Évaluation du programme de Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC)

3.0  Résultats

Raison d’être du programme

Besoins des nouveaux arrivants

Les informateurs clés de CIC remarquent que les besoins des nouveaux arrivants varient énormément et que 20 p. 100 d’entre eux environ participent au programme CLIC. Ils constatent que la clientèle de nouveaux arrivants est formée d’immigrants et de réfugiés et qu’elle représente un vaste groupe de personnes ayant des besoins différents en matière d’aide :

  • certains sont parrainés par une famille et ont accès à une forme de soutien quelconque à leur arrivée;
  • beaucoup de réfugiés sélectionnés par le Canada ne sont pas prêts à s’établir ici;
  • certains ont des besoins spéciaux (p. ex. ils ont des problèmes de santé, souffrent d’un traumatisme ou ont été torturés);
  • les niveaux de scolarité sont très variés — p. ex. si certains sont des professionnels ayant un grade supérieur, d’autres présentent des lacunes d’apprentissage et ont des besoins particuliers à ce chapitre.

Les représentants de CIC estiment que les nouveaux arrivants doivent pouvoir communiquer en français, en anglais ou dans les deux langues pour pouvoir satisfaire leurs besoins en matière d’intégration socioculturelle, d’intégration économique et d’adaptation au mode de vie des Canadiens. La connaissance de la langue est essentielle à l’intégration. Les nouveaux arrivants auront peut-être besoin d’une formation linguistique à leur arrivée et pendant leur intégration à la société canadienne, mais il pourrait aussi être très utile qu’ils suivent une formation linguistique avant de venir s’installer au Canada.

Bon nombre d’informateurs clés de CIC estiment que les besoins socioculturels des nouveaux arrivants sont tout aussi importants que leurs besoins économiques, de sorte qu’il est nécessaire de les orienter efficacement à ce chapitre. Voici quelques conclusions générales portant sur leurs besoins liés à l’intégration socioculturelle :

  • La langue est un moyen de cohésion culturelle et sociale.
  • Beaucoup de nouveaux arrivants n’ont pas de famille ou de communauté à laquelle s’intégrer, alors ils ont besoin d’occasions pour créer des liens d’amitié avec d’autres participants.
  • Les nouveaux arrivants ont besoin d’aide pour apprendre à utiliser les services de santé offerts et le système d’éducation, pour e et leurs enfants.
  • Les nouveaux arrivants ont besoin de se renseigner au sujet de la culture canadienne et de nos pratiques sociales afin de faciliter leur intégration socioculturelle.
  • En général, les nouveaux arrivants ont besoin d’avoir un sentiment d’appartenance à leur communauté et à la société canadienne. Dans les grandes villes, beaucoup de nouveaux arrivants peuvent rester principalement avec des gens de leur milieu ethnique, mais cela n’est pas possible dans bon nombre de petites villes, et ils doivent alors s’intégrer davantage aux Canadiens en général. La qualité de l’accueil manifesté par les Canadiens dans une collectivité ou une région donnée est déterminante pour l’intégration socioculturelle des nouveaux arrivants.

Au chapitre de l’intégration économique, les représentants de CIC soulignent les points suivants :

  • La langue est un outil essentiel pour obtenir un emploi. Certains informateurs clés signalent que, dans l’économie du savoir d’aujourd’hui et pour certaines professions, le niveau de formation linguistique offert aux nouveaux arrivants en français ou en anglais par le truchement des CLIC n’est pas suffisamment élevé. La plupart des clients et des diplômés consultés dans les groupes de discussion ont également exprimé ce point de vue.
  • Les nouveaux arrivants doivent s’intégrer au marché du travail.
  • Ils doivent être aptes au travail selon les normes canadiennes, p. ex. en apprenant à préparer un curriculum vitæ et à réussir une entrevue d’emploi.
  • Certains clients des groupes de discussion ont toutefois signalé que, pour obtenir un emploi, ils ont davantage besoin d’une expérience de travail canadienne que d’une aide à la préparation d’un CV ou d’une entrevue d’emploi.

Les représentants de CIC ont exprimé les opinions suivantes sur le besoin des nouveaux arrivants d’être renseignés sur le mode de vie canadien :

  • Certains considèrent que cet aspect est moins important que l’intégration socioculturelle et économique.
  • Le concept est problématique; il n’est pas clairement défini.
  • Les nouveaux arrivants ont besoin d’informations « pratiques », par exemple comment utiliser le réseau de transport en commun ou comprendre les médias, comme le rôle des publicités.
  • Les nouveaux arrivants doivent apprendre la façon dont fonctionne le Canada et ce que l’on attend des Canadiens. Par exemple, le Canada est beaucoup moins hiérarchique et rigide que certains autres pays pour ce qui est des attentes envers les citoyens. L’enseignant des CLIC joue un rôle clé en transmettant cette information et en illustrant ces aspects de la vie au Canada.
  • Certains nouveaux arrivants ne réalisent pas à quel point ils ont besoin d’une orientation de ce genre.
  • Des nouveaux arrivants peuvent s’établir dans certains quartiers ou communautés ethniques sans apprendre le français ou l’anglais, p. ex. dans le quartier Spadina de Toronto. Il est plus difficile de présenter le programme CLIC à ces nouveaux arrivants.

L’analyse fondée sur les résultats de l’Enquête longitudinale auprès des immigrants au Canada (ELIC) confirme la valeur de la formation linguistique pour aider à surmonter les obstacles [note 6]. Il ressort notamment des résultats de l’analyse que le taux de participation à la vie active et le taux d’emploi sont sensiblement plus élevés pour les immigrants qui connaissent les langues officielles. De plus, 20 p. 100 des immigrants qui ont dit avoir fait face à au moins un problème durant leur recherche d’emploi affirment que la méconnaissance de l’une ou l’autre langue officielle représente le plus gros obstacle. La langue est également le type de difficulté signalé le plus souvent en rapport avec les études et le troisième plus gros obstacle bloquant l’accès aux services de santé et à l’activité économique. Selon ces résultats, il est donc à la fois nécessaire et bénéfique d’appuyer la formation linguistique pour les immigrants.

Plus de neuf fournisseurs de services sur dix (92 p. 100) croient que les nouveaux arrivants sont au moins quelque peu préparés à s’établir au Canada (et de ce nombre, 19 p. 100 pensent que les nouveaux arrivants sont très bien préparés). Seulement 5 p. 100 des FS estiment que les nouveaux arrivants ne sont pas préparés du tout à vivre le processus d’établissement, d’adaptation et d’intégration. Dans le même ordre d’idées, la plupart des clients et diplômés des CLIC ayant participé aux groupes de discussion ont dit qu’ils avaient au moins un peu préparé leur établissement au Canada avant leur arrivée. Par exemple, avant de quitter leur pays natal, bon nombre d’entre eux avaient un peu étudié l’anglais, fait des recherches sur l’emploi au Canada et obtenu quelques renseignements auprès des ambassades canadiennes. L’adaptation à la société canadienne recèle tout de même de nombreux écueils, et les nouveaux arrivants disent qu’ils ont nettement besoin d’aide pour améliorer leurs compétences linguistiques en vue de communiquer efficacement en français et en anglais avec les Canadiens et de trouver un emploi. De plus, certains diplômés ont précisé qu’ils n’avaient pas anticipé les difficultés qui jalonneraient leur recherche d’un emploi adéquat au Canada, ni n’avaient imaginé que leurs titres de compétences et leur expérience de travail ne seraient pas nécessairement reconnus par le gouvernement du Canada ou les employeurs potentiels.

Les étudiants du programme CLIC qui ont été consultés dans le groupe de discussion du Nouveaux-Brunswick estiment que les cours de français ne bénéficient pas de la même importance que celle accordée aux cours d’anglais. D’abord, avant de pouvoir recevoir des cours de français, les étudiants ont l’impression qu’ils doivent d’abord démontrer une capacité de s’exprimer en anglais. Deuxièmement, les cours de français ne sont pas offerts à la même fréquence ni avec la même souplesse que les cours d’anglais. Alors que les étudiants ont le choix d’étudier l’anglais à temps plein ou à temps partiel, les cours de français ne sont offerts qu’à temps partiel. Les participants estiment donc qu’ils n’acquerront pas la maîtrise souhaitée du français dans le cadre des CLIC.

Besoin permanent des programmes d’établissement du gouvernement fédéral

Tous les informateurs clés de CIC de même que les clients et les diplômés des CLIC ayant participé aux groupes de discussion jugent qu’il est très important que le gouvernement fédéral offre des programmes comme le CLIC. À preuve, il est signalé que 28 p. 100 des nouveaux arrivants d’âge adulte n’ont pas suffisamment de connaissances de l’anglais ou du français; la recherche montre que les compétences linguistiques sont essentielles à l’établissement et à l’intégration, et le gouvernement fédéral partage la responsabilité en matière d’immigration avec les provinces et les territoires. Certains informateurs clés ajoutent qu’il faut augmenter l’aide à l’emploi qui est offerte aux nouveaux arrivants (p. ex. service de garde d’enfants, reconnaissance des titres de compétences étrangers), et que cela peut exiger la participation d’autres ministères fédéraux, comme Ressources humaines et Développement des compétences Canada.

De plus, tous les informateurs clés de CIC croient que l’aide offerte par le programme CLIC cadre avec les priorités actuelles du gouvernement. Voici quelques énoncés qui corroborent ce point de vue :

  • L’importance des compétences linguistiques a été reconnue explicitement dans le discours du Trône de 2004. De façon plus générale, le gouvernement du Parti libéral s’est engagé à miser sur l’innovation et le perfectionnement des compétences, à rendre les grandes villes (là où la plupart des immigrants s’établissent) économiquement viables et concurrentielles, ainsi qu’à encourager les francophones à s’établir à l’extérieur du Québec (une connaissance de l’anglais et du français est donc essentielle dans de nombreuses régions).
  • Les objectifs de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés sont soutenus par le volet du programme CLIC qui vise à faciliter l’intégration économique.
  • Le gouvernement réitère souvent l’importance d’« inclure » les populations marginalisées, et le programme CLIC contribue à la réalisation de cet objectif. En aidant les nouveaux arrivants à s’intégrer, le Canada peut éviter le genre de difficultés que les immigrants vivent dans d’autres pays.
  • Le Canada a besoin des immigrants pour diverses raisons, notamment pour accroître la population dans certaines villes et régions, et pour augmenter le bassin de travailleurs qualifiés qui contribuent à l’économie.
  • Le Canada offre son soutien aux nouveaux arrivants afin qu’ils puissent contribuer économiquement à la société canadienne.

Double emploi et complémentarité des CLIC par rapport à d’autres programmes

Comme le montre le tableau 3.1, un grand nombre de fournisseurs de services constatent que le programme CLIC présente une plus grande complémentarité avec les autres programmes d’établissement de CIC (70 p. 100 disent « dans une large mesure » – valeur de six ou sept sur l’échelle de sept points) qu’avec les programmes d’établissement administrés par les autorités provinciales, territoriales et municipales (36 p. 100). Le rôle du programme CLIC est jugé unique. En effet, peu de fournisseurs de services pensent que le programme CLIC dispense des services déjà offerts par d’autres programmes d’établissement. Selon la moitié des FS ou plus, le programme CLIC ne fait pas double emploi par rapport aux autres programmes d’établissement de CIC (74 p. 100) ni par rapport aux programmes offerts par les autorités provinciales, territoriales et municipales (50 p. 100). Pratiquement aucun FS ne signale un chevauchement important entre les CLIC et tout autre programme existant. Toutefois, il convient de signaler qu’un fournisseur de services sur cinq environ ne connaît pas d’autres programmes d’établissement au niveau provincial, territorial ou municipal.

Voici quelques exemples cités par la minorité de FS qui perçoivent un certain double emploi entre les CLIC et d’autres programmes : certains programmes offrent le même genre de formation linguistique que les CLIC; dans certaines régions, il y a des organismes qui offrent beaucoup d’ateliers similaires, enlevant ainsi des étudiants aux classes des CLIC; le programme CLIC a une certaine ressemblance avec quelques programmes de formation municipaux, du fait qu’il vise des objectifs identiques, sans toutefois utiliser nécessairement les mêmes méthodes; de l’avis de certains conseils scolaires qui participent aux CLIC, d’autres conseils scolaires rédigent leur propre programme d’études pour les nouveaux arrivants, ce qui est jugé inutile.

Tableau 3.1 Double emploi/complémentarité des Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada par rapport à d’autres programmes - « Dans quelle mesure le programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada démontre-t-il une complémentarité ou un double emploi par rapport à d’autres programmes d’établissement? »

Prestation du programme

Clarté et compréhension des objectifs, des rôles et des responsabilités

Dans l’ensemble, les représentants de CIC estiment que les rôles et les responsabilités de CIC (Administration centrale, bureaux régionaux et locaux) et des FS sont assez bien définis et généralement bien compris. Le Cadre d’imputabilité pour les programmes de contributions (CIPC) utilisé pour les programmes d’établissement et de réétablissement de CIC a aidé à définir les rôles et les responsabilités liés au programme CLIC. Les rôles et les responsabilités des divers intervenants, tels que perçus par les informateurs clés, sont décrits ci-après.

L’Administration centrale (AC) de CIC joue un rôle stratégique en offrant une orientation fonctionnelle et des directives, et elle compte sur les bureaux régionaux pour appliquer les politiques. Certains informateurs clés de CIC aimeraient qu’on précise le partage des responsabilités à l’égard de l’établissement. Certains informateurs clés de CIC observent également des lacunes dans l’échange de renseignements entre l’AC et les fournisseurs de services (un informateur a toutefois mentionné que l’iSMRP pourrait remédier à ce problème).

Les bureaux régionaux de CIC gèrent les aspects opérationnels du programme et, comme ils entretiennent des liens directs avec les FS, ils en sont responsables. Voici quelques observations au sujet des bureaux régionaux :

  • Les rapports entre l’AC et les bureaux régionaux sont jugés formels, ouverts, efficaces et bien définis.
  • Les bureaux régionaux interprètent les politiques et les procédures de l’AC à l’intention des bureaux locaux de CIC [note 7].
  • Bien que les rôles et les responsabilités soient raisonnablement clairs, on observe un certain désaccord dans certains bureaux régionaux quant à savoir qui devrait avoir la responsabilité de l’élaboration du programme. En particulier, les agents d’exécution locaux estiment que l’élaboration du programme devrait se faire à l’échelle locale, tandis que les agents régionaux de CIC disent que ce rôle leur revient.

Les bureaux locaux de CIC travaillent avec les bureaux régionaux à entretenir des relations harmonieuses avec les fournisseurs de services. (En Ontario cependant, la mise en oeuvre est centralisée au niveau du bureau régional.) Les responsabilités particulières des bureaux locaux de CIC varient en raison des forces et des besoins différents des fournisseurs de services. Par exemple, un fournisseur de services de Toronto sera différent d’un FS de Moncton et devra faire face à des défis différents en raison de facteurs tels que les différences dans les niveaux de financement et dans la diversité et la taille des populations immigrantes. Par exemple, comparativement à Moncton où les populations immigrantes desservies sont dispersées, Toronto dessert des populations immigrantes qui sont compactes et circonscrites. Autre différence : Toronto a habituellement des fournisseurs de services différents pour chaque programme de CIC, tandis qu’à Moncton, le même FS offre plusieurs programmes de CIC.

Les bureaux locaux de CIC sont responsables de la gestion et de l’administration du programme CLIC [note 8], notamment la gestion de l’entente de contribution, l’établissement des objectifs, les demandes de propositions, la surveillance et l’évaluation. Dans certains cas toutefois, les agents locaux de CIC ont de la difficulté à visiter les FS aussi souvent qu’ils le voudraient.

Les fournisseurs de services exécutent le programme CLIC et rendent compte de leurs activités aux bureaux locaux et à l’AC par l’entremise de l’iSMRP. En général, ils comprennent leur rôle et leurs responsabilités, quoique le degré de compréhension varie d’un FS à l’autre.

La plupart des FS estiment qu’ils ont une compréhension très claire (six ou sept sur l’échelle de sept points) des objectifs du programme CLIC (98 p. 100), ainsi que des rôles et des responsabilités de leur organisation dans le cadre du programme (91 p. 100), ce qui cadre bien avec les observations des informateurs clés. Près de neuf FS sur dix (87 p. 100) comprennent clairement leur obligation de rendre compte en rapport avec l’iSMRP, et près de huit FS sur dix (77 p. 100) ne voient aucun problème à entrer des données dans l’iSMRP. Sept FS sur dix (70 p. 100) estiment avoir une très bonne compréhension des critères de financement du programme. Les rôles et les responsabilités des bureaux locaux de CIC représentent l’aspect le plus nébuleux du programme CLIC (60 p. 100). Ces résultats sont illustrés dans le tableau 3.2.

Tableau 3.2 Compréhension des objectifs, des rôles et des responsibilités du programme par les fournisseurs de services - « Veuillez préciser la mesure dans laquelle vous estimez comprendre les aspects suivants du programme »

Processus de sélection des fournisseurs de services

La plupart des informateurs clés de CIC sont convaincus que le processus mène à la sélection des fournisseurs de services les plus aptes à offrir le programme CLIC. Certains signalent toutefois que le processus, dans sa forme actuelle, empêche l’entrée de « nouveaux intervenants ». Certains estiment par ailleurs qu’une trop grande concurrence inciterait les organismes à but lucratif à pénétrer ce marché, évinçant par le fait même les organisations religieuses et communautaires sans but lucratif qui ont réussi à établir de bons rapports avec les communautés immigrantes. On signale également que même s’il n’y a peut-être pas beaucoup d’autres FS dans certaines petites collectivités et régions, aucune preuve ne vient confirmer cette hypothèse. Par conséquent, tous ne sont pas invités à soumettre leur candidature.

On a récemment envisagé de conclure des ententes pluriannuelles parce que :

  • les fournisseurs de services qui présentent leur candidature sont souvent les mêmes et sont donc bien connus;
  • les FS auraient une plus grande stabilité et pourraient faire une planification à long terme;
  • cette approche permettrait d’économiser de l’argent parce que les demandes des mêmes organisations n’auraient pas à être traitées de nouveau chaque année.

Autres commentaires au sujet du processus de sélection des FS :

  • Avant, dans le cadre du programme, on utilisait davantage les collèges communautaires comme FS, mais ceux-ci coûtent probablement plus cher que d’autres types de fournisseurs de services (selon la façon dont les ententes de contribution sont négociées); on fait donc moins souvent appel à eux maintenant.
  • Dans la sélection des FS, il peut être ardu de trouver le meilleur équilibre possible entre, d’une part, la prestation d’une formation linguistique accessible (il faut donc trouver des FS qui offrent de bons services de garde d’enfants et privilégier de plus petits organismes communautaires qui sont plus sensibles aux différences culturelles) et, d’autre part, la prestation d’une formation linguistique efficace où les apprenants progressent rapidement.

Huit fournisseurs de services sur dix (82 p. 100) estiment que les critères de financement actuels sont au moins passablement efficaces pour ce qui est de garantir que les organisations appropriées obtiennent des fonds pour offrir les services des CLIC (et 38 p. 100 indiquent que les critères actuels sont très efficaces).

Les FS ont suggéré différentes façons d’accroître l’efficacité des critères de financement, entre autres : appliquer des critères constants d’un FS à l’autre et d’une année à l’autre; donner priorité aux organismes d’établissement afin que les participants aient accès à un guichet unique en matière de services d’établissement, ce qui facilite la tâche aux nouveaux arrivants; assurer la comparabilité des services à l’échelle du pays; accorder un financement plus important par client aux organismes qui servent les réfugiés parce qu’ils ont des besoins plus grands que les organismes servant les immigrants; effectuer une évaluation détaillée des capacités de prestation des nouvelles organisations; faire une évaluation plus approfondie de la qualité des programmes des FS, y compris les compétences des enseignants et des coordonnateurs; ne pas accorder aux institutions publiques, comme les écoles, l’accès aux ententes de contribution; prévoir un financement plus important pour créer des organisations dans les régions éloignées.

Promotion du programme CLIC

Les informateurs clés de CIC disent qu’il n’y a aucune difficulté à recruter des nouveaux arrivants au programme CLIC, et ils signalent qu’il y a de longues listes d’attente pour les évaluations linguistiques et les cours. Certains soulignent que le programme CLIC est très bien connu chez les nouveaux arrivants et que la promotion du programme ne pose aucun problème; c’est la forte demande et les longues listes d’attente pour les cours de langue qui posent le plus gros problème.

Les informateurs clés de CIC disent que le bouche à oreille (entendre parler du programme par des parents et des amis) est le véhicule promotionnel par excellence, mais on estime aussi que les brochures (aux bureaux des visas à l’étranger et dans les aéroports canadiens) et Internet (sites Web des FS et des organisations ethniques et culturelles) sont efficaces pour certains nouveaux arrivants. Ce point de vue a été confirmé par les clients et les diplômés lors des séances de discussion. Il existe également des associations régionales de FS, ce qui aide à faire connaître le programme CLIC.

Selon l’expérience de certains clients des groupes de discussion, Internet est un outil idéal parce qu’il permet de se renseigner sur le programme avant l’arrivée au Canada. D’autres disent avoir appris l’existence du programme CLIC à leur arrivée à l’aéroport, lorsqu’ils ont rencontré l’agent d’immigration qui leur a remis une trousse de bienvenue contenant la brochure. Cependant, les nouveaux arrivants qui ont participé aux groupes de discussion tenus précédemment dans le cadre de l’évaluation en Ontario ont dit que la moitié des nouveaux arrivants ne se souviennent même pas d’avoir reçu ce matériel à l’aéroport. Certains informateurs clés signalent que tous les nouveaux arrivants reçoivent ou ont facilement accès à de l’information et qu’il n’en tient qu’à eux de la lire. Certains immigrants semblent avoir de la difficulté à se renseigner sur les programmes d’établissement auxquels ils peuvent avoir accès.

Les informateurs clés estiment que CIC doit continuer de fournir du matériel promotionnel aux FS parce qu’il est important de véhiculer une information uniforme sur les CLIC et que cette approche est rentable. De plus, les FS qui offrent d’autres programmes d’établissement peuvent distribuer à leurs clients l’information au sujet des CLIC.

Près de quatre FS sur dix (39 p. 100) estiment que les documents de promotion du programme améliorent grandement la visibilité de leur propre organisation, et le quart d’entre eux (24 p. 100) estiment que le matériel contribue énormément à faire connaître le programme CLIC parmi les nouveaux arrivants au Canada.

Plus de la moitié des FS sont entièrement d’accord sur le fait que le matériel promotionnel indique clairement que le gouvernement fédéral canadien assure le financement du programme (59 p. 100) et le fait que la documentation est adaptée à la culture (53 p. 100) (voir le tableau 3.3). De plus, le tiers des FS ou plus sont très satisfaits de la pertinence du choix de langues (40 p. 100) et du niveau de langue utilisé dans la documentation (33 p. 100). Quelque 20 p. 100 des FS, par contre, ne sont pas en mesure de commenter ces aspects de la documentation sur les CLIC.

On a demandé aux FS de suggérer des façons d’améliorer la promotion du programme CLIC. Les réponses obtenues sont assez variées, mais les personnes interrogées étaient surtout susceptibles de recommander d’accroître la promotion aux endroits stratégiques comme les points d’entrée (aéroports, etc.), les écoles et les lieux de travail, ou d’utiliser davantage les médias (télévision, journaux) ou un site Web. Voici d’autres stratégies souvent mentionnées :

  • Accroître la participation des FS et des bureaux locaux aux stratégies de promotion (p. ex. allouer des fonds pour la création d’un budget promotionnel qui permettrait à chaque FS de promouvoir le programme auprès des clients qui en ont le plus besoin selon eux);
  • Traduire la documentation dans différentes langues ou dans un langage plus universel (moins de mots, plus de symboles);
  • Offrir une information plus précise (p. ex. de l’information s’adressant aux immigrants professionnels scolarisés, davantage d’information sur le Canada);
  • Activités de sensibilisation;
  • Promotion dans les pays d’origine.

Une autre suggestion digne de mention consisterait à demander aux nouveaux arrivants à quel endroit ils ont l’intention de s’établir et à les diriger vers les fournisseurs de services des CLIC de la région choisie. Les nouveaux arrivants ont de la difficulté à absorber une grande quantité d’information à l’arrivée, et il est souhaitable de leur laisser du temps pour s’établir et s’organiser avant que n’entre en scène l’équipe chargée de l’accueil.

Tableau 3.3 Qualité du matériel promotionnel du programmme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada - « J’aimerais que vous commentiez divers aspects du matériel promotionnel du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada destiné aux nouveaux arrivants. Dans quelle mesure estimez-vous... ? »

Pertinence des outils d’évaluation

Les représentants de CIC croient en général que les outils d’évaluation sont raisonnablement bons (p. ex. parce qu’ils ont été élaborés par des experts et qu’ils représentent une amélioration par rapport à ceux utilisés précédemment), mais quelques informateurs clés de CIC signalent une certaine controverse concernant les outils d’évaluation de langue anglaise. L’Évaluation selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (ENCLC) et le Test de classement selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (TCNCLC) sont disponibles, mais les opinions divergent à savoir lequel est le plus efficace. Ceux en faveur du TCNCLC disent que cet outil est plus rentable, plus opportun et plus exact que l’ENCLC (les commentaires des FS sur l’ENCLC sont résumés plus bas). De plus, les informateurs clés de CIC signalent que le é-CLIC aurait besoin d’être revu étant donné qu’il est passablement périmé, et que les évaluations de la connaissance du français ne sont pas aussi officialisées que le test d’anglais du TCNCLC.

Certains informateurs clés de CIC disent qu’il n’est ni rentable pour le programme ni pratique pour les évaluateurs que ces derniers aient à se rendre à Toronto pour suivre une semaine de formation, compte tenu surtout du taux de roulement élevé dans ce groupe d’intervenants. Une suggestion serait de créer une trousse locale de formation du formateur qui pourrait être administrée à l’échelon régional ou local, selon la taille de la population et la rentabilité.

On a demandé à des fournisseurs de services qui ont effectué des évaluations linguistiques dans le cadre du programme CLIC de noter l’efficacité des outils d’évaluation mis à la disposition des organisations. L’Évaluation selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (ENCLC) est perçue comme l’outil le plus efficace (22 des 26 fournisseurs de services le jugent « extrêmement efficace »), suivie par l’Évaluation de la connaissance selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (ECNCLC) (12 des 26 FS) et le Test de classement selon les Niveaux de compétence linguistique canadiens (TCNCLC) (11 des 26 FS). Un évaluateur était d’avis que l’ENCLC est la plus longue à réaliser (elle peut durer jusqu’à trois heures), mais aussi la plus précise pour mesurer ce que le client peut faire. En comparaison, le TCNCLC prend la moitié du temps et il vise à déterminer ce que le client ne peut pas faire correctement. Seulement deux des 26 FS possédaient l’expertise voulue pour commenter l’Évaluation-Cours de langue pour les immigrants au Canada (É-CLIC) – l’un qualifie cet outil d’extrêmement efficace, tandis que l’autre estime qu’il n’est pas du tout efficace.

La plupart des clients et des diplômés des CLIC qui ont participé aux groupes de discussion semblent être raisonnablement satisfaits de leur évaluation linguistique et de sa capacité à mesurer leurs compétences. Pour certains, il a semblé qu’on les avait au départ classés à un niveau trop faible (p. ex. parce qu’ils pensaient déjà lire ou écrire assez bien en anglais), mais une fois qu’ils ont découvert à quel point il est difficile de tenir une conversation en anglais canadien, ils ont constaté qu’on les avait classés au bon niveau. De plus, les apprenants ayant des connaissances linguistiques plus élaborées peuvent atteindre plus rapidement les niveaux supérieurs du programme. De l’avis d’une minorité de clients et de diplômés cependant, les évaluations linguistiques pourraient être améliorées. Certains estiment que l’examen devrait davantage insister sur la compréhension auditive et l’expression orale, et d’autres disent que le processus d’évaluation devrait être amélioré en général, en particulier pour mieux cerner les forces et les faiblesses des apprenants en lecture, en écriture, en compréhension auditive et en expression orale.

Pour voir si l’utilisation des outils d’évaluation allait au-delà du programme CLIC, on a demandé aux FS s’ils se servaient de ces outils dans des programmes de cours de langue similaires. Environ la moitié des FS faisant des évaluations linguistiques (14 des 26) n’emploient pas ces outils dans des programmes similaires, 20 p. 100 des FS les utilisent dans une certaine mesure et un peu plus du quart appliquent ces outils à d’autres programmes dans une large mesure.

Pertinence de l’évaluation des besoins des clients

Peu d’informateurs clés de CIC ont pu commenter en détail l’évaluation des besoins des clients. Certains d’entre eux ont fait remarquer que cette évaluation semble bien fonctionner, mais d’autres considèrent qu’elle n’est pas assez exhaustive. Cette dernière observation trouve confirmation dans les expériences décrites par les clients lors des séances de discussion – beaucoup ne se souvenaient pas qu’on ait évalué leurs besoins, et ceux qui s’en souvenaient semblaient dire qu’on leur avait seulement demandé leur adresse, leurs préférences quant aux heures de classe et leurs besoins en service de garde d’enfants avant de les diriger vers les FS appropriés. Pour l’instant, très peu de données sont recueillies sur les attentes des clients face au CLIC, et ce genre d’information serait utile pour contrôler et évaluer les résultats escomptés du programme.

Placement des clients

Parmi les informateurs clés de CIC qui ont pu se prononcer sur cet aspect, la plupart ont dit que les participants sont aiguillés vers un FS approprié (ou vers quelques FS acceptables) dans leur collectivité pour suivre des cours de langue. De même, dans les groupes de discussion, la plupart des clients et des diplômés se sont dits raisonnablement satisfaits du FS qui leur a été recommandé et du niveau auquel ils ont été classés. On indique cependant qu’il arrive que le fournisseur choisi par un étudiant soit parfois trop occupé pour en accepter de nouveaux, de sorte que le nouvel arrivant doit être inscrit sur une liste d’attente ou choisir un autre FS dans sa collectivité.

Suivant les résultats susmentionnés, les FS signalent en grande majorité que les participants aux CLIC font l’objet d’un classement adéquat dans une certaine mesure au moins (c’est-à-dire, note de trois ou plus sur l’échelle de sept points) et environ la moitié disent dans une large mesure (note de six ou sept sur l’échelle de sept points). On peut conclure de ces résultats que même si le classement des participants aux CLIC fonctionne raisonnablement bien, il y a place à amélioration. Des résultats du sondage sont présentés ci-dessous (voir le tableau 3.4) :

  • 53 p. 100 des FS estiment que les participants sont classés, dans une large mesure, au niveau de compétence linguistique approprié, mais 45 p. 100 disent dans une certaine mesure seulement;
  • 49 p. 100 pensent que les participants sont dirigés vers l’organisation appropriée dans une large mesure, et 38 p. 100 disent dans une certaine mesure;
  • 42 p. 100 signalent que les étudiants du programme CLIC sont, dans une large mesure, classés au niveau de littératie approprié, et 45 p. 100 disent dans une certaine mesure.

Tableau 3.4 Classement approprié des clients du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada - « J’aimerais qu’on discute de la mesure dans laquelle vous estimez que les participants du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada sont... »

Les FS qui ont indiqué que les participants aux CLIC inscrits à leurs programmes de formation ne sont pas, dans une large mesure, dirigés vers l’organisme approprié, ont donné quelques raisons principales :

  • en raison des longues liste d’attente pour les services, les clients sont dirigés vers n’importe quel organisme, pas nécessairement le plus approprié;
  • les évaluateurs ne font pas un aiguillage objectif, et il semble qu’ils n’ont pas d’outils pour déterminer quel organisme conviendrait le mieux à une personne donnée;
  • l’aiguillage n’est pas équitable, et certains organismes ne sont pas recommandés aux clients;
  • les clients choisissent l’organisme où ils veulent aller; cette approche permet de répondre à leurs besoins en matière d’emplacement et d’horaire, mais crée de l’incertitude pour les FS lorsqu’il est question de savoir combien d’étudiants ils doivent attendre et s’ils peuvent même offrir certains cours;
  • les étudiants ne savent pas toujours qu’ils ont le choix;
  • dans certains cas, le critère principal est la proximité de l’école plutôt que la capacité de la personne de suivre le cours à temps plein ou à temps partiel.

Prestation des services en temps opportun

Les informateurs clés de CIC croient que beaucoup de nouveaux arrivants n’ont pas accès au programme CLIC en temps opportun et signalent que l’attente peut durer parfois jusqu’à six mois pour l’évaluation linguistique d’abord, puis pour le cours. On attribue ce problème en partie au manque de fonds continuel, c’est-à-dire que les niveaux de financement pour le programme ne changent pas alors que les coûts augmentent. Les habitudes de migrations secondaires contribuent aussi au problème des listes d’attente. Par exemple, un certain nombre d’immigrants qui sont déjà au Canada déménagent dans une autre ville, comme Calgary, à la recherche d’un emploi, ce qui crée une demande excessive pour les FS locaux.

Les opinions des clients et des diplômés des CLIC ne sont pas aussi négatives à ce chapitre. La plupart de ceux qui ont participé aux groupes de discussion n’ont pas eu à patienter longtemps pour recevoir une évaluation (certains n’ont attendu que quelques jours) ou commencer la formation linguistique, mais certains ont dû attendre entre quelques semaines et six mois pour pouvoir s’intégrer à la prochaine classe disponible dans un établissement adéquat (p. ex. près de la maison, service de garde existant). Somme toute, les clients et les diplômés n’ont pas l’impression que l’attente pour une évaluation ou un cours est trop longue. Certains observent cependant qu’il peut y avoir de très longues listes d’attente pour les écoles qui offrent des services de garde. Une cliente a expliqué par exemple qu’elle avait décidé de faire un trajet de deux heures jusqu’à un autre endroit pour pouvoir commencer son cours immédiatement au lieu d’attendre une place dans une école plus près.

Dans le cadre du sondage téléphonique, on a demandé aux FS de commenter le caractère opportun de divers aspects du programme CLIC (voir le tableau 3.5). La plupart (63 p. 100) jugent que l’aiguillage des nouveaux arrivants vers un organisme de formation à la suite de l’évaluation est extrêmement opportun. De plus, au moins la moitié des fournisseurs de services sont très satisfaits du temps qu’il a fallu à CIC pour accuser réception de leur demande de financement pour le programme CLIC (57 p. 100), de l’inscription des nouveaux arrivants à un programme de formation à la suite du classement (51 p. 100) et de l’évaluation initiale des compétences linguistiques des nouveaux arrivants (50 p. 100). Cependant, le tiers seulement de ces fournisseurs de services (34 p. 100) estiment que CIC leur a communiqué dans un délai très court la décision concernant l’issue de leur demande de financement; 44 p. 100 disent que la réponse leur est parvenue en temps relativement opportun et 13 p. 100, pas du tout en temps opportun.

Tableau 3.5 Mise en oeuvre du programme en temps opportun - « Précisez la mesure dans laquelle vous estimez que les éléments suivants du programme sont opportuns. »

Obstacles à la participation des clients

Les informateurs clés estiment que CIC a déjà éliminé deux des plus grands obstacles pour les clients éventuels des CLIC – la garde d’enfants et le transport – et que le Ministère a également prévu des mesures d’adaptation pour les personnes handicapées. Ce point de vue a trouvé confirmation lors des séances de discussion, où la plupart des clients et des diplômés ont exprimé leur appréciation et leur satisfaction face aux services de garde d’enfants. En ce qui concerne le soutien offert pour compenser une partie des frais de transport cependant, certains clients ont exprimé de la frustration à l’égard de cette forme de soutien (p. ex. un client dit que le rabais appliqué sur le laissez-passer de transport a été déduit des autres fonds alloués par le gouvernement, et un autre s’est plaint de l’obligation d’acheter des laissez-passer pour plusieurs mois au lieu de les acheter mensuellement). De plus, le programme offre des heures souples et un certain nombre d’options pour la formation (p. ex. à temps plein, à temps partiel, apprentissage à distance), ce qui réduit encore les obstacles.

Autres obstacles mentionnés :

  • Le fait que le matériel promotionnel est disponible en français et en anglais seulement constitue un obstacle pour les personnes qui ne maîtrisent pas ces deux langues.
  • Les personnes ayant un niveau d’alphabétisation très faible éprouvent des difficultés particulières  à se renseigner au sujet du programme puisqu’elles peuvent avoir de la difficulté à comprendre la documentation.
  • Les clients ayant des problèmes de santé ont de la difficulté à venir en classe.
  • Souvent, les clients qui veulent vivre ou qui vivent déjà dans de petites collectivités n’ont pas accès aux CLIC puisque les programmes sont limités aux grandes régions urbaines. Certaines petites collectivités veulent offrir le programme CLIC parce qu’elles pourraient ainsi attirer de nouveaux arrivants.
  • L’absence d’indemnité de subsistance signifie que les clients ne renonceront pas à travailler pour pouvoir suivre des cours de langue.
  • Certains nouveaux arrivants se butent également à des obstacles fondés sur le sexe; dans certaines cultures, l’éducation n’est pas jugée nécessaire pour les femmes ou il est interdit aux femmes de fréquenter les mêmes classes que les hommes. Cela peut parfois limiter la participation des femmes aux CLIC.

On a également demandé aux fournisseurs de services de commenter les services offerts par le programme pour aider les nouveaux arrivants à surmonter les obstacles à la participation (voir le tableau 3.6). Six fournisseurs de services sur dix (57 p. 100) estiment que le programme offre une aide suffisante en services de garde et un peu plus du quart (29 p. 100) des répondants sont très satisfaits du soutien obtenu au chapitre du transport. Un peu plus du tiers des FS (39 p. 100) ne sont pas en mesure de commenter l’aide offerte aux personnes handicapées, et les autres FS expriment des opinions partagées sur la pertinence de cette forme d’aide – 17 p. 100 disent que l’aide est insuffisante, 25 p. 100 jugent qu’elle est passablement suffisante, et 19 p. 100 disent qu’elle est largement suffisante.

Tableau 3.6 Aide pour surmonter les obstacles à la participation - « Précisez la mesure dans laquelle l’aide qui est offerte aux nouveaux arrivants leur permet de surmonter les obstacles à la participation au programme »

Qualité de l’enseignement, des outils et du programme d’études

Certains informateurs clés de CIC recommandent que la formation linguistique ne soit pas limitée au niveau 7 des SLC puisque les clients présentent des aptitudes à l’apprentissage et des circonstances personnelles différentes. De plus, les nouveaux arrivants constatent que les emplois dans de nombreux secteurs d’activité professionnelle exigent la maîtrise de compétences linguistiques avancées (p. ex. la profession infirmière exige des compétences du niveau 8 des SLC). Les clients et les diplômés ayant participé aux groupes de discussion ont également exprimé un grand besoin de formation linguistique de niveau avancé. Un des principaux informateurs a suggéré d’élaborer un programme d’enseignement spécialisé et de niveau supérieur à l’intention de groupes professionnels particuliers.

La plupart des informateurs de CIC pensent que la part de contenu canadien dans le programme d’études est appropriée. Des représentants du Ministère assistent à des cours à l’occasion et constatent que les conversations en classe portent sur des sujets d’actualité, la politique canadienne, les fêtes, etc. Les étudiants ont ainsi la possibilité d’apprendre l’histoire du Canada, ses lois et ses coutumes, et d’entendre, dans un milieu sûr, des opinions d’origines culturelles variées.

Conformément aux résultats des entrevues, les clients et les diplômés des CLIC qui ont participé aux groupes de discussion sont généralement très satisfaits du contenu canadien qu’ils retrouvent dans les cours. Par exemple, une cliente a dit apprécier ce qu’elle apprend sur le Canada parce qu’elle peut ainsi aider ses enfants dans leurs travaux scolaires et elle acquiert un sentiment d’appartenance à la société canadienne en général. Les clients aiment aussi apprendre les expressions et les coutumes propres aux Canadiens, et l’enseignant les conseille au sujet de ce qui est jugé approprié ou impoli au Canada. Par ailleurs, ils ont trouvé très utiles et agréables les visites de conférenciers (p. ex. des représentants de la police, des services d’incendie et des programmes d’emploi, des professionnels de la santé) et les sorties éducatives (p. ex. dans les musées, à la Société Radio-Canada).

Beaucoup d’informateurs clés de CIC ne savent pas dans quelle mesure le programme CLIC utilise l’approche la plus appropriée pour renforcer les compétences linguistiques des clients, leur appréciation du Canada ou leur intégration au sein de la société canadienne. Certains recommandent que le programme évalue la capacité des clients à trouver un emploi adéquat et la mesure dans laquelle le programme CLIC a facilité leur démarche. Des représentants de CIC recommandent également de recueillir des données sur la mesure dans laquelle l’analphabétisme représente un problème pour les nouveaux arrivants. CIC travaille actuellement avec Statistique Canada à recueillir de l’information dans le cadre de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes afin d’analyser le lien entre les compétences linguistiques et le niveau d’alphabétisation. Le Ministère effectue par ailleurs un sondage sur les compétences linguistiques au moment de l’octroi de la citoyenneté canadienne.

On a demandé aux FS qui offrent des services de formation d’évaluer les enseignants (voir le tableau 3.7). Pratiquement tous les fournisseurs de services jugent positivement la qualité de l’enseignement offert dans le cadre du programme CLIC – dans « une certaine mesure » ou « une large mesure » pour chacune des caractéristiques visées par le sondage. La plupart (92 p. 100) sont assurés de la compétence de leurs enseignants. Huit FS sur dix sont très satisfaits de l’expérience de formation (82 p. 100) et des compétences (80 p. 100) de leurs enseignants. La satisfaction par rapport au ratio enseignant-étudiants est notablement plus faible (sur une échelle de sept points, 63 p. 100 accordent une note de six ou sept à cet élément et 34 p. 100 y accordent une note de trois à cinq). Également, 60 p. 100 des fournisseurs de services estiment que leurs enseignants sont très satisfaits du programme, mais 37 p. 100 disent qu’ils sont seulement passablement satisfaits.

Tableau 3.7 Qualité de l’enseignement dans le cadre du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada - « Veuillez indiquer si les énoncés suivants s’appliquent aux enseignants. »

Au chapitre de la qualité de l’enseignement, les FS qui offrent le programme CLIC et le Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI) se montrent moins positifs que les FS qui offrent seulement les C LIC. Comparativement aux fournisseurs de services qui n’offrent pas le PEAI, ceux qui offrent le PEAI sont moins susceptibles de juger :

  • l’expérience de formation des enseignants du programme CLIC comme largement suffisante (68 p. 100 contre 91 p. 100);
  • les compétences des enseignants comme largement suffisantes (71 p. 100 contre 87 p. 100);
  • que les enseignants sont largement satisfaits du programme CLIC (41 p. 100 contre 68 p. 100).

Lors des séances de discussion, les clients et les diplômés ont exprimé des points de vue partagés sur la qualité de l’enseignement du programme CLIC. Même si la plupart des étudiants semblent très satisfaits, quelques-uns se plaignent du fait que les enseignants montrent une trop grande indulgence et un manque de sérieux, de sorte que le temps en classe n’est pas utilisé efficacement. On signale également un manque d’uniformité dans la qualité et le style d’enseignement. Certains étudiants prétendent que la qualité de leur formation linguistique dépend largement de l’enseignant, et certains ont délibérément changé d’enseignant parce qu’ils n’étaient pas satisfaits. Par ailleurs, beaucoup de clients signalent que l’effectif des classes est trop grand, de sorte qu’ils n’obtiennent pas suffisamment d’attention de l’enseignant ni assez de temps pour s’exercer à la compréhension auditive et à la conversation. Certains clients croient également qu’on met trop l’accent sur la lecture, l’écriture et la grammaire, et pas assez sur la compréhension et l’expression orale.

Au chapitre des outils didactiques et du programme d’études (voir le tableau 3.8), la plupart des FS expriment une satisfaction élevée face à l’efficacité du programme à enseigner une langue seconde (89 p. 100 accordent une note de six ou sept sur l’échelle de sept points) et à transmettre des informations utiles sur la vie quotidienne au Canada (89 p. 100). La plupart des FS sont également très satisfaits de l’information sur le Canada qu’on retrouve dans le programme (88 p. 100), de la façon dont elle est adaptée au niveau de compétence linguistique des étudiants (81 p. 100) et de sa pertinence pour les étudiants (76 p. 100). Trois quarts des fournisseurs de services (73 p. 100) sont tout à fait d’accord pour considérer les outils didactiques comme à la fine pointe du progrès. Les deux tiers ou moins des FS estiment que le programme est bien adapté aux besoins des étudiants en matière d’alphabétisation (62 p. 100) et qu’il contient des renseignements très utiles sur la façon d’obtenir un emploi au Canada (53 p. 100). Précisons que, sur ce dernier point cependant, près de la moitié des FS (45 p. 100) indiquent que le programme contient des renseignements passablement utiles sur l’emploi. Près de la moitié (49 p. 100) des fournisseurs de services ont indiqué que les outils didactiques du programme CLIC se sont révélés très utiles dans d’autres programmes de formation linguistique, mais trois FS sur dix (28 p. 100) ne pouvaient pas commenter la question.

Tableau 3.8 Qualité des outils didactiques et du contenu éducatif du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada - « Indiquez si les énoncés suivants (au sujet de la qualité des outils didactiques et du contenu éducatif) s’appliquent.»

Différents types de FS expriment des opinions partagées sur les outils didactiques et le programme d’études. Comparativement aux FS qui n’offrent pas le PEAI, ceux qui l’offrent ont moins tendance à juger le programme très efficace dans l’enseignement d’une langue seconde (80 p. 100 contre 95 p. 100).

D’autres différences d’opinions ont été observées entre les FS qui servent les nouveaux arrivants seulement et ceux qui desservent aussi d’autres catégories de clients. Comparativement aux FS qui servent une clientèle diversifiée, ceux qui servent seulement les nouveaux arrivants ont moins tendance à juger :

  • que les outils didactiques sont à la très fine pointe du progrès (55 p. 100 contre 79 p. 100);
  • que le programme est très bien adapté au niveau de compétence linguistique des participants (67 p. 100 contre 86 p. 100);
  • que le programme contient des informations très utiles sur la vie quotidienne au Canada (79 p. 100 contre 92 p. 100).

Commentant l’expérience des clients dans le programme de formation, huit FS sur dix conviennent que les participants sont très satisfaits de la formation (80 p. 100) et qu’ils passent au niveau suivant lorsqu’ils y sont prêts (77 p. 100). Près de deux tiers (62 p. 100) des FS estiment aussi que les étudiants passent d’un niveau à l’autre à un rythme approprié, et le tiers environ (34 p. 100) indiquent que cela se produit dans une certaine mesure. Les clients eux-mêmes ont exprimé des opinions compatibles en général dans les groupes de discussion. Seulement 22 p. 100 des FS sont « tout à fait d’accord » que les étudiants terminent le programme en entier, mais 67 p. 100 sont d’accord « dans une certaine mesure ». Ces résultats sont illustrés dans le tableau 3.9.

Tableau 3.9 Qualité de l’expérience des participants au programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada - « Indiquez votre degré d’accord ou de désaccord avec les énoncés suivants au sujet des étudiants. »

Comparativement aux FS qui n’offrent pas le PEAI, ceux qui offrent ce programme sont moins susceptibles de juger :

  • que les étudiants passent d’un niveau à l’autre à un rythme approprié (37 p. 100 contre 73 p. 100);
  • que les étudiants passent au niveau suivant lorsqu’ils y sont prêts (63 p. 100 contre 83 p. 100);
  • que les étudiants font le programme en entier (7 p. 100 contre 32 p. 100).

Par ailleurs, comparativement aux FS qui servent une clientèle diversifiée, ceux qui servent seulement des nouveaux arrivants sont moins susceptibles de juger :

  • que les étudiants passent au niveau suivant lorsqu’ils y sont prêts (67 p. 100 contre 81 p. 100);
  • que les étudiants sont très satisfaits de la formation (67 p. 100 contre 85 p. 100).

Évaluation de l’acquisition linguistique

Les informateurs clés de CIC et les FS proposent d’élaborer et d’utiliser un outil (comparable au test linguistique initial) pour évaluer, à la fin du programme, les compétences linguistiques acquises des étudiants. Un outil normalisé présente entre autres les avantages suivants :

  • En plus de faciliter la communication des résultats, il permettrait de comparer les résultats à l’échelle du Canada et entre différents fournisseurs de services.
  • Il serait également utile en ce sens qu’il  1) permettrait à des étudiants de déménager ailleurs au Canada et de changer de FS durant la formation;  2) donnerait une mesure objective des compétences linguistiques acquises pour les employeurs. Il est important que le test soit reconnu par les provinces et les employeurs.
  • Un test normalisé éliminerait le risque que certains FS ou enseignants utilisent des procédures d’évaluation inadéquates dans le but de garder leurs étudiants le plus longtemps possible.

Contribution des services de recherche à l’amélioration du programme

Sept fournisseurs de services sur dix (70 p. 100) croient que la recherche subventionnée dans le cadre du programme contribue au moins dans une certaine mesure à améliorer les services ou la mise en oeuvre du programme (et 25 p. 100 estiment que la contribution est importante). Précisons que les fournisseurs de services qui sont des établissements d’enseignement ont davantage tendance à percevoir une grande contribution de la recherche à l’amélioration des services et de la mise en oeuvre du programme (36 p. 100) que les FS qui sont des ONG/organismes sans but lucratif (22 p. 100). Environ le quart des fournisseurs de services (27 p. 100) n’ont pu se prononcer sur cette question cependant.

Uniformité et souplesse régionale dans la prestation du programme

En général, les informateurs clés estiment que l’Administration centrale de CIC donne une orientation stratégique uniforme à toutes les régions et qu’il revient à celles-ci d’interpréter et d’appliquer les politiques de l’AC.

On remarque que si le programme est souple en théorie, le financement, lui, ne l’est pas. Certains représentants de CIC indiquent notamment que la formule de financement ne répond pas adéquatement aux besoins accrus associés à la formation des nouveaux arrivants dans les petites villes (qui ne jouissent pas des mêmes économies d’échelle que les grandes où l’effectif des classes peut être plus important) et dans les régions où les villes qui offrent le programme CLIC sont très éloignées les unes des autres. Le modèle d’enseignement traditionnel (sur lequel repose la formule de financement) est moins pratique dans certaines régions. Un informateur principal a donc proposé que le programme incorpore d’autres méthodes de prestation, comme l’apprentissage à distance. Un autre a fait valoir que le programme devrait appuyer l’objectif de régionalisation, qui veut que l’on encourage les immigrants à s’établir ailleurs que dans les trois grandes villes (Vancouver, Toronto et Montréal) et que le programme CLIC devrait être amélioré dans les régions moins populeuses.

Dans l’ensemble, la plupart des informateurs clés estiment qu’il y a peu d’uniformité dans la prestation des services entre les diverses régions de CIC et qu’il y a amplement de souplesse pour adapter le programme aux priorités et aux besoins changeants des régions. Précisons toutefois que plusieurs informateurs clés de CIC s’inquiètent du fait que certaines régions offrent des cours jusqu’au niveau 5 seulement des SLC/CLB, tandis que d’autres offrent les niveaux 1 à 7.

Pertinence des contrôles financiers

Si certains informateurs clés de CIC jugent que les contrôles financiers en place pour surveiller la mise en oeuvre du programme CLIC (p. ex. les exigences précisées dans le Cadre d’imputabilité pour les programmes de contributions, les vérifications régulières) sont très bons et stricts, peut-être même excessifs, d’autres signalent de graves lacunes à ce chapitre, attribuables au manque de données statistiques concrètes. Certains pensent que le nouveau processus de l’iSMRP viendra régler le problème en donnant une information continue sur les clients et sur les services qui sont offerts dans toutes les régions.

Pertinence de la surveillance et de l’évaluation

CIC a une certaine capacité en matière de vérification et d’évaluation (il a fallu reconstruire cette capacité après l’examen des programmes, par suite des coupures au niveau de l’évaluation en raison de ressources limitées). Diverses activités de surveillance ont cours, par exemple des visites régulières aux FS par des agents locaux de CIC, des consultations communautaires aux fins de l’évaluation des besoins locaux, la production de comptes rendus mensuels sur l’avancement qui sont ensuite consolidés en un rapport annuel, et des vérifications régulières, incluant une rétroaction aux bureaux locaux de CIC et aux FS pour obtenir des commentaires, ainsi que l’application de mesures correctives, au besoin. Les représentants de CIC et les FS échangent des pratiques exemplaires et des propositions d’amélioration du programme CLIC dans le cadre de diverses rencontres et conférences (p. ex. réunions des groupes consultatifs ou de travail régionaux et nationaux) et de la publication de bulletins.

Les informateurs clés de CIC ont précisé que la présente étude constitue la première évaluation nationale du programme. L’Ontario est la seule région à avoir effectué une évaluation régionale, et elle remonte déjà à un certain temps. Jusqu’à aujourd’hui, toute évaluation du programme était informelle et fondée essentiellement sur des données non scientifiques. Certains informateurs clés croient cependant que la portée et la méthodologie de l’évaluation en cours sont trop limitées pour qu’on puisse en tirer des preuves concluantes quant aux différents effets sur les nouveaux arrivants. On a également signalé l’absence d’un compte rendu régulier sur le rendement du programme, parce qu’il n’y a pas d’examen final normalisé sur l’acquisition linguistique et que la fonction d’établissement des rapports de l’iSMRP n’est pas encore entièrement fonctionnelle. L’iSMRP fournira des données utiles, entre autres le nombre de clients, le temps qu’il faut pour franchir les étapes du programme et le nombre de diplômés.

Quelques-unes des préoccupations soulevées lors des entrevues avec les informateurs clés ont trouvé écho dans un examen portant sur les données administratives de CIC en tant qu’outil pour mesurer le rendement du programme. Il y a d’abord l’iSMRP, qui a été mis en service à l’été 2002. Ce système de collecte de données par Internet vise à permettre aux FS qui reçoivent des fonds dans le cadre des programmes de contributions de CIC (par l’entremise du programme CLIC et d’autres programmes de CIC) de rendre compte des services fournis aux clients. Les données recueillies permettent au Ministère d’évaluer les résultats du programme (comme le nombre de clients servis) et ainsi d’améliorer le modèle de reddition de comptes fondé sur les résultats. Cependant, bien qu’il soit indiqué, dans le dernier rapport trimestriel de l’iSMRP (d’octobre à décembre 2003), que 86 p. 100 des données entrées étaient valides, il est également ressorti que seulement trois quarts (74 p. 100) des FS entraient des données sur les clients, les FS de formation de l’Ontario ayant un taux particulièrement bas, soit de 66 p. 100. De plus, on ne conserve pas les coordonnées des clients, de sorte qu’il n’a pas été possible d’interroger ces derniers aux fins de la présente évaluation.

CIC est également responsable de trois autres bases de données qui pourraient éventuellement servir à mesurer le rendement du programme. Il s’agit de l’Enquête longitudinale auprès des immigrants au Canada (ELIC), menée par CIC en collaboration avec Statistique Canada, qui donne de l’information sur l’adaptation des nouveaux immigrants et leur intégration au fil du temps; du Système de données sur les immigrants ayant obtenu le droit d’établissement, duquel on tire un profil des immigrants (mais pas d’information à jour sur les coordonnées); de la Banque de données longitudinales sur les immigrants, qui établit un lien entre le profil des immigrants au moment de l’établissement et les fichiers d’impôt sur le revenu personnel qui sont créés par la suite. Elle offre donc des données longitudinales sur le rendement économique et la mobilité des immigrants. Il est toutefois ressorti des discussions tenues avec des agents de CIC qu’aucune de ces bases de données ne crée de lien avec le programme CLIC. Dans l’ELIC, on ne demande pas aux répondants si la formation linguistique qu’ils ont suivie était donnée dans le cadre du programme CLIC. Par conséquent, il n’est pas possible de repérer les participants aux CLIC dans ces bases de données ni de mesurer leurs résultats.

Par contre, cela ne veut pas dire que la base de données de l’ELIC en particulier n’a aucun potentiel comme outil pour mesurer la valeur de la formation linguistique. L’ELIC interrogera les immigrants au sujet de leur expérience d’adaptation au Canada, comme trouver un logement, participer à l’activité économique, profiter des occasions d’apprentissage, utiliser les services de santé, exercer ses droits de citoyen et développer ses compétences linguistiques. Le même groupe d’immigrants sera interrogé 6, 24 et 48 mois après son arrivée au Canada. Il est possible de distinguer les immigrants qui ont reçu une formation linguistique de ceux qui n’en ont pas suivi, et donc d’observer des différences entre ces deux groupes en ce qui a trait au degré et à la vitesse d’intégration. Il n’est pas possible, par contre, de déterminer si la formation linguistique a été parrainée ou non par le programme CLIC. Ainsi, les données de l’ELIC ne permettent pas de mesurer le rendement des CLIC en rapport avec les résultats pour les immigrants, mais la base de données a le potentiel de  mesurer de manière rigoureuse l’incidence de la formation linguistique, en utilisant une méthode d’enquête de groupe axée sur la comparaison des participants.

Efficacité et efficience

Efficacité et efficience du modèle de prestation

Certains informateurs clés de CIC estiment que le mécanisme de prestation actuel n’est pas le modèle le plus efficient qui soit. Selon eux, si l’efficience est l’objectif, on devrait envisager d’utiliser l’infrastructure d’enseignement existante au lieu de créer un modèle de formation parallèle. D’autres signalent que le système actuel est bon puisque, comme le gouvernement fédéral possède une expertise dans le domaine des politiques, et non de l’enseignement, il doit s’en remettre à des experts pour enseigner les langues secondes. De plus, la prestation directe des services par le gouvernement fédéral serait plus coûteuse que celle assurée par les FS, dont bon nombre sont des organismes bénévoles.

On signale également que le programme doit utiliser diverses approches de prestation et un large éventail de FS de façon à garantir une formation linguistique accessible et adaptée aux besoins des nouveaux arrivants dans les différentes régions du pays, et ce, même si ces approches ne sont pas les moins coûteuses. Les informateurs clés signalent que les partenaires de prestation les plus économiques sont les organismes sans but lucratif, suivis par les conseils scolaires. La mise en oeuvre du programme CLIC par des collèges communautaires peut être moins économique en raison de dépenses plus élevées.

Forces du programme

Les FS reconnaissent beaucoup de points forts au programme CLIC. Les principales forces citées sont classées ici par ordre de fréquence :

  • le programme d’enseignement approprié et/ou pratique;
  • l’aide offerte sous forme de services de transport et de garde d’enfants;
  • la souplesse de l’horaire et/ou du lieu de formation;
  • le processus d’évaluation;
  • la qualité du personnel et des enseignants et leur formation;
  • la gratuité du programme pour les nouveaux arrivants.

Les clients et les diplômés ont eux aussi reconnu quelques forces au programme :

  • la possibilité de se renseigner sur le Canada et sur le mode de vie des Canadiens;
  • la possibilité d’apprendre et de pratiquer le français ou l’anglais, y compris le dialecte canadien, les expressions, etc.;
  • la possibilité d’échanger avec des gens de cultures diverses;
  • le fait que le gouvernement du Canada offre le programme (et un soutien connexe comme des services de garde d’enfants) gratuitement aux nouveaux arrivants – cet aspect est grandement apprécié;
  • les liens qui se créent avec les enseignants, lesquels deviennent des personnes-ressources importantes pour les nouveaux arrivants;
  • l’amitié et le soutien social partagés avec des compagnons d’études qui se butent aux mêmes obstacles dans leur adaptation à la vie au Canada – les nouveaux arrivants se sentiraient beaucoup plus isolés sans ce soutien.

Suggestions d’amélioration

Certains informateurs clés de CIC disent qu’il serait idéal de créer un établissement national de formation linguistique ayant une présence dans chaque région, ainsi qu’un programme d’enseignement national normalisé. D’autres suggestions visent à mettre à l’essai ou à utiliser plus souvent des méthodes de prestation des services qui pourraient être plus économiques, notamment : offrir plus de formation à l’étranger, avant l’arrivée au Canada; utiliser l’étude individuelle par DVD et l’apprentissage à distance (moins coûteux, mais ne remplace pas l’apprentissage en face-à-face); former des groupes d’étudiants ayant tous le même niveau de compétence linguistique; utiliser des experts en ALS pour animer de petits groupes d’étudiants.

Les fournisseurs de services ont par ailleurs suggéré maintes façons d’améliorer la prestation des services du programme CLIC. Les éléments suivants ont été cités le plus souvent et sont classés ici par ordre de priorité :

  • prestation d’une formation linguistique avancée aux personnes qui ont les aptitudes requises, ou liaison avec une organisation qui offre ce genre de formation;
  • plus de formation liée à l’emploi (p. ex. rédaction de curriculum vitæ, recherche d’emploi, anglais/français des affaires);
  • améliorer/développer les volets garde d’enfants et transport (p. ex. au lieu de donner des billets d’autobus, remettre un laissez-passer qui est plus pratique et qui permet aux étudiants de se déplacer dans leur collectivité ainsi qu’entre les cours);
  • souplesse accrue (en ce qui a trait aux groupes, à la note de passage);
  • financement accru ou mieux réparti;
  • utilisation accrue d’ordinateurs dans les classes;
  • examens normalisés (p. ex. examen final);
  • exigences accrues au chapitre de la formation et de la qualification du personnel (et offrir à celui-ci plus d’occasions de perfectionnement professionnel);
  • rendre admissibles au programme CLIC les personnes qui demandent l’asile au Canada et les citoyens canadiens [note 9].

Enfin, les clients et les diplômés des CLIC ont formulé les suggestions d’amélioration suivantes :

  • Offrir une formation linguistique correspondant aux niveaux supérieurs des SLC/CLB. Le programme CLIC offre une formation jusqu’à un certain niveau, ce qui donne une base qui n’est toutefois pas jugée suffisante pour permettre aux nouveaux arrivants d’intégrer ensuite le marché du travail ou de poursuivre des études. Il y a un écart entre le niveau de langue offert par le programme CLIC et l’étape suivante vers l’intégration (p. ex. emploi, école). On demande une formation linguistique plus avancée et une formation linguistique axée sur les professions. Beaucoup de nouveaux arrivants ne peuvent pas se permettre financièrement de suivre d’autres cours d’anglais langue seconde (ni d’assumer les coûts associés, par exemple les services de garde d’enfants).
  • Renforcer le lien entre la formation linguistique CLIC et l’élaboration d’un plan de formation ou de carrière. Cela pourrait nécessiter la mise en place d’un nouveau programme ou une augmentation du financement afin d’offrir plus de places dans les programmes existants (p. ex. le Programme de stages pratiques pour les immigrants en Alberta).
  • Réduire l’effectif des classes. Par exemple, dans une classe de 20 étudiants, une personne peut passer une journée complète sans parler, ce qui n’est pas profitable pour la formation. On dit apprécier les classes où un aide-enseignant est disponible pour travailler individuellement avec les étudiants.
  • Améliorer la qualité et l’uniformité de la formation. À ce chapitre, des clients estiment que certains enseignants devraient se montrer plus exigeants et stricts de façon à ce que les nouveaux arrivants apprennent autant que possible.
  • Ne plus réunir plusieurs niveaux dans une même classe, parce que cela dilue la formation et, dans certains cas, facilite trop la tâche pour ceux qui ont atteint des niveaux plus avancés.
  • Adapter davantage la formation aux besoins individuels des étudiants (p. ex. tenir compte des forces et des faiblesses particulières des clients en lecture, en écriture, en expression orale et en compréhension auditive). Par exemple, certains participants sentent le besoin de pratiquer leur écriture, tandis que d’autres veulent améliorer leur compréhension auditive et leur aptitude à parler l’anglais canadien. Les cours devraient être axés sur des groupes de compétences précises plutôt que sur la lecture, l’écriture, l’expression orale et la compréhension auditive simultanément.
  • Offrir aux nouveaux arrivants davantage d’occasions de s’exercer à converser avec des Canadiens. Par exemple, on pourrait envisager d’élaborer des programmes où des jeunes ou des personnes âgées se portent volontaires pour converser avec de petits groupes de nouveaux arrivants.
  • Offrir plus d’occasions de pratiquer la compréhension auditive avec différents types d’émissions de télévision canadiennes.
  • Offrir tôt dans le programme des informations pratiques sur la vie au Canada (p. ex. comment utiliser le transport public dans la collectivité) afin d’aider les nouveaux arrivants qui ont besoin de ces renseignements de base.
  • Accroître la crédibilité du certificat du programme CLIC qui a peu de valeur et de signification pour l’instant (p. ex. il n’assure aucune reconnaissance par les collèges, le milieu du travail ou les professions). On suggère également que le programme CLIC comprenne un volet de préparation à l’examen TOEFL (Test of English as a Foreign Language).
  • On signale le besoin d’offrir une formation spécialisée adaptée aux participants des CLIC et liée au marché du travail. Par exemple, certains étudiants ont reçu une formation sur la conduite d’un chariot élévateur à fourche et un cours de premiers soins, et ils veulent recevoir d’autres cours de ce genre. Par ailleurs, certains clients aimeraient obtenir plus d’information sur les programmes gouvernementaux existants qui les aideraient à développer des compétences professionnelles et à trouver un emploi.

Réussite

Incidences sur les compétences linguistiques des clients

Les clients et les diplômés qui ont pris part aux groupes de discussion ont fait remarquer que le programme CLIC les a grandement aidés à améliorer leurs compétences en anglais et en français, surtout en compréhension auditive et en expression orale (car beaucoup d’étudiants avaient suivi quelques cours de lecture et d’écriture avant de venir au Canada). Par ailleurs, bon nombre d’entre eux ont dit qu’ils se sentaient de plus en plus à l’aise de communiquer avec des Canadiens en public, mais cela demeure difficile pour la plupart, et il y a des clients qui ne s’en sentent pas encore capables. Certains clients ont fait remarquer qu’il est plus facile de comprendre les adultes canadiens quand ils parlent que les jeunes qui ont tendance à avoir leurs propres expressions. Ils expliquent que, dans le cadre du programme, on leur enseigne la base, mais que ce sera long avant qu’ils se sentent parfaitement à l’aise avec les langues parlées au Canada. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des clients et des diplômés disent parler habituellement leur langue maternelle à la maison et avec leurs amis.

Même si un grand nombre d’informateurs de CIC estiment qu’ils ne sont pas en mesure de commenter la mesure dans laquelle le programme CLIC développe les compétences des clients à communiquer en français ou en anglais, certains observent que le programme semble y réussir et que les clients semblent plus à l’aise de communiquer. En l’absence d’un examen final normalisé, cependant, il est difficile d’apprécier la mesure dans laquelle les compétences linguistiques des clients se sont améliorées au fil du programme. Un examen normalisé administré à la fin du programme permettrait de suivre le degré d’aisance des clients à communiquer ainsi que leur intégration socioculturelle et économique.

Abondant dans le même sens que les résultats susmentionnés, les fournisseurs de services considèrent en grande majorité (89 p. 100) que la formation linguistique offerte dans le cadre du programme améliore grandement les aptitudes et les compétences linguistiques des participants (voir le tableau 3.10). De plus, la moitié environ des FS (51 p. 100) croient que le programme a développé sensiblement les capacités de lecture, d’écriture et de calcul des participants, et plus du tiers (38 p. 100) constatent des améliorations modérées à ce chapitre. Nous précisons toutefois que les FS qui servent seulement des nouveaux arrivants ont moins tendance que ceux qui servent des nouveaux arrivants et d’autres catégories de clients (27 p. 100 contre 59 p. 100) à dire que la formation linguistique a beaucoup amélioré les capacités de lecture, d’écriture et de calcul des participants.

Lorsqu’on leur a demandé pourquoi le programme ne permettait pas d’obtenir les résultats voulus dans la mesure possible, les FS étaient presque toujours enclins à donner l’une des quatre raisons suivantes, classées ici par ordre de fréquence :

  • les besoins particuliers des participants ne sont pas satisfaits – par exemple, l’effectif des classes est trop grand ou les besoins d’un groupe particulier de participants, comme les professionnels ou les personnes de 50 ans et plus, ne sont pas satisfaits adéquatement;
  • contraintes de temps – notamment la limite de trois ans ou les cours qui ne sont pas assez longs;
  • problèmes d’assiduité – en raison de facteurs liés au travail ou à la famille, parce qu’il n’y a pas assez de mécanismes pour encourager les étudiants à assister aux cours;
  • circonstances externes – qui peuvent échapper au cadre du programme, comme les pressions financières que vivent les participants, leurs objectifs professionnels et leurs responsabilités familiales (p. ex. grossesse dans le cas des femmes).

Tableau 3.10 Incidences du programme sur les participants - « Dans quelle mesure jugez-vous que la formation linguistique offerte dans le cadre du programme Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada contribue aux résultats escomptés pour les participants? »

Les fournisseurs de services croient que la capacité des participants d’améliorer leurs compétences linguistiques peut varier en fonction de leurs caractéristiques personnelles (voir le tableau 3.11). Ils constatent notamment pour la plupart que le degré de réussite dans la formation linguistique varie en fonction du niveau de scolarité atteint à l’étranger (86 p. 100) et de l’âge (79 p. 100). D’un autre côté, le sexe est considéré comme un facteur de réussite par une minorité seulement (28 p. 100) de FS.

Plus précisément, les FS observent que le degré de réussite des participants au programme varie en fonction des facteurs suivants :

  • Niveau d’instruction à l’étranger : sur les 114 fournisseurs de services qui croient que le niveau d’instruction est un facteur de réussite, la majorité indique que les participants qui possèdent un grade universitaire (100 p. 100) ou un diplôme d’études collégiales (79 p. 100) sont ceux qui améliorent le plus leurs compétences linguistiques. Également, la moitié de ces FS (47 p. 100) indique que les participants qui possèdent un diplôme d’études secondaires réussissent probablement mieux au programme CLIC et très peu (2 p. 100) croient que les participants qui ont moins qu’un niveau d’études secondaires réussiront bien dans le programme.
  • Âge : parmi les 104 FS qui ont sélectionné l’âge comme facteur de réussite, la plupart indiquent que les participants âgés de 20 à 34 ans (92 p. 100) et de 35 à 54 ans (63 p. 100) réussissent mieux. Beaucoup moins (2 p. 100) croient que les personnes âgées de 55 ans et plus et les jeunes de 15 à 19 ans (36 p. 100) réussissent bien dans le programme.
  • Pays d’origine : parmi les 77 fournisseurs de services pour qui le pays d’origine est un facteur, la plupart font remarquer que les participants venant d’Europe ou d’autres pays où l’on parle des langues qui ressemblent au français ou à l’anglais ont plus de succès dans le programme CLIC.
  • Niveau de revenu dans le pays d’origine : sur les 73 FS qui ont sélectionné le niveau de revenu comme variable, la plupart croient que les participants qui se situaient dans une tranche de revenu demoyenne à élevée (68 p. 100 dans chaque cas) réussissent mieux le programme que les participants à faible revenu (8 p. 100).
  • Groupe linguistique (langue maternelle) : sur les 68 fournisseurs de services qui ont choisi ce facteur, la plupart observent que les Européens ou ceux qui parlent une langue partageant une similarité alphabétique ou phonétique avec le français ou l’anglais réussissent mieux que les autres.
  • Niveau de revenu actuel : sur les 52 FS qui ont choisi ce facteur, la plupart estiment que les participants qui se situent dans une tranche de revenu de moyenne à supérieure (77 p. 100 et 56 p. 100, respectivement) réussissent mieux que les participants à faible revenu (12 p. 100).
  • Sexe : parmi les 37 FS qui croient que le sexe est un facteur de réussite, la plupart pensent que les femmes (73 p. 100) réussissent mieux que les hommes (19 p. 100).

Tableau 3.11 Différences dans l’incidence du programme selon le type de participant - « Avez-vous observé des différences quant à la capacité des participants d’améliorer leurs compétences linguistiques en rapport avec les caractéristiques suivantes? »

Incidences sur la connaissance de la vie et des droits et devoirs civiques au Canada

Les clients et les diplômés estiment que le programme CLIC les a aidés à assimiler des renseignements généraux sur la vie et les droits et devoirs civiques au Canada. Des matières telles que l’histoire, la géographie, les coutumes, les fêtes et les événements d’actualité sont vues en classe, et les enseignants aident beaucoup en répondant aux questions des participants au sujet du Canada. De même, les informateurs clés de CIC croient que les clients approfondissent leur connaissance du Canada et des habitudes de vie des Canadiens grâce aux CLIC parce que le programme leur donne un bon aperçu de ces sujets (p. ex. l’histoire, la géographie, comment les choses fonctionnent au Canada, les événements d’actualité). La plupart des FS (87 p. 100) croient également que le programme CLIC améliore grandement la connaissance du Canada. De plus, certains informateurs clés constatent que les nouveaux arrivants qui choisissent de vivre au Canada montrent une plus grande motivation à connaître le pays. L’obligation de réussir le test de citoyenneté motive également les nouveaux arrivants à se renseigner sur le Canada.

Incidences sur la capacité d’échanger dans un contexte culturel diversifié

Les informateurs clés de CIC estiment que les clients sont mieux préparés à évoluer dans un contexte culturel diversifié grâce au programme CLIC, et ils attribuent cela aux classes mutliculturelles. Autrement dit, comme les classes réunissent des gens de diverses cultures, les clients découvrent d’autres cultures et religions, et ils apprennent à respecter les différences. Par exemple, les célébrations culturelles différentes sont reconnues et expliquées. Les clients et les diplômés ont aussi exprimé ce point de vue lors des séances de discussion. Également, la plupart des FS (79 p. 100) disent que le programme CLIC améliore sensiblement la capacité des participants d’échanger et de communiquer au Canada.

Autres effets sur les clients

La plupart des FS (79 p. 100) croient que le programme a, dans une large mesure, renforcé la confiance des clients en leur capacité d’utiliser les services communautaires (banques, médecins et services gouvernementaux). De plus, les FS observent que le programme développe la capacité des participants d’obtenir un emploi au Canada, dans une certaine mesure (53 p. 100) ou dans une large mesure (46 p. 100). Moins de FS (37 p. 100) croient que le programme contribue dans une large mesure à l’atteinte d’objectifs personnels, comme faire des études, trouver un emploi, augmenter ses revenus, mais 60 p. 100 pensent que le programme y contribue dans une certaine mesure.

Les clients et les diplômés ont exprimé dans les groupes de discussion des opinions généralement compatibles avec les observations des FS. Ils croient effectivement qu’ils ont découvert et appris à utiliser beaucoup de ressources communautaires au Canada, mais nombre d’entre eux expriment le besoin d’obtenir des détails plus pratiques (p. ex. plus d’information sur les services d’emploi du gouvernement qui leur sont accessibles, plus d’aide pour communiquer avec les médecins). De plus, comme nous l’avons mentionné plus tôt, la plupart des clients et des diplômés ne croient pas que le programme CLIC leur permet d’atteindre un SLC/CLB assez élevé pour satisfaire aux exigences de la plupart des emplois et que leur manque d’expérience de travail au Canada constitue un obstacle majeur. Ils estiment que le programme les aide indirectement à poursuivre d’autres objectifs, comme faire des études ou trouver un emploi, en leur donnant des compétences linguistiques de base qui leur « ouvrent les portes » sur d’autres possibilités au Canada. De l’avis de certains clients et diplômés cependant, le programme devrait davantage les aider à relier leur formation linguistique à l’établissement d’un plan d’études et/ou de carrière. Par ailleurs, les diplômés estiment qu’ils contribuent ou contribueront à la société canadienne. Beaucoup font du bénévolat ou ont l’intention d’en faire (p. ex. dans des écoles, des hôpitaux, des maisons de soins, des églises et des bibliothèques publiques), certains poursuivent des études (p. ex. dans un domaine connexe à une carrière, en ALS) et certains ont un emploi (p. ex. un travail à temps partiel dans un garage ou un café), mais souvent il ne s’agit pas d’emplois professionnels dans leur domaine. Beaucoup ont aussi l’intention de devenir des citoyens canadiens, mais ils croient que ce sera assez long avant qu’ils « se sentent » canadiens

Incidences sur la sensibilisation et l’ouverture du public face aux différences culturelles

Seulement le quart des FS (26 p. 100) croient que le programme CLIC a grandement contribué à développer chez le public une attitude d’ouverture et d’appréciation de la diversité culturelle au Canada, mais un peu plus de la moitié (53 p. 100) perçoivent un gain modéré à ce chapitre. De même, plus des trois quarts des FS indiquent que le programme a contribué grandement (20 p. 100) ou passablement (58 p. 100) à sensibiliser les Canadiens en général aux bienfaits de l’immigration (voir le tableau 3.12).

Tableau 3.12 Incidence du programme sur le public canadien - « Dans quelle mesure croyez-vous que le programme Cours de langue pour les immigrants au Canada contribue à l’atteinte des résultats suivants pour les Canadiens en général? »

Dans les groupes de discussion, la plupart des clients et des diplômés ont dit que la société canadienne (incluant la plupart des Canadiens qu’ils rencontrent) leur semble très accueillante et réceptive aux gens de cultures différentes. Par exemple, certains clients disent que les Canadiens sont « amicaux », « toujours souriants » et « très serviables », et ils constatent qu’ils se sont sentis moins bien accueillis dans d’autres pays. Pour certains clients cependant, il est difficile de commenter cette question parce qu’ils ne connaissent aucun « Canadien de naissance » et socialisent principalement avec des membres de leur propre communauté ethnique. Enfin, certains estiment qu’ils ont été la cible d’une certaine discrimination ou de remarques désobligeantes sur le marché du travail à cause de leurs compétences linguistiques limitées.

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6. Voir Le Quotidien sur le site Web de Statistique Canada : http://www.statcan.ca/Daily/Francais/030904/q030904a.htm

7. En plus de transmettre des politiques et des procédures, l’AC donne des directives aux bureaux régionaux et sollicite une rétroaction des bureaux locaux et régionaux lorsqu’une politique est élaborée.

8. Les gestionnaires et les agents d’établissement locaux jouent également un rôle clé dans l’élaboration des programmes.

9. Il est bon de signaler que les citoyens canadiens ont accès aux cours de formation linguistique dans le système scolaire régulier.

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