Évaluation de la Stratégie de collecte de données uniformisée à l’échelle nationale sur les crimes motivés par la haine

2. Méthodologie

2.1. Enjeux et questions de l’évaluation

L’évaluation de la stratégie de collecte de données a permis d’examiner des questions liées à la pertinence, au rendement et aux solutions de rechange. Le tableau 2-1 présente en détail les enjeux et les questions traités dans l’évaluation (voir la matrice d’évaluation complète présentée à l’annexe A, qui comprend aussi des indicateurs et des méthodologies précis pour chacune des questions de l’évaluation).

Tableau 2-1 :  Résumé des enjeux et des questions de l’évaluation
Enjeux de l’évaluation Question de l’évaluation
Pertinence
  • Existe-t-il un besoin continu relativement à une stratégie de collecte de données uniformisée à l’échelle nationale sur les crimes motivés par la haine?
  • Est-ce que la stratégie de collecte de données est toujours conforme aux priorités ministérielles et gouvernementales?
  • Est-ce que la stratégie est conforme aux rôles et aux responsabilités du gouvernement fédéral?
Rendement
  • Est-ce que les services de police et les autres intervenants comprennent l’utilité et la nécessité de la collecte de données sur les crimes motivés par la haine?
  • Est-ce que les services de police ont la formation et les outils nécessaires pour trouver et recueillir les données sur les crimes motivés par la haine?
  • Est-ce que Statistique Canada effectue la collecte de données uniformisées à l’échelle nationale sur les crimes motivés par la haine? Ces données sont-elles de grande qualité?
  • Dans quelle mesure les données uniformisées à l’échelle nationale sur les crimes motivés par la haine sont-elles rendues accessibles?
  • Est-ce que les intervenants comprennent la nature et l’étendue des données sur les crimes haineux fournies par Statistique Canada?
  • Est-ce que les intervenants ont appliqué leur connaissance des crimes motivés par la haine pour améliorer des programmes, des politiques et des services?
Solutions de rechange
  • Est-ce que Statistique Canada est le mécanisme de distribution le plus approprié pour la stratégie de données?

2.2. Méthodes de collecte de données

L’évaluation de la stratégie de collecte de données comprenait l’utilisation de multiples sources de données et de méthodes de recherche complémentaires pour aider à assurer la fiabilité de l’information et des données recueillies. Les méthodes de collecte de données suivantes ont été utilisées pour recueillir des données pour l’évaluation :

  • entrevues avec des intervenants;
  • examen de documents;
  • examen de données administratives;
  • sondage auprès de services de police.

Chacune de ces méthodes est décrite brièvement dans la section suivante. L’annexe B présente des détails supplémentaires sur ces méthodes.

2.2.1. Entrevues avec des intervenants

Au total, 24 intervenants ont été interrogés dans le cadre de l’évaluation. Les entrevues ont été menées auprès de quatre principaux groupes d’intervenants : la Direction générale de la citoyenneté et du multiculturalisme de CIC, le CCSJ, le Comité des informations et statistiques policières (CISP) et d’autres intervenants, y compris des organisations non gouvernementales (ONG), des universitaires, d’autres ministères et des représentants internationaux. Le nombre d’entrevues menées pour chacun des groupes interrogés est indiqué dans le tableau 2.2 (voir l’annexe C pour une liste des personnes interrogées, et l’annexe D pour les guides d’entrevue).

Tableau 2-2 : Liste des entrevues, par groupe interrogé
Groupe interrogé Nombre d’entrevues menées
Direction générale de la citoyenneté et du multiculturalisme de CIC 3
Centre canadien de la statistique juridique 2
Comité des informations et statistiques policières 9
Autres intervenants 10
Total 24

2.2.2. Examen de documents

L’examen de la documentation avait principalement pour but d’éclairer l’évaluation de la pertinence de la stratégie de collecte de données et de déterminer s’il y avait des solutions de rechange viables (l’annexe E contient une liste des documents qui ont été examinés dans le cadre de l’évaluation). Les types de documents suivants ont été examinés lors de l’évaluation :

Documents ministériels, comptables et politiques : notamment des rapports ministériels sur le rendement et des rapports sur les plans et les priorités, des rapports entre CIC et le CCSJ et des discours du Trône.

Documents produits dans le cadre de la stratégie : notamment des rapports annuels de projet du CCSJ, des présentations et des documents de formation. 

Rapports et documents universitaires sur les crimes haineux : notamment les rapports annuels sur les crimes haineux du CCSJ et les travaux de recherche qui comportaient de l’information et présentaient divers points de vue sur les crimes haineux au Canada.

Rapports et conventions internationales : notamment les documents en lien avec la participation du Canada à toute conférence mondiale sur le racisme et la réponse du Canada aux engagements internationaux concernant la production de rapports.

2.2.3. Sondage auprès des services de police

Un sondage a été mené auprès de services de police municipaux, provinciaux et fédéraux pour recueillir de l’information permettant de déterminer si ceux-ci croient au besoin de procéder à la collecte de données sur les crimes haineux de manière uniformisée et s’ils jugent les données utiles, ainsi que pour savoir ce qu’ils pensent de la formation donnée par le CCSJ. L’enquête a été menée par l’Association canadienne des chefs de police (ACCP) au nom de CIC. La liste des membres actifs a été nettoyée pour veiller à ce que l’enquête s’adresse à la population appropriée. L’enquête a été prétestée auprès de membres du CISP sélectionnés issus de services de police fédéraux, provinciaux et municipaux (voir l’enquête à l’annexe F).

L’ACCP a envoyé l’enquête par courrier électronique à un total de 368 membres.Note de bas de page 5 Dans un autre courrier électronique, l’enquête a été envoyée à 26 services de police des Premières nations (à partir d’une liste de distribution figurant sur le site Web de l’Association des chefs de police des Premières nations). Au total, l’enquête a été envoyée à 394 personnes (tableau 2-3). Dans le cadre d’efforts visant à accroître l’étendue de l’enquête, le communiqué qui accompagnait l’enquête demandait de le transmettre à toute personne du service de police qui pourrait être en mesure d’y répondre. Au total, 92 réponses ont été reçues. Tous les efforts ont été faits pour assurer une vaste étendue, cependant un faible nombre de réponses ont été reçues de certains types de services. En raison de l’approche utilisée pour l’administration de l’enquête (c.-à-d. qu’on demandait aux répondants de transmettre l’enquête à d’autres personnes), il est impossible de calculer le taux de réponse à ce sondage.

Tableau 2-3 :  Nombre de répondants à l’enquête et de réponses, selon le type de service de police
Type de service de police Nombre de personnes sondées Nombre de réponses
Municipal 248 77
Première nation 26 6
Gendarmerie royale du Canada 78 4
Police provinciale de l’Ontario 11 4
Sûreté du Québec 18
Force constabulaire royale de Terre-Neuve 5 0
Police militaire 8 1
Total 394 92

2.2.4. Examen de données administratives et financières

Un examen des données administratives a été réalisé pour établir le niveau des activités et des résultats de la stratégie. Ces données comprenaient : le nombre de formations et d’ateliers donnés et le nombre de services de police qui utilisent le Programme DUC 2.2. Cette information a été tirée des rapports annuels de projet du CCSJ et du modèle de rapport annuel du PACCR.

L’information financière contenue dans la stratégie de collecte de données a aussi été examinée pour déterminer le coût total de l’initiative.

2.3. Limites et considérations

Il existe de nombreuses limites et considérations méthodologiques qui devraient être soulignées. À la lumière de ces considérations, l’évaluation a été conçue pour utiliser de multiples sources de données (p. ex. des entrevues, des enquêtes, des données administratives, de la documentation) pour renforcer la fiabilité et la validité de ses résultats.

L’échantillon pour l’enquête auprès des services de police ne comprenait pas tous les services de police du Canada.

Aucune liste de personnes-ressources complète comprenant tous les services et détachements de police au Canada n’a pu être trouvée au cours de l’évaluation. Bien que des efforts aient été déployés par l’équipe responsable de l’évaluation pour inclure un vaste nombre de services de police dans l’échantillon de l’enquête, ce ne sont pas tous les services de police qui ont été interrogés, car ils n’étaient pas tous des membres actifs de l’ACCP ou ne figuraient pas tous sur la liste des services de police des Premières nations. De plus, comme le courrier électronique encourageait les services de police à transmettre l’invitation à répondre à l’enquête à d’autres membres pertinents de leur service de police, et comme les réponses à l’enquête ne pouvaient faire l’objet d’un suivi par service de police, on ignore l’étendue parmi les services de police représentés par les répondants à l’enquête. Les répondants étaient le plus probablement membres de services de police municipaux et relativement peu d’entre eux étaient membres de détachements de la GRC ou de services de police provinciaux. En conséquence, l’enquête auprès des services de police n’est pas représentative de l’ensemble des services de police au Canada.

Les répondants à l’enquête et à l’entrevue connaissaient à différents niveaux la stratégie de collecte de données et n’étaient peut-être pas représentatifs de tous les intervenants qui utilisent l’information recueillie grâce à cette initiative.

L’évaluation avait pour but d’obtenir des commentaires de la part d’une grande variété d’intervenants dans le cadre de l’enquête auprès des services de police et des entrevues menées auprès des universitaires, des ONG et des autres ministères. Cependant, les répondants à l’enquête et à l’entrevue ont démontré différents niveaux de connaissance de la stratégie de collecte de données et les réponses reflétaient cette différence de connaissance. Bien que des efforts aient été déployés pour obtenir des commentaires des personnes les mieux placées pour le faire, on ignore si les répondants étaient représentatifs de ceux qui ont la meilleure connaissance de la stratégie de collecte de données au sein de leur organisation. Cela pouvait constituer un problème dans le cas des services de police plus importants, par exemple, où il peut y avoir de nombreux membres du personnel (y compris les analystes de recherche) qui sont familiers avec les statistiques accessibles sur la criminalité au Canada. Il se peut que le répondant qui était choisi, le chef de police dans de nombreux cas, n’ait pas été l’utilisateur principal des produits d’information sur les crimes haineux.

Il a été difficile de trouver les chercheurs universitaires et les autres intervenants qui avaient utilisé l’information recueillie grâce à la stratégie de collecte de données. Bien que des efforts aient été déployés pour trouver et interroger des universitaires, des décideurs gouvernementaux et des membres du personnel d’organisations non gouvernementales pertinents, il est possible que certains d’entre eux aient été oubliés. Comme l’équipe d’évaluation n’avait accès à aucune liste des personnes ayant accédé aux produits d’information ou ayant reçu une formation du CCSJ, on ne sait pas si des bénéficiaires principaux de la stratégie de collecte de données n’ont pas été consultés dans le cadre de l’évaluation.

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