprenant que sa demande avait été acceptée, elle savait que son rêve d’un « avenir meilleur allait se réaliser ».

Elle a donc fréquenté l’Université de Brandon, au Manitoba, où elle a obtenu un baccalauréat en mathématiques et en informatique. L’organisme EUMC, impressionné par ce qu’elle avait accompli, a présenté la candidature de Mme Bahir dans le cadre d’un programme de stage de CIC à l’intention des réfugiés, le Programme de stage pour les jeunes arrivants. Le stage de Mme Bahir a été des plus fructueux, de sorte qu’on lui a par la suite offert, en 2010, un poste à plein temps à CIC en lien avec des projets d’apprentissage en ligne.

Cette toute nouvelle citoyenne canadienne n’est peut-être pas une Canadienne de naissance, mais le chemin qui l’a menée jusqu’ici est une leçon de vie pour tous.

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