Évaluation du Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI)

4.0 Pertinence de la capacité et lacunes dans les services

Résumé des constatations :

Dans l’ensemble, le programme est considéré comme une réussite. Toutefois, le programme et ses résultats pour les clients laissent place à amélioration  à maints égards. Les principales conclusions donnent à penser que les améliorations nécessaires ont trait aux aspects suivants : les commentaires sur le financement insuffisant, les lacunes dans les services à certains groupes de clients, le manque de publicité ou de connaissance du programme, le manque d’uniformité de la  capacité des FS et le manque d’information sur les clients.

L’évaluation a révélé qu’on pourrait améliorer à de nombreux égards la prestation du programme. Il sera question de chacune de ces améliorations ci-après, s’il y a lieu, mais voici une liste succincte de points qui seront développés dans les sections qui suivent :

  • Les nouveaux arrivants continuent d’avoir de la difficulté à accéder à de nombreux services communautaires et gouvernementaux, ou ces services ne répondent pas à leurs besoins, particulièrement les services d’emploi. Dans certaines collectivités, certains services ne sont tout simplement pas offerts aux nouveaux arrivants (p. ex. counselling traumatologique).
  • Les fournisseurs de services ont indiqué qu’ils doivent investir plus de temps dans les services aux clients qui ont de grands besoins, tout spécialement les réfugiés qui ont des besoins spéciaux.
  • Les fournisseurs de services ont indiqué qu’il faudrait offrir aux immigrants qualifiés un niveau de service différent de celui que prévoit actuellement l’éventail des services du PEAI.
  • On croit qu’il y a un manque généralisé de sensibilisation aux services du PEAI dans la population des immigrants et des réfugiés qui ne sont pas directement orientés vers le programme.
  • Certains fournisseurs de services et représentants locaux de CIC sont d’avis que les communications émanant de CIC pourraient être améliorées.
  • En ce qui a trait aux rôles et responsabilités des fournisseurs de services en matière de prestation du PEAI, une plus grande clarté s’impose. Le programme est-il une première étape vers les services d’aiguillage ou devrait-il adopter une approche plus approfondie en matière de prestation de services directs à la clientèle?
  • Pour pouvoir répondre aux besoins spéciaux des clients (p. ex. des réfugiés) et des immigrants qualifiés, les FS ont besoin d’un soutien accru de CIC et d’une formation spécialisée.
  • On manque généralement d’information sur la clientèle – ce genre d’information pourrait servir à mieux cibler et adapter les services.

4.1 L’insuffisance des ressources compromet la prestation du service

L’évaluation a déterminé que l’insuffisance des ressources (humaines et financières) compromet la capacité de fournir une gamme complète de services d’établissement aux immigrants. Dans les entrevues, tous les répondants ont indiqué que dans l’ensemble, les sommes allouées au PEAI étaient insuffisantes. De même, certains répondants de toutes les régions ont remis en question la façon dont les fonds sont attribués aux régions. Toutefois, en dépit des nombreuses questions et préoccupations concernant la méthodologie utilisée pour répartir le financement accordé à l’établissement, on estimait que le modèle était généralement juste (grâce à un examen distinct effectué par CIC). En conséquence, il ne semble pas que le fait de trouver une meilleure méthode pour répartir les fonds à l’échelle nationale ou régionale soit la réponse aux questions portant sur le manque de financement. L’évaluation a fait ressortir deux problèmes principaux à l’égard des ressources.

Le premier problème se situe au sein même de CIC. Aux niveaux national et régional, il a été dit qu’une hausse du nombre des agents de programme augmenterait considérablement la valeur du programme. Des ressources humaines et financières supplémentaires permettraient aux agents de programme des régions d’aller davantage dans les communautés et de favoriser les partenariats et les réseaux, etc., ainsi que de développer des partenariats avec leurs homologues fédéraux et provinciaux d’autres ministères. À l’échelle nationale, un financement accru permettrait également au personnel chargé du programme d’établir des partenariats au niveau fédéral et de continuer à faire connaître les questions relatives à l’intégration des immigrants. En outre, une augmentation du financement permettrait la tenue régulière de conférences nationales afin de partager les pratiques exemplaires. Ces mesures permettraient de résoudre de nombreux  problèmes entourant les difficultés qu’éprouvent certains FS à établir des réseaux et des partenariats et pourraient donner lieu à l’adoption de méthodes plus novatrices de mise en oeuvre du PEAI.

Le deuxième problème a trait au financement offert aux FS pour qu’ils remplissent les exigences décrites dans leur entente de contribution et, plus généralement, pour qu’ils atteignent les résultats attendus du PEAI. Les informateurs principaux de toutes provenances étaient généralement d’avis que le PEAI n’était pas suffisamment financé pour atteindre les résultats souhaités. En fait, le programme n’a connu aucune augmentation de son financement depuis huit ans. Cela signifie que le financement effectif a diminué au fil du temps. En outre, le financement du PEAI n’inclut pas le soutien informatique et technique, les frais administratifs et les frais généraux en hausse. On dispose également de peu de fonds pour les activités de promotion. Bien qu’un FS ait explicitement indiqué qu’il a recours à des fonds provenant d’autres sources pour « subventionner » la prestation des services du PEAI, il est probable que d’autres fournisseurs de services ont effectivement recours à d’autres fonds pour à tout le moins améliorer les services du PEAI qu’ils offrent à leurs clients (p. ex. passer plus de temps avec les clients).

Les résultats du sondage appuient solidement l’idée que le financement est inadéquat. Seulement 23 % des FS considèrent que le financement est adéquat pour atteindre les résultats souhaités dans le cadre du PEAI, et seulement une proportion à peine plus élevée (27 %) a le sentiment que le financement est suffisant pour que les FS remplissent les exigences décrites dans leur entente de contribution. (Voir ces constatations au tableau 4.1).

Tableau 4.1 : Attitudes quant à la pertinence du financement

Au cours des entrevues, de nombreux informateurs principaux ont signalé un écart entre les services actuellement offerts et ceux qui devraient être offerts compte tenu du changement du profil des clients du PEAI. De même, de nombreux responsables de l’établissement ne sont pas capables de faire face à bon nombre de ces besoins émergents. Cette situation donne également lieu à un manque d’uniformité dans la prestation des services, à l’échelle des collectivités et des régions.

Qu’est-ce qui se cache derrière ce changement de profil? Comme il est indiqué à la section 3.0, l’admission des immigrants au Canada est actuellement répartie en trois volets fondamentaux : les immigrants économiques, les immigrants de la catégorie du regroupement familial et les réfugiés. Il importe de faire la distinction entre ces trois volets si on veut comprendre les services dont ont besoin les immigrants parce que les besoins en établissement d’un travailleur qualifié provenant d’un certain pays diffèrent considérablement de ceux d’un autre immigrant.  

Selon le document Faits et chiffres [note 6] [note 7] de CIC, parmi tous les immigrants établis au Canada depuis 2000, 60 % appartiennent à la catégorie du regroupement familial et 11 % à celle des réfugiés. Le plus récent plan d’immigration élaboré par CIC continue de rechercher un équilibre entre les immigrants économiques et les autres immigrants [note 8].

Le niveau de scolarité étant un critère de sélection pour les travailleurs qualifiés de la composante économique, les immigrants sont également de plus en plus scolarisés. Comme le rapporte Schellenberg (2004, 33) [note 9], dans la plupart des grands centres, la proportion d’immigrants récents âgés de 25 à 54 ans qui ont un diplôme universitaire est d’environ 12 % à 15 % plus élevée que la proportion des personnes du même âge nées au Canada. Toutefois, Schellenberg indique également que les immigrants récents sont moins susceptibles d’occuper des emplois exigeant un diplôme universitaire et que les possibilités qu’ils occupent au Canada des emplois nécessitant un faible niveau de compétences sont plus nombreuses. Voilà qui contraste avec leur situation d’emploi avant de venir au Canada. Selon l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada [note 10], environ 50 % des immigrants ont occupé des emplois dans les domaines de la gestion, de l’administration, des sciences naturelles ou des sciences appliquées dans leur pays.

On a également rapporté qu’un nombre très considérable d’immigrants se sont installés à Montréal, à Toronto et à Vancouver, étant donné surtout que la famille et les amis vivent déjà à ces endroits. Toutefois, un nombre croissant de réfugiés parrainés par le gouvernement (RPG) se destinent vers de plus petites villes, conformément aux efforts déployés par CIC. On ne sait pas trop dans quelle mesure ces nouveaux arrivants restent dans ces villes de plus petite taille (ou s’ils migrent vers des endroits plus populeux).

Ces données sur la catégorie d’immigration, le niveau de scolarité et les modèles d’établissement viennent confirmer le point de vue des informateurs principaux et des participants aux groupes de discussion selon lequel les divers profils d’immigrants ont des besoins différents que les programmes actuels ne satisfont pas. De plus, les travailleurs de l’établissement ne sont pas en mesure de faire face à nombre de ces besoins émergents.

De nombreux informateurs principaux représentant les FS ont expliqué qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour aider certains types de clients, notamment les professionnels, parce qu’ils n’ont pas l’expertise requise pour répondre à leurs besoins (questions relatives aux emplois spécialisés ou au marché du travail, par exemple). L’absence de services d’emploi destinés aux professionnels ou de méthodes pour les aider à acquérir une expérience canadienne suscite de la frustration chez de nombreux immigrants professionnels très scolarisés et les désillusionne sur le pourquoi même de leur admission au Canada. Souvent, les travailleurs de l’établissement sont victimes de cette frustration. Certains d’entre eux tentent de répondre à ces besoins sans avoir la capacité de le faire, ce qui ne satisfait aucune des deux parties et exige beaucoup de temps.

Les réfugiés ont également des besoins spéciaux qui ne peuvent pas toujours être satisfaits. Mentionnons, entre autres, le counselling traumatologique dans les cas de torture et d’autres besoins dans le domaine de la santé mentale. Dans certains cas, les FS n’ont pas établi de partenariats dans la collectivité en général pour pouvoir aiguiller les réfugiés; soit que les fournisseurs de services n’ont ni le temps ni les ressources nécessaires pour se consacrer à cette activité soit qu’il n’y a tout simplement pas de ressources communautaires dans la collectivité (p. ex. toutes les collectivités n’offrent pas de counselling traumatologique). La situation est particulièrement problématique dans la région de l’Atlantique (comme il a été dit précédemment) où les FS déclarent n’avoir conclu que peu de partenariats, et pourtant ils accueillent un grand nombre de réfugiés parrainés par le gouvernement. Les FS affirment également qu’il faut beaucoup de temps pour servir ces clients et qu’il devient difficile alors de servir d’autres clients, notamment les immigrants indépendants.

Pour répondre aux besoins des immigrants qui sont davantage scolarisés et qui n’ont besoin ni d’une intervention considérable ni d’un counselling individuel, la région de l’Ontario a récemment ouvert des Centres d’information pour nouveaux arrivants (NIC) à Toronto, à  Mississauga et à Brampton (dans ce dernier cas, il s’agit d’un bureau satellite du NIC de Mississauga). Il sera davantage question de ces centres dans une étude de cas; toutefois, les possibilités d’application du concept des NIC à d’autres régions sont faibles. Dans une grande ville comme Toronto, un NIC a l’avantage de tirer profit de la présence d’un grand nombre d’immigrants qualifiés qui préfèrent accéder aux services par eux-mêmes. Les villes plus petites d’autres régions et même de l’Ontario ne se prêtent peut-être pas à l’ouverture d’un NIC étant donné qu’elles ne comptent pas assez d’immigrants qualifiés pour justifier l’emploi d’un travailleur à temps plein pour exploiter le centre d’assistance.

4.2 Le manque de publicité donne lieu à un manque de connaissance des services

L’évaluation a permis de relever un manque de publicité qui donne lieu à un manque de connaissance des services du programme (bien que seulement 26 % des répondants au sondage aient indiqué que le manque de connaissance nuisait à l’accès aux services du PEAI). Les informateurs principaux ont indiqué que le PEAI était très peu publicisé par manque de ressources financières surtout. Toutefois, même si on disposait de plus d’argent pour faire de la publicité, les fournisseurs de services devraient consacrer plus de fonds à la prestation des services (pour faire face à l’augmentation du nombre de clients qui découlerait sans doute de l’intensification des activités promotionnelles).

Selon le modèle actuel, la publicité incombe principalement aux FS. De nombreux FS font effectivement la promotion du PEAI en même temps qu’ils font la promotion des autres services offerts (par exemple, dans les brochures portant sur les autres services comme les CLIC et le Programme d’accueil), et dans le cadre d’activités d’intervention directe dans les collectivités. Le sondage a révélé que les FS ont recours à tout un éventail de mécanismes pour faire la promotion de leurs services, incluant le bouche à oreille (99 % des FS l’ont mentionné), les brochures (utilisées par 98 % des répondants), les présentations qui ciblent les nouveaux arrivants (92 %), les annonces publicitaires ou les récits dans les journaux communautaires et à la radio ou à la télévision (91 %) et les sites Web (89 %). Enfin 83 % des FS ont recours aux bulletins d’information et 81 % aux affiches. Dans le sondage, on a aussi demandé aux fournisseurs de services quels mécanismes de promotion étaient les plus efficaces. Une forte majorité (83 %) ont répondu que le bouche à oreille était le moyen le plus efficace.

La région de l’Ontario a récemment entrepris un projet pilote axé sur la promotion du PEAI dans des journaux ethniques et dans les endroits où se rassemblent les immigrants. Les démarches ont été efficaces et seront vraisemblablement répétées. Compte tenu des différences de priorités, en ce qui concerne la prestation des services, dans les régions (c.-à-d. la région de l’Atlantique offre surtout des services aux réfugiés et la région de l’Ontario offre surtout des services aux immigrants), on met davantage l’accent sur la promotion en Ontario, et moins dans les autres régions. Il est probable (quoique cette affirmation ne soit pas corroborée) que si on augmentait la publicité dans les autres régions, la proportion d’immigrants qualifiés servis augmenterait.

De nombreux immigrants ont signalé, au cours de leur participation aux groupes de discussion en Ontario, qu’ils ont vécu au pays pendant plusieurs mois avant de découvrir les services offerts dans le cadre du PEAI. Voilà qui confirme les préoccupations exprimées par les informateurs principaux selon lesquelles il y a, dans la collectivité des immigrants en général, un manque de connaissance des services offerts. Les réfugiés parrainés par le gouvernement (RPG) qui ont participé aux groupes de discussion n’ont pas souligné ce manque de connaissance, vraisemblablement parce qu’ils ont eu accès aux services du PEAI par le truchement du PAR.

4.3 Bien des rapports, mais pas assez de données

Les FS perçoivent un manque de cohérence à l’égard des exigences sur le contenu des rapports (p. ex. certains FS doivent préparer des rapports narratifs, et d’autres pas) et leur fréquence (p. ex. certains FS doivent présenter des rapports tous les mois alors que d’autres doivent en présenter un tous les trimestres). Toutefois, les représentants de CIC avaient le sentiment qu’en fait, ce « manque de cohérence » reflétait la souplesse des directives et des exigences du programme.

Plusieurs informateurs principaux représentant les FS ont également souligné qu’ils doivent présenter de trop nombreux rapports et qu’il y a un manque de cohérence entre les agents d’établissement de CIC. Les FS qui exécutent les quatre programmes d’établissement et de réétablissement (PEAI, Programme d’accueil, CLIC et PRA) doivent préparer quatre rapports). En plus des rapports d’activités et des rapports financiers qui sont toujours exigés, certains bureaux de CIC demandent la présentation de rapports narratifs. Dans certains cas, ces rapports narratifs doivent être présentés tous les mois. Les cycles de déclaration ne sont pas toujours les mêmes non plus. Dans certaines régions, des rapports doivent être établis tous les trimestres, dans d’autres, tous les mois.

Les fournisseurs de services qui ont répondu au sondage estimaient avoir généralement le soutien et les outils nécessaires pour recueillir des données sur le programme et rédiger les rapports (p. ex. l’iSMRP) – 62 % des répondants ont indiqué que ce soutien et ces outils étaient adéquats ou plus qu’adéquats. Toutefois, selon une minorité appréciable (38 %), ils ne sont pas adéquats.

Toutefois, lorsqu’on a demandé aux représentants de CIC si les rapports étaient adéquats et pertinents, ils ont répondu que l’approche actuelle répondait généralement à leurs besoins. Il semble que les modalités relatives aux rapports soient une autre manifestation de la souplesse accordée aux régions, pour ce qui est de la prestation du PEAI, dans la mesure où les lignes directrices fondamentales et les besoins en matière de reddition de comptes sont respectés.

Tous les représentants ont mentionné un grave manque de données sur les clients qui utilisent le PEAI. Actuellement, les rapports présentés par les FS ne sont pas acheminés aux autres niveaux de CIC. Bien que les répondants de CIC disent s’attendre à obtenir un jour ces données à partir des rapports de l’iSMRP, les fournisseurs de services sont moins optimistes quant au moment où ces rapports seront générés, et se demandent même s’ils les verront un jour.

À ce moment-ci, il est trop tôt pour vraiment dire quelle sera l’utilité des rapports de l’iSMRP. Toutefois, on prévoit que les données sur les clients permettront à CIC de savoir : quelle proportion des nouveaux arrivants de toutes catégories a accès au PEAI; quel est le profil des clients, c’est-à-dire leur sexe, leur âge, leur pays d’origine, leur langue maternelle, leur scolarité, la composition de leur famille, etc.; quels niveaux de services sont offerts; quels services sont les plus en demande; quels services sont soumis à des listes d’attente; de quelle façon les clients ont généralement accès aux services du PEAI; et combien de clients sont plus d’une fois clients; entre autres informations. Ces données seront très précieuses pour l’AC de CIC, les régions et bureaux locaux de CIC, ainsi que pour les FS.

On dispose également de peu d’information sur les résultats pour les clients, en ce qui concerne les nouveaux arrivants qui ont accès au PEAI. Certaines bases de données contiennent ce type d’information, notamment la Base de données sur l’immigration et l’Enquête longitudinale sur les immigrants du Canada (ELIC). Dans ce dernier cas, toutefois, aucune information ne permet de déterminer si on a eu accès aux services du PEAI, l’ELIC ne fournissant pour le moment que des données générales et contextuelles.

4.4 Information considérable, mais communication insuffisante

L’évaluation a permis de déterminer que le partage de l’information entre CIC et les FS est considérable et qu’il existe des occasions de partage d’information entre les FS. Les informateurs principaux ont mentionné que le partage de l’information a lieu par téléphone, par courriel et par Internet, et lors des conférences et des réunions des comités. Toutefois, d’après les constatations du sondage, la plupart des fournisseurs de services estiment que la  pertinence des communications, de l’information ou de la rétroaction émanant de CIC, est adéquate (35 %) ou plus qu’adéquate (44 %).

Toutefois, même s’il semble y avoir amplement d’information à la disposition des FS, certains représentants des FS ont mentionné au cours des entrevues que cette information n’est pas suffisamment ciblée. Ainsi, l’abondance de l’information dans Internet et dans les bulletins électroniques peut être utile pour certains, mais les FS qui ne sont pas « doués avec Internet », ne consultent pas l’information aussi fréquemment et, en conséquence, ne l’utilisent pas de la même façon dans la prestation de leurs services aux clients. De même, on a signalé que les fournisseurs de services qui ne font pas partie d’un groupe de travail national ou d’un autre comité se sentent souvent « à l’écart ». Ces FS croient que des communications mieux ciblées leur seraient profitables. Ils ont indiqué que cela leur ferait économiser bien du temps qu’ils auraient autrement consacré à naviguer dans l’importante quantité d’information affichée dans Internet, ou directement envoyée aux FS.

4.5 Besoin d’une plus grande précision de la part de CIC

Il semble y avoir un problème de précision au regard des rôles et des responsabilités du FS et de CIC, notamment lorsqu’il s’agit de savoir ce qui relève du PEAI. Selon l’évaluation, les responsabilités et les rôles respectifs sont généralement compris, mais il n’y pas toujours entente à ce sujet. Du point de vue de CIC, le PEAI se veut une première étape pour aider les nouveaux arrivants à s’établir. Les clients peuvent avoir exiger  beaucoup ou très peu d’aide, selon leur nature et leurs besoins. Toutefois, selon certains représentants de CIC, certains FS se lancent dans des activités qui dépassent la portée du PEAI (et ainsi, de leurs ententes de contribution), vraisemblablement avec des fonds en provenance d’autres sources. Ces activités additionnelles consistent entre autres à conduire des clients à des rendez-vous ou à offrir une assistance judiciaire. Un représentant de CIC a également laissé entendre que le concept du programme de soutien scolaire/des Travailleurs de l’établissement dans les écoles rendait plus floue la ligne de démarcation entre les services du PEAI et l’assistance plus générale aux nouveaux arrivants. D’après le site Web de CIC [note 11], grâce aux ressources du PEAI, les organismes d’aide aux immigrants peuvent :

  • orienter vers les services pertinents dans les domaines de l’économie, des activités sociales, de la santé, de la culture, de l’enseignement et des loisirs;
  • conseiller à propos des transactions bancaires, des achats, de la gestion du ménage et des autres tâches courantes;
  • fournir des interprètes ou des traducteurs, au besoin;
  • fournir des services de consultation non thérapeutiques;
  • montrer comment rédiger un curriculum vitae soigné et enseigner les techniques de recherche d’emploi.

Les répondants des FS ont affirmé, pour leur part, qu’il est de leur devoir d’aider leurs clients, peu importe ce qui est financé dans le cadre du PEAI et ce qui ne l’est pas. Selon leur perspective, les nouveaux arrivants ont des besoins qui dépassent les services actuellement offerts dans le cadre du PEAI; le financement et la portée du PEAI devraient être augmentés afin de répondre à ces besoins. De même, la question de l’admissibilité est en l’occurrence soulevée étant donné que nombre de fournisseurs de services disent que de nombreux citoyens canadiens et revendicateurs du statut de réfugié ont aussi besoin des services offerts dans le cadre du PEAI. Les répondants au sondage étaient assez polarisés sur cette question; 38 % ont dit être en désaccord avec l’idée que les critères sont appropriés et 43 % disent qu’ils trouvent les critères appropriés. Les répondants de la région des PTN sont plus souvent d’accord avec la pertinence de ces critères (61 %) et les répondants de la région de l’Atlantique sont plus souvent en désaccord (50 %).

CIC a aussi du travail à faire pour ce qui est de faire preuve de plus de clarté dans la définition des services de base du PEAI. C’est-à-dire que de nombreux représentants des FS et de CIC ont souligné qu’il n’y a aucune définition claire pour de nombreux services du PEAI, notamment pour le counselling, la liaison entre les services et même l’aiguillage. Par exemple, jusqu’où un fournisseur de services peut-il aller dans son offre de services d’aiguillage? S’attend-on à ce que le fournisseur de services communique avec l’autre organisation, fixe le rendez-vous, conduise le nouvel arrivant à son rendez-vous, assure un suivi auprès de l’organisation et du nouvel arrivant? Ou s’attend-on simplement à ce que le FS prenne le rendez-vous?

4.6 L’aide offerte par CIC aux fournisseurs de services est adéquate

Les fournisseurs de services perçoivent généralement l’aide et les outils offerts par CIC de façon positive. La satisfaction générale est plutôt élevée; 57 % des répondants ont dit qu’ils étaient satisfaits ou très satisfaits de l’aide et des outils offerts par CIC relativement à la prestation des services d’établissement du PEAI (seulement 18 % des répondants étaient insatisfaits). Vous trouverez au tableau 4.2 d’autres résultats concernant la pertinence de l’aide et des outils offerts par CIC.

On considère généralement que les agents de CIC sont bien informés. Une majorité (79 %) de fournisseurs de services rapportent que la connaissance des services du PEAI par les agents du PEAI est à tout le moins satisfaisante et 68 % signalent que leur connaissance du contexte de la prestation des services offerts par les FS aux nouveaux arrivants est à tout le moins adéquate.

La pertinence générale de la recherche et des pratiques exemplaires diffusées par CIC varie selon la région. Les répondants de la région des PTN ont un point de vue particulièrement positif sur la pertinence de la recherche; 78 % disent qu’elle est adéquate ou plus qu’adéquate (comparativement à 62 % pour les répondants de l’Ontario et 33 % pour ceux de l’Atlantique). Encore une fois, la région des PTN est plus enthousiaste face aux pratiques exemplaires diffusées, 78 % des répondants estimant qu’elles sont à tout le moins adéquates (comparativement à 70 % et à 68 % pour les régions de l’Ontario et de l’Atlantique respectivement).

Tableau 4.2 : Pertinence du soutien et des outils offerts par Citoyenneté et Immigration Canada

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6. www.cic.gc.ca/english/pub/facts2002/immigration/immigration_3.html

7. http://www.statcan.ca:8096/bsolc/francais/bsolc?catno=89-613-MIF2004003

8. http://www.cic.gc.ca/francais/pub/faits2002/immigration/immigration_3.html

9. http://www.statcan.ca/francais/research/89-613-MIF/89-613-MIF2004004.pdf

10. Citoyenneté et Immigration Canada, « Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada : les six premiers mois au Canada – l’importance de la famille et des amis ». Présentation de Jean Bergeron, le 7 juin 2004.

11. http://www.cic.gc.ca/francais/vivre/peai-fs.html

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