Rapport sur l’évaluation de la prestation de l’initiative Orientation canadienne à l’étranger

Rapport final
Citoyenneté et Immigration Canada
Juin 2005


Table des matières


Sommaire

L’initiative Orientation canadienne à l’étranger (OCE) a été mise sur pied en 1998. Elle consiste à offrir à l’étranger des séances d’orientation visant à aider les réfugiés et les autres personnes dont la demande d’immigration a été acceptée à préparer leur venue au Canada, ainsi qu’à favoriser leur intégration à la société canadienne. OCE relève de la Division de l’établissement de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC). Cette initiative est actuellement mise en œuvre à l’étranger, au nom de OCE, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans le cadre d’une entente de contribution.

Les séances d’OCE s’adressent aux immigrants de toutes les catégories et aux réfugiés qui ont été sélectionnés pour obtenir le statut de résident permanent. Cependant, la priorité est accordée aux réfugiés au sens de la Convention (RC). OCE a par ailleurs indiqué que la participation des femmes et des enfants était aussi prioritaire.

Une version à jour du cadre d’évaluation d’OCE a été préparée en 2003-2004. L’initiative a été évaluée en partie à l’aide de ce cadre. Le présent rapport expose les conclusions de cette évaluation. L’annexe A contient un résumé des points et des questions abordés au cours de l’évaluation ainsi que des principales méthodes appliquées.

Les principales conclusions de l’évaluation sont présentées sous les thèmes suivants :

  • Planification et conception
  • Soutien logistique, de gestion et technique
  • Élaboration/prestation de la formation
  • Apprentissage guidé et formation des animateurs
  • Contrôle et évaluation
  • Résultats

I. Planification et conception

Orientation stratégique

L’évaluation a porté sur la mesure dans laquelle OCE a donné une orientation claire à l’OIM et à ses autres partenaires (ses bureaux à l’étranger) en ce qui touche par exemple les objectifs, les rôles et les responsabilités, les cibles et les budgets, et les groupes prioritaires d’OCE.

Principales conclusions

Nos conclusions générales en ce qui a trait à l’orientation stratégique sont les suivantes :

  • En général, OCE a établi un cadre stratégique et de planification clair au sujet d’OCE, et l’OIM comprend les politiques et les attentes de OCE;
  • Les bureaux de OCE à l’étranger ne sont pas tous au fait des objectifs et des avantages d’OCE; ils ne comprennent pas tous clairement leurs rôles et responsabilités lorsqu’il s’agit d’aiguiller les gens vers OCE
  • On observe un manque de connaissances systématiques quant aux besoins en orientation des immigrants et des RC issus de différents pays et groupes culturels.

Capacités de l’organisme prestataire

L’évaluation a abordé ce sujet du point de vue du « champ d’action » de l’OIM (sa capacité à offrir des séances d’OCE aux personnes admissibles dans un grand éventail de pays et d’endroits), de sa capacité à atteindre, dans l’ensemble, les objectifs d’OCE quant au nombre de participants, et de la mesure dans laquelle elle a réussi à offrir des séances d’OCE aux groupes prioritaires (les RC, les femmes et les enfants).

Principales conclusions

  • L’OIM a attaché beaucoup d’importance à la réalisation des objectifs numériques de l’initiative, et cela dans le respect des budgets; ce faisant, elle a trop insisté sur ces éléments, ne veillant pas avec autant d’attention à ce que les RC – la priorité actuelle d’OCE – soient bien servis par l’initiative.
  • Bien que l’OIM se soit particulièrement bien adaptée aux variations observées d’une année à l’autre dans les mouvements migratoires, elle n’a pas su s’adapter aussi bien aux variations qui se produisent en cours d’année, en partie faute de disposer de façon systématique et en temps utile de renseignements sur les variations de la charge de travail des bureaux participants de OCE à l’étranger, par rapport aux estimations de début d’année.
  • La procédure utilisée pour contrôler les progrès d’OCE à l’égard des objectifs numériques, quoique récemment rendue plus rigoureuse par OCE, pourrait être encore améliorée.
  • L’OIM a réussi, du moins à court terme, à accroître le taux de participation des femmes.
  • La législation canadienne sur la protection des renseignements personnels a été interprétée d’une manière qui empêche OCE de fournir à l’OIM les coordonnées des participants éventuels, sauf lorsque l’OIM se charge des examens médicaux ou du transport au Canada de ces personnes. Cette situation a eu des effets négatifs sur le taux de participation de la catégorie des TQ et du RF.

II. Soutien logistique, de gestion et technique

Sont notamment traitées sous ce thème : la procédure appliquée pour repérer les participants éventuels et les aiguiller vers OCE, le caractère adéquat des installations et de l’équipement, et la pertinence des services complémentaires offerts aux divers endroits, comme les services de garde d’enfants.

Principales conclusions

  • La méthode utilisée pour aiguiller les personnes vers OCE fonctionne très bien pour les RC, dans l’ensemble. Elle est cependant beaucoup moins efficace pour les autres catégories parce que l’OIM ne peut communiquer avec les participants éventuels de ces catégories pour les inviter à participer à OCE.
  • La majorité des bureaux de OCE à l’étranger collaborent avec l’OIM et l’appuient, mais certains font preuve de plus de constance lorsqu’il s’agit de garantir que toutes les personnes qui pourraient participer à OCE obtiennent de l’information sur l’initiative, même si elles ne sont pas des réfugiées.
  • L’équipement des lieux de prestation d’OCE répond aux besoins de l’initiative. Cependant, les salles de classe ne sont pas toutes adéquates pour l’apprentissage. La taille moyenne des classes d’OCE approche ou dépasse la capacité des salles à certains endroits, ce qui nuit au confort des participants et, surtout, à l’apprentissage.
  • Pour fournir des services complémentaires, comme le remboursement du coût des déplacements locaux, la garde d’enfants et les collations, l’OIM s’en tient généralement à une évaluation des besoins. Cette approche n’est toutefois pas appliquée uniformément à tous les endroits.

III. Élaboration/prestation de la formation

L’évaluation de l’élaboration et de la prestation du programme de formation vise à déterminer si l’organisme prestataire offre une formation qui tient compte des pratiques exemplaires et qui contribue à l’atteinte des objectifs d’apprentissage. Pour examiner cette question, les évaluateurs se sont penchés sur le contenu du cours et le matériel pédagogique ainsi que sur le mode d’apprentissage guidé et la formation des animateurs.

Contenu du cours et matériel pédagogique

Principales conclusions

  • Le contenu d’OCE est tout à fait approprié pour les RC. Cependant, le cours ne répond pas aussi bien aux besoins des TQ en ce qui concerne le contenu, l’accent mis sur les différents sous-sujets ou l’approfondissement de certains sujets.
  • Le guide de base de l’animateur est désuet, ce qui oblige les animateurs à le compléter par de grandes quantités de matériel à jour; on accroît ainsi le risque de transmettre des renseignements inexacts.
  • La bande vidéo principale utilisée dans le cadre d’OCE est désuète, tant pour ce qui est de l’exactitude d’une partie du contenu que de sa présentation. Cependant, OCE travaille actuellement à sa mise à jour.
  • L’OIM reçoit peu d’aide de la part d’organisations établies au Canada pour tenir le matériel pédagogique à jour. Par ailleurs, aucune procédure n’est en place pour assurer l’examen et la mise à jour réguliers du matériel pédagogique de base.
  • Jusqu’à récemment, les responsables d’OCE limitaient de manière importante la distribution du guide du participant. Cette pratique peut empêcher les participants, surtout les RC, de tirer parti d’OCE.
  • Le guide du participant a été traduit dans quelques langues seulement. Son utilité s’en trouve diminuée, en particulier pour les RC.

IV. Apprentissage guidé et formation des animateurs

Pour OCE, la recherche a permis de relever quatre facteurs importants susceptibles d’influer sur l’efficacité du cours : attachement à l’apprentissage guidé; formation des animateurs; taille des classes; durée du cours.

Principales conclusions

  • L’apprentissage guidé est reconnu pour sa grande efficacité dans l’éducation des adultes et devrait, de ce fait, être le mode privilégié pour OCE.
  • Même si le personnel d’OCE souscrit pleinement à l’apprentissage guidé, les différences culturelles parmi les participants sont un défi lorsqu’il s’agit d’obtenir une participation active. De plus, les RC peuvent hésiter à s’exprimer ou à poser des questions, de crainte de mettre leur statut en péril.
  • La plupart des animateurs d’OCE ont les antécédents voulus pour s’acquitter de leur tâche, quoique certains ne possèdent pas une connaissance directe du Canada.
  • Les animateurs d’OCE ont tous reçu la formation nécessaire pour offrir un apprentissage guidé.
  • La taille trop importante des classes d’OCE nuit à l’apprentissage guidé.  
  • La réduction de la durée du cours d’OCE à une ou deux journées à presque tous les endroits nuit grandement à l’adoption de l’apprentissage guidé ainsi qu’à la capacité des animateurs d’approfondir suffisamment la matière, surtout dans le cas des RC.

V. Contrôle et évaluation

Les conclusions relatives à ces questions sont présentées sous deux rubriques : rétroaction des participants; contrôle/présentation de rapports sur la prestation.

Principales conclusions

Les questionnaires Évaluation I (à la fin du cours) et Évaluation II (après l’arrivée au Canada) ne sont pas des outils utiles, dans leur forme actuelle, pour obtenir de la rétroaction des participants sur OCE, pour les raisons suivantes :

  • le contenu des questionnaires d’OCE ne semble pas reposer sur des objectifs d’utilisation clairs;
  • les questions sont trop générales et sont pratiquement identiques dans les deux questionnaires.

Le personnel d’OCE à certains endroits est sceptique quant à l’utilité du questionnaire Évaluation I et est préoccupé par les difficultés qu’éprouvent les participants ayant de faibles capacités de lecture et d’écriture pour remplir ce questionnaire; par conséquent, il ne le distribue pas.

Seul un très petit pourcentage de participants remplit et poste le questionnaire Évaluation II. Son utilité pour donner une idée objective de la population de participants s’en trouve ainsi grandement diminuée.

Le contrôle de la prestation d’OCE et la présentation de rapports à son sujet, bien qu’adéquats, ne sont pas idéaux. Les rapports ne visent pas clairement à fournir des données et des renseignements utiles à OCE pour la gestion des finances et du rendement ou pour la planification.

Ces dernières années, l’OIM a éprouvé des difficultés à fournir les rapports trimestriels et annuels dans les délais prévus.

Dans le cadre du contrôle d’OCE, les représentants de OCE ne visitent pas régulièrement les lieux où est offerte l’initiative, et OCE n’a pas proposé que le gestionnaire du projet à l’OIM visite ces lieux. Cette absence de visites nuit à l’efficacité de la gestion et du contrôle d’OCE.

VI. Résultats

Les conclusions relatives à cette question portent sur la contribution d’OCE à l’amélioration des connaissances des participants et à la facilitation de leur intégration.

Principales conclusions

  • D’après les données limitées recueillies lors des entrevues avec les intervenants ainsi que les résultats de l’analyse d’un petit échantillon de questionnaires remplis par les participants après leur arrivée, il semble qu’OCE aide les participants à mieux connaître des sujets importants pour l’établissement.
  • Les champs d’enquête retenus pour l’évaluation n’ont pas permis de disposer d’une base pour déterminer de façon claire si OCE facilite l’intégration des participants à la société canadienne.

1. Introduction

1.1  Contexte

La Division de l’établissement de la Direction générale de l’intégration à Citoyenneté et Immigration Canada (OCE) est chargée de faciliter l’intégration des immigrants au Canada. Orientation canadienne à l’étranger (OCE) est une initiative qu’elle administre à cette fin. L’initiative OCE, mise sur pied en 1998, a pour but d’aider les réfugiés et les autres personnes dont la demande d’immigration a été acceptée à préparer leur venue au Canada, et de faciliter leur intégration à la société canadienne. Pour atteindre ces objectifs, OCE offre des séances d’orientation à divers endroits à l’étranger.

Une version à jour du cadre d’évaluation d’OCE a été préparée en 2003-2004, et une évaluation d’OCE a été effectuée en 2004-2005. Le présent rapport expose les conclusions de cette évaluation.

1.2 Structure du rapport

Le présent rapport comprend trois chapitres. Le premier donne un bref aperçu d’OCE. Le deuxième présente le cadre à partir duquel l’évaluation d’OCE a été effectuée, et le troisième, les conclusions à l’égard des points évalués.

1.3 Aperçu d’OCE

Objectifs

Le Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI) facilite l’adaptation, l’établissement et l’intégration des nouveaux arrivants au Canada, afin qu’ils puissent devenir des membres à part entière de la société canadienne le plus rapidement possible. Pour appuyer ce processus, le PEAI finance des organisations qui fournissent des services d’accueil, d’orientation, d’interprétation, de counseling axé sur les solutions, et de recherche d’emploi.   

Les fonds du PEAI servent également à financer OCE. Les séances d’orientation offertes à l’étranger dans le cadre de cette initiative donnent aux futurs immigrants et réfugiés une idée réaliste de ce qu’est la vie au Canada, afin qu’ils soient bien préparés à faire face aux exigences initiales d’adaptation et d’établissement, et qu’ils s’intègrent plus facilement à la société canadienne.

Admissibilité

Les séances d’OCE s’adressent aux immigrants de toutes les catégories et aux réfugiés qui ont été sélectionnés pour obtenir le statut de résident permanent. Cependant, les places sont limitées et sont attribuées, par ordre de priorité, aux réfugiés au sens de la Convention (RC), aux personnes de la catégorie des immigrants indépendants (principalement des travailleurs qualifiés [TQ]) [note 1], puis aux immigrants de la catégorie du regroupement familial (RF). Des places sont aussi offertes aux aides familiaux résidants (AFR), auxquels des visas sont délivrés dans le cadre du Programme concernant les travailleurs étrangers temporaires. Ces personnes peuvent demander le statut de résident permanent après avoir vécu pendant un certain temps au Canada.

Dans la proposition de services de l’OIM en 2003-2004, on mentionnait que la participation des femmes constituerait une priorité et que l’on encouragerait la participation des enfants lorsque des groupes familiaux pouvaient assister ensemble aux séances d’orientation.

Gestion et prestation d’OCE

OCE établit le cadre de planification stratégique et de programme pour l’initiative, finance cette dernière et contrôle le rendement de l’organisme prestataire.

Depuis la mise sur pied de l’initiative en 1998, OCE a signé des ententes de contribution avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour que celle-ci donne les séances d’orientation à l’étranger en son nom. Le montant de l’entente de contribution était d’environ 900 000 $ en 2003-2004 et 800 000 $ en 2004-2005. L’OIM inscrit les participants, embauche et forme les animateurs, donne les cours et présente régulièrement des rapports à OCE sur les statistiques relatives aux participants et les coûts.

D’après les représentants de l’OIM interrogés, les modules de formation ont initialement été élaborés à l’intention des RC (cinq jours), des immigrants de la catégorie du RF (trois jours) et des TQ (un à deux jours). Cependant, ces cours ont par la suite été réduits à trois jours, deux jours et un jour, respectivement. Les sujets abordés sont les suivants : une introduction à la vie au Canada; la période d’installation; l’emploi; les droits et responsabilités; le climat; la recherche d’un lieu où s’installer; la vie dans une société multiculturelle; le coût de la vie; la vie familiale; l’éducation; la communication; l’adaptation au Canada. Dans la plupart des cas, les séances sont présentées dans la langue des participants.

Les lieux où sont données les séances d’OCE sont choisis par l’Administration centrale (AC) de OCE avec l’avis des bureaux canadiens à l’étranger, qui envoient les RC aux séances. À certains endroits, les bureaux offrent également de l’information sur OCE à d’autres catégories d’immigrants, comme les AFR, les TQ et les immigrants de la catégorie du RF. Depuis 1998, des séances ont eu lieu, notamment, au Vietnam, au Kenya, dans les Balkans, en Égypte, à Djibouti, en Tanzanie et en Éthiopie. Des endroits sont ajoutés ou éliminés selon les besoins les plus pressants et les ressources disponibles. Le tableau 1.1 ci‑dessous présente les lieux où des séances d’OCE sont offertes.

La formation est donnée soit à un endroit fixe par du personnel permanent, soit à des lieux satellites. Dans les lieux satellites fréquents, on a recours à une liste d’employés qui travaillent sur appel et à des installations de formation fixes, quoique ces dernières soient habituellement louées pour la durée de la formation seulement. Les lieux satellites moins fréquentés ne possèdent pas de salles de cours fixes ni de personnel sur appel. La formation peut y être offerte uniquement à l’occasion (parfois une seule fois), habituellement parce qu’en raison d’une situation exceptionnelle ou peu fréquente, on trouve dans la région un nombre élevé de RC prêts à se rendre au Canada. En 2004, par exemple, des séances ponctuelles ont été offertes au Tadjikistan et au Kirghizistan.

Tableau 1.1 Lieux actuels de la prestation d’OCE (2005)[note 2]
Coordination des lieux, lieu de formation actif Lieux satellites
Salle de cours fixe, liste d’employés sur appel
Manille  
Nairobi Fugnido, Shirkole, Bonga et Addis (Éthiopie); Kigoma, Kasulu, Kibondo, N’gara, et Dar es Salaam (Tanzanie); Kakuma, Dadaab (Kenya); Ouganda et Djibouti
Le Caire  
Téhéran Mashad, Shiraz, Isfahan, Zahedan
Le Caire  
Islamabad Peshawar, Karachi, Lahore

2. Cadre d’évaluation

Le présent chapitre décrit les éléments à évaluer et les questions abordées au cours de l’évaluation d’OCE, ainsi que les méthodes d’évaluation employées.

2.1 Éléments à évaluer et indicateurs

L’annexe A présente un résumé des éléments et des questions abordés dans le cadre de l’évaluation, de même que les principales méthodes employées. Au cours de l’élaboration du cadre d’évaluation, les représentants de la Division de l’établissement de OCE ont indiqué que l’évaluation devait accorder une grande attention au rendement de l’organisme chargé de la prestation d’OCE. Les questions et méthodes d’évaluation tiennent compte de cette demande.

Une étroite interdépendance est apparue entre certaines questions liées à la capacité de l’OIM d’atteindre les objectifs de l’initiative et de réagir aux variations présentées par les mouvements de RC et d’immigrants, et l’accessibilité d’OCE pour les groupes prioritaires. Par conséquent, les questions du cadre d’évaluation initial ont été regroupées sous les rubriques suivantes : 

Planification et conception

Orientation stratégique
  • Un cadre stratégique et de planification clair a-t-il été établi pour guider la conception et la prestation?
  • L’organisme prestataire comprend-il clairement les objectifs, les priorités, les lignes directrices stratégiques et les normes, de même que son rôle et ses responsabilités? 
Capacités de l’organisme prestataire
  • L’organisme prestataire possède-t-il les capacités requises pour donner la formation dans les endroits cibles et aux groupes prioritaires? Combien d’immigrants ont reçu la formation par rapport aux objectifs établis?
  • L’initiative permet-elle de répondre de manière efficace aux variations du nombre d’immigrants et de réfugiés? Dans quelle mesure l’initiative OCE s’est‑elle adaptée à ces tendances?
  • Dans quelle mesure la formation est-elle accessible aux groupes d’immigrants qui peuvent le plus en bénéficier? 
Soutien logistique, de gestion et technique
  • La méthode utilisée pour repérer les immigrants et les aiguiller vers l’orientation est-elle efficace?
  • Utilise-t-on les installations et l’équipement de manière efficace?
  • Des services complémentaires appropriés sont-ils offerts sur les lieux où l’orientation est offerte?
Élaboration/prestation de la formation
  • Le contenu du cours et le matériel pédagogique favorisent-ils l’atteinte des objectifs d’apprentissage?
  • Dans quelle mesure le mode apprentissage est-il efficace?
  • Les animateurs sont-ils bien formés?
Contrôle et évaluation
  • Dans le cadre d’OCE, recueille-t-on les observations des participants sur le contenu et la prestation du cours? Dans quelle mesure ces observations servent-elles à améliorer la conception ou la prestation de l’initiative?
  • Quels sont les aspects de la prestation de l’initiative qui sont contrôlés et qui font l’objet de rapports par l’organisme prestataire? De quelle manière cette information est-elle utilisée pour améliorer la planification, la conception et la prestation?
Résultats
  • Dans quelle mesure l’initiative OCE a-t-elle contribué à améliorer les connaissances des participants au sujet du Canada ou des questions, programmes et services liés à l’établissement? 
  • Dans quelle mesure les immigrants ayant participé à OCE ont-ils pu s’intégrer plus facilement à la société canadienne?

2.2 Méthodes d’évaluation et sources de données

Diverses méthodes de collecte de données et de recherche ont été utilisées dans le cadre de l’évaluation d’OCE. Un expert-conseil en éducation aux adultes a contribué à l’élaboration des instruments de collecte des données utilisés pour l’évaluation, ainsi qu’à la tenue des entrevues au Canada. Les principales méthodes utilisées ont été les suivantes :

2.2.1 Examen des documents et des données

L’annexe B présente une liste détaillée des documents et des données passés en revue. Parmi les principaux documents examinés dans le cadre de l’évaluation figurent : les documents et les données stratégiques, de planification et financiers de OCE; les ententes de contribution entre OCE et l’OIM; les données et les rapports financiers et statistiques de l’OIM sur OCE.

2.2.2 Entrevues et groupes de réflexion

L’annexe C présente une liste détaillée des personnes interrogées. Il s’agit notamment de représentants de l’AC et des bureaux régionaux et à l’étranger de OCE, de représentants de l’OIM, de fournisseurs de services d’établissement au Canada et de représentants de l’United States Overseas Program (USCO), un programme d’orientation à l’étranger offert par le gouvernement des États‑Unis.

Les évaluateurs ont organisé cinq groupes de réflexion composés de participants à OCE aux quatre endroits visités. Au Caire, les participants étaient des RC; à Nairobi, il s’agissait d’une combinaison d’immigrants de la catégorie du RF et de RC; à Islamabad, un groupe était composé de RC et l’autre, de TQ. À Manille, les membres du groupe de réflexion étaient des AFR.

2.2.3 Visites

Quatre principaux lieux de prestation d’OCE ont été visités, soit au Caire, à Nairobi, à Islamabad et à Manille, de même qu’un lieu satellite à Peshawar, au Pakistan. À chacun de ces endroits, en plus d’organiser des groupes de réflexion et de mener des entrevues avec le personnel, nous avons :

  • examiné les installations et l’équipement d’OCE;
  • passé en revue le matériel pédagogique et les documents complémentaires utilisés;
  • observé la présentation de cours d’OCE en classe et évalué ces prestations à la lumière des critères appliqués à l’éducation des adultes.

3. Conclusions de l’évaluation

Dans le présent chapitre, les conclusions sont présentées et organisées selon les cinq principaux éléments à évaluer indiqués au deuxième chapitre :

  • Planification et conception
  • Orientation stratégique
  • Capacités de l’organisme prestataire
  • Soutien logistique, de gestion et technique
  • Élaboration et prestation de la formation
  • Contrôle et évaluation
  • Résultats

3.1 Planification et conception

Cinq questions d’évaluation ont été préparées dans ce domaine. Les deux premières concernent l’orientation stratégique fournie par OCE à l’OIM; les trois autres portent sur la capacité de l’OIM à mettre en œuvre l’initiative efficacement. Ainsi, l’analyse s’articule autour de ces deux groupes de questions. Les conclusions générales sont présentées après l’analyse.

3.1.1 Orientation stratégique

Pour garantir le succès de toute initiative gouvernementale, il importe que ceux qui s’occupent de sa gestion et de sa prestation s’entendent sur ses objectifs généraux, à savoir entre autres : le ou les groupes prioritaires visés; les politiques et les normes de prestation; les rôles et responsabilités de la direction et de l’organisme prestataire. Une compréhension commune de ces éléments est particulièrement importante lorsque l’initiative est mise en œuvre par un organisme prestataire externe, comme dans le cas d’OCE.

Les conclusions relatives à ce domaine sont organisées selon les thèmes suivants :

3.1.1.1  Objectifs

La recherche effectuée − y compris les entrevues avec la Division de l’établissement de OCE et avec le gestionnaire du projet d’OCE à l’OIM, à Manille, ainsi que l’examen des documents et de la correspondance de OCE et de l’OIM − démontre une compréhension commune des principaux objectifs d’OCE. Le principal document qui témoigne de cette compréhension commune est l’entente de contribution (EC) entre l’OIM et OCE. D’après ce document, OCE a comme objectif de « faciliter l’adaptation des immigrants et leur intégration éventuelle, par la prestation de séances d’orientation à l’étranger ». Les représentants de OCE et de l’OIM auprès desquels cette question a été soulevée étaient d’avis que OCE fournissait des indications claires au sujet des objectifs d’OCE.

3.1.1.2  Rôles et responsabilités

L’entente de contribution définit aussi clairement les rôles et responsabilités de l’OIM à l’égard de la prestation d’OCE. Les services à fournir comprennent la prestation et la mise sur pied d’OCE et des services qui s’y rattachent, un processus d’aiguillage efficace, la gestion, la tenue de dossiers, la garde d’enfants et le soutien logistique. Les deux parties à l’entente ont montré une compréhension claire de leurs rôles et responsabilités respectifs.

Tous les représentants des bureaux de OCE à l’étranger rencontrés connaissaient généralement bien l’initiative OCE et l’appuyaient, mais les représentants de deux de ces bureaux connaissaient mieux les détails de l’initiative et travaillaient en collaboration plus étroite avec les représentants de l’OIM. Toutes les personnes interrogées comprenaient, de manière générale, le rôle des bureaux à l’étranger, qui consiste à aiguiller les participants éventuels vers l’initiative. Les entrevues ont cependant montré qu’aucun processus systématique n’était en place pour que l’AC de OCE veille à ce que les représentants des bureaux de OCE dans les régions où ont lieu des séances d’OCE connaissent parfaitement OCE et leurs responsabilités à son égard. C’est ainsi, par exemple, qu’un agent a demandé, dans un bureau à l’étranger, s’il était approprié que les bureaux de OCE fournissent aux immigrants de l’information sur OCE.   

Cette absence d’orientation systématique de la part de l’AC de OCE s’est répercutée sur l’efficacité de l’aiguillage à certains endroits. Elle peut aussi avoir nui à la capacité de l’OIM à rajuster ses objectifs numériques pour certains endroits, lorsque le nombre de cas d’immigrants traités dans les bureaux de OCE à l’étranger responsables de l’aiguillage différait des objectifs établis en début d’année. Ces deux questions sont approfondies plus loin, dans les sections sur les processus d’aiguillage et de détermination des objectifs, respectivement.

Les représentants de l’OIM ont indiqué que certains bureaux à l’étranger collaboraient étroitement avec l’OIM pour que les immigrants autres que les réfugiés soient informés de l’initiative; quelques-uns (notamment à Moscou) aident aussi l’OIM à gérer la logistique des cours là où il n’existe aucun lieu de prestation permanent. Cependant, certains bureaux à l’étranger sont beaucoup moins consciencieux lorsqu’il s’agit de s’assurer que l’information concernant OCE soit jointe aux visas. Le coordonnateur du projet d’OCE de l’OIM a indiqué que si les représentants d’un bureau de OCE à l’étranger choisissent de ne pas collaborer avec l’OIM, cette dernière ne peut offrir l’initiative de manière efficace dans cette région. Ce problème s’est présenté à une ou deux occasions au cours des dernières années.

Dans l’ensemble, même si les personnes qui s’occupent d’OCE ont généralement une idée claire de leurs rôles et responsabilités, les représentants des bureaux de OCE à l’étranger ne semblent pas toujours bien comprendre en quoi consiste OCE ni la façon dont ils peuvent contribuer à son succès. Une communication plus étroite entre l’OIM, la Division de l’établissement de OCE, à l’AC, et la Région internationale de OCE pourrait corriger cette situation en garantissant que les bureaux à l’étranger connaissent bien cette initiative et l’appuient pleinement.

3.1.1.3 Objectifs et budgets

Les lieux de prestation d’OCE ainsi que les objectifs numériques établis pour OCE sont indiqués dans l’EC entre OCE et l’OIM. Les deux parties négocient ces objectifs, d’après la proposition présentée par l’OIM pour l’année à venir.

Même si le processus général d’établissement des budgets et des objectifs numériques ne constitue pas un problème, l’OIM a éprouvé des difficultés à atteindre ses objectifs à certains endroits au cours des dernières années. Ce problème est traité en détail plus loin, dans la section consacrée à la capacité de l’OIM à donner la formation dans les endroits cibles et aux groupes prioritaires.

Sur le plan de l’orientation stratégique, OCE a réagi à ce problème en imposant à l’OIM des exigences plus rigoureuses en matière de rapports, de sorte que les écarts relativement aux objectifs puissent être détectés plus rapidement. Cette façon de procéder permet d’affecter les fonds non utilisés à d’autres endroits ou de réduire les fonds prévus dans l’EC pour les affecter à d’autres programmes d’établissement.

3.1.1.4 Groupes prioritaires

OCE a demandé à l’OIM d’offrir les séances d’OCE en priorité aux RC, puis aux TQ et, finalement, aux immigrants de la catégorie du RF. Par ailleurs, l’OIM doit encourager la participation des femmes et des enfants. Bien que la source officielle de cette politique n’ait été trouvée dans aucun des documents d’orientation de OCE, cet ordre de priorité est mentionné dans la fiche d’information relative à OCE qui figure sur le site Web de OCE. De plus, les représentants de l’OIM et de OCE interrogés ont indiqué que cet ordre de priorité était conforme à la politique régissant OCE.

OCE a fourni à l’OIM une orientation générale claire quant aux groupes prioritaires. Cependant, il n’existe aucun consensus chez les représentants de OCE et de l’OIM, ni chez les fournisseurs de services d’établissement au Canada, au sujet de nécessité que les RC soient toujours le groupe prioritaire. Parmi les personnes interrogées, les points de vue variaient quant aux catégories d’immigrants qui bénéficient le plus de ce type de formation. Certains ont indiqué que les RC sont ceux qui ont le plus besoin d’une orientation. D’autres ont fait valoir que les RC bénéficient d’une année complète d’aide à l’établissement, tandis que les TQ jouissent d’un soutien limité lorsqu’ils arrivent au Canada.

L’une des raisons de cette diversité d’opinions est le manque d’études méthodiques sur les besoins précis des immigrants selon leur catégorie, ou selon d’autres caractéristiques comme l’alphabétisme, l’instruction, la maîtrise de l’anglais ou du français, les antécédents culturels et l’accès à d’autres sources d’information.

En raison de ce manque d’information systématique, il est difficile de déterminer si OCE cible les groupes appropriés. D’après les observations faites lors de la prestation de séances d’OCE à des RC, des TQ et des AFR, il semble que les RC soient ceux qui ont le plus besoin d’orientation avant leur départ, car ils sont généralement moins instruits, ils maîtrisent moins bien l’anglais et connaissent moins bien les nombreux aspects de la société canadienne que les TQ ou les AFR. En revanche, les TQ d’un groupe de réflexion au Pakistan étaient, en majorité, très instruits, se débrouillaient très bien en informatique, maîtrisaient bien l’anglais et connaissaient déjà très bien, sinon le Canada, du moins la société occidentale.

OCE doit décider s’il convient d’établir les priorités en fonction de la catégorie d’immigrants (p. ex. RC) ou des besoins. Si la dernière option est retenue, il faudra adopter une façon plus méthodique de cerner les régions et les cultures ayant des besoins élevés. Les représentants de l’OIM possèdent une vaste expérience sur le terrain et connaissent très bien les besoins des RC et des autres immigrants dans différentes régions. Néanmoins, afin de déterminer les groupes à cibler, il serait très utile d’établir une base plus rigoureuse pour définir les besoins des différents groupes ou des catégories d’immigrants dans des régions données. Voici les méthodes qui pourraient être appliquées à cette fin :

  • L’accroissement considérable de la communication entre les représentants de l’OIM qui s’occupent d’OCE, l’AC et les bureaux régionaux de OCE, ainsi que les fournisseurs de services d’établissement au Canada. Les intéressés pourraient communiquer par la voie de conférences et d’ateliers, de courriels et de conversations téléphoniques.
  • La réalisation d’études pour évaluer les besoins des groupes, en fonction du pays et de la culture d’origine, de l’alphabétisme, de l’instruction et d’autres données qualitatives, et la communication des résultats de ces études à l’OIM.

Bien entendu, OCE peut préférer maintenir la politique actuelle qui consiste à accorder la priorité aux RC pour des raisons autres que le simple besoin. Dans ce contexte, il convient de souligner que l’OIM envisage d’offrir, sans le parrainage du gouvernement, un cours d’orientation aux TQ et aux autres non-réfugiés qui émigrent au Canada et dans d’autres pays occidentaux. Ces cours seraient facultatifs et donnés selon le principe du recouvrement des coûts. Si l’OIM concrétise ce projet, OCE pourrait vraisemblablement se concentrer presque exclusivement sur les RC, sauf aux endroits où le programme parrainé par l’OIM ne serait pas offert aux non-réfugiés. Par ailleurs, OCE pourrait devoir conclure une entente avec l’OIM, afin que cette dernière ne fasse pas concurrence à l’initiative canadienne aux endroits où la participation des TQ ou d’autres non-réfugiés est nécessaire pour assurer une « masse critique » à OCE et lui permettre d’être viable.

Principales conclusions

Compte tenu de ce qui précède, les conclusions générales au sujet de l’orientation stratégique de l’initiative sont les suivantes :

  • En général, OCE a établi un cadre stratégique et de planification clair au sujet d’OCE, et l’OIM comprend les politiques et les attentes de OCE;
  • Les bureaux de OCE à l’étranger ne sont pas tous au fait des objectifs et des avantages d’OCE; ils ne comprennent pas tous clairement leurs rôles et responsabilités lorsqu’il s’agit d’aiguiller les gens vers OCE;
  • On observe un manque de connaissances systématiques quant aux besoins en orientation des immigrants et des RC issus de différents pays et groupes culturels.

3.1.2 Capacités de l’organisme prestataire

Trois principaux éléments à évaluer ont été établis relativement à cette question, comme nous l’avons indiqué au deuxième chapitre. Ces éléments sont traités sous les thèmes suivants : 

3.1.2.1 Champ d’action

L’OIM est un organisme international qui possède des bureaux dans plus de 200 pays, dont pratiquement tous les pays sources des immigrants du Canada. Elle offre, au nom d’un nombre important d’États membres, une vaste gamme de services aux migrants du monde entier, selon le principe du recouvrement des coûts. Considérée comme une organisation internationale apolitique, l’OIM jouit d’une grande crédibilité auprès des États membres et des autres pays.

En plus de donner des cours d’orientation au nom du Canada, l’OIM organise le transport vers le Canada des RC et, dans quelques pays, des immigrants de la catégorie du RF. Elle offre aussi, dans certains pays, des services d’examen médical à des fins d’immigration au nom du Canada. En raison de ces deux dernières fonctions, l’OIM a accès aux coordonnées des RC dans chaque pays où OCE est offerte. Elle jouit ainsi d’un avantage unique pour informer les RC d’OCE et les encourager à y participer. Il n’existe actuellement aucune autre organisation internationale qui jouisse des avantages dont profite l’OIM, si l’on considère les endroits qui lui sont accessibles et les RC dont elle peut obtenir les coordonnées.

En vertu de la législation canadienne sur la protection des renseignements personnels, toutefois, les bureaux de OCE à l’étranger ne peuvent faire connaître les coordonnées des immigrants à des organisations externes. Pour cette raison, l’OIM ne peut obtenir les coordonnées des immigrants de la catégorie du RF ou des TQ, sauf si elle leur offre également une aide pour le transport. Par conséquent, si OCE s’adressait à une autre organisation internationale pour la prestation de cours d’orientation à l’étranger, il devrait s’attaquer à ce problème.

À l’heure actuelle, l’OIM offre également des cours d’orientation pour le compte des États-Unis, de l’Australie, de la Norvège et de la Finlande, ce qui lui procure un autre avantage si l’on considère son champ d’action. À de nombreux endroits, en effet, les cours du Canada et d’autres pays ont lieu dans les mêmes locaux et au moyen du même équipement. L’OIM peut ainsi offrir OCE à des endroits où cela ne serait pas possible si OCE était le seul programme offert. Ailleurs, cette situation a permis à l’OIM d’offrir OCE à moindre coût.

3.1.2.2 Objectifs

Comme il est indiqué plus haut, les lieux de prestation d’OCE ainsi que les objectifs numériques établis sont mentionnés dans l’EC entre OCE et l’OIM. Les deux organisations négocient ces objectifs en se fondant sur la proposition présentée par l’OIM pour l’année à venir. Les objectifs numériques se sont traditionnellement situés entre 9 000 et 12 000 participants. L’OIM établit ses objectifs à partir des estimations, par les bureaux de OCE à l’étranger, du nombre de cas de RC et d’autres immigrants qu’ils prévoient traiter durant l’année à venir. D’une année à l’autre, des lieux de prestation sont ajoutés ou éliminés, selon le volume attendu de RC et d’immigrants des autres catégories. En 2004-2005, les lieux de prestation de la Syrie, de la Jordanie et du Vietnam ont été fermés.

Le tableau 3.1 présente les objectifs numériques et le nombre réel de participants à OCE pour les trois dernières années. Comme on peut le constater, bien que l’initiative n’ait pas réussi à atteindre son objectif en 2002-2003, elle l’a dépassé de beaucoup en 2003-2004 et n’atteindra probablement pas complètement son objectif initial pour l’exercice 2004‑2005. Cependant, durant cette période, les objectifs eux-mêmes ont été abaissés en raison du nombre moins élevé que prévu de personnes aiguillées vers OCE par les bureaux de OCE à l’étranger.

Tableau 3.1 OCE : Participation réelle par rapport aux objectifs : de 2002–2003 à 2004–2005
  Objectif initial Objectif révisé Nombre réel
2002–2003 13 132   9 582
2003–2004 9 925   12 681
2004–2005 12 170 11 648 9 056 [ note 3 ]

L’examen des données sur la participation par rapport aux objectifs selon le lieu a révélé que les facteurs ayant le plus contribué aux changements de volume ces dernières années étaient :

  • l’augmentation spectaculaire du nombre d’AFR suivant OCE à Manille. La participation de ce groupe a augmenté, passant de 728 en 2002-2003 à 4 044 en 2003-2004 et à 3 505 pour la période d’avril à décembre 2004;
  • la fermeture des lieux de prestation en Syrie et en Jordanie;
  • la diminution marquée des volumes en Égypte de 2003-2004 à 2004-2005;
  • des volumes records en 2003-2004 en Iran et au Kenya, suivis de baisses importantes;
  • une diminution au Vietnam de 2003-2004 à 2004-2005.

Selon les représentants de l’OIM, l’incapacité à atteindre les objectifs pour deux des trois derniers exercices est due au fait que le nombre de RC aiguillés vers OCE par les bureaux de OCE à l’étranger est inférieur aux nombres estimatifs indiqués initialement par ces bureaux à l’OIM, aux fins de l’établissement du budget et des objectifs numériques. Les représentants de l’OIM ne savaient pas si cette situation était attribuable à une réduction du nombre de cas de RC traités par les bureaux à l’étranger dans les pays où se trouvent des lieux de prestation d’OCE ou si, à cause de changements au sein du personnel des bureaux ou pour une autre raison, l’aiguillage n’est pas effectué. Étant donné qu’un lieu de prestation d’OCE peut accueillir des participants aiguillés par plus d’un bureau à l’étranger, et que l’on observe des écarts entre les dates de traitement des visas par les bureaux à l’étranger et les dates de participation à OCE, il est difficile de vérifier lequel de ces facteurs est le plus important. Cependant, d’après les données disponibles, il semble que les diminutions observées dans le nombre de cas traités dans les bureaux à l’étranger, par rapport aux objectifs, constituent le principal facteur.

Alors que les RC représentent seulement 31 % de la charge de travail de l’OIM, les lieux de prestation où l’on retrouve une grande proportion de RC (Pakistan, Iran, Égypte, Kenya, Syrie, Jordanie) sont responsables d’une part importante de l’écart observé entre le nombre réel de participants et les objectifs établis ces dernières années.

Cette situation s’améliorera vraisemblablement grâce aux exigences plus rigoureuses acceptées par l’OIM dans la plus récente entente de contribution. Selon ces exigences, l’OIM doit en effet signaler plus rapidement les écarts prévus par rapport aux objectifs.

La Division de l’établissement de OCE devrait aussi s’informer régulièrement du nombre de cas de RC et d’autres immigrants traités dans les bureaux de OCE à l’étranger qui aiguillent des personnes vers OCE, par rapport aux plans établis en début d’année. Elle pourrait utiliser cette information pour valider les rapports de contrôle de l’OIM.

3.1.2.3 Groupes prioritaires
Réfugiés au sens de la Convention

Même si les représentants de OCE et de l’OIM conviennent que les RC constituent une priorité pour OCE, le pourcentage de participants de cette catégorie a diminué au cours des dernières années, tandis que le nombre de participants de la catégorie des immigrants indépendants a augmenté, comme l’illustre le tableau 3.2. Le pourcentage de participants de la catégorie du RF est demeuré relativement stable.

Tableau 3.2 Pourcentage de participants à OCE
2001–2002 2002–2003 2003–2004
Nombre % Nombre % Nombre %
TQ[note 4 ] 1 712 22,6 3 676 42,3 5 179 40,8
RF 2 093 27,7 2 377 27,4 3 911 30,8
RC 3 759 49,7 2 630 30,3 3 591 28,3
Total 7 563 100 8 687 100 12 681 100

Le personnel de l’OIM a indiqué qu’il est extrêmement difficile d’accorder la priorité aux RC à l’échelle mondiale pour plusieurs raisons, la principale étant que la population de RC a tendance à être petite et dispersée et qu’il est donc difficile d’atteindre une masse critique à certains endroits. Selon le gestionnaire du projet d’OCE à l’OIM, il faut une masse critique d’environ 1 000 participants par année pour qu’un lieu de prestation soit viable, même lorsque les installations sont partagées avec d’autres pays, comme c’est le cas de la plupart des lieux de prestation d’OCE. Par conséquent, l’OIM a fermé plusieurs lieux de prestation au cours des dernières années, notamment en Syrie et en Jordanie, où la clientèle, quoique relativement petite, était constituée pratiquement à 100 % de RC. Au cours de cette même période, le gestionnaire du projet à l’OIM a déménagé du Pakistan à Manille, où se trouve le siège administratif de l’OIM, et il a offert les séances d’orientation à un nombre croissant d’AFR, un groupe qui n’a pas d’importants besoins, selon les représentants de l’OIM.

Le problème aux endroits qui présentent des volumes peu élevés de participants éventuels est que le faible nombre de RC justifie difficilement la présence d’OCE. Lorsque seulement deux ou trois cents RC sont approuvés au cours d’une année, il est très difficile de pouvoir rassembler une classe complète de participants à un moment particulier.

Certains lieux de prestation pourraient être viables si un nombre supérieur d’immigrants de la catégorie des TQ ou du RF participaient aux cours pour compléter les RC. Cependant, pour recruter un nombre suffisant d’immigrants de ces catégories, il faut trouver un moyen de s’attaquer au problème de la protection des renseignements personnels, afin que les bureaux de OCE à l’étranger puissent fournir les coordonnées de ces personnes à l’OIM.

Un autre problème observé aux lieux de prestation où les volumes sont peu élevés, d’après les représentants de l’OIM, est que le coût par personne augmente considérablement en raison de l’utilisation inefficiente des installations, de l’équipement et du personnel. À quelques exceptions près, les coûts par personne dans les lieux de prestation plus importants ont tendance à être moins élevés (voir le tableau 3.3)

Tableau 3.3 Nombre de participants et coûts par personne dans les lieux de prestation d’OCE – 2003‑2004
Lieu Nombre de participants Coût brut par personne (en dollars) Coût rajusté par personne (en dollars)
Jordanie 205 38,96 38,96
Kirghizstan 350 105,74 105,74
Syrie 345 552,13 61,92
Égypte 836 43,07 43,07
Liban 954 25,03 25,03
Vietnam 1008 63,04 59,45
Kenya 1449 99,22 77,68
Pakistan 1635 31,83 31,83
Iran 1855 36,11 36,11
Philippines 4044 63,56 20,19
Total/Moyenne par personne 12,681 70,96 41,05

Les coûts bruts par personne ne sont pas très utiles, puisque tous les coûts de gestion du gestionnaire de l’ensemble du projet d’OCE et de l’ancien coordonnateur régional, établi à Damas, sont affectés aux lieux de prestation de Manille et de Damas, respectivement. Ces coûts devraient en toute rigueur être répartis entre tous les lieux de manière proportionnée.  

Les coûts rajustés par personne reflètent seulement les coûts directs à chaque lieu et excluent les coûts de gestion. Par conséquent, bien qu’ils ne représentent pas la répartition des coûts totaux entre chaque lieu, ils donnent une indication plus précise des coûts relatifs à chaque lieu.

Lorsque l’on examine les données de l’initiative et les budgets des lieux de prestation visités, les éléments suivants semblent être les principaux facteurs susceptibles d’expliquer la corrélation inégale entre le volume de formation et les coûts bruts par personne à chaque lieu :

  • Il y a plus de jours de formation par personne, en moyenne, dans certains lieux que dans d’autres. L’Égypte et le Kenya, par exemple, ont une moyenne de 2,7 et 2,4 jours, respectivement, tandis que le Pakistan, malgré un volume de cas de RC considérable, n’offre qu’une journée de formation par personne.
  • Le coût des salaires est beaucoup plus élevé à certains lieux : par exemple, en 2002-2003, il a été d’environ 67 000 $ au Kenya tandis qu’au Pakistan, il n’était que de 22 500 $. Ces coûts reflètent la proportion beaucoup plus élevée d’employés salariés au Kenya – le Pakistan a recours à des animateurs sur appel – de même que les échelles salariales plus élevées au Kenya.
  • Les coûts de déplacement à certains lieux, notamment au Kenya, sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Cette situation témoigne de l’ampleur de la formation que le personnel du Kenya offre dans des lieux satellites.

En conclusion, même si l’argument selon lequel les coûts par personne augmentent considérablement là où les volumes sont peu élevés n’est pas faux, d’autres variables ont une incidence sur les coûts, et certaines contribuent à compenser les augmentations de coûts dues aux volumes peu élevés.

Un facteur qui semble permettre une réduction des coûts est le recours à des animateurs sur appel, qui sont payés à l’heure ou par séance, et seulement pour les heures nécessaires. OCE et l’OIM jugeront peut-être bon d’étudier la possibilité de recourir à des équipes mobiles d’animateurs sur appel, établies dans des lieux avoisinants ou à proximité, pour donner de la formation à certains lieux présentant des volumes peu élevés. Cette façon de faire pourrait exiger une collaboration étroite avec les bureaux de OCE à l’étranger, pour tenter de « concentrer » la délivrance d’un nombre suffisant de visas dans un laps de temps donné afin que les déplacements vaillent la peine.  

Si les RC demeurent une priorité, OCE et l’OIM pourraient devoir accepter des coûts plus élevés par personne à certains endroits et, par le fait même, des objectifs moins élevés, afin d’axer la formation sur les endroits et les groupes considérés comme ayant des besoins importants. Pour l’instant, près du tiers de la charge de travail d’OCE concerne les AFR aux Philippines, alors que, selon les représentants de l’OIM, ce groupe n’a pas d’importants besoins.

Femmes

Comme l’indique la proposition de programme de l’OIM pour 2003-2004, l’OIM et OCE ont convenu au cours des dernières années de faire de la participation des femmes une priorité, et d’encourager les enfants à participer lorsque des groupes familiaux peuvent assister ensemble aux séances.

Nous n’avons pas pu obtenir de données sur la participation des enfants à OCE, mais le graphique 3.1 illustre le taux de participation des femmes au cours des dernières années.

Comme le montre ce graphique, le taux de participation des femmes avait diminué de 2000-2001 à 2002-2003, passant d’à peine plus de 50 % à 48 %, mais il a atteint 54 % en 2003-2004, ce qui indique que l’OIM a réussi à encourager plus de femmes à participer.

Graphique 3.1
Participation des hommes et des femmes entre 2000 et 2004 décrite ci-dessus

3.1.2.4 Adaptation aux variations du nombre d’immigrants et de réfugiés au sens de la convention

En raison de l’étendue de son champ d’action et de son mode de fonctionnement, l’OIM peut réagir très rapidement lorsque les pays sources de RC et de migrants changent. L’OIM est présente dans plus de 200 pays, y compris dans pratiquement tous les pays sources ou susceptibles d’être sources de RC ou d’immigrants au Canada. Par ailleurs, comme la plupart des employés de l’OIM sont recrutés par contrat, ils peuvent être renvoyés moyennant un très court préavis, au besoin. Bon nombre des employés de l’OIM sont très mobiles et ont tendance à accepter spontanément des affectations à différents points du globe.

En outre, comme OCE partage souvent les installations et l’équipement avec d’autres programmes d’orientation, il n’est pas toujours nécessaire de composer avec l’élimination de bureaux ou d’équipement inutiles lorsqu’il faut fermer des lieux de prestation.

Dans le cas d’OCE, les adaptations suivantes ont entre autres été apportées :

  • fermeture de lieux de prestation en Albanie, en Yougoslavie, en Bosnie et en Croatie entre 2001 et 2003, à cause d’une réduction de la charge de travail; 
  • déménagement du coordonnateur régional de la Baltique à Damas en 2003;
  • fermeture de lieux de prestation en Syrie et en Jordanie l’an dernier, à cause de la réduction de la charge de travail;
  • fermeture du lieu de prestation du Vietnam cette année;
  • réponse à des demandes de OCE pour la prestation de séances ponctuelles au Kirghizstan (mars 2004) et au Tadjikistan (décembre 2004).

Dans l’ensemble, l’OIM s’est plutôt bien adaptée, d’une année à l’autre, aux variations présentées par les RC. Comme nous l’avons souligné à la section sur les objectifs de l’initiative, elle n’a cependant pas réussi à réagir aussi bien aux volumes plus bas que prévu observés au cours d’une même année. Résultat : les objectifs de l’initiative n’ont pas été atteints pour deux années.

À OCE, aucun système n’est en place pour informer régulièrement l’OIM de l’évolution prévue de la charge de travail des bureaux de OCE à l’étranger chargés d’aiguiller les personnes vers OCE. Par conséquent, l’OIM doit se fier aux relations épisodiques qu’elle entretient avec le personnel des bureaux à l’étranger pour obtenir cette information. Cette façon de procéder fonctionne bien à certains endroits, mais moins bien à d’autres. OCE devrait envisager l’adoption d’une méthode plus systématique pour informer l’OIM de façon régulière et en temps opportun des variations de la charge de travail.

Principales conclusions

On observe une interdépendance étroite entre les questions des objectifs de l’initiative, des groupes prioritaires et de la capacité à faire face aux changements, ainsi que celle de l’accès des groupes prioritaires à la formation. Voici les principales conclusions tirées à ce sujet :

  • L’OIM a attaché beaucoup d’importance à la réalisation des objectifs numériques de l’initiative, et cela dans le respect des budgets; ce faisant, elle a trop insisté sur ces éléments, ne veillant pas avec autant d’attention à ce que les RC – la priorité actuelle d’OCE – soient bien servis par l’initiative.
  • Bien que l’OIM se soit particulièrement bien adaptée aux variations observées d’une année à l’autre dans les mouvements migratoires, elle n’a pas su s’adapter aussi bien aux variations qui se produisent en cours d’année, en partie faute de disposer de façon systématique et en temps utile de renseignements sur les variations de la charge de travail des bureaux participants de OCE à l’étranger, par rapport aux estimations de début d’année.
  • La procédure utilisée pour contrôler les progrès d’OCE à l’égard des objectifs numériques, quoique récemment rendue plus rigoureuse par OCE, pourrait être encore améliorée.
  • L’OIM a réussi, du moins à court terme, à accroître le taux de participation des femmes.
  • La législation canadienne sur la protection des renseignements personnels a été interprétée d’une manière qui empêche OCE de fournir à l’OIM les coordonnées des participants éventuels, sauf lorsque l’OIM se charge des examens médicaux ou du transport au Canada de ces personnes. Cette situation a eu des effets négatifs sur le taux de participation de la catégorie des TQ et du RF.

3.2 Soutien logistique, de gestion et technique

Sont notamment traités sous ce thème : la procédure appliquée pour repérer les participants éventuels et les aiguiller vers OCE, le caractère adéquat des installations et de l’équipement, et la pertinence des services complémentaires offerts aux divers endroits, comme les services de garde d’enfants.  

3.2.1 Processus d’aiguillage

La méthode utilisée pour aiguiller les personnes vers OCE varie dans une certaine mesure, selon la catégorie d’immigrants et le lieu. Pour les réfugiés de presque tous les endroits, l’OIM reçoit les titres de voyage (visas) des intéressés dont elle assure le transport au Canada, et les coordonnées sont automatiquement transmises au personnel d’OCE en poste au lieu de prestation pertinent. Dans de nombreux cas de réfugiés (et certains cas de regroupement familial), l’OIM effectue les examens médicaux au nom du Canada et peut profiter de l’occasion pour inviter les intéressés à participer à OCE.

Pour la plupart des immigrants et des travailleurs temporaires (TQ, RF et AFR), l’OIM compte sur les bureaux de OCE à l’étranger qui traitent les cas dans la région relevant du lieu de prestation d’OCE pour inclure des dépliants sur OCE dans la lettre qui accompagne le visa. Ces personnes communiquent ensuite avec les responsables d’OCE pour indiquer qu’elles souhaitent participer à une séance.

Dans le cas des réfugiés, le processus d’aiguillage fonctionne très bien, selon les représentants de l’OIM et ceux des bureaux de OCE à l’étranger. Comme l’OIM peut communiquer directement avec les réfugiés, pratiquement tous les réfugiés se trouvant dans des endroits où des séances d’OCE sont offertes assistent aux séances.

En ce qui concerne les autres types de migrants, les personnes interrogées ont indiqué qu’à certains endroits, le personnel des bureaux de OCE à l’étranger n’envoie pas les dépliants sur OCE, ou les envoie de manière inconstante. Un autre problème observé relativement à ces catégories est le fait que la législation canadienne sur la protection des renseignements personnels empêche OCE de fournir à l’OIM les coordonnées des migrants, sauf si l’OIM a besoin de ces renseignements pour offrir des services de transport ou d’examen médical au nom du gouvernement du Canada. Par conséquent, les taux de participation des non-réfugiés sont beaucoup inférieurs à celui des RC.

OCE pourrait contribuer à faire en sorte que toutes les personnes admissibles dans les régions où OCE est offerte, y compris les RC, soient mises au courant de l’existence du cours : il lui faudrait établir, de concert avec la Région internationale, une méthode pour s’assurer que les agents d’immigration des bureaux chargés d’aiguiller les clients vers OCE connaissent bien l’initiative et leurs responsabilités dans le processus d’aiguillage.

3.2.2 Installations et équipement

Quatre lieux de prestation d’OCE ont été visités au cours de l’évaluation. Les conclusions présentées dans cette section se fondent sur les observations réalisées à ces endroits, les entrevues avec les animateurs d’OCE et avec d’autres représentants de l’OIM, ainsi que les séances de réflexion en groupe organisées avec des participants à OCE aux quatre endroits.

Tous les lieux visités étaient dotés des téléviseurs et des magnétoscopes nécessaires pour visualiser la plus grande partie du matériel audiovisuel du cours. Un équipement similaire est disponible dans la plupart des lieux satellites, dont les camps de réfugiés, d’après les représentants de l’OIM interrogés. Dans la plupart des lieux de prestation d’OCE, les installations et l’équipement sont partagés avec d’autres programmes d’orientation. Au Caire, les séances d’OCE sont offertes dans un bureau séparé de l’OIM, et les programmes canadien, américain, australien et norvégien partagent les installations. L’équipement est adéquat, mais il faudra le mettre à niveau dans un avenir rapproché pour permettre la lecture de DVD, car le nouveau matériel sera probablement présenté dans ce format.

En général, les groupes de réflexion sur OCE avaient peu à dire au sujet de l’équipement utilisé pour le cours. À un endroit, quelques participants ont suggéré qu’OCE offre une présentation « multimédia », mais certains n’étaient pas d’accord, précisant qu’un téléviseur n’est pas nécessaire pour une séance interactive.

De même, les participants avaient généralement une opinion favorable des installations, à l’exception du groupe de réflexion de Peshawar, qui était composé de travailleurs qualifiés. Un certain nombre des participants de ce groupe ont critiqué la salle, indiquant que son système de climatisation était plutôt bruyant et qu’elle n’était pas confortable.

Parmi les représentants de l’OIM interrogés sur les lieux, la majorité estimait que l’équipement et les installations étaient adéquats. Cependant, plusieurs ont mentionné que la capacité de la salle de classe était souvent atteinte ou dépassée durant les séances. Les autres préoccupations soulevées étaient le bruit de fond causé par le système de climatisation, la stabilité de l’alimentation en électricité, les rubans VHS qui s’arrêtent en pleine projection et la température parfois élevée dans les salles de classe.

D’après les observations en classe, la problématique de l’équipement n’est pas l’équipement comme tel, mais plutôt l’efficacité de son utilisation. On trouve une multitude d’outils audiovisuels à la plupart des endroits, mais comme les cours d’OCE sont actuellement donnés en moins de deux jours en moyenne, on ne peut les utiliser que de manière limitée. Même s’il est en partie désuet, la majorité du matériel audiovisuel pourrait être utilisée pour renforcer efficacement les concepts enseignés en classe, en particulier aux groupes pour lesquels ces concepts sont nouveaux et très différents de ceux de leur propre culture.

Tant les animateurs que les participants des groupes de réflexion étaient d’avis que les locaux prévus pour la prestation d’OCE sont faciles d’accès, la plupart étant situés dans des zones urbaines centrales dotées de réseaux de transport en commun adéquats, et accueillant des participants qui habitent la zone. Cependant, des personnes viennent parfois d’endroits avoisinants ou même lointains pour assister aux cours. Dans la plupart des pays visités, des séances d’OCE sont offertes dans différentes régions, la seule exception étant les Philippines, où le cours n’est donné qu’à Manille.

Les salles de classe utilisées pour OCE varient d’inadéquates à très adéquates du point de vue de l’aménagement, de la taille, du bruit, de la température et d’autres facteurs. Le tableau sommaire de l’annexe D décrit et évalue les salles de classe aux endroits où OCE est actuellement offerte.

La plupart des salles de classe utilisées pour OCE sont adéquates, et certaines sont même très bien. Le principal problème des installations est que l’OIM utilise ces salles au-delà de leur capacité d’accueil, surestimant le nombre de personnes que les salles de classe peuvent accueillir confortablement (dans le respect d’un mode d’apprentissage guidé, axé sur l’étudiant) : selon les observations effectuées au cours des visites, ce nombre est moins élevé que celui indiqué par l’OIM dans ses estimations (voir l’annexe D). De plus, il semble qu’OCE dépasse la capacité d’accueil maximale des classes.

OCE doit travailler avec l’OIM pour établir des lignes directrices sur l’effectif moyen des classes. Il peut à l’occasion être nécessaire de remplir une salle au-delà de sa capacité pour des raisons de logistique, mais cela ne doit pas être habituel.

3.2.3 Services complémentaires

L’un des objectifs de rendement de l’OIM, d’après son EC avec OCE, est de fournir un soutien logistique, de gestion et technique dans le cadre d’OCE, notamment des collations et des services de garde d’enfants. L’EC ne précise pas si ces services complémentaires doivent être offerts sur une base universelle ou selon le bon jugement de l’OIM.

D’après les entrevues avec des représentants de l’OIM au cours des visites, et un examen de l’OIM, voici les pratiques actuellement appliquées dans les lieux de prestation d’OCE quant aux services complémentaires : 

Collations

Actuellement, aux endroits où les séances d’OCE sont offertes à des réfugiés, l’OIM offre des collations ou accorde une allocation alimentaire quotidienne à tous les réfugiés. À d’autres lieux de prestation d’OCE, elle offre des collations aux pauses. Le coût de ce service est plutôt faible. Selon les documents budgétaires de l’OIM, les collations et services de garde d’enfants ont coûté en tout moins de 25 000 $ en 2003-2004 pour tous les lieux de prestation.

Les participants des groupes de réflexion n’avaient pas de commentaires à formuler sur les collations ou les indemnités de repas.

Garde d’enfants

Des quatre lieux de prestation visités, un seul – Le Caire – offrait des services de garde d’enfants. L’OIM prévoit actuellement en offrir à Islamabad. Il n’y pas de services de garde d’enfants à Manille ni à Nairobi, bien que l’OIM en offre aux lieux satellites dans les camps de réfugiés (Kakuma et Dadaab) en raison du grand nombre d’enfants qui s’y trouvent.

Les représentants de l’OIM étaient généralement d’avis qu’ils n’avaient pas besoin d’installations de garde d’enfants ou qu’ils n’avaient pas les moyens de s’en doter. À certains lieux, par exemple à Manille, on présume que les participants ont d’importantes familles élargies qui peuvent garder les enfants pendant de courtes périodes.

La plupart des participants à OCE formant les groupes de réflexion avaient peu, voire rien à dire à ce sujet. À deux endroits cependant, soit au Kenya et au Pakistan, un petit nombre (deux ou trois) de participants ont indiqué que des services de garde d’enfants auraient été appréciés. À un endroit, deux participants ont quitté à midi et ont raté une partie de la séance de l’après-midi afin de retourner chez eux pour jeter un coup d’œil sur leurs enfants.

Transport

L’OIM remet à chaque réfugié participant une petite somme – environ trois dollars par jour, en moyenne – pour couvrir le coût du transport local. Des quatre lieux de prestation visités, seulement deux – Le Caire et le Kenya – offraient cette allocation. À Manille, les séances sont offertes aux immigrants de la catégorie des AFR, des TQ et du RF, qui, on le suppose, peuvent payer leurs déplacements locaux. En revanche, au Pakistan, même si les clients sont en majorité des TQ à l’heure actuelle, on compte aussi quelques réfugiés, et la raison pour laquelle l’OIM ne rembourse pas le coût de leurs déplacements locaux n’est pas claire.   

Chez les participants des groupes de réflexion, le transport a été présenté comme un problème à Islamabad seulement. Une personne de ce groupe de réflexion a indiqué qu’une aide pour les coûts de transport aurait facilité sa participation. D’autres personnes du groupe ont indiqué leur assentiment par un signe de tête, mais n’ont fait aucun commentaire verbal.

Principales conclusions

Nos principales conclusions au sujet des points traités ci-dessus sont les suivantes :

  • La méthode utilisée pour aiguiller les personnes vers OCE fonctionne très bien pour les RC, dans l’ensemble. Elle est cependant beaucoup moins efficace pour les autres catégories parce que l’OIM ne peut communiquer avec les participants éventuels de ces catégories pour les inviter à participer à OCE.
  • La majorité des bureaux de OCE à l’étranger collaborent avec l’OIM et l’appuient, mais certains font preuve de plus de constance lorsqu’il s’agit de garantir que toutes les personnes qui pourraient participer à OCE obtiennent de l’information sur l’initiative, même si elles ne sont pas des réfugiées.
  • L’équipement des lieux de prestation d’OCE répond aux besoins de l’initiative. Cependant, les salles de classe ne sont pas toutes adéquates pour l’apprentissage. La taille moyenne des classes d’OCE approche ou dépasse la capacité des salles à certains endroits, ce qui nuit au confort des participants et, surtout, à l’apprentissage.
  • Pour fournir des services complémentaires, comme le remboursement du coût des déplacements locaux, la garde d’enfants et les collations, l’OIM s’en tient généralement à une évaluation des besoins. Cette approche n’est toutefois pas appliquée uniformément à tous les endroits.

3.3 Élaboration/prestation de la formation

L’évaluation de l’élaboration et de la prestation de la formation vise à déterminer si l’organisme prestataire offre une formation qui tient compte des pratiques exemplaires et qui contribue à l’atteinte des objectifs d’apprentissage. Les résultats de l’évaluation sont présentés sous les rubriques suivantes :

  • Contenu du cours et matériel pédagogique
  • Apprentissage guidé et formation des animateurs

3.3.1  Contenu du cours et matériel pédagogique

3.3.1.1  Contenu du cours

La guide du cours d’OCE, qui renferme l’essentiel de la matière, a été à l’origine élaboré par l’actuel gestionnaire du projet d’OCE en 1998. Il est disponible dans le site Web de OCE sous le titre « Guide de l’animateur pour la prestation des modules d’orientation préalable ». C’est le document de base qu’utilisent les animateurs pour offrir le cours.

Le programme du cours d’OCE a été élaboré par des professionnels ayant acquis une grande expérience de l’orientation des immigrants et des RC dans le cadre du programme des Cours de langue pour les immigrants au Canada à l’étranger, le précurseur d’OCE. L’animateur adapte le programme aux besoins qu’il perçoit chez le groupe visé. Cette adaptation consiste à modifier l’importance et le temps accordés aux différents sujets ainsi que le contenu et le niveau de détail, plutôt qu’à traiter de sujets réellement différents.

Les sujets abordés par les programmes d’orientation de pays différents devraient être très comparables. Le tableau 3.4 donne un aperçu comparatif des thèmes du cours d’OCE, du programme « Premiers pas » (une trousse d’orientation offerte aux réfugiés parrainés par le gouvernement à leur arrivée en Ontario) et du programme d’orientation culturelle « USCO », offert à l’étranger par le gouvernement des États-Unis.

Tableau 3.4 Comparaison du contenu des cours – OCE et autres programmes d’orientation
  OCE USCO
(programme américain offert à l’étranger)
Premiers pas
(Ontario)
Transport vers le nouveau pays    X X  
Adaptation culturelle/choc des cultures X X X
Vie familiale X X X
Emploi X X X
Éducation X X X
Santé X X X
Droits, responsabilités X X X*
Primauté du droit X X* X*
Climat X    
Recherche d’un endroit pour vivre/d’un logement X X X
Coût de la vie/gestion budgétaire X X X
Aide sociale/assistance publique X X X
Communication X X* X*
Cours de langue X X X
Aide à l’établissement/organismes X X X

* Sujet traité entièrement ou partiellement sous d’autres thèmes.

Comme l’indique le tableau 3.4, les trois programmes présentent beaucoup d’éléments communs. Le programme « Premiers pas », étant offert au Canada, n’aborde pas le sujet du transport. En outre, tous les sujets qui font l’objet d’un module dans le cours d’OCE ne font pas nécessairement l’objet d’un module dans les programmes « Premiers pas » et USCO; néanmoins, bon nombre des sous-sujets des modules manquants y sont abordés sous d’autres thèmes.

Le grand nombre d’éléments communs observés dans le matériel d’orientation témoigne de la pertinence du programme d’OCE pour répondre aux besoins des immigrants et des RC, ce qui n’est pas étonnant.

La pertinence générale de la matière du cours, compte tenu des objectifs, a été confirmée par la grande majorité des personnes interrogées sur ce sujet, y compris les animateurs et les coordonnateurs du cours d’OCE, le coordonnateur général du projet de l’OIM, les représentants de OCE dans les bureaux à l’étranger, les représentants de OCE au sein de la Division de l’établissement et des bureaux régionaux au Canada, et les représentants des fournisseurs de services d’établissement au Canada qui connaissent bien OCE. Bon nombre des personnes interrogées ont malgré tout formulé des suggestions et des observations sur le contenu du cours.

De plus, les immigrants et les RC qui ont participé aux groupes de réflexion ont aussi jugé très favorablement, dans l’ensemble, le contenu général du cours. Les RC surtout ont généralement formulé des commentaires très enthousiastes à propos des sujets abordés, affirmant que le cours les avait grandement renseignés sur des sujets qu’ils ne connaissaient pas. Les TQ, même s’ils ont été eux aussi favorables, ont été plus critiques à l’égard de certains aspects du cours et ont fait davantage de commentaires et de suggestions afin d’améliorer sa pertinence pour les immigrants de leur catégorie.

Les suggestions et les commentaires ont porté sur des sujets très variés, mais un certain nombre de thèmes communs sont ressortis des entrevues, des séances de réflexion en groupe, des observations en classe et de l’examen du matériel pédagogique. La section qui suit présente une synthèse des principales observations et constatations se rapportant à ces thèmes.

Contenu du cours : Observations générales

Plusieurs sujets ont été à maintes reprises jugés importants ou pertinents :

  • l’emploi, surtout la recherche d’emploi, la reconnaissance des titres professionnels et des autres titres de compétences, les taux de chômage en région (en particulier par profession), et l’importance d’avoir des attentes raisonnables quant à l’employabilité, en particulier dans sa propre profession;
  • l’éducation, notamment les systèmes scolaires publics et privés, la possibilité d’obtenir des prêts étudiants, et la reconnaissance des crédits scolaires;
  • la santé, surtout le Programme fédéral de santé intérimaire, l’assurance maladie publique provinciale, et l’assurance maladie privée;
  • les services bancaires et les finances, y compris l’utilisation des guichets automatiques et le virement de fonds au Canada;
  • la géographie et les régions, en particulier les climats régionaux, l’économie et l’emploi en région, la vie rurale et les commodités.

D’après les observations faites en classe et l’examen du matériel pédagogique, tous ces sujets sont abordés dans le cours. Cependant, certains des sous-sujets peuvent ne pas être traités de façon assez approfondie ou recevoir suffisamment d’attention. Plusieurs représentants des fournisseurs de services au Canada ont indiqué que les immigrants et les RC ont tendance à immigrer dans les grandes villes du Canada, et qu’ils ont une perception erronée de la disponibilité des services d’éducation et de santé, entre autres, ainsi que des possibilités d’emploi dans les centres de moindre envergure. Ils estiment qu’OCE devrait fournir de l’information sur les perspectives et les avantages offerts aux personnes qui émigrent vers d’autres régions, des régions urbaines plus petites ou des régions rurales.

Contenu du cours : personnalisation

De toute évidence, les besoins des divers groupes en matière d’information varient beaucoup, selon leur catégorie d’immigrants (p. ex. TQ par rapport à RF), leur culture ou leur pays d’origine, leur instruction et d’autres facteurs. Les coordonnateurs et les animateurs d’OCE en sont conscients et adaptent le contenu du cours et le temps consacré aux différents sujets de façon à mieux répondre aux besoins qu’ils perçoivent chez les participants. De façon générale, ils semblent y parvenir assez bien. Néanmoins, d’après les entrevues, les séances de réflexion en groupe et les observations, le cours, dans sa forme actuelle, répond mieux aux besoins des RC et des immigrants de la catégorie du RF qu’à ceux des TQ, qui semblent être différents et plus sélectifs. Les sections suivantes présentent nos principales observations sur les besoins des TQ et des RC, respectivement.

Travailleurs qualifiés

Le sujet qui est très peu utile aux TQ est celui du voyage pour se rendre au Canada, car la majorité ont déjà pris l’avion et bon nombre se sont déjà rendus en Europe ou en Amérique du Nord. Quelques personnes du groupe de réflexion des TQ ont indiqué que les renseignements sur le climat canadien ou nord‑américain n’étaient pas très importants, car la plupart le connaissent déjà. De plus, les TQ (du moins ceux du groupe de réflexion) n’ont pas besoin de renseignements de base sur les services bancaires et les finances, ni sur l’utilisation de la technologie (p. ex. Internet, guichets automatiques) pour effectuer des opérations bancaires; ces services leur sont déjà très familiers.

En revanche, par rapport aux RC, les TQ souhaitent obtenir des renseignements plus détaillés ou différents sur certains sujets, entre autres :

Emploi

Les TQ ont surtout besoin de renseignements détaillés sur le taux d’emploi des personnes exerçant leur profession dans différentes régions et même dans les villes du Canada. Comme beaucoup sont des professionnels, ils souhaitent vivement savoir si leurs titres de compétences peuvent être reconnus, et connaître les conditions qu’ils doivent remplir à cette fin. Beaucoup ne comprennent pas qu’ils ne puissent pas pratiquer leur profession à leur arrivée au pays alors que leur demande d’immigration a précisément été acceptée en raison de leurs diplômes et de leurs qualifications professionnelles.

Éducation

Pour de nombreux TQ, il est très important d’obtenir de l’information sur l’éducation au Canada, tant pour eux-mêmes que pour leurs enfants. Ils s’intéressent à l’enseignement public et privé et souhaitent obtenir des renseignements sur la qualité de ces systèmes d’enseignement dans les diverses régions. Ils s’intéressent aussi vivement à l’éducation postsecondaire, y compris aux conditions d’admission et à la possibilité d’obtenir une aide financière, comme des prêts étudiants.

Coût de la vie

Les TQ ont tendance à avoir une connaissance approfondie des questions financières et ont peu ou pas besoin de renseignements de base sur ce sujet. Cependant, certains ne semblent pas connaître le coût de la vie au Canada, et ont par conséquent des attentes irréalistes quant à leur capacité de vivre de leurs économies au Canada advenant l’impossibilité de trouver un emploi. Ils ont donc besoin de renseignements plus détaillés notamment sur ce qu’il en coûte pour se loger et se nourrir, acheter et entretenir un véhicule, ainsi que sur les autres facteurs déterminant le coût de la vie au Canada.

Logement

Le logement constitue un sujet connexe jugé important par les participants du groupe de réflexion. Les TQ veulent connaître les dispositions qu’ils peuvent prendre en vue de leur hébergement initial, comment procéder pour acheter ou louer une maison, les conditions à remplir pour obtenir un prêt hypothécaire, et comment déterminer si un quartier est convenable.

Lors des entrevues ou des séances de réflexion en groupe, les TQ ont mentionné d’autres sujets qui leur paraissaient intéressants ou importants, entre autres :

  • permis de conduire et assurance-automobile;
  • centres urbains autres que Toronto;
  • aide à l’établissement offerte aux TQ dans leur ville ou région de destination.

De toute évidence, OCE n’est pas en mesure de fournir des renseignements sur tous ces sujets, ou selon le niveau de détail souhaité par les TQ, et ce n’est pas non plus nécessaire. La plupart des TQ savent comment utiliser un ordinateur et consulter Internet et, dans beaucoup de ces cas, le cours pourrait indiquer aux participants l’endroit où ils peuvent obtenir des renseignements détaillés ou portant sur des régions particulières.

Réfugiés au sens de la Convention

Les besoins des RC en matière d’information peuvent aussi varier de manière importante, selon que les RC ont été exposés ou non à des milieux urbains modernes, et selon leur scolarité, leur âge, la mesure dans laquelle leur culture diffère de la culture nord-américaine, les systèmes d’enseignement et de santé de leur pays d’origine et leur connaissance de la technologie moderne, surtout des ordinateurs, des moyens de télécommunication et d’Internet.

Néanmoins, un certain nombre de sujets liés à la migration sont importants pour la majorité des RC. Si la plupart sont déjà traités dans le cadre d’OCE, les points suivants devraient cependant être traités de manière plus approfondie ou recevoir plus d’attention :

Voyage au Canada

Nombreux sont les RC qui n’ont jamais voyagé par avion et la plupart ne se sont jamais beaucoup éloignés de leur pays d’origine. Selon l’endroit d’où ils proviennent, ils peuvent avoir de la difficulté à comprendre par exemple les limites de bagages, l’interdiction de fumer dans les avions et l’utilisation des toilettes de style occidental.

Adaptation culturelle/choc des cultures

Selon leurs antécédents culturels et scolaires, les RC peuvent avoir besoin de beaucoup plus d’information que les autres groupes sur les différences culturelles, les droits et les obligations, et des sujets connexes. Ces mêmes facteurs peuvent rendre les RC plus vulnérables au choc des cultures que les TQ, qui sont en général beaucoup plus conscients des défis que présentent les sociétés occidentales, ou que les immigrants de la catégorie du RF, qui jouissent de l’appui de leurs répondants. Comme quelques-unes des notions abordées sous ces thèmes sont très différentes des notions socioculturelles de certaines personnes de ces catégories, elles ne sont pas toujours faciles à comprendre et doivent parfois être expliquées plus d’une fois. D’après les observations faites en classe, les animateurs d’OCE abordent ces sujets au cours des séances avec les RC, mais ils ne sont pas toujours en mesure de leur consacrer suffisamment de temps.

Aide à l’établissement après l’arrivée

Selon plusieurs personnes interrogées, les RC doivent être mieux informés des programmes et des services qui leur sont offerts après leur arrivée au Canada. Un programme particulier qui a été mentionné est le Programme fédéral de santé intérimaire. De même, plusieurs personnes rencontrées au Canada ont mentionné la nécessité de veiller à ce que les RC comprennent les rôles et les limites des fournisseurs de services d’établissement au Canada. À leur avis, certaines personnes ont des attentes irréalistes à l’égard de ces fournisseurs, lorsqu’il s’agit de trouver un emploi ou un logement, par exemple.

3.3.1.2 Matériel pédagogique

Voici les principaux documents utilisés dans la plupart ou l’ensemble des lieux de prestation :

Guides et autres documents écrits

Les guides de base sont les suivants :

Guide de l’animateur pour la prestation des modules d’orientation préalable

Dans les lieux de prestation visités, tous les animateurs possédaient ce guide. Celui-ci n’a jamais fait l’objet d’une mise à jour en bonne et due forme.

Bienvenue au Canada

Ce guide, élaboré par l’OIM à l’intention des étudiants, traite sommairement des principaux sujets couverts par OCE. Il est disponible en anglais, en français, en arabe, en afghan et en iranien.

En plus de ces documents de base, les animateurs des différents lieux de prestation utilisent un grand éventail de documents, communs ou propres aux divers lieux, qui portent sur divers sujets, notamment :

  • Le Canada et les nouveaux arrivants : OCE a conçu ce livret afin de renseigner les immigrants et les RC sur le Canada. Après avoir servi pendant quelques années de guide de l’étudiant pour OCE, il a été remplacé à la plupart des endroits par le guide « Bienvenue au Canada », car il n’aborde pas tous les sujets d’OCE et n’est pas aussi à jour; 
  • des magazines, des revues spécialisées et des journaux;
  • des feuilles d’exercices;
  • des fiches de renseignements (p. ex. une liste de sites Web longue de six pages à un lieu de prestation);
  • divers documents et formulaires canadiens (p. ex., formulaires des douanes, exemples de permis de conduire, de cartes d’assurance sociale, de cartes d’assurance maladie, etc.).
Vidéos

La principale vidéo utilisée pour les séances d’OCE est « Vivre au Canada », qui aborde des sujets traités durant le cours. Elle est disponible en anglais, en français et en arabe. De plus, les animateurs utilisent divers autres documents audiovisuels, par exemple :

  • « Are You Ready for Work in Canada »;
  • « Working in Education »;
  • Vidéocassettes sur les soins de santé;
  • « Over Canada » (vidéocassettes sur des villes du Canada).

On trouve un grand éventail d’autres documents à tous les lieux de prestation. Le gestionnaire du projet d’OCE consulte régulièrement les sites Web du Canada et d’autres sources à la recherche de renseignements nouveaux et à jour, qu’il transmet ensuite aux animateurs des différents lieux de prestation. De plus, de nombreux animateurs cherchent des documents supplémentaires à remettre aux participants afin de compléter leur formation, et de leur fournir l’information la plus à jour possible.

Les animateurs d’OCE ne manquent pas de matériel pédagogique pour accompagner le cours; au contraire, ils manquent souvent de temps pour présenter l’information audiovisuelle. Les principaux problèmes posés par le matériel sont plutôt les suivants :

Matériel désuet

Selon le coordonnateur du projet d’OCE, le guide de l’animateur n’a pas été mis à jour depuis un certain nombre d’années, surtout pour des raisons budgétaires. Les renseignements fournis sur certains sujets sont mis à jour régulièrement, grâce aux recherches effectuées de façon suivie par le personnel d’OCE, mais ces mises à jour prennent la forme de documents complémentaires, plutôt que d’être intégrées au guide proprement dit.

De plus, le principal document audiovisuel utilisé aux lieux de prestation d’OCE, « Vivre au Canada », date d’environ dix ans. Il est extrêmement désuet, tant du point de vue du contenu que de la présentation.

La Division de l’établissement de OCE s’apprête à passer un marché pour le tournage d’une nouvelle vidéo qui remplacera « Vivre au Canada ». Ce projet pourrait être mené en parallèle avec la mise à jour du guide de l’animateur d’OCE. Le personnel d’OCE pourrait apporter une contribution importante au contenu de ces deux outils.

Soutien du Canada

Actuellement, le personnel d’OCE reçoit très peu d’aide du Canada pour tenir l’information à jour. OCE devrait prendre des mesures pour encourager les organismes au Canada à entretenir des rapports plus étroits avec les responsables d’OCE et à mieux échanger l’information, comme nous l’avons mentionné plus tôt dans ce rapport. Les animateurs d’OCE seraient ainsi plus en mesure de fournir des renseignements à jour et exacts.

OCE devrait aussi établir, de concert avec les responsables d’OCE, une procédure plus méthodique pour revoir et mettre régulièrement à jour le matériel pédagogique de base.

Matériel destiné aux participants

Lors des entrevues, les représentants du programme USCO ont indiqué que chaque RC qui se rend aux États-Unis, qu’il participe au programme USCO ou non, reçoit le guide du participant « Welcome to the US », qui est traduit dans un grand nombre de langues pour que les RC de nombreuses régions du monde puissent le comprendre.

À une certaine époque, toutes les personnes qui suivaient OCE recevaient le guide du participant, mais on a mis fin à cette pratique dans la plupart des lieux de prestation pour des raisons budgétaires. Ce n’est que récemment qu’on a recommencé, à certains lieux, à remettre le guide « Bienvenue au Canada » à chaque participant. Par ailleurs, bien qu’il soit disponible dans quelques langues, ce guide n’est pas traduit dans certaines langues que parlent de nombreux RC aux lieux de prestation d’OCE, par exemple à An-Hariq ou à Nairobi.

Il a été suggéré de remettre à chaque participant un livret personnel et une liste de points importants à vérifier avant le départ et après l’arrivée. D’après les observations faites en classe, cette suggestion est particulièrement pertinente pour les RC, nombre d’entre eux ayant de la difficulté à absorber toute l’information fournie durant le cours.

Investissement dans le matériel

Les représentants de l’OIM ont indiqué qu’ils avaient omis de mettre le matériel pédagogique à jour, limité la distribution des guides du participant et restreint la traduction de « Bienvenue au Canada » et d’autres documents à certaines langues à cause, principalement, de préoccupations relatives aux réductions budgétaires. Ils avaient l’impression que OCE attendait d’eux qu’ils atteignent les objectifs numériques malgré des réductions budgétaires, ces dernières années. D’où leur hésitation à proposer d’engager des dépenses pour élaborer ou mettre à jour le matériel pédagogique. Les représentants de OCE ont indiqué qu’ils appuieraient de telles propositions, mais que l’OIM n’avait pas présenté de demandes de financement à ce sujet.

Principales conclusions

Selon les diverses pistes utilisées pour aborder la question du contenu et du matériel, voici les principales conclusions tirées à ce sujet :

Le contenu d’OCE est tout à fait approprié pour les RC. Cependant, le cours ne répond pas aussi bien aux besoins des TQ en ce qui concerne le contenu, l’accent mis sur les différents sous-sujets ou l’approfondissement de certains sujets.

  • Le guide de base de l’animateur est désuet, ce qui oblige les animateurs à le compléter par de grandes quantités de matériel à jour; on accroît ainsi le risque de transmettre des renseignements inexacts.
  • La bande vidéo principale utilisée dans le cadre d’OCE est désuète, tant pour ce qui est de l’exactitude d’une partie du contenu que de sa présentation. Cependant, OCE travaille actuellement à sa mise à jour.
  • L’OIM reçoit peu d’aide de la part d’organisations établies au Canada pour tenir le matériel pédagogique à jour. Par ailleurs, aucune procédure n’est en place pour assurer l’examen et la mise à jour réguliers du matériel pédagogique de base.
  • Jusqu’à récemment, les responsables d’OCE limitaient de manière importante la distribution du guide du participant. Cette pratique peut empêcher les participants, surtout les RC, de tirer parti d’OCE.
  • Le guide du participant a été traduit dans quelques langues seulement. Son utilité s’en trouve diminuée, en particulier pour les RC.

3.3.2 Apprentissage guidé et formation des animateurs

De nombreux facteurs peuvent nuire à l’efficacité de l’apprentissage guidé. En ce qui touche OCE, quatre facteurs susceptibles d’avoir une incidence importante ont été relevés : 

  • attachement à l’apprentissage guidé;
  • formation des animateurs;
  • taille des classes;
  • durée du cours.

Nos conclusions se fondent principalement sur les entrevues avec des coordonnateurs et des animateurs d’OCE ainsi qu’avec le gestionnaire du projet d’OCE, sur les séances de réflexion en groupe avec des participants à OCE, sur les observations en classe ainsi que sur la théorie de l’éducation des adultes.

3.3.2.1 Attachement à l’apprentissage guidé 

L’OIM utilise un mode d’apprentissage guidé pour la prestation d’OCE. Cette approche favorise la participation active des participants, contrairement aux modèles traditionnels, comme les cours magistraux, où les participants jouent un rôle plus passif.

La plupart des participants à OCE sont des adultes. Or, d’après les études sur l’éducation des adultes, ceux-ci apprennent davantage lorsqu’ils peuvent jouer un rôle actif dans leur apprentissage et apprendre au moyen d’expériences directes.

[TRADUCTION] Selon Carl Rogers, l’apprentissage est facilité lorsque : 1) l’étudiant participe pleinement à son apprentissage et qu’il en contrôle la nature et l’orientation, 2) les problèmes pratiques, sociaux, personnels ou de recherche sont attaqués de front, et 3) l’autoévaluation est la principale méthode utilisée pour évaluer les progrès accomplis ou la réussite obtenue. Rogers insiste aussi sur l’importance d’apprendre à apprendre et d’être ouvert au changement. Le rôle de l’enseignant est de faciliter un tel apprentissage, c’est-à-dire de : 1) créer un climat propice à l’apprentissage, 2) clarifier les objectifs des apprenants, 3) mettre en place les ressources nécessaires et les rendre disponibles, 4) concilier les composantes intellectuelle et émotionnelle de l’apprentissage et 5) communiquer les sentiments et les réflexions aux apprenants, sans toutefois dominer. [ note 5 ]

Les membres du personnel d’OCE interrogés avaient une opinion très favorable du mode d’apprentissage guidé. Plusieurs ont souligné que cette méthode interactive avait été adoptée par les Australiens dans le cadre de leur programme et, dans une moindre mesure, par le programme USCO. Voici certains des commentaires qui ont été formulés au sujet de cette approche : 

  • « Les cours magistraux les endorment. »
  • « Le cours renforce l’idée que chacun a quelque chose à apporter. »
  • « L’intérêt des participants demeure éveillé; ils comprennent mieux la matière. »
  • « L’approche adoptée par le Canada est appropriée et a été imitée par d’autres pays. »

Malgré leur opinion très favorable, ces personnes ont signalé qu’une telle approche n’était pas non plus sans présenter des défis. L’un des principaux tient au fait que, dans certaines cultures, les systèmes scolaires adoptent une approche plus traditionnelle, fondée sur l’enseignement magistral; les étudiants, qui s’attendent à être passifs, hésitent donc à s’exprimer et à participer activement au cours.

Le degré d’intérêt manifesté par les étudiants a aussi un effet sur l’efficacité de cette approche. Selon certains représentants de l’OIM, le degré d’intérêt peut varier, surtout chez les immigrants de la catégorie du RF et chez les AFR. Dans les deux cas, on pense qu’étant donné qu’elles savent pouvoir compter au Canada sur l’aide de leurs proches, certaines de ces personnes s’intéressent moins à OCE.

Durant les séances de réflexion en groupe, on a demandé aux participants à OCE s’ils avaient trouvé le cours intéressant, et s’ils avaient été invités à interagir et à amorcer un dialogue avec les autres participants. Ils ont été largement d’avis que les séances avaient été intéressantes et que les participants avaient été encouragés à se poser des questions entre eux et à questionner l’animateur.

D’après les observations faites en classe, il est clair que les TQ ont tendance à s’exprimer davantage et à poser beaucoup plus de questions que les immigrants des autres catégories. Les TQ contredisent également l’animateur s’ils jugent les renseignements fournis inexacts ou insuffisants, et ils cherchent à obtenir de l’information sur des sujets qui ne sont pas abordés dans le cours.

D’autres groupes ont tendance à adopter une attitude plus passive pendant les séances. Les RC, en particulier, ont tendance à écouter et à poser peu de questions; souvent, l’animateur doit beaucoup insister pour les amener à poser des questions, à discuter des enjeux ou à expliquer au groupe ce qu’ils savent d’un sujet donné. Comme il est indiqué plus haut, cela peut être attribuable aux différences culturelles à l’égard de l’apprentissage, de même qu’à une faible scolarité. Les TQ observés étaient tous très instruits et avaient une assez bonne connaissance de certains sujets. Ils avaient aussi une idée claire de ce qu’ils voulaient savoir et, par conséquent, hésitaient moins à poser des questions dans ces domaines.

Durant les séances de réflexion en groupe, les TQ ont eu tendance à exprimer plus volontiers leur point de vue sur OCE et à faire des commentaires, positifs ou négatifs, sur le cours. Il a été beaucoup plus difficile de recueillir les observations des personnes des autres catégories, surtout des RC, qui étaient par ailleurs particulièrement hésitants à formuler des commentaires négatifs sur le cours. Il se peut aussi que durant les séances d’OCE et les séances de réflexion en groupe, les RC aient été intimidés par la présence d’un représentant du gouvernement du Canada, tandis que les TQ ne l’étaient pas. De manière plus générale, il se peut que les RC hésitent à poser des questions ou à formuler des commentaires susceptibles d’être interprétés comme des critiques, parce qu’ils craignent de mettre leur statut en péril. Quoi qu’il en soit, bien que ces différences individuelles et culturelles présentent des difficultés pour les animateurs, elles ne sont pas insurmontables si ceux-ci sont bien formés.

En résumé, le personnel d’OCE est tout à fait attaché à la formule de l’apprentissage guidé. Les RC et, dans certains cas, les immigrants des autres catégories peuvent profiter de cette approche, surtout lorsqu’ils doivent apprendre de nouveaux concepts. Ils doivent pouvoir poser des questions et discuter des enjeux. Ils doivent en outre pouvoir obtenir que les différentes notions leur soient expliquées plus d’une fois, et illustrées par des exercices ou du matériel audiovisuel.

3.3.2.2  Formation des animateurs

L’initiative OCE n’impose pas d’exigences précises aux animateurs. Cependant, d’après les entrevues avec les représentants de la Division de l’établissement, à l’AC de OCE, ainsi qu’avec les représentants de l’OIM, on s’attend à ce que les animateurs soient suffisamment scolarisés pour pouvoir communiquer adéquatement en anglais ou en français et, à certains endroits, dans d’autres langues parlées par les RC ou les immigrants. De plus, on s’attend à ce que les animateurs connaissent le Canada et qu’ils y aient vécu.

On a demandé aux animateurs d’OCE en quoi leurs antécédents les avaient préparés à leur rôle. Des huit personnes interrogées, toutes sauf une, qui avait étudié au niveau secondaire, avaient fait des études postsecondaires. Toutes parlaient couramment l’anglais et plusieurs parlaient d’autres langues utilisées à l’endroit où elles se trouvaient, comme l’arabe, l’afghan ou l’urdu. Des huit animateurs interrogés, deux étaient natifs du Canada et vivaient à l’étranger depuis un certain nombre d’années, retournant régulièrement au Canada, tandis que quatre avaient vécu au Canada pendant une longue période (entre huit et quinze ans) à titre d’immigrants ou de RC. Quant aux deux autres animateurs, établis au Pakistan, l’un, qui était aussi coordonnateur au Pakistan, avait vécu en Europe et en Australie, mais n’avait passé que trois semaines au Canada, tandis que l’autre était un RC afghan qui n’était jamais venu au Canada.

De par leurs antécédents, la plupart des animateurs d’OCE connaissaient assez bien le Canada pour comprendre les principaux concepts du cours et pour donner des renseignements exacts aux participants. La seule exception était le Pakistan, le coordonnateur/animateur ayant une connaissance directe très limitée du Canada, même s’il connaissait bien la culture occidentale, et l’autre animateur interrogé n’ayant jamais vécu ailleurs qu’en Afghanistan ou au Pakistan.

À certains endroits – dont le Pakistan –, les responsables d’OCE éprouvent des difficultés considérables à recruter des animateurs et des coordonnateurs. D’une part, les conditions de travail peuvent être très difficiles : dans le cas du Pakistan, un grand nombre d’expatriés canadiens ont quitté le pays au cours des dernières années en raison de la situation politique. À certains endroits, d’autre part, surtout là où l’on trouve de nombreux RC, les cours doivent souvent être donnés dans la langue maternelle des participants, puisque ceux-ci ne parlent ni l’anglais ni le français. Par ailleurs, puisqu’une grande partie du matériel pédagogique n’est disponible qu’en anglais ou en français, les animateurs et les coordonnateurs doivent parler l’une de ces langues. Il peut être extrêmement difficile dans certains pays de trouver des animateurs efficaces qui parlent les langues locales de même que l’anglais ou le français, et qui ont vécu ou, du moins, fait un long séjour au Canada.

L’initiative OCE continuera probablement d’éprouver des difficultés à trouver des animateurs aux antécédents idéaux à certains endroits. Le principal défi sera vraisemblablement de trouver des personnes ayant vécu au Canada. Le programme USCO a remédié à cette situation en offrant à ses animateurs la possibilité d’accompagner des groupes de RC aux États-Unis et d’y séjourner pendant un certain temps. Cette formule a l’avantage de fournir un guide aux RC qui ont besoin d’aide lors de leur premier voyage aux États-Unis, tout en donnant à l’animateur la chance de se familiariser directement avec le mode de vie américain.

Tous les animateurs d’OCE ont été formés selon la même approche, d’après le gestionnaire du projet d’OCE, les coordonnateurs des lieux de prestation et les animateurs eux-mêmes. Cette formation consiste essentiellement en une période où les intéressés observent des animateurs qualifiés, tout en étudiant le matériel pédagogique. Par la suite, les animateurs s’exercent à animer des séances pendant une période variant de plusieurs semaines à deux mois, durant laquelle ils reçoivent de la rétroaction sur le contenu et sur leur façon d’interagir avec les participants. Ici encore, d’après les observations en classe et les entrevues, les animateurs semblent bien comprendre en quoi consiste l’apprentissage guidé.

3.3.2.3. Taille des classes

La taille des classes est un facteur important pour l’apprentissage guidé. Comme ce type d’apprentissage repose sur la participation active des intéressés, sous forme de discussions, de questions et d’exercices, les classes ne doivent pas compter trop de participants, sinon l’animateur a du mal à faire participer chaque personne.

Les observations sur place ont montré qu’à l’occasion, le fait qu’une classe compte beaucoup de participants nuit à l’efficacité de l’apprentissage guidé. Le nombre maximal de participants que les salles de classe pouvaient accueillir aux cinq endroits visités (Le Caire, Nairobi, Islamabad, Peshawar et Manille) variait de 20 à 25 au Caire, à 40 à 60 à Manille [note 6]. À trois endroits, le nombre de participants égalait ou dépassait ces maximums, rendant les salles de classe surchargées, très chaudes (bien que, dans un cas, une défectuosité du système de climatisation ait contribué à la situation) et mal ventilées. Mais surtout, lorsque les classes dépassent 20 à 25 participants, il est extrêmement difficile pour l’animateur de donner à chacun la chance de participer. On a compté 43 participants à un cours, et plus de 50 à Manille. Lorsque les classes ont cette taille, la qualité de l’apprentissage guidé s’en trouve grandement compromise.

Des groupes nombreux et une approche peu interactive peuvent être possibles à certains endroits, surtout lorsque les différences socioculturelles ne sont pas marquées, et que les participants parlent l’anglais et connaissent le Canada. À ces endroits, les participants peuvent simplement nécessiter des renseignements, et avoir moins besoin qu’on leur explique des concepts et des phénomènes qui leur sont étrangers. Dans ce cas, plutôt que d’adopter une formule interactive, il peut suffire de communiquer l’information.

3.3.2.4 Durée du cours

La durée du cours est un autre facteur limitant la capacité des animateurs à adopter un mode d’apprentissage guidé. La plupart des cours durent actuellement un ou deux jours et, compte tenu de la quantité de matière à traiter, les animateurs doivent gérer le rythme auquel sont couverts les sujets, d’où la nécessité de limiter les questions, les discussions et les exercices.

Les observations faites en salle de classe ont confirmé que la durée du cours est un obstacle important à l’utilisation efficace d’un mode d’apprentissage interactif, et qu’elle empêche les animateurs d’accorder toute l’importance voulue aux divers sujets. Les visites sur place ont permis une observation directe de cinq cours, avec quatre animateurs différents. À trois de ces cours, les participants étaient en majorité ou tous des RC; un cours ne comptait que des TQ; et l’autre, seulement des AFR. Dans la plupart des cas, les animateurs s’efforçaient d’encourager l’interaction et la participation et, à certains endroits, ils ont eu recours à des exercices. Cependant, ils disposaient de très peu de temps pour traiter toute la matière pertinente et ils ont souvent dû limiter les questions ou les discussions et n’utiliser que peu d’exercices, voire aucun. Par conséquent, les cours ont parfois pris la forme de cours magistraux plutôt que de séances d’apprentissage guidé.

Aux termes de l’EC, l’OIM doit donner des cours d’une durée d’un, trois ou cinq jours. Même si l’entente ne l’indique pas explicitement, les représentants de OCE et de l’OIM ont affirmé que la politique était d’offrir des cours de cinq jours aux RC, de trois jours aux immigrants de la catégorie du RF et d’une journée aux TQ. Cependant, les représentants de l’OIM ont dit avoir été contraints de réduire la durée du cours offert aux RC à trois jours, voire à un jour dans certaines régions, principalement pour des raisons budgétaires et, dans quelques cas, parce qu’il était difficile pour les participants d’assister à un cours de cinq jours. (Ces mêmes facteurs contribuent au nombre élevé de participants par classe.)

Les représentants du programme américain interrogés ont indiqué établir avec souplesse la durée du cours offert dans le cadre de leur programme d’orientation, qui est donné seulement aux RC. Selon les circonstances, le cours peut varier de plusieurs heures à 30 heures (cinq jours à raison de six heures par jour). Dans le cas de l’USCO, les principales raisons qui incitent à réduire la durée des cours sont de nature logistique : parfois, le programme ne peut offrir l’orientation qu’à la dernière minute. Pour ce qui est du programme canadien, il est clair que, dans certains cas, il est difficile d’offrir un cours de trois ou cinq jours en raison du court délai entre la date à laquelle l’OIM obtient l’information sur des participants éventuels et la date prévue du départ de ceux-ci pour le Canada. Néanmoins, bien qu’un cours d’une journée semble suffisant pour les TQ de certains pays, un tel cours n’est pas suffisant pour la plupart des RC et des personnes de la catégorie du RF. Les représentants de l’OIM ont noté certains obstacles à l’allongement de la durée du cours : dans le cas des RC, l’obstacle peut tenir à l’emploi, au transport ou à la garde des enfants.

Principales conclusions
  • L’apprentissage guidé est reconnu pour sa grande efficacité dans l’éducation des adultes et devrait, de ce fait, être le mode privilégié pour OCE.
  • Même si le personnel d’OCE souscrit pleinement à l’apprentissage guidé, les différences culturelles parmi les participants sont un défi lorsqu’il s’agit d’obtenir une participation active. De plus, les RC peuvent hésiter à s’exprimer ou à poser des questions, de crainte de mettre leur statut en péril.
  • La plupart des animateurs d’OCE ont les antécédents voulus pour s’acquitter de leur tâche, quoique certains ne possèdent pas une connaissance directe du Canada.
  • Les animateurs d’OCE ont tous reçu la formation nécessaire pour offrir un apprentissage guidé.
  • La taille trop importante des classes d’OCE nuit à l’apprentissage guidé.  
  • La réduction de la durée du cours d’OCE à une ou deux journées à presque tous les endroits nuit grandement à l’adoption de l’apprentissage guidé ainsi qu’à la capacité des animateurs d’approfondir suffisamment la matière, surtout dans le cas des RC.

3.4 Contrôle et évaluation

Nos conclusions relativement à ces questions sont regroupées sous deux rubriques : rétroaction des participants, et contrôle/présentation de rapports sur la prestation.

3.4.1 Rétroaction des participants

Les responsables d’OCE recueillent les observations des participants au moyen de deux formulaires :

  • « Évaluation du participant I », distribué à la fin des cours d’OCE;
  • « Évaluation du participant II », remis aux participants à la fin du cours pour qu’ils le remplissent trois mois après leur arrivée au Canada.

Les représentants des États-Unis interrogés au sujet du programme USCO ont indiqué que certains lieux de prestation utilisaient leurs propres questionnaires de rétroaction, mais qu’aucun questionnaire d’évaluation générale des participants n’était utilisé dans le cadre du programme.

Les représentants de l’OIM chargés de mettre en œuvre le programme d’orientation australien nous ont remis une copie du questionnaire utilisé en fin de cours dans le cadre de ce programme.

Le tableau 3.5 compare les questions des deux questionnaires d’évaluation d’OCE à celles du questionnaire australien. Comme on peut le constater, les questions des deux questionnaires d’OCE sont pratiquement identiques, tandis que le questionnaire australien contient plusieurs questions différentes.

Selon les entrevues ainsi qu’une évaluation par un tiers, dans leur forme et leur usage actuels, les questionnaires « Évaluation I » et « Évaluation II » revêtent un intérêt limité pour OCE.

Tableau 3.5 Comparaison des questionnaires d’évaluation d’OCE et de l’Australie
Questionnaire Évaluation I d’OCE
(fin de cours)
Questionnaire
Évaluation II d’OCE
(3 mois après l’arrivée)
Programme d’orientation australien
(fin de cours)
1. Avez-vous trouvé le cours d’OCE utile? 1. Croyez-vous que le programme canadien d’orientation (OCE) auquel vous avez participé à l’étranger vous a aidé à vous établir au pays? 1. Croyez-vous que ce cours est bénéfique? Pourquoi?
2. Pourquoi? 2. De quelle manière? 2. Vous attendiez-vous à être renseigné sur des sujets autres que ceux qui ont été abordés dans le cadre du cours pendant les trois derniers jours? Dans l’affirmative, veuillez expliquer.
3. Quels changements apporteriez-vous à ce cours si vous le pouviez? 3. Quels changements apporteriez‑vous à ce cours si vous le pouviez? 3. Qu’avez-vous le plus apprécié dans ce cours? À votre avis, quelle information a été la plus utile?
4. Recommanderiez-vous à d’autres personnes de suivre le cours d’OCE avant d’émigrer au Canada? 4. Recommanderiez-vous à d’autres personnes de suivre le cours d’OCE avant d’émigrer au Canada?  4. Pensez aux différentes façons dont l’information a été présentée (exposés magistraux, films, jeux de rôle, activités). Laquelle vous a aidé le plus à apprendre?
5. Pourquoi? 5. Pourquoi? 5. Quels types de changements ou d’ajouts devrions-nous apporter, à votre avis, pour améliorer ce cours? 
6. Autres commentaires? 6. Autres commentaires? 6. À votre avis, la durée du cours, soit trois jours, était-elle suffisante? 
  7. [Consentement à l’entrevue et coordonnées]  

Des quatre lieux de prestation principaux visités, seuls deux font actuellement remplir le questionnaire Évaluation I. Aux autres lieux, le personnel d’OCE a expliqué qu’il ne le distribuait pas pour une ou plusieurs des raisons suivantes :

  • de nombreux participants sont analphabètes et ont du mal à comprendre les questions;
  • de nombreux participants ne parlent pas anglais et le questionnaire n’a été traduit que dans quelques langues;
  • les réponses sont presque entièrement favorables et fournissent par conséquent peu d’information utile pour améliorer les séances.

À plusieurs endroits, les animateurs recueillent verbalement les commentaires des participants, en leur posant les questions suivantes :

  • « Qu’est-ce que je sais? »
  • « Qu’est-ce que je dois savoir? »
  • « Qu’est-ce que j’ai appris? »

La plupart des personnes interrogées qui ont formulé des commentaires se sont aussi dites sceptiques quant à l’utilité du questionnaire Évaluation II. On a cessé de le distribuer à un lieu de prestation et, là où il est remis, les représentants de l’OIM ont indiqué que les réponses sont envoyées par la poste à OCE et qu’on ne leur communique jamais les résultats de leur analyse.

En fait, les représentants de la Division de l’établissement de OCE à l’AC ont affirmé que le taux de réponse aux questionnaires Évaluation II est extrêmement faible, et que les réponses reçues sont très favorables et fournissent peu de pistes d’amélioration pour OCE. Par ailleurs, en raison des ressources limitées dont dispose OCE pour OCE, ils n’ont pas pu, jusqu’à récemment, analyser les résultats des questionnaires Évaluation II. Lors des entrevues, l’OIM n’avait reçu aucune rétroaction découlant des questionnaires Évaluation II.

La Division de l’établissement de OCE a récemment effectué une analyse sommaire d’un échantillon de 200 questionnaires Évaluation I remplis entre 2001 et 2003. Les résultats de cette analyse sont traités dans la section portant sur les impacts d’OCE. En général, les réponses étaient très favorables, mais 18 % des répondants ont indiqué que les cours ne duraient pas assez longtemps. De plus, les répondants ont fait plusieurs suggestions précises pour améliorer OCE.

Les questionnaires Évaluation I et II renferment pratiquement les mêmes questions, des questions très générales peu susceptibles d’aider à évaluer l’utilité ou l’importance de ce qui a été appris, ou encore les incidences d’OCE sur l’expérience des RC et des immigrants après leur arrivée au Canada. Ce degré élevé de généralité et la similarité du contenu montrent que des objectifs n’ont pas été clairement définis pour les deux questionnaires. Dans l’ensemble, les questionnaires Évaluation I et II sont d’une utilité limitée pour OCE. L’annexe E présente les objectifs qui pourraient être établis pour la rétroaction des participants pendant le cours et après, ainsi que les améliorations qui pourraient être apportées au contenu des questionnaires de même qu’aux méthodes utilisées pour obtenir de la rétroaction.

3.4.2 Contrôle/présentation de rapports sur la prestation

L’OIM remet à la Division de l’établissement de OCE des rapports sur OCE tous les trois mois, sauf durant le dernier trimestre de l’année, où les rapports sont mensuels. De plus, elle fournit un rapport de fin d’année sur l’ensemble de l’exercice. Les rapports trimestriels fournissent essentiellement la même information, y compris des données statistiques sur :

  • le nombre de personnes qui ont été aiguillées vers des cours d’OCE à chaque lieu de prestation, et qui y ont assisté;
  • le profil démographique des participants à chaque lieu, à savoir : sexe, catégorie d’immigrant, niveau de scolarité, nombre d’heures de cours par personne par jour, nombre total de jours de cours par personne et nombre total d’heures de cours par personne;
  • le nombre d’adultes et d’enfants, respectivement;
  • le nombre de participants formés dans chacune des langues officielles et dans leur langue maternelle;
  • le nombre d’enfants pour lesquels des services de garde ont été fournis;
  • le coût par lieu, par jour-participant, et par heure-participant;
  • d’autres éléments précisés par OCE.

Les rapports fournissent aussi des renseignements descriptifs sur les réussites, les obstacles et les diverses opportunités qui ont caractérisé la période visée. Ils sont censés contenir des états de compte, mais les exemples fournis (entre autres la plupart des rapports des trois dernières années) n’en renfermaient pas. Chaque trimestre, l’OIM remet néanmoins à OCE des factures qui fourniraient ces renseignements.

Les rapports annuels sont semblables aux rapports trimestriels, mais fournissent des données statistiques et financières sommaires pour l’année, de même qu’un compte rendu descriptif de l’ensemble de l’initiative.

Les entrevues avec des représentants de la Division de l’établissement de OCE ont révélé que, par le passé, même si le personnel de OCE passait en revue ces rapports mensuels, trimestriels et annuels, il en faisait une utilisation directe très limitée. Plus récemment, les fonctionnaires de OCE ont contrôlé le rendement financier d’OCE de plus près, l’OIM ayant, de façon imprévue, laissé des fonds inutilisés pendant plusieurs années de suite. Compte tenu de cette situation, OCE a ajouté dans l’entente la plus récente des dispositions qui renforcent sa capacité à désengager plus tôt les fonds inscrits au budget pour des dépenses qui, selon les prévisions, ne seront pas effectuées.

OCE utilise également d’autres outils pour gérer et surveiller OCE, y compris : 

  • les propositions annuelles de l’OIM pour l’exercice à venir;
  • l’examen des factures envoyées par l’OIM;
  • la communication à bâtons rompus par courriel avec d’anciens participants;
  • la communication avec la Région internationale (qui reçoit, de la part du personnel des bureaux de OCE à l’étranger, des renseignements sur la prestation d’OCE dans des lieux précis).

OCE a aussi mis sur pied un groupe de travail interne sur OCE formé de représentants des directions générales de l’intégration, des réfugiés et de la sélection ainsi que de la Région internationale, dont l’objectif est de participer à la sélection des lieux de prestation d’OCE et d’étudier des moyens d’accroître le taux de participation.

Selon plusieurs des représentants de OCE interrogés, le manque de ressources adéquates à la Division de l’établissement pour contrôler les rapports (actuellement, OCE y affecte à OCE le tiers d’un ETP) est une contrainte plus importante pour la gestion efficace de l’initiative que le système de présentation de rapports lui-même.  

Un autre problème, selon ces mêmes personnes, réside dans le respect des délais prévus pour la présentation des rapports de l’OIM. Celle‑ci a en effet présenté ses rapports en retard ces dernières années, ce qui a nui à la capacité de OCE à faire face à l’existence de fonds non utilisés et à respecter ses propres obligations pour ce qui est de la présentation de rapports sur l’initiative. D’après les représentants de l’OIM interrogés, il semble que ces retards tiennent en partie au fait que différents lieux de prestation transmettent en retard leurs données et rapports descriptifs, et en partie au fait que l’OIM dispose de ressources très limitées pour gérer OCE et présenter des rapports à son sujet.

Le système de contrôle et de présentation de rapports est donc adéquat, mais il pourrait être rendu plus efficace et efficient de nombreuses façons, ce qui réduirait le travail requis pour préparer et examiner les rapports. Les principaux éléments à améliorer sont les suivants : 

Contenu des rapports

Compte tenu des ressources limitées dont dispose la Division de l’établissement pour contrôler OCE, la portée et le niveau de détails auxquels on peut s’attendre sont limités. Les rapports fournis à OCE devraient porter sur les éléments suivants : 

  • les renseignements requis pour planifier l’initiative;
  • la gestion financière de l’initiative, surtout en ce qui touche les dépenses réelles par opposition aux dépenses prévues, de même que les coûts unitaires estimatifs et réels à chaque lieu de prestation et pour l’ensemble de l’initiative; 
  • le contrôle du rendement à l’égard des priorités de l’initiative, les progrès par rapport aux objectifs de l’initiative en ce qui touche la participation et les mesures connexes;
  • dans une mesure limitée, les défis ou les problèmes particuliers.

Afin de répondre à ces exigences, OCE pourrait envisager d’adopter le système de planification et de présentation de rapports suivant pour OCE :

Rapports trimestriels et annuels

Ces rapports devraient porter principalement sur les points suivants :

  • le nombre de personnes formées à chaque lieu de prestation et leurs caractéristiques démographiques, par rapport aux estimations contenues dans le plan annuel de l’OIM;
  • l’écart entre les dépenses prévues dans le plan annuel et les dépenses réelles, par lieu et pour l’ensemble de l’initiative;
  • les facteurs expliquant les écarts financiers ou numériques par rapport aux estimations;
  • le résumé des résultats de toute enquête menée auprès des participants au cours de la période;
  • les problèmes importants qui sont apparus.

OCE devrait discuter avec l’OIM de la façon dont il souhaite que cette dernière fasse état de l’information financière et des renseignements connexes, ainsi que du niveau approprié de détail, de manière à pouvoir mieux surveiller la façon dont l’initiative est gérée. Par exemple, les représentants de OCE ont indiqué qu’ils ne disposaient pas d’information suffisamment détaillée sur la façon dont le temps des animateurs est réparti, et qu’ils ne pouvaient déterminer facilement les facteurs liés aux coûts (p. ex. déplacements, salaires) qui ont une incidence sur les différences de coûts par participant à chaque lieu de prestation.

De l’information plus détaillée, notamment sur le temps consacré par les animateurs à la préparation des cours et aux déplacements par rapport au temps passé en classe, ou sur le coût total des déplacements, des salaires et des autres facteurs aux différents lieux de prestation, faciliterait la prise de décisions au sujet de la rentabilité de la formation aux divers lieux, et permettrait à OCE de mieux gérer l’initiative. Il serait toutefois important de tenir parallèlement compte des pressions que la présentation de rapports supplémentaires ou plus détaillés imposerait aux ressources de l’OIM, de même que de la capacité de OCE à utiliser efficacement cette information, compte tenu des ressources limitées affectées à OCE.

Le rapport annuel devrait fournir un résumé de cette information pour l’année.

Fréquence des rapports

Actuellement, OCE exige des rapports trimestriels de l’OIM, ainsi que des rapports mensuels pour les trois derniers mois. Si des rapports sont plus fréquemment exigés pendant le dernier trimestre, c’est semble-t-il que OCE s’inquiète de l’existence éventuelle de fonds non utilisés par l’OIM. Cependant, le fait d’avoir à présenter des rapports mensuels représente une charge de travail importante pour l’OIM.

Si des rapports trimestriels conformes aux exigences suggérées ci-dessus sont présentés dans les délais, l’OIM et OCE devraient disposer d’une base adéquate pour déceler à la fin du troisième trimestre toute insuffisance budgétaire ou non-utilisation de fonds. Ainsi, la présentation de rapports mensuels au cours du quatrième trimestre ne devrait plus être nécessaire.

Production de données statistiques

L’OIM utilise la méthode des feuilles de calcul pour compiler les données statistiques trimestrielles et annuelles. Le siège administratif de l’OIM pour OCE à Manille compte sur les différents lieux de prestation pour obtenir ces données en temps opportun. Ceux-ci fournissent les données de base au siège administratif d’OCE, qui se charge de les regrouper. L’OIM devrait envisager d’adopter une base de données commune, dans laquelle les données sur les participants seraient entrées lorsque ceux-ci s’inscriraient à OCE, puis de nouveau lorsque leur participation serait confirmée. La compilation des données et la production de rapports s’effectueraient alors automatiquement pour les différents lieux de prestation et pour l’ensemble de l’initiative. Cette façon de faire améliorerait vraisemblablement l’exactitude des données et le respect des délais prévus pour la présentation des rapports. Si les estimations relatives à la participation, établies à des fins de planification de l’initiative, étaient aussi entrées dans cette base de données, la confrontation des volumes réels aux estimations serait aussi grandement facilitée.

Visites sur place

Aucun agent de programme de OCE chargé de gérer OCE n’a visité un lieu où l’initiative était offerte depuis sa mise sur pied, bien que d’autres employés de OCE en aient visité. Si OCE veut intervenir plus activement tant pour contrôler la prestation d’OCE par l’OIM que pour mieux aider cette dernière en lui fournissant des renseignements, du matériel et des outils d’apprentissage à jour, il est important que les représentants de OCE rencontrent le gestionnaire du projet d’OCE et qu’ils visitent régulièrement les lieux de prestation de l’OIM.

Ces visites leur permettraient d’observer les séances, de connaître les difficultés locales que doit surmonter le personnel d’OCE, d’évaluer les installations, l’équipement et le matériel, et de discuter des problèmes avec le gestionnaire du projet et les animateurs des différents lieux.

Il conviendrait en outre d’encourager le gestionnaire du projet à l’OIM à se rendre périodiquement dans les lieux de prestation d’OCE afin de recruter, de former et d’évaluer le personnel; de veiller à ce que le cours soit donné dans le respect de normes uniformément élevées; d’évaluer les installations, l’équipement et le matériel; de maintenir d’étroites relations de travail avec le personnel des bureaux de OCE à l’étranger et de soumettre la prestation de l’initiative à un contrôle de la qualité.

Principales conclusions
  • Les questionnaires Évaluation I (à la fin du cours) et Évaluation II (après l’arrivée au Canada) ne sont pas des outils utiles, dans leur forme actuelle, pour obtenir de la rétroaction des participants sur OCE, pour les raisons suivantes :
  • le contenu des questionnaires d’OCE ne semble pas reposer sur des objectifs d’utilisation clairs;
  • les questions sont trop générales et sont pratiquement identiques dans les deux questionnaires.
  • Le personnel d’OCE à certains endroits est sceptique quant à l’utilité du questionnaire Évaluation I et est préoccupé par les difficultés qu’éprouvent les participants ayant de faibles capacités de lecture et d’écriture pour remplir ce questionnaire; par conséquent, il ne le distribue pas.
  • Seul un très petit pourcentage de participants remplit et poste le questionnaire Évaluation II. Son utilité pour donner une idée objective de la population de participants s’en trouve ainsi grandement diminuée.
  • Le contrôle de la prestation d’OCE et la présentation de rapports à son sujet, bien qu’adéquats, ne sont pas idéaux. Les rapports ne visent pas clairement à fournir des données et des renseignements utiles à OCE pour la gestion des finances et du rendement ou pour la planification.
  • Ces dernières années, l’OIM a éprouvé des difficultés à fournir les rapports trimestriels et annuels dans les délais prévus.
  • Dans le cadre du contrôle d’OCE, les représentants de OCE ne visitent pas régulièrement les lieux où est offerte l’initiative, et OCE n’a pas proposé que le gestionnaire du projet à l’OIM visite ces lieux. Cette absence de visites nuit à l’efficacité de la gestion et du contrôle d’OCE.

3.5 Résultats

Les conclusions relatives à cette question portent sur la contribution d’OCE aux éléments suivants :

  • amélioration des connaissances des participants;
  • facilitation de l’intégration.

3.5.1 Amélioration des connaissances des participants

Pour qu’OCE facilite le processus d’établissement des nouveaux arrivants au Canada, le cours doit absolument fournir en temps opportun aux participants de l’information exacte qui leur sera utile après leur arrivée.

On a demandé à tous les intervenants interrogés si les participants avaient amélioré leur connaissance du Canada en général, des questions d’établissement et des programmes et services d’établissement. Les représentants des bureaux de OCE à l’étranger étaient les moins informés à ce sujet : à un bureau seulement ont-ils pu répondre à cette question, affirmant croire que les participants améliorent bel et bien leurs connaissances dans ces domaines, et précisant qu’ils redoutent moins leur voyage, ont une meilleure connaissance des droits des femmes et des enfants, et ont des attentes plus réalistes.

Les animateurs et les coordonnateurs d’OCE ainsi que le directeur du projet étaient pratiquement tous d’avis que les participants améliorent effectivement leurs connaissances dans les domaines essentiels à leur survie. Un certain nombre d’animateurs ont indiqué que l’avantage le plus important du cours est qu’il rend beaucoup plus réalistes les attentes des participants, surtout en ce qui concerne des questions essentielles comme la reconnaissance des diplômes et des titres professionnels, la recherche d’un emploi et la difficulté de se réinstaller dans un nouveau pays.

Les représentants de l’AC de OCE (Division de l’établissement), même s’ils estimaient que les participants amélioraient leurs connaissances, ont indiqué qu’ils ne disposaient que des questionnaires Évaluation II et d’autres preuves anecdotiques pour se forger une opinion à cet égard.

Les représentants de fournisseurs de services au Canada, quant à eux, n’étaient pas tous du même avis : ils estimaient tous que l’initiative prépare les participants dans une certaine mesure, mais deux personnes interrogées ont indiqué que les avantages étaient limités parce que les attentes des participants à OCE, comme celles de nombreux autres migrants, étaient trop élevées.

Les représentants des bureaux régionaux de OCE et ceux des fournisseurs de services d’établissement au Canada ont répondu à une série de questions plus détaillées concernant les impacts d’OCE sur les participants, afin de déterminer notamment si le cours fournissait à ceux-ci de l’information appropriée sur le Canada, sur les services d’établissement et sur les difficultés auxquelles ils allaient devoir faire face à leur arrivée, s’il leur donnait des attentes réalistes au sujet du Canada et s’il les informait de l’importance d’apporter des documents attestant leur scolarité ainsi que d’autres documents. Seuls un des quatre représentants régionaux de OCE et quatre des douze représentants des fournisseurs de services ont répondu à ces questions.

La plupart de ces personnes interrogées étaient d’avis que l’initiative aide les migrants et parvient, dans une certaine mesure, à leur fournir de l’information appropriée. Cependant, plusieurs estimaient que les attentes des participants à OCE étaient trop élevées, que nombreux étaient ceux qui ne comprenaient toujours pas les difficultés qu’ils allaient rencontrer pour trouver un emploi et que certains ne savaient pas à quoi ressemblait l’hiver. Une personne estimait que l’initiative revêtait plus d’intérêt pour les personnes qui s’établissent dans de grands centres urbains que pour celles qui s’installent en milieu rural. Même s’ils ont indiqué pour la plupart que les participants étaient conscients de l’importance d’apporter des documents faisant foi de leurs compétences, plusieurs ont mentionné que d’autres immigrants n’ayant pas suivi OCE étaient aussi conscients de ce fait.

D’après l’échantillon (200) de questionnaires Évaluation II analysé par OCE pour la période de 2001 à 2003, les participants croyaient fermement qu’OCE les avait aidés à s’établir au Canada. Soixante et onze pour cent de ces personnes ont indiqué que les séances les avaient aidées à se préparer à la vie au Canada et à savoir à quoi s’attendre, du point de vue de la culture, des lois, des droits et du mode de vie. Elles ont d’ailleurs formulé certains commentaires éloquents à cet égard :

« La séance a permis d’obtenir de l’information permanente, des placements, des conseils, des numéros de téléphone importants, des listes de préparatifs, des renseignements sur ce à quoi s’attendre et sur la façon d’affronter les difficultés. La plupart des renseignements se sont révélés utiles. »

« Trouver un emploi, préparer un curriculum vitae, à quoi s’attendre sur le plan de la culture, des expériences et des organismes d’aide. »

« On nous a donné une idée de ce qui nous attendait au moment d’émigrer au Canada : le site Web et les organismes dont nous avions besoin nous ont aussi été indiqués. »

« Sensibilisation à la culture, recherche d’emploi, préparation financière. »

En résumé, la plupart des personnes interrogées estiment qu’OCE est utile et qu’elle fournit aux immigrants et aux réfugiés l’information dont ils ont besoin pour se préparer à la vie au Canada. Cependant, les personnes qui aident les migrants après leur arrivée, quoique favorables, ont tendance à être moins enthousiastes à l’égard des avantages de l’initiative. D’après le petit échantillon de questionnaires Évaluation II remplis et retournés, les participants semblent quant à eux d’avis qu’OCE leur a fourni de l’information utile, qu’ils ont mise en application une fois arrivés au Canada. Il est important de mentionner, toutefois, qu’en raison de la petitesse de l’échantillon et de sa nature non aléatoire, les réponses de ces personnes ne constituent pas une base fiable pour généraliser ces conclusions à l’ensemble des participants.

3.5.2  Facilitation de l’intégration

L’indicateur de l’utilité d’OCE réside, en dernière analyse, dans sa capacité à améliorer l’intégration des participants à la société canadienne. Une intégration améliorée se traduirait par l’obtention plus rapide d’un logement, d’un emploi, d’une instruction et de l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, par une diminution des problèmes psychologiques ou émotionnels découlant de la réinstallation, et par une dépendance réduite à l’égard des services d’établissement.

Nous avons demandé aux intervenants si OCE facilitait l’intégration à la société canadienne. Les représentants des bureaux de OCE à l’étranger n’étaient pas en mesure de faire des commentaires à ce sujet. Ceux de l’AC de OCE estiment que l’initiative aide les personnes à s’intégrer, mais ils ont indiqué que leur point de vue reposait sur des renseignements anecdotiques et sur les commentaires fournis dans les questionnaires Évaluation II.

Les animateurs et les coordonnateurs d’OCE, en revanche, ont tendance à être fortement d’avis qu’OCE facilite réellement l’intégration des participants. Un homme qui avait lui-même été réfugié a indiqué avoir perdu ses deux premières années au Canada parce qu’il n’était pas bien préparé. Une femme a affirmé qu’elle ne pouvait concevoir qu’OCE puisse ne pas aider les participants à s’intégrer, étant donné que l’initiative fournit de l’information sur tous les sujets importants. Bon nombre des animateurs et des coordonnateurs des lieux de prestation reçoivent de grandes quantités de courriels du Canada de la part de personnes qui ont suivi OCE et qui souhaitent exprimer leur reconnaissance pour la façon dont l’initiative les a aidés.  

Le seul représentant des bureaux régionaux de OCE qui a répondu à cette question a indiqué que l’initiative facilitait probablement l’intégration. Les représentants de fournisseurs de services d’établissement au Canada, qui, à l’exception des immigrants eux-mêmes, sont les mieux placés pour répondre à cette question, avaient des points de vue plus partagés. Une personne était d’avis que les participants s’établissent plus facilement et ont tendance à être plus ouverts et moins isolés que les autres immigrants. Une autre considérait que l’initiative offrait une aide limitée, tandis qu’une troisième indiquait qu’elle donnait aux participants une idée de ce à quoi s’attendre. La quatrième personne n’a pu donner son opinion sur cette question.

D’après l’analyse des questionnaires Évaluation II, les personnes qui ont participé à OCE estiment que l’initiative les a aidées à s’intégrer : 98 % des personnes dont les questionnaires ont été analysés (200) ont indiqué qu’OCE les avait aidées à s’établir, et 80 % ont affirmé qu’elles recommanderaient le cours à d’autres immigrants, ce qui témoigne d’une opinion très favorable du cours.

Bien que ces résultats corroborent dans une certaine mesure le point de vue selon lequel OCE facilite l’intégration à la société canadienne, ils ne sont pas suffisamment fiables pour permettre de tirer des conclusions fermes à ce sujet. Pour évaluer comme il se doit les impacts d’OCE sur l’intégration, il est essentiel de disposer de données objectives tirées d’indicateurs d’intégration valides, comme ceux définis au début de la présente section. Idéalement, pour mesurer l’impact différentiel de l’initiative, nous aurions besoin de données comparatives sur les indicateurs d’intégration tant des personnes ayant participé à OCE que de celles n’y ayant pas participé.

En prévision d’une future évaluation et, éventuellement, pour fournir une rétroaction périodique afin de guider les modifications à apporter au contenu et à d’autres aspects d’OCE, OCE devrait examiner une ou plusieurs des options suivantes pour obtenir ces données :

Enquêtes après l’arrivée

Une méthode qui peut être utilisée pour évaluer les impacts – et qui fournirait aussi de l’information utile pour contrôler et modifier l’initiative – consiste à mener périodiquement des enquêtes auprès des réfugiés et des immigrants récemment arrivés au Canada. Idéalement, ces enquêtes reposeraient sur un plan expérimental aléatoire ainsi que sur un échantillon composé tant d’anciens participants que de non-participants. L’enquête pourrait déterminer l’utilité de l’ensemble de l’initiative et des différents sujets abordés du point de vue des participants, l’exactitude de l’information fournie, les domaines sur lesquels l’information nécessaire n’a pas été fournie, et la mesure dans laquelle la participation a facilité l’intégration.

Il y aurait sans doute des difficultés considérables à surmonter pour appliquer cette méthode, entre autres la difficulté de trouver les immigrants et les réfugiés après leur arrivée au Canada, les problèmes liés à la langue et à l’alphabétisation, et les coûts. Néanmoins, cette méthode fournirait les renseignements de base nécessaires pour tirer des conclusions au sujet de l’impact de l’initiative.

Séances de réflexion en groupe après l’arrivée

La tenue de séances de réflexion avec des groupes de nouveaux arrivants, dont certains auraient participé à OCE et d’autres pas, serait moins coûteuse que la formule de l’enquête. En outre, les séances pourraient avoir lieu dans la langue maternelle des participants, réduisant ainsi les problèmes de langue. Les séances de réflexion en groupe permettent aussi un examen plus approfondi des sujets et, par conséquent, peuvent fournir de l’information plus complète que les enquêtes.

Cependant, l’information tirée de ces séances n’est pas fondée sur des échantillons aléatoires et ne fournit donc pas une base fiable pour généraliser les conclusions tirées aux populations représentées par les groupes de réflexion.

Données sur l’utilisation des services d’établissement

OCE s’emploie actuellement à renforcer sa capacité à contrôler le rendement des fournisseurs de services d’établissement au Canada. Pour y parvenir, il a mis sur pied le Système de mesure pour la reddition de comptes concernant les programmes de contributions de l’immigration, qui servira de base pour recueillir et compiler l’information relative au rendement et à la responsabilisation de ces fournisseurs de services. Il serait très utile que les systèmes de collecte de données puissent inclure des données permettant de comparer les personnes ayant participé à OCE et celles qui n’y ont pas participé, à l’égard entre autres : 

  • du taux d’utilisation de ces services;
  • de la durée d’utilisation des services;
  • de la nature des services utilisés (p. ex. information, counseling, aide directe, etc.).

Ces données, dans la mesure où elles sont recueillies de manière précise et uniforme, constitueraient des renseignements valides et fiables sur plusieurs indicateurs importants de l’intégration.

Principales conclusions
  • D’après les données limitées recueillies lors des entrevues avec les intervenants ainsi que les résultats de l’analyse d’un petit échantillon de questionnaires remplis par les participants après leur arrivée, il semble qu’OCE aide les participants à mieux connaître des sujets importants pour l’établissement.
  • Les champs d’enquête retenus pour l’évaluation n’ont pas permis de disposer d’une base pour déterminer de façon claire si OCE facilite l’intégration des participants à la société canadienne.

Réponse de la direction

Principales observations Réponse Mesure Responsabilité Date de mise en oeuvre État d’avancement
Planification et conception
Mieux faire connaître les objectifs et les avantages d’OCE aux bureaux pertinents de OCE à l’étranger. OCE prend des mesures pour mieux faire connaître les objectifs et les avantages d’OCE à ses bureaux à l’étranger. OCE élaborera une stratégie afin de fournir, à l’étranger, de l’information aux immigrants, notamment à des groupes bien précis de clients. Intégration Automne 2007-2008 Entrepris
  Dans le cadre des pratiques opérationnelles actuelles de la RI, OCE diffusera, dans tous ses bureaux pertinents à l’étranger, toute l’information appropriée concernant OCE. OCE, y compris les régions, continuera, au moyen des mécanismes de consultation appropriés, de mieux faire connaître les objectifs et les avantages d’OCE, tout en veillant à ce que les bureaux à l’étranger procèdent à l’aiguillage de façon uniforme. DGGOC En cours En cours
    OCE continuera de collaborer avec le fournisseur de services (FS) chargés d’offrir OCE pour le mettre en rapport avec les bureaux à l’étranger. DGGOC avec RI Printemps 2007-2008 À entreprendre
    De nouveaux mécanismes de communication seront étudiés avec les bureaux à l’étranger, afin d’améliorer les renseignements fournis aux nouveaux arrivants. DGGOC avec Communications
Intégration
En cours En cours
Veiller à ce que les bureaux pertinents de OCE à l’étranger renseignent tous les participants éventuels sur OCE. OCE est en voie d’établir une nouvelle stratégie d’adaptation de l’initiative à la clientèle, qui consiste à étudier les besoins en orientation des immigrants et des réfugiés au sens de la Convention, à fournir l’information appropriée à tous les participants éventuels, ainsi qu’à définir le profil des besoins des divers groupes (p. ex. réfugiés, femmes, jeunes, travailleurs qualifiés). OCE collaborera avec le FS pour déterminer les modifications à apporter, au besoin, aux groupes prioritaires actuels. Intégration avec
DGGOC
Réfugiés
En cours En cours
Veiller à ce que les besoins en orientation des immigrants et des réfugiés au sens de la Convention soient systématiquement connus.   OCE lancera un appel de proposition pour les programmes d’integration et les services d’établissement incluant les activitès à l’étrangers. DGGOC L’appel sera affiché à l’automne 2007-08  
Améliorer l’accès aux coordonnées des participants éventuels. OCE est conscient que la législation canadienne sur la protection des renseignements personnels empêche le FS d’obtenir les coordonnées des participants éventuels. En vertu d’une nouvelle procédure, la RI inclut des renseignements sur les séances d’OCE dans les documents destinés aux demandeurs de visa prêts à partir. RI En cours En cours
Améliorer la disponibilité d’information opportune sur les changements dans la charge de travail des bureaux de OCE à l’étranger. OCE convient d’examiner régulièrement les changements qui surviennent dans sa charge de travail ainsi que les conséquences qui en découlent pour la prestation d’OCE. Un mécanisme d’échange des données relatives à OCE avec la RI sera établi afin de déceler les écarts entre les prévisions de OCE concernant la charge de travail et celles du FS. DGGOC avec
Intégration
Réfugiés
Régions au Canada/RI
2007-2008 Entrepris
Soutien logistique, de gestion et technique
Prévoir des locaux adéquats pour la prestation d’OCE. OCE étudiera la nécessité de mettre à jour et de réviser les lignes directrices régissant la prestation d’OCE. Les lignes directrices actuelles prévoient la garde d’enfants, l’aide au transport, ainsi que des horaires de cours flexibles, soit de jour ou de soir, la semaine ou la fin de semaine. OCE continuera de collaborer avec le FS afin de répondre aux besoins d’une clientèle diversifiée. DGGOC En cours En cours
Adopter une approche uniforme pour la prestation des services complémentaires.          
Élaboration/prestation de la formation
Élaborer pour OCE un contenu pertinent pour les travailleurs qualifiés. OCE convient de la nécessité de préparer de l’information à l’intention de groupes particuliers, comme les travailleurs qualifiés. OCE continuera de collaborer avec les principaux intervenants pour déterminer la façon d’améliorer l’orientation donnée aux travailleurs immigrants. Intégration avec
DGGOC
Automne 2007-2008 Entrepris
Mettre à jour le guide de base de l’animateur. OCE convient d’adopter une procédure pour revoir continuellement les outils et les documents destinés à répondre aux besoins d’une clientèle qui change constamment. OCE a examiné la vidéo Vivre au Canada, outil d’enseignement présenté à toutes les séances d’OCE pour illustrer la vie au Canada. Une version à jour de cette vidéo a été produite et peut maintenant être utilisée. DGGOC 2006-2007 Tâche accomplie
Adopter une procédure d’examen et de mise à jour réguliers du matériel pédagogique de base.   En 2006-2007, OCE a achevé de préparer un module sur les réfugiés réinstallés pour le guide de l’animateur.      
Assurer une large diffusion au guide du participant d’OCE.   Avant la fin de chaque exercice financier, OCE examine tous les outils et documents existants en prévision des négociations à venir avec le FS. Après cet examen, et dans la mesure où ses ressources financières le permettent, OCE veille à ce que toutes les lacunes soient comblées dans le cadre des négociations avec le FS pour l’exercice à venir. DGGOC En cours En cours
Traduire le guide du participant dans d’autres langues. OCE est conscient de l’importance de fournir les outils et les produits d’OCE dans diverses langues, en plus du français et de l’anglais. Cela pourrait toutefois être coûteux. Dans les cas où un besoin important est démontré et où il serait rentable d’y répondre, OCE fera traduire les documents d’OCE dans d’autres langues. DGGOC Automne 2007-2008 À entreprendre
Apprentissage guidé et formation des animateurs
 Veiller à ce qu’un mode d’apprentissage guidé soit utilisé dans le cadre d’OCE, dans le respect des différences culturelles. OCE reconnaît que les séances complètes d’OCE ne suffisent peut-être pas à répondre à tous les besoins en orientation des personnes qui envisagent de s’établir au Canada. OCE vise à faciliter l’établissement, l’adaptation et finalement l’intégration des immigrants à la société canadienne par la prestation de séances d’orientation à l’étranger. La prestation d’OCE est considérée comme la première étape du processus d’intégration. OCE déterminera, de concert avec le FS, les modifications axées sur la clientèle qu’il convient d’apporter au mode d’apprentissage et aux mécanismes de formation, afin de répondre aux besoins des immigrants et des réfugiés. DGGOC
Réfugiés
2007-2008 En cours
Veiller à ce que l’effectif des classes permette l’adoption d’un mode d’apprentissage guidé. En 2006-2007, le FS chargé d’OCE a donné des séances d’orientation d’une durée d’une, trois et cinq journées. Le programme permet d’aborder les différences culturelles avec souplesse; le FS modifie la durée et le contenu du cours au besoin.        
Revoir la décision de réduire la durée du cours d’OCE.          
Veiller à ce que tous les animateurs d’OCE possèdent une connaissance directe du Canada. OCE convient que les animateurs d’OCE devraient posséder une connaissance directe du Canada. Il va continuer de chercher des moyens de permettre aux animateurs d’acquérir une telle expérience du Canada. OCE a collaboré avec un FS chargé d’OCE pour prévoir trois visites d’animateurs d’OCE au Canada. L’objectif de ces visites est d’aider les animateurs non canadiens à acquérir une connaissance directe du Canada et des programmes de réinstallation des réfugiés. Des rencontres ont été organisées avec les agents des aéroports, les centres d’accueil des réfugiés, les organismes d’aide aux immigrants, ainsi qu’avec les fonctionnaires du Ministère. DGGOC 2006-2007 En cours
    Les observations préliminaires formulées après la première visite d’animateurs au Canada, en 2006-2007, ont confirmé que cette visite avait contribué à améliorer la qualité des séances d’orientation. Cette amélioration était due à l’acquisition d’une connaissance de première main du processus d’établissement au Canada ainsi qu’aux échanges avec les FS et les nouveaux arrivants déjà installés au pays. OCE continuera d’organiser des visites de ce genre.      
Contrôle et évaluation
Examiner les outils d’évaluation actuellement utilisés (questionnaires Évaluation I et II), pour assurer une bonne collecte de données. OCE s’engage à examiner les outils d’évaluation de façon suivie, afin de bien saisir les données. De concert avec le FS, OCE étudiera les moyens suivants pour améliorer les outils d’évaluation :
  • concevoir et appliquer divers outils d’évaluation et mécanismes de rétroaction pour obtenir les commentaires de personnes ayant déjà participé à OCE et maintenant installées au Canada;
  • concevoir et appliquer des outils qui permettront de tirer des conclusions quant à la façon dont OCE peut faciliter l’intégration;
  • faire des recherches sur les initiatives mises en œuvre à l’étranger dans le cadre des programmes d’orientation culturelle d’autres pays;
  • lier les efforts accomplis dans le cadre d’OCE aux activités réalisées relativement à d’autres programmes de OCE pour obtenir une rétroaction des immigrants éventuels (à savoir : le portail Se rendre au Canada).
Intégration avec DGGOC 2007-2008 En cours
  Ce faisant, OCE étudiera divers moyens de définir des indicateurs de rendement. De concert avec le FS, il adoptera la méthode la plus efficace et la plus efficiente possible pour obtenir ces résultats et garantir que les extrants de tout outil d’évaluation produisent une analyse exhaustive et pertinente.        
 Revoir et améliorer le contrôle de la prestation d’OCE ainsi que les rapports présentés à ce sujet. OCE peut maintenant signer avec les FS des ententes d’une durée maximale de cinq ans. Un financement pluriannuel permettra peut-être au FS de consacrer plus de temps à la gestion de l’initiative et à l’amélioration du service à la clientèle qu’à l’exécution des tâches administratives occasionnées par la présentation de propositions de financement année après année. OCE va s’assurer que le FS saisisse les données statistiques de la façon la plus efficiente et efficace possible. D’autres modes de présentation de rapports seront aussi étudiés pour alléger le fardeau administratif imposé au FS. DGGOC 2007-2008 En cours
  Le financement pluriannuel pourrait procurer une plus grande stabilité à l’organisation, qui pourra ainsi planifier ses activités à long terme. Comme pour tous les FS pendant l’évaluation des propositions, OCE déterminera si l’organisation répond aux critères et si le financement pluriannuel est possible et opportun dans les circonstances.        
Prévoir des visites sur place par les fonctionnaires de OCE et le gestionnaire du projet à l’OIM. Conformément à la Politique du Conseil du Trésor sur les paiements de transfert et au Cadre d’imputabilité pour les programmes de contributions de OCE, le Ministère reconnaît la nécessité de soumettre la prestation d’OCE à un contrôle financier et opérationnel. OCE a élaboré un plan de contrôle d’OCE, afin d’assurer le respect des conditions prévues dans l’entente qu’il a conclue avec le FS (notamment l’examen de questions opérationnelles courantes, comme la détermination des dépenses admissibles et remboursables). OCE s’engage à mettre en œuvre le plan de contrôle d’OCE au début de l’exercice 2007-2008. DGGOC 2007-2008 Entrepris
  Le contrôle est un moyen proactif de gérer et d’examiner de façon suivie les activités et les documents financiers et de régler les problèmes qui se présentent, l’objectif étant de bien administrer les deniers publics. La réalisation d’un contrôle dès l’entrée en vigueur d’une entente de contribution et pendant toute sa durée accroît la probabilité de réussite de l’initiative, et permet en tout temps de soutenir le FS, de prévoir les problèmes éventuels, et de planifier toute modification susceptible de s’avérer nécessaire en cours de route. En 2006-2007, l’entente conclue avec le FS prévoyait que le gestionnaire du projet devait faire trois visites sur place afin d’évaluer la façon dont les activités d’OCE sont coordonnées, et de fournir une formation sur place aux animateurs. OCE maintiendra cette pratique.      
  Les fonctionnaires de OCE constateraient directement les conditions dans lesquelles OCE est offerte, la qualité du matériel pédagogique utilisé, ainsi que l’efficacité des animateurs. Ils apprendraient à connaître le personnel du FS et cerneraient les sujets sur lesquels ils pourraient aider les responsables de l’initiative à obtenir des documents de meilleure qualité ou plus à jour.        

Légende
RI – Région internationale
Intégration – Direction générale de l’intégration
DGGOC – Direction générale de la gestion opérationnelle et de la coordination
Réfugiés – Direction générale des réfugiés


Notes en bas de page

  • [1] La catégorie des immigrants indépendants comprend les travailleurs qualifiés et les gens d’affaires. Ces derniers comprennent les investisseurs (avoir net minimal de 800 000 $CAN), les entrepreneurs (avoir net minimal de 300 000 $CAN) et les travailleurs autonomes, qui ont l’intention de créer leur propre emploi. Un membre de la famille déjà au Canada parraine les immigrants de la catégorie du RF. [retour au texte]
  • [2] Le gestionnaire du projet à Manille coordonne le projet dans tous les lieux. [retour au texte]
  • [3] Les données pour 2004-2005 visent la période d’avril à décembre, et sont tirées des rapports trimestriels de l’OIM. [retour au texte]
  • [4] Comprend les immigrants de la catégorie des TQ et les personnes qui participent au programme des AFR, qui peuvent présenter une demande de résidence permanente après deux ans. [retour au texte]
  • [5] Extrait de http://tip.psychology.org/rogers.html. [retour au texte]
  • [6] Estimations établies par l’OIM. Selon les observations faites durant les visites, la salle de classe de Manille peut accueillir confortablement entre 40 et 45 personnes. [retour au texte]