Septembre 2010

Atom Egoyan est l’un des nombreux Canadiens qui travaillent dans l’industrie cinématographique tant au Canada que sur la scène internationale. Toutefois, contrairement à bon nombre de ses contemporains, il n’essaie aucunement de masquer ses origines.
Ses œuvres acclamées par la critique sont souvent tournées au Canada, avec une distribution et une équipe canadiennes, et mettent en scène des histoires accessibles qui plaisent au public du monde entier. L’histoire personnelle de ce directeur de Toronto a grandement influencé sa carrière primée.M. Egoyan est né au Caire, en Égypte, de parents arméniens, en 1960. Shushan et Joseph Yeghoyan étaient des marchands de meubles à succès qui ont toutefois décidé que le Canada offrirait un meilleur environnement pour leur jeune famille. En arrivant à Victoria, en Colombie‑Britannique, ils ont changé leur nom de famille Yeghoyan pour Egoyan, dans l’espoir de prendre un nouveau départ.
Comme il l’a déclaré sur BBC News, son expérience en tant qu’immigrant constitue un élément important de sa formation. Il a affirmé que « mes parents ont pris la curieuse décision, lorsqu’ils ont immigré au Canada, de s’établir sur la côte Ouest — Victoria — qui était une collectivité très isolée à l’époque. Tout au long de ma jeunesse, nous étions la seule famille arménienne de cette région et j’ai donc appris très jeune que la notion d’identité laisse place à l’interprétation. »
« L’anglais n’est pas ma langue maternelle et je me souviens clairement de l’époque où je ne pouvais pas communiquer avec les autres. J’allais à l’école et je devais, et voulais tout simplement, être comme les autres. Il s’agit d’un élément important de mon éducation – cette idée de mettre une identité de côté et d’adopter une autre. »
Lorsqu’il était encore un jeune adulte, M. Egoyan a déménagé à Toronto pour poursuivre des études universitaires et explorer ses origines arméniennes de même que son identité canadienne. Il s’est intégré dans la communauté artistique et a commencé à écrire des scénarios et à produire ses œuvres, en plus de diriger des programmes télévisés et des documentaires.
Son long métrage Exotica (en 1994) lui a valu l’attention et l’éloge de la critique tant au Canada qu’à l’étranger. Il a par la suite réalisé le film De beaux lendemains tourné en 1997 qui lui a valu deux nominations à l’Oscar (meilleur réalisateur et meilleure adaptation).
Comme l’ont fait remarquer de nombreux critiques, Atom Egoyan met souvent en scène des personnages en quête de souvenir, de vérité et la compréhension. Il explique que « je crois que ces éléments occupent une place importante dans mes premières œuvres. Lorsque vous arrivez dans un nouveau pays et essayez de vous intégrer, vous prenez pleinement conscience de ce qu’il faut pour devenir un membre à part entière de la collectivité ».
« Vous vous rendez compte que la personnalité est concept et qu’il y des choses que vous pouvez absorber et d’autres pas. Je suis une personne adaptée à ma culture, mais je sais qu’il s’agit d’un acquis, qui n’était pas complètement naturel, et qui vous influence en quelque sorte ».
Le portfolio de M. Egoyan comprend actuellement 13 longs métrages; des productions d’opéra; des expositions d’arts pour le musée d’art moderne irlandais, l’Artangel à Londres et Le Fresnoy en France; et trois années d’enseignement à l’université de Toronto. Ses efforts visant à élargir et à enrichir la communauté artistique ont été reconnus en 1999, lorsqu’il a été nommé officier de l’Ordre du Canada.
Au cours d’une entrevue menée par Michael Gregoris en 2010, M. Egoyan a parlé du succès qui a suivi ses nominations à l’Oscar : « C’était vraiment surréel parce que c’est arrivé du jour au lendemain… c’était toute une aventure qui a beaucoup changé ma carrière… J’étais surtout fier du fait que ça visait un réalisateur et scénariste canadien. »
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