Juin 2011
Quatre jours avant son 17e anniversaire, Remzi Cej, accompagné de ses parents, a dû fuir le Kosovo, alors déchiré par la guerre. Après avoir quitté le pays, ils ont vécu dans sept camps de réfugiés pendant un an et demi. Aujourd’hui, plus de 10 ans plus tard, Remzi est devenu boursier de la fondation Cecil Rhodes et travaille comme conseiller en politiques pour le gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador. « Ma place est ici. J’ai décidé que je voulais donner quelque chose en retour à la collectivité qui m’a aidé à devenir la personne que je suis aujourd’hui », déclare Remzi.
Son évasion d’un pays ravagé par la guerre a été déchirante. Ses parents ont commencé leur long périple en se dirigeant vers la frontière albanaise, mais les forces paramilitaires serbes leur en ont interdit l’accès à maintes reprises. Ils ont marché plus de 270 km en une semaine avec des milliers d’autres personnes. Beaucoup d’entre elles se sont perdues en chemin, dont l’oncle de Remzi, qui a été séparé de sa famille pendant cet exode. Ce n’est que des années plus tard que son corps sera découvert dans une fosse commune et que la famille apprendra la triste nouvelle. Un an avant cet exode, le frère de Remzi avait fui en Turquie. On fut longtemps sans avoir de ses nouvelles, mais grâce à une rencontre fortuite avec un journaliste, la famille a pu être réunie à nouveau, il y a quelques années.
La famille de Remzi a été sélectionnée pour la réinstallation par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Elle a présenté une demande d’asile aux États-Unis et au Canada, ne sachant pas qui l’accepterait. Lorsque Remzi a été informé que le Canada souhaitait les recevoir et que trois familles dans une ville appelée St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, voulaient les faire venir, il se rappelle avoir pensé : « Mais quel genre de pays est-ce? Voici de parfaits inconnus qui ne nous connaissent même pas et qui tiennent à ce que nous venions dans leur communauté! »
Remzi et ses parents sont venus au Canada en vertu du programme de parrainage d’aide conjointe, qui a permis à des groupes communautaires et à des familles de collaborer avec le gouvernement du Canada pour réinstaller des réfugiés.
Âgé aujourd’hui de 27 ans, Remzi a accompli des choses auxquelles la plupart des gens ne peuvent que rêver. Il a un diplôme d’études supérieures de l’université d’Oxford, parle sept langues et a une vision du monde qui n’a d’égale que sa passion pour les droits de la personne. Il pourrait littéralement aller n’importe où sur la planète pour réaliser ses objectifs, mais il préfère rester à St. John’s, sur la côte Atlantique du Canada : nulle part ailleurs n’a-t-il trouvé une collectivité aussi accueillante que celle dans laquelle il vit à Terre-Neuve-et-Labrador. Les gens et le paysage sont ce qui le retient ici, et comme il continue son travail pour les droits de la personne, il croit que les changements qu’il pourra faire à l’échelle locale pourraient avoir des répercussions dans le monde. « Mon expérience m’a appris que la vie est une chose précieuse. Elle peut vous être enlevée en un instant. »
Saviez-vous qu’en mai 1999, sous le nom de code opération Parasol, plus de 7 000 réfugiés kosovars ont été évacués par les airs vers des bases militaires de l’est du Canada?