Janvier 2010

À l’aurore, dans un village du Myanmar oriental, une adolescente de 13 ans entend une meute de chiens aboyer. Ses parents rassemblent rapidement ses sœurs et ses frères, puis la famille composée de 10 personnes s’enfuit pendant que les troupes gouvernementales attaquent leur village en tirant à la mitrailleuse et en brûlant les cabanes. Cachée dans la jungle, près d’une rivière, la famille regarde la fumée s’élever au-dessus des arbres. La nuit tombée, elle court dans la jungle, puis traverse une rivière afin d’atteindre le pays voisin, la Thaïlande, où elle entre dans un camp de réfugiés. C’était en 1992.
Zipporah Min, issue du groupe ethnique appelé Karen, raconte que les chefs de la junte militaire avaient juré que « le seul endroit où l’on pourra trouver un Karen est dans un musée ».
En 2006, Zipporah Min devient l’une des premières des 350 Karens à s’établir à Langley en tant que réfugiée. Aujourd’hui, elle travaille pour l’arrondissement scolaire de Langley où elle aide de jeunes Karens à s’adapter à la vie en Colombie-Britannique.
Ali Shar, âgé de 43 ans, et son épouse Nwel Nwel, 36 ans, sont des parents qu’elle a aidés à s’installer à Langley, en 2007. Ali Shar explique qu’ils se sont réjouis à l’idée de quitter la hutte en bambou qu’ils occupaient dans le camp de réfugiés situé en Thaïlande.
Quand Ali Shar a appris que le gouvernement canadien avait accepté sa famille, il se souvient avoir pensé : « Une fois au Canada, nous serons libres de nous installer où bon nous semble. Nos enfants auront un avenir. »
Lorsque sa famille et lui-même sont arrivés à Langley et qu’il a vu les montagnes recouvertes de neige border les vallées fertiles, il s’est dit : « Je n’aurais jamais rêvé d’un endroit pareil. »
Lisa Sadler, travailleuse en établissement pour l’arrondissement scolaire, explique que le Langley Christmas Bureau – et le hockey, bien sûr! – aide les familles et les jeunes Karens à s’intégrer.
L’année dernière, le Langley Christmas Bureau a offert de l’équipement et des bâtons de hockey aux enfants karens. Les plus jeunes jouent au hockey de rue, et environ 40 adolescents sont inscrits dans un programme de hockey organisé par Trevor Linden, un ancien champion des Canucks.
« Ils se sentent Canadiens, maintenant, indique Zipporah Min. C’est une expérience importante pour eux, car c’est la première fois qu’ils voient de la glace. »
« La communauté de Langley s’est rassemblée autour des Karens, ajoute Lisa Sadler. Par ailleurs, le hockey les aide vraiment à prendre leur place, et ils ont l’occasion de rencontrer des enfants canadiens. »
Lisa Sadler explique que son travail auprès des Karens fait ressortir la valeur de la citoyenneté canadienne.
« Cela me fend le cœur quand j’entends les histoires des familles, confie-t-elle. Je me sens si privilégiée d’avoir grandi au Canada, en sécurité et avec un endroit où vivre. »
L’année dernière, nos lecteurs ont récolté 335 000 $ pour l’Empty Stocking Fund, fonds créé il y a maintenant 91 ans. La somme a ensuite été distribuée à 27 groupes communautaires, qui fournissent de la nourriture, un hébergement et des cadeaux à des milliers de personnes dans le besoin. Notre partenaire Centraide gère ce fonds, et notre journal, The Province, assumeles coûts administratifs de la campagne.
Source : Sam Cooper
The Province
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