Une nouvelle vie au Canada

Un chef cuisinier, un constructeur et un universitaire ainsi que leurs familles ont vu leur vie bouleversée par le conflit en Syrie. Écoutez leur histoire tandis qu’ils entament leur nouvelle vie au Canada.

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Transcription : « Une nouvelle vie au Canada »

Durée de la vidéo : 11:57 minutes

Une femme voilée est assise à la table de la salle à manger

AHLAM:­ Nous vivions à Damas.

On lit à l’écran : « Ahlam Mahmoud Haboo »

AHLAM: nous allions à l’école. Nous avions une vie agréable. Nous étions en sécurité.

Son mari apparaît dans le cadre et s’assoit à côté d’elle.

JAMAL: Nous étions très heureux. Nous vivions en paix. Nous étions bien installés.

On lit à l’écran : « Jamal Mahmoud Haboo »

JAMAL: Et, qu’ils soient kurdes, alaouites, sunnites ou chiites, jamais nous ne faisions attention à l’appartenance ethnique des autres.

L’écran devient noir.

Un home debout dans son salon se tourne vers la caméra.

SAMER: Je suis né dans la ville de Jasem, à Daraa.

On lit à l’écran : « Samer Al Jbawi »

SAMER: J’ai étudié la littérature anglaise à l’Université de Damas pendant quatre ans.

L’écran devient noir.

Une femme voilée est debout dans son salon.

On lit à l’écran : « Badiaa Mohamad »

BADIAA: J’étais infirmière à l’hôpital pour enfants de Damas.

Son mari apparaît dans le cadre et se joint à elle.

On lit à l’écran : « Mahmoud Dawoud Alsaghir »

MAHMOUD: Moi, je travaillais comme chef.

L’écran change et démontre une grande place publique avec de nombreuses personnes dans une ville en Syrie.

BADIAA: Au début, ce n’était que des troubles mineurs. Il n’y avait que des manifestations.

L’écran change et on aperçoit une démonstration avec des drapeaux et des pancartes syrien.

BADIAA: Nous ne nous attendions pas à une pareille escalade de la violence.

On aperçoit plusieurs édifices troués par les balles, des familles qui s’enfuient, des femmes et des enfants qui prennent place dans un camion militaire.

On lit à l’écran : « UNE NOUVELLE VIE AU CANADA : Un chef, un ouvrier de la construction, un universitaire et leurs familles respectives ont vu leur vie déchirée par la destruction de la Syrie. Voici l’histoire de leur parcours. »

On aperçoit deux jeunes adolescents qui marchent et parlent dehors en hiver.

On lit à l’écran : « TEMPS FROID, MAIS ACCUEIL CHALEUREUX (premières impressions) »

Mahmoud regarde dehors par la fenêtre.

MAHMOUD: Ça, c’est sûr, je n’oublierai jamais cette journée là. Ça avait tout de même quelque chose d’un peu drôle :

Deux jeunes adolescents approches la clôture arrière d’une maison.

MAHMOUD: quand nous avons quitté la Jordanie, il faisait au moins 30 degrés Celsius. Et quand nous sommes arrivés ici 13 heures plus tard,

il faisait moins 30 degrés Celsius.

Les deux jeunes franchissent le jardin arrière de la maison et frappent à la porte. 

Mahmoud ouvre la porte et embrasse ses enfants.

L’écran change et Ahlam est assise à la table de la salle à manger avec sa fille, encore bébé.

AHLAM: J’ai trouvé que c’était un pays magnifique où tout est accessible.

Un pays magnifique, mais très froid. Nous sommes arrivés en hiver. Au début, nous avions de la difficulté à nous habituer au changement d’heure.

Nous nous réveillions, et c’était encore tout noir. Au début, c’était bizarre, mais nous avons fini par nous habituer.

Samer, son épouse et leurs deux enfants approchent une maison dans la nuit. Ils portent avec eux des sacs cadeaux colorés. On aperçoit des lumières de Noël illuminées dans le noir. Une jeune fille ouvre la porte pour la famille. Ils offrent leurs salutations aux hôtes.

SAMER: À mon arrivée ici, quand j’ai commencé à interagir avec les gens,

j’ai dit qu’ils nous accueillaient chaleureusement en nous ouvrant la porte de leur maison.

Les familles échangent leurs cadeaux.

Samer est assis dans son salon.

SAMER: Ils essaient de nous aider du mieux possible. Ce qui m’a frappé, c’est la grande gentillesse des gens.

Une main appuie sur le bouton de signalisation à une intersection.

On lit à l’écran : « UN NOUVEL ENVIRONNEMENT, DE NOUVEAUX DÉFIS : Quand tout ce qui vous entoure est étrange et nouveau, les premiers pas, hésitants, sont souvent les plus difficiles. »

Jamal traverse la rue.

JAMAL: Ma femme a donné naissance à Shems à Qamishly. Elle était atteinte de paralysie cérébrale. Ça a affecté sa respiration et ses poumons.

Elle était très malade, et j’ai dû travailler fort pour pouvoir la faire traiter.

Elle ne pouvait pas recevoir suffisamment de soins médicaux en Turquie.

Elle s’affaiblissait de jour en jour.

Jamal est assis dans la salle à manger.

JAMAL: Puis nous sommes venus au Canada. Dieu merci! À notre arrivée, nous l’avons fait examiner, mais les médecins ont dit que c’était sans espoir. Ils l’ont amenée dans une chambre et nous ont dit qu’elle ne vivrait pas longtemps… et que nous devrions rester pour nous occuper d’elle.

Nous avions projeté d’aller là bas et d’y rester un certain temps. Elle est morte le lendemain soir, dans nos bras.

Badiaa s’approche d’un édifice et entre. Le panneau sur l’édifice indique « Centre récréatif ».

On lit à l’écran : « Apprendre et travailler »

Une femme portant l’hijab écrit en arabe sur un tableau blanc et enseigne dans une salle de classe à un groupe de femmes voilées. Badiaa est une étudiante.

BADIAA: J’ai fait beaucoup de progrès en peu de temps.

En commençant mes cours, je me suis retrouvée dans une nouvelle communauté. Je m’y suis fait des amies. Je sens que j’y ai ma place.

J’ai suivi un cours d’éducation à la petite enfance.

Badiaa reçoit un certificat de sa professeure et toute la classe l’applaudit.

BADIAA: J’ai obtenu mon certificat et je peux maintenant travailler dans ce domaine.  

Badiaa et sa famille sont en train de souper dans la salle à manger.

BADIAA: Je veux être auprès de mon mari et de mes enfants pour les encourager à réussir dans leur travail et leurs études.

On aperçoit un montage d’images en noir et blanc qui démontre un groupe de familles syriennes arrivant à un camp de réfugiés UNHCR.

BADIAA: Quand vous passez à une nouvelle étape de votre vie, vous devez être optimiste, pleine d’espoir et déterminée à réaliser quelque chose. Il ne faut pas rester les bras croisés. Il faut regarder en avant, pas derrière soi.

Tout ce que nous avons vécu devrait nous motiver à agir pour nous en ortir, surtout pour les enfants, qui ont beaucoup été touchés par les événements.

Samer jase avec un client au travail.

SAMER: Si je n’avais pas fait de bénévolat au cours des six premiers mois,

je ne participerais pas à communauté canadienne,

Samer est assis dans son salon.

SAMER: …car le bénévolat m’a donné l’occasion de faire partie de la société, d’accepter les gens, de les laisser m’accepter, de partager des idées et la culture, de comprendre avec quel genre de personnes je vis.

Voilà, ça résume mes six premiers mois ici au Canada.

Samer enseigne à une classe de nouveaux canadiens un cours d’informatique.

SAMER: Maintenant, je travaille comme conseiller en établissement

au centre somalien des services à la famille. J’ai commencé à travailler là en juillet 2016. Nous enseignons aux gens à se servir d’un ordinateur portatif, à utiliser Windows, par exemple.

Samer est assis dans son salon.

SAMER: Comme j’ai un emploi, je touche un revenu. Je n’ai pas besoin de l’aide du gouvernement.

Samer et sa famille embarque dans la voiture pour aller se balader. L’épouse de Samer démontre des cartes-éclair à son jeune garçon qui est assis dans un siège d’auto sur la banquette arrière.

SAMER: Mon revenu suffit à couvrir les dépenses comme le loyer et les dépenses courantes comme celles de n’importe quel ménage canadien :

l’auto et tout ce dont une personne a besoin pour vivre au Canada.

On lit à l’écran : « LE CANADA, MON NOUVEAU CHEZ‑MOI : Une fois la culture acceptée, la confiance établie, l’âme a enfin un point d’appui pour s’épanouir et trouver un peu de paix. »

AHLAM: Quand je marche dans la rue, personne ne me demande pourquoi je porte le hijab. Personne ne se mêle de la vie des autres. On voit toutes sortes de gens, mais personne ne se mêle des affaires des autres.

C’est l’une des choses qui me plaît le plus ici.

MAHMOUD: Ici, c’est notre pays maintenant, notre pays n’existe plus, alors c’est ici notre pays.

Jamal et Ahlam se préparent du café et une collation dans la cuisine.

AHLAM: Quand je marche dans la rue, personne ne me demande pourquoi je porte le hijab. Personne ne se mêle de la vie des autres.

Jamal et Ahlam sont assis dans leur salon avec un cabaret de café et de collations. À la télévision, on diffuse une partie de soccer.

AHLAM: On voit toutes sortes de gens, mais personne ne se mêle des affaires des autres. C’est l’une des choses qui me plaît le plus ici.

Dans la cuisine d’un restaurant, Mahmoud prépare un nombre de plats sur la cuisinière. Lorsqu’ils sont prêts, il les place sur le comptoir pour que les serveurs puissent les ramasser.

MAHMOUD: Je travaille comme chef. Je travaille dans le secteur alimentaire et en restauration, aussi bien du côté gestion de restaurant qu’à la cuisine. Je peux cuisiner toutes sortes de plats arabes, des mezzés aux plats principaux, et aussi des desserts. Je travaillais à Damas, puis je suis allé en Jordanie, après les incidents, et j’ai travaillé à Amman durant près de cinq ans. Puis nous sommes venus ici, au Canada, et, heureusement, je fais la même chose ici. C’est une chance d’avoir pu trouver un emploi dans ce domaine, et donc je travaille actuellement dans un restaurant, Dieu merci! Nous travaillons fort, nous sommes actifs et nous avons beaucoup de potentiel. Si on nous en donne la chance, nous sommes compétents et nous adorons travailler.

Samer lit le Coran à la mosquée.

SAMER: Ils respectent notre culture et ils veulent que nous la protégions,

que nous la gardions, même la langue arabe. C’est pourquoi le samedi et le dimanche il y a des cours, pour enseigner la langue arabe.

À l’école, Jamal écrit en anglais sur le tableau. Son professeur(e) lui pose des questions.

On lit à l’écran : « CONSTRUIRE L’AVENIR : La confiance grandit avec le sentiment d’être accepté et de faire des progrès, ce qui donne la chance de réaliser ses rêves pour se reconstruire.»

Jamal et Ahlam jouent avec leur bébé en souriant.

JAMAL: Notre vie a changé avec l’arrivée de notre nouveau née. Elle est la meilleure chose qui nous soit arrivée ici au Canada. Elle est un cadeau de Dieu. Quand je reviens à la maison, je la vois sourire. Ça me rend tellement heureuse de voir à quel point le gouvernement s’occupe des enfants et des femmes.

Jamal est assis dans le salon.

JAMAL: Merci, merci, merci beaucoup de tous les gens au Canada.

Jamal et Ahlam sont assis à la table et mangent dans la salle à manger avec leur enfant.

JAMAL: (Je suis) très heureux au Canada, moi et ma famille. Le Canada est très bon pour les gens, pour les familles.

AHLAM: Je peux avoir une éducation, et ma fille aussi peut avoir une éducation. Elle aura des amies et elle va adorer le Canada.

Samer et sa famille se ballade dehors.

SAMER: Ce que j’aime dans mon travail, c’est de pouvoir gagner de l’argent et aussi de payer mes impôts, et au bout de ces six mois, je crois que j’aurais remboursé ce qu’ils ont déboursé pour nous durant les six premiers mois.

À son bureau, Samer accepte un tableau d’un groupe d’enfants et leur aidante. Le tableau comporte deux arbres et des fleurs et porte la mention « Nous sommes des fleurs du même jardin. » Samer remercie les enfants.

SAMER: Je voudrais transmettre à mes frères et à mes amis canadiens un message tout simple : ce qui nous a encouragés à venir au Canada, c’est avant tout la culture canadienne, une culture d’ouverture, de respect des croyances religieuses, même malgré les petits incidents qui ont pu survenir. C’est ça la diversité culturelle du Canada, et c’est ça qui fait sa force.

Dans le salon, Mahmoud et son fils regardent des photos à l’ordinateur.

MAHMOUD: Quand je suis venu ici, j’avais un but, un objectif à atteindre :

reconstruire ce que j’ai perdu dans ma vie d’avant.  

Mahmoud et Badiaa quitte un édifice à pieds. En marchant, ils admirent le certificat de Badiaa. Ils embarquent dans leur voiture.

MAHMOUD: Grâce à Dieu, nous avons fait un bon bout de chemin. Ils nous ont classés parmi les familles qui ont réussi au pays. Les enfants vont à l’école, nous travaillons, nous allons à l’école, nous sommes sur la bonne voie. Notre but était, et est encore d’avancer, de ne jamais revenir en arrière. Il y a un an, les choses étaient bien différentes. Notre situation est bien meilleure maintenant.

Ali et Hediah, les deux enfants de Mahmoud et Badiaa, sont en train de construire un bonhomme de neige dehors avec deux autres enfants. Ils sourient pour la caméra.

BADIAA: Être au Canada, maintenant, par rapport à ce que c'était il y a un an : tellement de choses ont changé! Il y avait la barrière de la langue, mais, grâce à Dieu, mon mari et les enfants se sont beaucoup améliorés de ce côté là, et pour bien d’autres choses aussi. Maintenant, nous nous sommes adaptés au climat, aux gens et à la vie. Nous nous sentons comme chez nous. Nous n’avons plus l’impression d’avoir quitté notre pays pour venir ici.

Mahmoud est assis à la table de cuisine avec Ali et Hediah. Ils regardent un livre.

ALI: Mon école est très bien. Je l’aime, et le professeur et tout le monde aussi. Ils m’enseignent très bien, et mes amis sont très gentils. Ils m’aiment beaucoup et ce sont de très, très bons amis, et moi aussi je les aime beaucoup.

HEDIAH: Ici, on peut réaliser tout ce qu’on veut. On peut atteindre ses buts.

Par exemple, si je veux devenir médecin, c’est possible. Je sais que c’est possible, parce que je suis au Canada.

On aperçoit un montage des trois familles dans leurs maisons, posant pour la caméra.

On lit à l’écran : « CONSTRUIRE L’AVENIR : La confiance grandit avec le sentiment d’être accepté et de faire des progrès, ce qui donne la chance de réaliser ses rêves pour se reconstruire. »

Fondu au noir.

La signature d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et l’avis du droit d’auteur « Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, 2017 », s’affichent à l’écran.

Le mot-symbole « Canada » s’affiche sur un fond d’écran noir.

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