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Histoires de réussite

Brique par brique

Juin 2007

Photo de Jacob Après les drames qu’il a vécus, on aurait pu penser que Jacob aurait finalement été heureux de s’établir au Canada pour y vivre une vie tranquille. Cependant, cet homme altruiste du Soudan, âgé de 25 ans, a choisi de consacrer sa vie à aider son prochain.

À sept ans à peine, Jacob s’enfuit de Duk Padiet, son village natal, lorsque ce dernier fut envahi par les forces armées. Sans savoir ce qui était advenu de sa famille, il continua péniblement sa marche vers un camp de réfugiés en Éthiopie, frappé par le surpeuplement, la violence et la pauvreté, dans lequel il resta pendant treize ans.

Fatigué de sa misérable existence, Jacob choisit d’aller à la recherche d’une vie meilleure au Canada. L’ambassade canadienne le convoqua à une entrevue, et, deux semaines plus tard, il obtint l’autorisation nécessaire afin de se rendre au Canada. Muni d’un billet en direction d’Halifax et d’un petit prêt remboursable pour l’aider à commencer, Jacob passa les quatre années suivantes à occuper des emplois divers et à suivre des cours en vue d’améliorer son anglais.

Aujourd’hui, il est étudiant en administration à l’Université Acadia. De plus, il est porte-parole dans les écoles secondaires et à l’occasion de rencontres communautaires partout au pays d’une cause dont il est également le père – Brick by Brick, organisme de collecte de fonds qui fut fondé afin de permettre la construction d’une nouvelle école dans son ancien village. Jacob sent qu’il est également de son devoir de conscientiser les gens. Après les dures épreuves qu’il a traversées, il apprécie ce qu’il a trouvé au Canada et il veut aussi que les autres s’estiment heureux de vivre dans ce pays.

« Je n’essaie pas seulement de trouver de l’aide afin de construire une école […] J’essaie également de dire aux gens de ne pas tenir leur liberté pour acquise. Dans la conjoncture mondiale actuelle, les gens doivent être conscients de leur chance d’être au Canada », affirme-t-il.

Jusqu’à maintenant, la Wadeng Wings of Hope Society de Jacob a amassé 20 000 $ grâce à une vente de briques à 25 $ chacune. Bien qu’il soit loin d’avoir atteint son objectif de 300 000 $, il reste confiant.

Dix-huit ans après s’être échappé de son village assiégé, le jeune adulte retourna à la maison de son enfance. En décembre 2005, Jacob revint en effet à Duk Padiet avec 120 chèvres destinées aux villageois. Toutefois, toute cette joie était incomparable à celle qu’il ressentit lorsqu’il fut finalement réuni avec les membres de sa famille qui étaient toujours en vie. Ses trois sœurs ne pouvaient croire que le grand jeune homme en face d’elles était le garçon de sept ans dont elles portaient le tendre souvenir.

Jacob remarqua que beaucoup de choses avaient changé – toutes les écoles avaient été complètement détruites. Conscient de la valeur d’une bonne éducation, il sentit que la moindre des choses était de fournir un lieu d’apprentissage à la prochaine génération. Pendant que des professeurs volontaires enseignaient aux enfants du village assis à l’ombre des arbres, Jacob s’était engagé à collecter des fonds pour l’école et à aider les siens.

Au Canada, Edith, professeure en administration à l’Université Acadia, a l’intention de faire tout ce qu’elle peut pour amener l’université à s’engager dans cette noble cause, et David, doyen de la Faculté d’administration de l’Université de Dalhousie, essaie d’en faire tout autant avec l’institution où il travaille.

De retour en classe à l’Université Acadia, Jacob n’oublie pas son projet de retourner à Duk Padiet pour l’ouverture de l’école. Tout le soutien qu’il a reçu et qu’il continue de recevoir lui permet d’affirmer sa détermination.

« J’ai des rêves et je sais qu’un jour les habitants de la Nouvelle-Écosse et moi partagerons les mêmes », dit-il.

Ses paroles démontrent qu’il a su tirer avantage des occasions qui se sont présentées à lui au Canada. Son succès ne s’est pas seulement reflété dans le domaine de l’éducation et dans sa nouvelle vie au Canada, mais aussi dans ses efforts pour améliorer le sort de l’humanité.

Remarque : Remerciements sincères à Steve, chroniqueur économique au Herald de Halifax, pour avoir permis à CIC de s’inspirer de son article sur Jacob.


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