Juin 2011
Alexis Musanganya est né et a grandi à Kigali, au Rwanda. Au printemps de 1994, il a quitté le Rwanda, car la guerre et les troubles civils l’ont forcé à fuir. Il a marché sur la longue distance séparant Kigali de Butare, au Zaïre, et a finalement atteint la Zambie. Comme la mort et le désespoir étaient partout au Rwanda, son chemin a été long et pavé d’embûches. Après de nombreux trajets en train, en autobus et en avion, Alexis est enfin arrivé au Canada en tant que réfugié en juillet 1998, à l’âge de 24 ans.
Son intégration à la société canadienne a été couronnée, mais il admet avoir eu de la difficulté à endurer les nombreux hivers canadiens et les barrières linguistiques durant ses premières années. Sa sœur et son beau-frère, qui vivaient déjà au Canada, ont joué un rôle crucial dans son intégration. « Ma sœur m’a offert des conseils et son mari est devenu une source d’inspiration pour moi; ils m’ont tous deux aidé dans mon parcours », a-t-il mentionné.
En 1999, Alexis a commencé à étudier l’informatique et a obtenu son baccalauréat en 2002. La même année, il est officiellement devenu citoyen canadien.
En 2004, Alexis a fondé Arc en ciel d’Afrique, une organisation communautaire pour les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) qui rassemble des immigrants LGBT originaires des Caraïbes et de l’Afrique vivant au Québec. Il a fondé l’organisation afin de sensibiliser la communauté afro-antillaise à la question de l’homosexualité, de créer un dialogue ouvert et de promouvoir la tolérance. En 2009, il crée le Festival des films LGBT afro-caribéens pendant le Mois de l’histoire des Noirs, maintenant devenu un élément régulier du calendrier des événements.
Alexis espère devenir diplomate ou travailler au sein d’une organisation internationale comme le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Son implication au sein d’Arc en ciel d’Afrique lui a permis d’entrer en contact avec des gens de partout au Québec, au Canada et même à l’étranger.
« Je suis devenu une sorte d’ambassadeur pour les Africains LGBT qui ont peur de sortir du placard dans leurs communautés », déclare fièrement Alexis. Il reçoit régulièrement des lettres d’encouragement de personnes le qualifiant notamment de source d’inspiration et le félicitant pour sa contribution envers la cause. Alexis est conscient du fait qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour favoriser l’acceptation, mais il continue d’éduquer les gens sur les questions concernant les personnes LGBT en organisant des activités de sensibilisation envers la cause.
Alexis sait assurément à quel point la vie peut être fragile et comment il est important d’être fidèle à soi-même.
Saviez-vous que près de 30 % des réfugiés pris en charge par le gouvernement réinstallés au Canada en 2010 provenaient de l’Afrique?