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Histoires de réussite

Une bouffée d’air frais pour l’âme de ce pays

Avril 2008

Photo de MushfiqL’Afghanistan, c’est beaucoup plus qu’un conflit armé. Demandez à Mushfiq, un musicien et visualiste qui a apporté au Canada la culture de son pays d’origine.

Après avoir tenu un rôle dans une émission dramatique en Afghanistan dès l’âge de cinq ans, et ouvert sa propre école d’arts et de musique à l’âge de 30 ans, Mushfiq a dû fuir son pays en 1992, lors de la chute de l’ancien régime soviétique qui a mené à l’éclosion d’une guerre civile à Kaboul.

« Tant que je peux pratiquer mon art, je me sens chez moi », précise-t-il en se remémorant comment s’est déroulé son voyage d’une décennie au cours duquel il a séjourné dans plusieurs pays, comme le Pakistan, le Kazakhstan et les Pays-Bas, où il a obtenu une maîtrise en musique classique orientale.

Mushfiq est arrivé au Canada en 2001 pour y épouser sa fiancée. Même si on lui offrait d’enseigner, de peindre et de se produire en Europe, il a choisi le Canada pour être plus près de sa famille élargie.

Aujourd’hui, dans le studio de Mushfiq, situé à Ottawa, on peut admirer ses toiles et ses calligraphies. Selon lui, les nouveaux arrivants contribuent grandement à enrichir la culture canadienne en rapportant l’art de leur pays d’origine au Canada.

« Le Canada s’est enrichi grâce à l’immigration, ajoute-t-il. Les arts et la musique provenant des quatre coins du monde constituent une bouffée d’air frais pour l’âme de ce pays. »

Maintenant résident permanent du Canada, Mushfiq utilise l’art pour montrer aux Canadiens la culture afghane.

« Je suis originaire d’un pays au patrimoine culturel et artistique diversifié. Et j’essaie de le partager avec toutes les personnes de mon entourage. »

En 2003, il a mis sur pied la Mushfiq Arts Company, le seul organisme d’Ottawa qui se consacre à l’enseignement, à la promotion et à l’exposition/démonstration de la musique, des arts et du patrimoine culturel de l’Asie méridionale et centrale.

Par l’intermédiaire de son entreprise, Mushfiq enseigne la musique et l’art afghans à des étudiants aux origines diverses. Il a également formé un groupe de musique qui se produit notamment lors d’activités locales, comme le Festival de musique folk d’Ottawa, et dont les concerts ont déjà été radiodiffusés sur les chaînes anglophone et francophone de la Société Radio-Canada.

Afin de mieux faire connaître ses origines, Mushfiq se sert également de son art pour venir en aide à sa terre natale. Il s’est produit lors de concerts bénéfiques pour les victimes du violent séisme qui a secoué le Pakistan en 2005 ainsi que pour les victimes de mines terrestres en Afghanistan.

Une de ses plus grandes joies est de constater à quel point sa culture réussit à se démarquer en terre étrangère.

« Bien que l’appui que je reçois provienne en grande partie des communautés d’immigrants, notre auditoire se compose de plus en plus d’amateurs du grand public, a‑t‑il précisé. »

« Tous les Canadiens sont de plus en plus attirés vers la musique et les arts d’ailleurs, et je me sens privilégié de partager ce que j’ai avec les gens de mon entourage. »

« Je ne me sens pas comme un étranger ici. Les artistes se sentent partout chez eux. »


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