Janvier 2010
Hassan Ali Said est maintenant un homme heureux.
Avant l’âge de 18 ans, il avait déjà perdu toute sa famille au cours d’une guerre civile meurtrière en Somalie.
Pendant 12 ans, il a vécu en exil en Ouganda.
Là‑bas, il a brutalement été attaqué parce que ses parents étaient originaires de deux pays en conflit : son père venait de la Somalie et sa mère, de l’Éthiopie.
Au cours des huit années qui ont suivi, il a vécu dans un camp de détention préventive, où un couvre‑feu de 18 h lui était imposé.
Par la suite, il a immigré au Canada, et a obtenu la citoyenneté canadienne le 23 novembre.
« Maintenant, je verse des larmes de joie », dit‑il.
Sa reconnaissance – envers les Nations Unies, le Projet de loi sur les réfugiés, le gouvernement du Canada et toux ceux qui l’ont aidé à s’installer dans ce pays pacifique – est infinie.
Ainsi, M. Said a récemment publié un article dans le journal The Hamilton Spectator, dans lequel il présentait un résumé de son histoire et remerciait le gouvernement du Canada d’être « tout » pour lui.
« Je n’avais plus aucun espoir, refuge ou famille, mais au Canada, j’ai trouvé tout ce dont j’avais besoin dans la vie : des études, du travail, des perspectives, la liberté et la capacité d’aider les autres », décIare-t-il dans son article.
M. Said est né en Somalie le 26 octobre 1970. À la fin de son adolescence – il ne se souvient pas de l’âge exact – il est revenu un jour de l’école pour s’apercevoir qu’on avait mis le feu à la maison de sa famille à Mogadishu. Il croit que son père, sa mère ainsi que ses quatre frères et sœurs ont été assassinés.
Il a pris la fuite n’emportant avec lui que les vêtements qu’il portait.
Après environ deux semaines, il s’est retrouvé en Ouganda et s’est rendu au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Cependant, comme il n’avait aucun endroit où vivre en attendant le traitement de ses documents, il dormait dans les rues et mendiait pour se nourrir.
Quelques mois plus tard, un étudiant néerlandais diplômé qui menait une recherche sur le problème des réfugiés en Afrique l’a parrainé et lui a payé un logement.
Il a été attaqué dans un camp de l’ONU où il devait, selon ce qu’il racontait, rester de temps en temps. Il se rendait chez un ami, presqu’à la tombée de la nuit, lorsqu’une personne l’a attrapé par le cou, par derrière.
Ses attaquants lui ont recouvert la tête et attaché les mains derrière le dos. Ils l’ont forcé à se mettre à genoux et l’ont fait entrer un sac.
Il ne connaît pas l’identité de ses attaquants, mais affirme qu’ils avaient l’intention de le jeter dans la rivière et de le tuer juste parce qu’il avait plus qu’une lignée.
Il a été sauvé lorsque des gens ont vu ce qui se passait et ont commencé à crier.
Après l’incident, M. Said a été transféré dans un camp sécurisé, où il a vécu pendant huit ans avant de venir au Canada, en juillet 2005.
« J’ai le droit de parler… de dire quelque chose. Même si je me promène la nuit, personne ne viendra m’ennuyer. On me laisse tranquille », dit‑il. « C’est pour cela que j’affirme être… complètement libre. »
M. Said ne mène pas une vie éblouissante. Depuis quatre ans, il habite dans le même studio, qu’il loue de CityHousing. Sur le mur du fond, il y a un énorme drapeau du Canada. Sur celui d’à côté, il y a des drapeaux de la Somalie et de l’Éthiopie. M. Said travaille actuellement dans un parc de stationnement près du Hamilton General Hospital et gagne quelques centaines de dollars par semaine. Il a également travaillé comme opérateur de machine et dans le domaine de la sécurité.
Il a participé au programme d’anglais langue seconde du Mohawk College, mais il lui manquait un point dans trois des quatre catégories nécessaires pour poursuivre sa douzième année.
Il y a deux ans, il a abandonné ses études lorsqu’il s’est rendu en Éthiopie pour se marier. L’épouse de M. Said devait acheter un billet d’avion hier et le rejoindre au Canada d’ici Noël. Il cherche un plus grand appartement et espère terminer ses études un jour afin de se trouver un emploi d’ordre humanitaire, qui lui permettrait d’aider les autres, comme il le fait actuellement avec les nouveaux arrivants.
Il souahite aussi écrire une autobiographie.
« Je peux maintenant dire que ma vie est belle », déclare M. Said en rêvant déjà au moment où son épouse l’aura rejoint et qu’ils auront un enfant.
Source : Dana Brown, The Hamilton Spectator
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