Le Canada accueille les réfugiés
Contribution du Canada pour atténuer un problème international
Comme bon nombre de ses compatriotes réfugiés karens, Yo Doh Htoo est plutôt réservé, mais lorsqu’il parle de son arrivée au Canada, un sourire extraordinaire se dessine sur son visage et il avoue « je me sens bien, je suis content
».
Htoo a passé plus de 10 ans dans un camp de réfugiés à la frontière thaï‑birmane. Il a été forcé de rejoindre le camp, en compagnie de ses parents et de ses deux frères, alors qu’il n’avait que 14 ans.
« La vie au camp était très difficile,
» se souvient-il doucement. Il n’y avait pas assez à manger et l’accès aux médicaments était très restreint. Toutefois, ce qui lui parût le plus difficile était que les Karens, une minorité ethnique originaire de Birmanie, ne pouvaient pas quitter les camps, à défaut d’être arrêtés et mis en prison par la police thaïlandaise.
Avant d’entreprendre leur long voyage vers Ottawa en septembre 2007, Htoo et sa famille se trouvaient dans une situation prolongée de réfugiés.
« Dans les situations prolongées de réfugiés, les réfugiés se retrouvent dans un état de latence réfractaire qui perdure. Leur vie peut ne pas être en danger, mais leurs droits fondamentaux et leurs besoins essentiels économiques, sociaux et psychologiques demeurent insatisfaits après des années d’exil. » Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
En règle générale, les réfugiés qui se trouvent dans une telle situation vivent longtemps dans un camp ou dans une autre installation de fortune. Souvent, leurs droits fondamentaux sont bafoués. Les maladies comme la tuberculose et le choléra sont courantes dans les camps, et la violence ou même les glissements de terrain constituent de constantes préoccupations.
Le Canada, en partenariat avec le HCR, vient donc en aide à ces réfugiés.
Traitement des cas de réfugiés
Plus tôt cette année, deux groupes d’agents canadiens des visas ont sélectionné 1 300 réfugiés karens qui viendront s’établir au Canada. Ces personnes vivent depuis des années dans des camps situés le long de la frontière thaï-birmane.
En janvier, un premier groupe de cinq agents — Louis Dumas, Richard Anderson, Edwina O’Shea, Sylvie Pelletier et Mylène Goulet — a interrogé environ 1 000 réfugiés en à peine quatre jours. Le groupe était appuyé sur le terrain par les travailleurs du HCR.
Mylène Goulet, analyste de recherche à l’administration centrale de Citoyenneté et Immigration, a interrogé environ 53 personnes par jour. « Ça roule!
», dit-elle du rythme effréné.
Elle a même rencontré une jeune mère qui avait accouché la veille de son entrevue. La jeune femme n’ayant pas pu se présenter au rendez-vous, Mylène Goulet s’est rendue à la clinique de fortune pendant sa pause-déjeuner afin de s’assurer que la jeune mère, son conjoint et leur bébé fassent partie du groupe devant se rendre au Canada.
Les entrevues étaient courtes, mais elles couvraient de nombreux éléments. Les agents savaient qu’il s’agissait de réfugiés, mais devaient obtenir d’autres renseignements. Les agents doivent s’assurer que les familles restent ensemble et que les personnes ayant des antécédents criminels ne soient pas sélectionnées pour s’installer au Canada.
De nombreuses familles de Karens se sont déjà installées au Canada grâce à des efforts de ce type déployés en 2006 et en 2007. Cette année, les délégations canadiennes se sont donc concentrées sur la réunification des familles.
Bon nombre des personnes interrogées savaient déjà où elles souhaitaient se rendre, car des proches s’étaient déjà établis au Canada. Un deuxième groupe d’agents des visas a interrogé 300 autres réfugiés karens en mars.
Effort de groupe
Habituellement, le Canada interroge les demandeurs au cas par cas afin de s’assurer que chacun satisfait à la définition de réfugié au sens de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Ce type d’entrevue est généralement assez long et seul un petit nombre de familles d’une même collectivité peut être évalué en même temps pour l’établissement au Canada.

Cependant, si bon nombre de personnes du même groupe ethnique, culturel et religieux ont fui les persécutions dans des conditions semblables, le HCR les qualifie de réfugiés sur la foi des renseignements fournis. Lorsque l’ensemble des membres d’un groupe de réfugiés est perçu comme ayant le même « historique de réfugiés », on peut traiter leurs dossiers conjointement.
Le traitement de groupe est nettement plus rapide étant donné qu’il permet au Canada d’identifier rapidement un grand nombre de réfugiés à réétablir.
Les avantages vont au-delà de la rapidité, explique Mylène Goulet. L’intégration accrue figure en tête de liste. Étant donné que les Karens arrivent dans les villes et collectivités en groupes, ils constituent déjà une communauté, ce qui les aide à apprivoiser leur terre d’asile plus aisément.
Coopération avec nos partenaires
Le Canada collabore avec le HCR, l’Organisation internationale pour les migrations et les pays partenaires afin de réétablir des groupes de réfugiés comme les Karens qui vivent dans des camps depuis des années, voire des décennies pour certains.
Parmi les 13 000 Karens qui doivent être réétablis, le Canada en a déjà accueilli 2 600. À ceux-ci s’ajoutent ceux qui ont été sélectionnés l’hiver dernier, soit un total d’un peu plus de 3 900 Karens.
Arrivée
À leur arrivée en septembre 2007, Htoo, son épouse et leur fille, alors bébé, ont été accueillis à l’aéroport par un petit groupe de Karens arrivés au Canada avant eux. Cette année, lorsque d’autres Karens arriveront, ce sera au tour de Htoo de venir à leur rencontre. Il leur servira d’interprète par l’intermédiaire du Centre catholique pour immigrants et les guidera afin qu’ils commencent leur nouvelle vie au Canada.
Le saviez-vous?
Le Canada accueillera un autre groupe de réfugiés se trouvant dans une situation prolongée de réfugiés. Un important groupe de réfugiés bhoutanais vivant dans des camps au Népal depuis le début des années 1990 doit être réétabli. À compter de l’an prochain, le Canada accueillera 5 000 réfugiés bhoutanais.
Plus de 6 millions de personnes se trouvent dans une situation prolongée de réfugiés.