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Histoires de réussite

Boucler la boucle

Septembre 2008

Photo de FlorenceFlorence n’était qu’une enfant lorsque sa famille a fui le Vietnam en 1979, mais les souvenirs de ce voyage par moments éprouvant sont encore très clairs. Entassée sur un petit bateau, la famille a passé quatre jours en mer de Chine occidentale.

« Nous avons été attaqués à trois reprises par des pirates, se souvient Florence. J’étais trop jeune pour savoir exactement ce qui se passait, mais je me souviens d’avoir eu très peur, je savais que quelque chose n’allait pas, que quelque chose nous menaçait. »

Tirés de la mer par les autorités malaises, Florence, sa sœur, sa mère et son père ont passé les six mois suivants dans un camp de réfugiés bondé avec des milliers d’autres personnes qui avaient pris le même risque pour connaître la liberté.

Puis, Florence et sa famille ont rencontré un représentant de l’immigration canadienne, qui a laissé sa marque.

« C’était le premier homme blanc que je voyais de ma vie », dit-elle.

Florence se souvient davantage des sensations que des événements. « Nous avons passé des examens médicaux, rencontré le dentiste, fait des entrevues. Je me souviens de la gravité de la situation », dit-elle. « Je savais que mes parents étaient très préoccupés, très inquiets. »

Florence se souvient également que son père était très contrarié lorsque les agents d’immigration ont annoncé que la famille de réfugiés devait se rendre à Québec.

« Il les a suppliés de nous permettre d’aller à Toronto ou à Montréal, raconte Florence en riant. Il a dit “Je ne peux accepter que ma famille vive dans un igloo. Nous devons avoir l’électricité.” »

Une fois la question de l’électricité réglée, la famille s’est rendue à Québec.

« Notre première maison était très simple, et elle n’était pas située dans un quartier très désirable de la ville, dit Florence. Mais les gens du voisinage, même s’ils vivaient de peu eux-mêmes, ont été très généreux, très accueillants. »

« L’homme qui vivait à côté de chez nous m’a fabriqué une petite voiture en bois. Je n’oublierai jamais cette petite voiture. »

Aujourd’hui, Florence, qui possède un diplôme de l’Université Laval, travaille à Ottawa au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.  

« J’ai toujours voulu travailler d’une façon ou d’une autre dans la fonction publique, dit-elle. J’estimais que la meilleure façon de remercier le Canada et les Canadiens de nous avoir acceptés, de nous avoir donné une nouvelle et meilleure vie, était de travailler pour rendre le Canada encore meilleur. »

Florence exprime aussi sa profonde gratitude à l’égard de ses parents.  

« Je comprends maintenant à quel point ce fut difficile, quelle bataille ce fut pour eux, dit-elle. Ils ont fait des choses si extraordinaires pour ma sœur et moi, pour nous donner une meilleure vie. »

En janvier 2008, Florence et sa sœur se sont rendues au Vietnam.

« Après tout ce temps où, étant enfant, je me sentais en quelque sorte déconnectée, le fait de revenir dans le pays où je suis née, de me tenir devant l’ambassade de mon nouveau pays… c’est un sentiment difficile à décrire : étrange et merveilleux à la fois. »

Florence espère pouvoir un jour travailler pour le Canada dans un autre pays, peut-être même au Vietnam.

« C’est un endroit si prospère, si dynamique, dit-elle. Je crois que nos deux pays ont beaucoup à s’offrir, et j’aimerais jouer un rôle dans leur rapprochement. Ce serait un peu comme boucler la boucle pour moi. »


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