Le 20e anniversaire de la présentation d’excuses officielles de la part du gouvernement du Canada pour l’internement des Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale

Peu après l’entrée du Japon dans la Deuxième Guerre mondiale le 7 décembre 1941, les Canadiens d’origine japonaise ont été retirés de la côte Ouest. L’argument de la « nécessité militaire » fut invoqué comme justification pour leur déplacement et incarcération en masse, en dépit du fait que certains hauts dirigeants des forces armées canadiennes et de la GRC s’étaient opposés à cette mesure, arguant que les Canadiens d’origine japonaise ne posaient aucune menace à la sécurité. Tout de même, l’exclusion de la côte Ouest se poursuivit pendant quatre ans, soit jusqu’en 1949. Cette monstrueuse injustice fut le point culminant d’un mouvement visant à éliminer les Asiatiques de la côte Ouest amorcé plusieurs dizaines d’années auparavant en Colombie-Britannique.

En 1942, l’ordre de quitter la « zone interdite » et de s’installer dans les terres, à 100 miles (160 km) de la côte Ouest, a été donné en vertu de la Loi sur les mesures de guerre. Cet ordre touchait plus de 21 000 Canadiens d’origine japonaise. Plusieurs ont d’abord été détenus dans les étables pour bétail du parc Hastings (les lieux de la Pacific National Exhibition de Vancouver), puis ils ont été déménagés dans des camps construits à la hâte à l’intérieur de la Colombie-Britannique. Au début, plusieurs hommes étaient séparés de leur famille et envoyés dans des camps de routes en Ontario et à la frontière de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. De petites villes à l’intérieur de la Colombie-Britannique — comme Greenwood, Sandon, New Denver et Slocan — devinrent des quartiers d’internement principalement pour les femmes, les enfants et les personnes âgées. Par souci de garder toute la famille ensemble, certains membres acceptaient de travailler dans des fermes de betteraves à sucre de l’Alberta et du Manitoba, où sévissait une pénurie de main-d’œuvre. Ceux qui défiaient les ordres du gouvernement canadien ou qui y résistaient étaient rassemblés par la GRC et incarcérés dans un camp de prisonniers de guerre ceint d’une clôture barbelée, situé à Angler, en Ontario.

Malgré ses promesses du contraire, en vertu de la règle du « séquestre des biens d’ennemis étrangers », le gouvernement vendit les propriétés confisquées des Canadiens d’origine japonaise. Les recettes furent utilisées pour payer les encanteurs et les agents immobiliers, ainsi que pour couvrir les coûts d’entreposage et de manutention. Le reste de l’argent servit à payer les petites allocations versées aux personnes internées dans les camps. Contrairement aux prisonniers de guerre de pays ennemis qui étaient protégés par la Convention de Genève, les Canadiens d’origine japonaise furent forcés de payer pour leur propre internement. Leurs déplacements étaient restreints et leur courrier était censuré.

Puisque la Deuxième Guerre mondiale tirait à sa fin, les Canadiens d’origine japonaise ont été fortement encouragés de prouver leur « loyauté envers le Canada » en « déménageant à l’est des Rocheuses » immédiatement ou en signant des documents acceptant d’être « rapatriés » au Japon dès la fin de la guerre. Plusieurs personnes ont déménagé dans les provinces des Prairies, tandis que d’autres ont choisi d’élire domicile en Ontario et au Québec. Environ 4 000 personnes, dont la moitié d’entre elles étaient nées au Canada et un tiers étaient des enfants à charge de moins de 16 ans, ont été exilées au Japon en 1946.

En septembre 1988, le gouvernement du Canada a présenté des excuses formelles en Chambre des communes et a offert une compensation pour l’incarcération injustifiée, la saisie de propriété et la privation du droit de vote des Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale.

« Je sais que je parle au nom de tous les députés en présentant aux Canadiens d’origine japonaise les excuses officielles et sincères du Parlement pour les injustices qui ont été commises dans le passé envers eux, leurs familles et leurs descendants, et en promettant solennellement aux Canadiens de toutes origines que pareilles injustices ne seront plus tolérées et ne se reproduiront plus jamais. »
Allocution du premier ministre Brian Mulroney à la Chambre des communes, le 22 septembre 1988