Évaluation du programme «Language Instruction for Newcomers to Canada» (LINC)

4. Gestion et prestation du programme

4.1. Communication et coordination

Principale conclusion :

  • La communication au sein de CIC et avec les intervenants du programme fonctionne bien.

Communication au sein de CIC

La DGGOC a établi une relation efficace avec les conseillers de programme régionaux (CPR) dans chaque région, selon les fonctionnaires de la DGGOC et les CPR interrogés dans le cadre de l’évaluation. Les CPR communiquent régulièrement avec le responsable de la DGGOC pour échanger de l’information et demander des conseils sur les enjeux liés au programme sur le terrain. De son côté, l’administration centrale (AC) demande des commentaires à chaque région sur les nouvelles politiques et initiatives. Les régions fournissent des rapports officiels deux fois par année sur leurs activités en matière de plans de travail régionaux, un rapport mensuel des travaux en cours (et, en Ontario, un rapport trimestriel de l’Accord Canada Ontario sur l’immigration [ACOI]). En outre, les directeurs généraux régionaux sont en communication régulière avec l’AC. Selon les deux points de vue, des discussions plus fréquentes entre la DGGOC et les régions seraient bénéfiques.

Trois personnes interrogées ont encensé le Groupe de travail national sur la formation linguistique, un excellent mécanisme de communication avec les agents de la LINC de partout au Canada, selon eux. Composé de gestionnaires de niveau intermédiaire à inférieur du domaine des politiques et des opérations à l’AC ainsi que de représentants de tous les bureaux régionaux, le groupe étudie les réalités opérationnelles et les difficultés, et diffuse les pratiques exemplaires. Il a été mentionné que le Groupe se réunit moins souvent que ce qu’il aimerait, mais que des téléconférences périodiques sont tenues avec les intervenants.

Communication avec les ONG et les provinces

Une conférence sur l’établissement à laquelle participent les fournisseurs de services et des collègues de l’AC a lieu tous les ans; celle ci était considérée comme précieuse par la plupart des intervenants. De plus, une conférence d’administrateurs de la LINC est tenue annuellement; elle réunit les FS et les gestionnaires régionaux de la LINC de CIC.

La communication entre les fonctionnaires fédéraux et provinciaux est importante pour assurer la meilleure coordination possible des programmes de LINC et d’ALS. En Ontario, par exemple, en vertu de l’ACOI, les fonctionnaires régionaux de CIC travaillent en collaboration avec leurs homologues provinciaux pour mettre en œuvre une démarche coordonnée et combler les lacunes dans les services. Plusieurs initiatives d’amélioration de la prestation des programmes sont en élaboration ou en cours.

L’Alberta et la région de l’Atlantique constituent deux exemples régionaux de coordination. En Alberta, le personnel fédéral travaille et s’entretient avec ses collègues provinciaux pour faire en sorte que les programmes se complètent.

Dans la région de l’Atlantique, les gouvernements fédéral et provinciaux collaborent pour déterminer où est affecté le financement des programmes dans le but d’éviter le chevauchement et la répétition. Les informateurs clés sentaient que les deux ordres de gouvernement travaillent bien ensemble et communiquent régulièrement. Par exemple, en Nouvelle Écosse, un comité sur le programme LINC composé d’un agent local de CIC, d’un représentant de la province, d’un évaluateur et de représentants du milieu des FS se réunit mensuellement.

4.2. Modes de prestationNote de bas de page 30

Principale conclusion :

  • Les lignes directrices du programme et les divers modes de prestation de la LINC permettent aux FS de créer un programme flexible qui satisfait les besoins des apprenants.

Le programme LINC est presque entièrement offert en classes. Environ 95 % des étudiants de la LINC se réunissent en classe, soit dans une école, soit dans un immeuble commercial.

La formation à domicile constitue l’autre mode principal de prestation du programme LINC. Les étudiants à domicile peuvent suivre le cours en ligne ou par correspondance. Il y a dans les deux cas une conversation téléphonique hebdomadaire entre l’enseignant et l’étudiant. En mai 2009, il y avait environ 950 étudiants à domicile, soit à peu près 3 % de tous les apprenants de la LINC au Canada.

L’enquête auprès des administrateurs de FS portait également sur les innovations que les FS utilisent; celles ci sont présentées dans le Figure 4-1. Une conclusion claire est tirée : aucune variation du mode de prestation standard en classe n’est commune. Environ 13 % des fournisseurs offrent des classes destinées à des groupes particuliers, notamment les femmes, les jeunes et les aînés; 12 % fournissent de l’apprentissage assisté par ordinateur en classe ou en laboratoire. Les classes axées sur des domaines de compétences comme l’expression écrite et la prononciation ont été mentionnées par 6 % des FS; 5 % offrent du tutorat, par exemple, du tutorat individuel au domicile de l’étudiant et des groupes de tutorat après l’école animés par des bénévoles pour les étudiants ayant besoin de davantage de soutien. Quatre pour cent des FS comptent sur des enseignants itinérants qui se déplacent au domicile des étudiants pour fournir la formation de la LINC. Dans le cadre de l’English Language Tutoring for the Ottawa Community (ELTOC), des formateurs bénévoles rendent visite aux apprenants à leur domicile. L’Alberta et Terre Neuve et Labrador comptent également sur des enseignants itinérants en milieu rural. Seul un FS offrait des cours d’anglais pour le milieu de travail, mais deux autres donnaient des cours axés principalement sur la langue du travail. La LINC pour le milieu travail est mise à l’essai en Ontario.

Figure 4-1 : Modes de prestation innovateurs

Tableau : Programmes visant un groupe particulier, 13.0%; Apprentissage assisté par ordinateur, 12.2%; Classes spécialisées : expression écrite, prononciation, 5.8%; Tutorat, 5.0%; Enseignant itinérant, 3.6%; Conférenciers de la communauté, 3.6%; Cercle de conversation, 2.9%; Assistants en classe, 2.9%; Heures planifiées selon les besoins des clients, 2.9%; Excursions, 2.9%; Cours de formation distincts, 2.9%; Programme d’apprentissage familial, 2.2%; Programme d’été, 2.2%; Ateliers sur des thèmes pertinents pour les nouveaux arrivants, 2.2%; Sujets spécialisés, 2.2%; Étudiants intégrés à d'autres classes de l’établissement, 2.2%; Anglais pour le milieu de travail, 1.4%; Apprentissage en ligne, 1.4%; Travail sur des projets spéciaux, 1.4%; Autres, 3.6%

N=139

Source : Enquête auprès des administrateurs

Autres différences selon les régions

Les principales différences régionales dans les modes de prestation ont déjà été mentionnées : des niveaux distincts de la LINC et différents modes de prestation sont offerts. Mais il y a d’autres différences :

  • Actuellement, les niveaux 1 à 5 de la LINC sont offerts partout au Canada; le niveau 6 l’est en Nouvelle-Écosse; les niveaux 6 et 7 le sont en OntarioNote de bas de page 31. De plus, des cours d’alphabétisation sont offerts aux nouveaux arrivants, qui sont évalués au moyen de la CLBA selon des niveaux pré-CLB.
  • La durée pendant laquelle un client admissible peut demeurer dans le programme LINC n’est pas limitée, sauf en Alberta, où la collaboration entre CIC et l’Alberta Employment and Immigration permet aux étudiants de passer de la LINC à la formation financée par la province.
  • Du côté de l’aide à la prestation, dans le Nord de l’Alberta, un bureau de projet des CLB/LINC offre cette aide de façon centralisée. Il finance et effectue toute la recherche, cherche les possibilités de perfectionnement professionnel (PP), tient des conférences, organise des comités consultatifs, etc. La plupart des projets spéciaux sont planifiés avec la communauté.
  • Selon les informateurs clés, l’Ontario destine une partie plus importante de son budget de la LINC à la recherche et à la production de ressources que les autres régions. Cette province est également plus susceptible de mettre à l’essai des innovations en matière de prestationNote de bas de page 32.
  • Le Yukon se heurte à des difficultés uniques en raison de sa faible population d’immigrants (de 60 à 70 nouveaux arrivants par année), du petit nombre de FS et des possibilités restreintes de formation destinée aux formateurs. Il n’existe pas de programmes d’éducation à distance et les fonds destinés à la garde d’enfants et à l’aide au transport sont très limités.

4.3. Sensibilisation

Il n’y a jamais eu de campagne coordonnée visant à promouvoir la LINC. CIC a fourni des brochures et des affiches de qualité sur la LINC dans les principales langues des nouveaux arrivants. La promotion de la LINC incombe aux FS, qui peuvent demander du financement pour promouvoir leurs programmes de LINC, assujetti à des montants maximaux.

Les organismes de la LINC utilisent divers moyens de promotion pour attirer les étudiants. Presque les deux tiers font usage des brochures et affiches de la LINC. Environ la moitié s’annonce dans les journaux communautaires, généralement de groupes ethniques. Le Figure 4-2 dresse une liste des autres outils de promotion utilisés.

Presque les deux tiers des administrateurs de la LINC interrogés ont mentionné que le bouche à oreille, en général d’étudiants actuels et anciens, constitue la façon la plus efficace de promouvoir leur programme. Les FS attirent les futurs étudiants en offrant un bon service aux étudiants actuels. Parmi d’autres techniques de promotion considérées comme efficaces, mentionnons les brochures et les affiches de la LINC (15 % des administrateurs les ont mentionnées), les centres d’évaluation (12 %), les journaux communautaires (11 %), le réseautage avec d’autres organismes (9 %), le site Web (7 %) et l’affichage (7 %).

Figure 4-2 : Proportion de FS utilisant diverses techniques de promotion et de sensibilisation

Tableau : Brochures, affiches, 65%; Journaux communautaires, 48%; Réseautage avec d’autres organismes, 30%; Site Web, 28%; Bouche à oreille, 22%; Activités communautaires, 23%; Lien avec un centre d'évaluation, 17%; Présentations, 15%; Radio/télévision, 13%; Lien avec un organisme d’aide à l’établissement, 13%; Catalogue de cours, 9%; Affichage, 8%; Employé chargé de la sensibilisation, 6%; Promotion au sein de l'’organisme, 4%; Annonces sur les autobus, 4%; Bulletin, 4%; Autres, 4%

N=139

Source : Enquête auprès des administrateurs

Les données tirées de l’enquête auprès des étudiants confirment que le bouche à oreille constitue le moyen le plus important de faire connaître la LINC (Figure 4-3). Ce chiffre différait sensiblement selon la région de CICNote de bas de page 33:

  • Ontario – Une vaste concentration de nouveaux arrivants se trouvant dans la RGT, les amis et les membres de la famille sont la source citée dans 60 % des cas; les centres d’évaluation (20 %) et les organismes d’aide à l’établissement (10 %) étaient secondaires.
  • Prairies et Territoires du Nord – La plupart des apprenants ont découvert les cours par l’entremise d’un centre d’évaluation (43 %) ou d’un organisme d’aide à l’établissement (27 %).
  • Atlantique – Le bouche à oreille était de loin la source la plus répandue (39 %), mais les centres d’évaluation (29 %) et les organismes d’aide à l’établissement (29 %) étaient également des sources fréquentes.

Figure 4-3 : Comment les étudiants ont ils appris l’existence des cours?

Diagramme : Centre d’évaluation, 26%; Brochure, 2%; Organisme d’aide à l’établissement ou de services sociaux, 15%; Conseil scolaire ou collège, 2%; Bouche-à-oreille, 51%; Internet, 3%; Autres, 1%

N=616

Source : Enquête auprès des enseignants

Seulement 7 % des étudiants avaient entendu parler de la LINC avant leur arrivée au Canada.

4.4. Participation au programme

Principale conclusion :

  • Le programme n’a pas calculé de taux d’inscription en raison des diverses options de formation linguistique accessibles aux immigrants et du caractère volontaire des cours de langue.

Le taux de participation à la LINC est jugé faible. Certains informateurs clés au sein de CIC ont l’impression que plus de nouveaux arrivants devraient profiter de la LINC. Tel qu’il a été mentionné auparavant, les nouveaux arrivants ont besoin de formation linguistique : environ 21 % d’entre eux ont indiqué qu’ils ne sont pas en mesure de converser dans l’une ou l’autre des langues officielles du Canada (les enfants de moins de 15 ans et les provinces qui n’offrent pas la LINC ont été supprimés des données pour les besoins de ce calcul). Dans une autre étude, l’EIACA a révélé que les deux tiers des immigrants au Canada avaient un niveau de compréhension courante de l’écrit inférieur au niveau 3.

Une récente étude pancanadienne a permis de constater que près de 257 000Note de bas de page 34 immigrants suivent des programmes de formation linguistique en anglais ou en français financés par des fonds publics; 217 000 d’entre eux suivent des cours d’anglais et 40 000, de français, partout au Canada. Parmi ces immigrants, de 50 000 à 55 000 environ s’inscrivent annuellement à la LINC partout au pays et à peu près 200 000 s’inscrivent à des programmes provinciaux. Étant donné l’accessibilité de la formation linguistique fédérale et provinciale, il est possible que certains apprenants soient inscrits à plusieurs cours. Cette situation est particulièrement susceptible de se produire en Ontario, où les apprenants peuvent être inscrits à un cours de LINC à temps partiel ainsi qu’à un cours à temps partiel parrainé par une province (les deux peuvent être offerts par le même fournisseur). L’enquête auprès du groupe témoinNote de bas de page 35 (nouveaux arrivants qui avaient été évalués, mais n’ayant pas suivi la LINC) a permis d’apprendre que 90 % des répondants aimeraient suivre un cours afin d’améliorer leur anglais et qu’en fait, 46 % avaient suivi un cours d’ALS à un moment donné depuis leur immigration.

En ce qui concerne la participation au programme, il est également important de tenir compte des raisons de s’inscrire au programme LINC et des obstacles connexes. Les administrateurs de la LINC ont été interrogés sur les raisons pour lesquelles, selon eux, la proportion d’immigrants s’inscrivant à la LINC n’est pas plus élevée. Parmi les raisons mentionnées, citons :

  • la nécessité de travailler (pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille) (66 %)
  • le manque d’information sur la LINC (33 %)
  • les obligations familiales (31 %)
  • la croyance que la maîtrise de l’anglais est suffisante (14 %)
  • les horaires de cours inopportuns (11 %)

Les réponses des informateurs de CIC étaient similaires. Les réponses du groupe témoin étaient également semblables : les raisons de ne pas s’inscrire à la LINC les plus souvent citées étaient la nécessité de travailler (54 %), le besoin de s’occuper de jeunes enfants (21 %) et l’impression de ne pas avoir besoin de formation linguistique supplémentaire en anglais (21 %).

Les administrateurs de la LINC ont avancé les idées suivantes pour accroître la proportion de nouveaux arrivants suivant la LINC :

  • Accroissement de la promotion du programme (34 %), notamment fournir des trousses d’information avant l’immigration et à l’arrivée au Canada, améliorer la publicité aux points d’entrée, faire la promotion du programme par l’entremise des travailleurs chargés de l’accueil et de l’établissement ainsi que des évaluateurs de la CLB au cours de l’orientation linguistique, mener une campagne publicitaire à l’échelle nationale, faire connaître la marque LINC à l’échelle nationale à l’aide d’un logo, traduire le matériel de promotion dans d’autres langues.
  • Amélioration de la flexibilité des modèles et des horaires (23 %), y compris la prestation de cours à temps partiel ou le soir, la mise en place de formules différentes pour enseigner les cours dans la communauté (p. ex. bibliothèques, centres communautaires, centres commerciaux), la diversification des modes de prestation de la LINC (en ligne et par correspondance), et l’offre d’une modalité mixte (LINC en classe et à domicile).
  • Prestation d’une bourse (19 %).

Il convient de noter, toutefois, qu’il est impossible de calculer le taux de participation au programme en raison de l’existence de diverses options de formation linguistique accessibles aux immigrants et du caractère volontaire des cours de langue.

Capacité

Les répercussions du fonctionnement et de la capacité ont été évaluées dans l’optique de la participation pendant les entrevues avec les fonctionnaires régionaux de CIC. Les responsables de la région de l’Atlantique ont mentionné que certains FS ne sont peut être pas en mesure de traiter une demande de services accrue. Leurs principales difficultés seraient un manque de locaux ainsi qu’une disponibilité restreinte des formateurs linguistiques.

Selon les responsables de la région de l’Ontario, CIC et les FS ont la capacité de fournir des services à plus de clients, bien que certains FS n’aient peut être pas l’espace nécessaire pour le service de garde d’enfants. Les informateurs considéraient qu’une augmentation de la participation n’entraînerait pas nécessairement des effets positifs ou négatifs sur la qualité, pourvu que les classes ne soient pas surchargées ni mal gérées.

Dans l’Ouest, on estimait que les fournisseurs actuels pourraient étendre leurs services, mais que le manque de nouveaux FS qualifiés poserait problème. En outre, on croyait que l’effectif des bureaux locaux de CIC n’a pas suivi l’augmentation de fonds; la gestion de nouveaux FS pourrait donc constituer une difficulté.

Les responsables de la région du Yukon ont mentionné que les FS seraient en mesure de servir tous les clients en cas d’une hausse des inscriptions.

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