Évaluation du Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI)

5. Conclusions

Suivent les principales conclusions découlant de l’évaluation du PEAI :

1) Le Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI) était pertinent parce qu’il ciblait un large éventail de besoins des nouveaux arrivants en matière d’établissement et d’adaptation. Unique de par sa disponibilité et sa portée, ce programme était aussi conforme aux objectifs du gouvernement fédéral et de CIC. Les opinions sont toutefois partagées quant à la répartition des rôles entre le fédéral et les provinces pour la prestation des services d’établissement.

Des défis de toutes sortes influent sur la capacité des immigrants de s’établir, de s’adapter et de s’intégrer pleinement dans une nouvelle société. Les services propres au PEAI sont très utiles en ce qu’ils aident les nouveaux arrivants à satisfaire leurs besoins immédiats (information et orientation, santé, emploi, etc.), et jouent un rôle particulièrement important durant les premières années au Canada. Parmi tous les programmes offrant des services similaires, aucun ne proposait un éventail aussi diversifié et accessible pour les nouveaux arrivants.

La prestation des services du PEAI était conforme aux priorités du gouvernement du Canada et de CIC et était, en général, jugée compatible avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral. Le développement et le financement du PEAI constituaient un rôle approprié pour le gouvernement du Canada, ce dernier étant bien placé pour promouvoir la culture et les valeurs du Canada et instaurer des normes nationales pour la prestation des services d’établissement.

Les intervenants croient en majorité que le développement et le financement des programmes d’établissement représentent un rôle approprié pour le gouvernement du Canada. D’aucuns ont cependant fait valoir qu’une participation accrue des gouvernements provinciaux à la conception et à la gestion des services d’établissement permettrait d’offrir des programmes mieux adaptés à la réalité locale.

2) En général, la mise en œuvre du PEAI a été une réussite; quelques lacunes ont cependant été signalées dans les services liés à la promotion et au paracounselling.

La prestation de tous les services propres au PEAI a augmenté au cours des cinq dernières années, surtout dans les domaines du paracounselling et de l’évaluation des besoins. Dans l’ensemble, la prestation des services aux nouveaux arrivants est efficace, notamment pour l’évaluation des besoins, l’information et l’orientation ainsi que l’aiguillage vers des ressources plus spécialisées. Par exemple, la gamme des services offerts reflète en grande partie les besoins exprimés par les nouveaux arrivants, les services d’information permettent aux participants d’obtenir des renseignements pertinents, et les services d’emploi offrent des renseignements et des conseils adaptés au contexte du marché du travail canadien.

Malgré la réussite globale de la mise en œuvre du PEAI, il y a des aspects à améliorer. Bien que les FS fassent une promotion plus active du Programme, on ne connaît pas la mesure dans laquelle cette information parvient aux nouveaux arrivants. Le bouche à oreille demeure le principal moyen par lequel les nouveaux arrivants découvrent l’existence du Programme. De plus, beaucoup de nouveaux arrivants ne connaissaient pas les services du PEAI à leur arrivée et en avaient grandement besoin.

Une stratégie ciblée de marketing et de promotion des services propres au PEAI permettrait non seulement de renseigner les nouveaux arrivants sur les services existants, mais aussi de sensibiliser davantage la collectivité à la réalité et à l’importance des immigrants. Comme le processus d’évaluation des besoins n’est pas normalisé, les FS élaborent et utilisent leur propre trousse d’outils. Pour pertinents que soient les outils personnalisés, ils ne réussissent pas nécessairement à cerner tous les besoins. Des outils normalisés et une évaluation continue garantiraient que la totalité des besoins des immigrants sont évalués de manière uniforme par tous les FS.

Les services de paracounselling, étant axés sur la résolution de problèmes, aident les nouveaux arrivants à cerner leurs problèmes et à déterminer les ressources disponibles. Les FS ont de la difficulté à saisir l’étendue et la portée des services et ressources qu’il convient d’offrir en matière de paracounselling et de santé mentale en général. CIC doit fournir plus d’information et de précisions à ce sujet.

3) L’impact positif le plus important du PEAI a été l’amélioration de la capacité des nouveaux arrivants de cerner et d’aborder leurs besoins en matière d’établissement et de se renseigner sur les autres services existant dans leur collectivité. Les services offerts dans le cadre du PEAI ont également beaucoup aidé les nouveaux arrivants à trouver un emploi. Par ailleurs, beaucoup de FS travaillent activement à faire la liaison entre les services afin de faciliter l’accès aux organisations communautaires et aux organismes non liés au secteur de l’établissement.

Le PEAI a su répondre aux besoins des nouveaux arrivants en matière d’établissement. En particulier, le PEAI a aidé la plupart des nouveaux arrivants à cerner les besoins liés à leur établissement, à satisfaire leurs besoins essentiels courants, à se renseigner sur les autres services existant dans la collectivité et à fixer des objectifs pour leur établissement et leur adaptation.

Le volet du PEAI consacré à l’emploi, en particulier les activités de recherche d’emploi, a joué un rôle très important en aidant les nouveaux arrivants à réaliser les étapes préalables à leur intégration sur le marché du travail, soit préparer un curriculum vitæ conforme aux normes canadiennes, fixer des objectifs d’emploi et se préparer aux entrevues. Près de la moitié des répondants ont dit que le Programme leur avait permis de décrocher un emploi.

Au chapitre de la liaison entre les services, presque tous les FS ont participé à diverses activités avec des organisations communautaires et des organismes non liés au secteur de l’établissement. Ces activités ont contribué à mieux faire connaître la réalité des nouveaux arrivants et ont favorisé la création de partenariats pour appuyer ces immigrants.

4) La conception et la prestation du Programme étaient assez claires, mais la coordination entre les partenaires doit être améliorée.

La coordination et la création de partenariats entre les gouvernements, les FS et des organismes non liés au secteur de l’établissement permettent d’offrir des services d’établissement plus complets et intégrés. Même si de nombreux partenariats ont été créés dans le cadre du PEAI, des occasions de collaboration attendent toujours d’être exploitées. En améliorant la coordination et en encourageant les partenariats entre les divers intervenants aux niveaux fédéral, provincial et municipal pour la prestation des services, on peut renforcer l’engagement envers les programmes d’établissement et mieux cerner les lacunes dans la gamme de services existante ainsi que les occasions d’amélioration. Une meilleure coordination permettrait d’adopter des approches exhaustives et globales pour répondre aux besoins des immigrants tout en réalisant les priorités des gouvernements, en plus de réduire le dédoublement des services au sein d’une collectivité et d’améliorer l’accès aux services, notamment pour les nouveaux arrivants qui n’étaient peut être pas admissibles selon les critères du PEAI. Un grand nombre de FS offrent les services en partenariat avec d’autres organisations de la collectivité (bibliothèques, hôpitaux, écoles, etc.), ce qui permet d’offrir des services d’établissement complets à une grande diversité de nouveaux arrivants. Au delà des partenariats formés entre les FS et les organismes non liés au secteur de l’établissement, la collaboration et l’échange d’information entre les FS permettent d’accroître l’efficacité et de réduire le double emploi dans les services (par exemple, aiguillage vers des FS possédant une expertise dans un domaine particulier ou création d’un guichet unique offrant tous les services, semblable au Centre d’accueil de Vaughn).

5) Comme CIC n’a pas de mécanisme pour recueillir des données sur les résultats, il est difficile de faire la preuve du rendement du PEAI. Bien que l’iSMRP serve à recueillir des données sur les clients servis et les services fournis, il ne permet pas d’appuyer pleinement les fonctions de surveillance, d’évaluation et de prise de décision.

À ce jour, CIC n’a pas de système lui permettant de suivre les résultats du Programme en général et des projets particuliers. Le Ministère a donc une capacité très limitée de démontrer la pertinence et la valeur de son programme.

De plus, l’iSMRP ne permet pas de produire des données détaillées sur les extrants pour les besoins des décideurs. Par exemple, même si l’iSMRP enregistre le nombre de clients qui ont été servis ainsi que le nombre et le type de services fournis, il ne permet pas de brosser un tableau détaillé des clients et des services parce que certains FS déclarent des données globales.

Enfin, les données enregistrées dans l’iSMRP sont incomplètes puisqu’un grand nombre de FS n’en versent pas. Ceux qui entrent des données dans l’iSMRP ne sont pas tous certains de procéder correctement.

6) Dans l’ensemble, CIC et les FS disposaient d’une capacité suffisante pour exécuter le PEAI, mais des améliorations pourraient être apportées dans plusieurs domaines.

Bien que CIC ait élaboré une vaste gamme d’outils pour appuyer la prestation du Programme par le personnel ministériel et les FS, il manquerait, notamment, des formulaires, des lignes directrices de programme et des outils de gestion tels que des modèles de rapport. Par ailleurs, certains outils sont désuets et ne correspondent pas à l’approche modernisée qui a été mise en œuvre en 2008. Bien que les projets liés au volet B du PEAI aient produit des outils et des ressources pour renforcer la capacité de prestation, des mécanismes doivent être mis en place pour garantir que ce matériel sera mis à la disposition des utilisateurs cibles et que leur efficacité sera vérifiée.

Les intervenants ont mentionné qu’il n’y a pas assez d’employés qualifiés dans les bureaux locaux et régionaux de CIC qui possèdent des compétences dans les domaines de la reddition de comptes, des finances et de la surveillance. Il a également été suggéré d’offrir plus de formation aux agents de CIC et aux employés des FS afin d’accroître l’efficacité de la gestion et de la prestation des services d’établissement.

Le financement alloué pour l’établissement n’a pas augmenté au même rythme que le volume de clients et le nombre de services fournis (pour le volet principal du PEAI et d’autres programmes). Le Programme semblait ainsi devenir plus dispendieux à exploiter. Était ce réellement le cas ou était il simplement impossible de mesurer la croissance du PEAI en raison des lacunes des systèmes de collecte de données? Comme le PEAI comptait de nombreux volets différents et que les sources de données de même que le système de codage ont varié au fil des années, il a été très difficile d’établir les dépenses associées aux composantes du PEAI visées par le présent rapport. Ces dernières années cependant, le Ministère a amélioré son suivi du budget et des dépenses associés aux éléments particuliers. En raison des difficultés éprouvées durant la collecte de données sur le nombre de clients et de services et de renseignements sur les dépenses, il n’a pas été possible de mesurer la rentabilité du Programme.

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