Évaluation du Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI)

5.0 Résumé des résultats par question d’évaluation

1. Raison d’être du programme – Dans quelle mesure le programme cadre-t-il avec les priorités du gouvernement fédéral et les besoins des nouveaux arrivants?

  • Les informateurs principaux, y compris les participants aux groupes de discussion sont fortement d’avis que le gouvernement fédéral doit continuer de participer à la prestation des programmes d’établissement. Selon de nombreuses personnes interviewées, l’immigration relève du gouvernement fédéral. Bien que certains participants aient exprimé le point de vue que les provinces ont un rôle à jouer, la plupart conviennent que le gouvernement fédéral doit continuer à jouer un rôle de premier plan pour assurer l’uniformité dans la prestation du programme et pour garantir qu’on continuera de mettre l’accent sur les services aux nouveaux arrivants. On a en outre mentionné qu’avec la présence du gouvernement fédéral dans la prestation des programmes d’établissement, il est plus facile de faire face aux migrations secondaires. Par exemple, les immigrants qui se déplacent dans une autre partie du pays sont assurés d’avoir accès aux mêmes genres de services et documents, d’une qualité semblable.
  • Les informateurs principaux, particulièrement les participants aux groupes de discussion, sont convaincus que les nouveaux arrivants sont mal préparés à vivre l’expérience de l’établissement. De nombreux nouveaux arrivants ont exprimé le point de vue qu’ils ne savaient pas où s’installer au Canada; qu’ils ne savaient pas comment trouver un logement; et qu’ils étaient peu préparés à affronter les difficultés entourant la recherche d’un emploi. Quelques-unes des personnes de la catégorie des travailleurs qualifiés professionnels qui n’arrivaient pas à trouver un emploi connexe à leur profession ont eu l’impression d’avoir été mal informées et ont perdu leurs illusions. Ainsi, certains agents d’établissement se retrouvent face à des immigrants en colère ou généralement mal informés des services d’établissement disponibles. Ils se retrouvent dans une situation où il leur faut rectifier la mésinformation transmise aux nouveaux arrivants.
  • La plupart des principaux informateurs ont déclaré que compte tenu des budgets restreints, les priorités et critères actuels sont appropriés. Un certain nombre de participants ont laissé entendre que le programme pourrait être élargi pour inclure les personnes qui présentent leur revendication du statut de réfugié au Canada, étant donné que la plupart demandent la citoyenneté et qu’il serait à leur avantage d’amorcer les démarches. D’autres informateurs principaux ont indiqué que l’établissement est un processus continu, et ont suggéré que les citoyens soient admissibles aux services.
  • À la lumière des entrevues, il est évident que les priorités des régions sont très différentes. Par exemple, les régions de l’Atlantique et des Prairies et Territoires du Nord ont tendance à mettre l’accent sur les réfugiés tandis que l’Ontario ne concentre ses efforts sur aucun groupe de nouveaux arrivants en particulier.
  • On s’entend généralement pour dire que le PEAI complète très bien les autres programmes d’établissement et de réétablissement. Il ne semble pas y avoir de secteurs de chevauchement particuliers entre les programmes; en fait, on considère que le PEAI, le Programme d’accueil, les CLIC et le PAR utilisent tous des mécanismes différents pour atteindre l’objectif global d’intégration à la société canadienne. D’après le sondage, la majorité des FS croient que les clients perçoivent la prestation du programme comme étant uniforme (moins de 20 % des FS sont d’avis que la prestation manque d’uniformité).

2. Prestation du programme – Dans quelle mesure la conception et la prestation du programme par CIC sont-elles appropriées?

  • Selon les informateurs principaux des FS et de CIC, la plupart des fournisseurs de services comprennent les objectifs du programme et les rôles qu’ils ont à jouer, surtout parce qu’ils ont beaucoup d’expérience dans la prestation des services. Les résultats du sondage indiquent que la plupart des FS offrent les services du PEAI depuis nombre d’années (plus de 70 % le font depuis plus de 15 ans).
  • Toutefois, il semble y avoir une certaine confusion sur ce qui est inclus dans un service du PEAI – les répondants de CIC en particulier se sont dits préoccupés du fait que de nombreux FS vont au-delà des services prévus dans leurs ententes de contribution, pour ce qui est de la prestation de services aux nouveaux arrivants. Pour leur part, les FS ont indiqué que les nouveaux arrivants ont de nombreux besoins et que selon eux, les aider au meilleur de leur capacité fait partie de leur rôle. Souvent, les services additionnels sont financés par d’autres sources (p. ex. levée de fonds).
  • Certains informateurs principaux représentant des FS ont indiqué avoir l’impression que le niveau de compréhension du programme est inégal à CIC en raison du roulement du personnel et du manque d’uniformité dans les ententes de contribution (c.-à-d. les différents FS ont des ententes de contribution différentes), bien que les répondants au sondage aient généralement formulé des commentaires positifs sur la connaissance des agents de CIC.
  • On constate généralement que les FS les plus appropriés sont sélectionnés et qu’ils continuent de fournir les services du PEAI. On n’a noté que très peu de cas où de nouveaux FS ont été acceptés pour la prestation des services. En pareils cas, de nouveaux FS sont sélectionnés si de nouveaux fonds sont disponibles ou si une entente avec un FS n’est pas renouvelée (une situation très rare). La difficile courbe d’apprentissage des nouveaux FS favorise le maintien en place des fournisseurs actuels.
  • Des activités promotionnelles sont mises en oeuvre dans une certaine mesure, mais on considère généralement qu’elles sont insuffisantes. L’Ontario met davantage l’accent sur la promotion et concentre moins d’efforts sur la prestation de services aux réfugiés (certains travaux ont été faits sur la mise à l’essai de stratégies d’intervention directe novatrices). Les autres régions considèrent que la promotion est moins importante étant donné que de nombreux clients sont des RPG et qu’ils sont aiguillés par le PAR. Les mécanismes les plus couramment utilisés sont : le bouche à oreille, les brochures, les présentations ciblées, les annonces publicitaires et Internet (notamment settlement.org). D’après le sondage, le bouche à oreille est le mécanisme le plus efficace.
  • Les informateurs principaux n’ont rapporté aucune liste d’attente pour les services du PEAI, mais 35 % des répondants au sondage ont indiqué avoir des listes d’attente pour certains services. D’après le sondage, les listes d’attente sont plus courantes dans les régions de l’Ontario et des PTN. Ce sont surtout les services suivants qui comportent des listes d’attente : counselling axé sur la recherche de solutions, services liés à l’emploi et services d’interprétation et de traduction.
  • Les entrevues avec les informateurs principaux ont révélé que les services sont généralement disponibles dans l’une ou l’autre des langues officielles, selon le cas. D’après le sondage, 98 % des FS disent que les services sont offerts en anglais tandis que 55 % des FS disent que les services sont offerts en français. Les participants aux groupes de discussion ont rapporté que la plupart des nouveaux arrivants cherchent à obtenir les services dans leur langue maternelle.
  • Les répondants de CIC et des FS ont indiqué qu’il est possible d’obtenir du soutien et des outils de CIC (p. ex. lignes directrices), mais que certains outils sont désuets. Le sondage a fait ressortir que plus de la moitié des répondants représentant des FS (57 %) sont satisfaits/très satisfaits des outils. Les informateurs de CIC et des FS ont affirmé que du soutien et des directives étaient fournis par CIC; toutefois, des FS ont déclaré que le soutien fourni n’est pas toujours uniforme et qu’il dépendait de l’agent.
  • Dans l’ensemble, on considère que les FS ont des capacités suffisantes étant donné que la plupart d’entre eux dispensent les services du PEAI depuis nombre d’années; toutefois, le roulement du personnel est un problème pour certains FS. Les capacités des FS sont également influencées par leur aptitude à former des réseaux et des partenariats. Seulement 36 % des FS ont indiqué recourir à des partenariats pour dispenser les services du PEAI, la région de l’Atlantique étant la moins susceptible (17 %) d’établir des partenariats. 69 % des répondants ont rapporté avoir instauré des partenariats pour les services d’aiguillage. Encore une fois, c’est dans la région de l’Atlantique qu’on retrouve le moins de FS ayant créé de tels partenariats (33 %).
  • Les informateurs principaux ont indiqué que certains FS n’avaient pas toujours les capacités requises lorsque les besoins du client évoluent (p. ex. clients aux besoins spéciaux ou professionnels ayant besoin d’aide pour trouver du travail). Dans certaines collectivités, ces lacunes sont en partie attribuables au peu de services avec lesquels un partenariat pourrait être établi.
  • La plupart des informateurs principaux ont indiqué que le programme est suffisamment flexible et considèrent que cette souplesse est importante. Selon les données qualitatives tirées des entrevues et des groupes de discussion, il y a un manque d’uniformité dans les niveaux et les types de services (particulièrement perceptible selon les régions et la taille de la ville). Certains FS ont fait observer qu’il faudrait fixer des normes ou établir un cadre pour les services de base ou services essentiels.
  • On estime généralement que des contrôles adéquats sont effectués pour exercer une surveillance. On s’attend à ce que tous les FS présentent des rapports d’activités et rapports financiers mensuels ou trimestriels à CIC (d’après le sondage, 95 % des FS ont répondu que la préparation de rapports financiers réguliers était soit efficace soit très efficace). Certains FS présentent également des rapports narratifs. En outre, CIC et les FS rapportent une communication permanente par téléphone et par courriel. CIC et les FS partagent également de l’information et des pratiques exemplaires lors de conférences, de comités et via Internet (p. ex. settlement.org, integration.net). Certains informateurs de CIC et des FS ont néanmoins noté que la communication et le partage d’information n’étaient pas adéquats.
  • D’après le sondage, 62 % des FS sont d’avis que les outils et le soutien offerts pour la rédaction des rapports sont adéquats, ou mieux. Toutefois, les informateurs principaux ont fait remarquer que l’iSMRP entraînait actuellement un dédoublement des efforts.
  • L’étendue et la connaissance des projets du volet B varient considérablement selon la région. Les informateurs principaux de chacune des régions ont indiqué que l’Ontario investissait plus d’argent dans la recherche, les outils et les projets pilotes. La région de l’Atlantique consacre la plupart des fonds alloués au volet B à des conférences et des ateliers tandis que la région des PTN réalise divers projets, mais à une échelle différente de l’Ontario. Les projets du volet B sont des occasions de partager des pratiques exemplaires et de diversifier les modes de prestation des services (par exemple, par Internet). On croit fortement que les projets du volet B ont une incidence positive sur la prestation du programme.

3. Efficacité et efficience – Dans quelle mesure le programme fait-il appel aux méthodes les plus appropriées, efficaces et efficientes pour atteindre ses objectifs?

  • On considère que les FS sont la méthode la plus rentable parce qu’ils peuvent recourir à des bénévoles, établir des partenariats communautaires, avoir des échelles de rémunération moins élevées et mettre au point des mécanismes de prestation créatifs. En outre, de nombreux membres du personnel sont eux-mêmes des immigrants et sont ainsi capables de s’exprimer dans la langue des clients et de créer tout de suite un climat de confiance. Les fournisseurs de services communautaires peuvent faire preuve d’une plus grande souplesse et s’adapter plus rapidement. Certaines villes de plus petite taille offrent un guichet unique pour tous les programmes, et certains FS ont établi des partenariats et partagent leurs locaux avec d’autres services (p. ex. service de soins de santé, RHDCC).
  • L’évaluation des besoins des clients se fait par le biais d’ateliers, de séances d’orientation, de formules d’évaluation ou de commentaires et par un sondage téléphonique non officiel.
  • Toutes les sources de données ont fait ressortir qu’on considère généralement le financement comme étant insuffisant. Le financement est le même depuis huit ans, ce qui correspond dans la réalité à une diminution du financement au fil du temps. D’après le sondage, moins de 25 % des FS considèrent que le financement est adéquat pour obtenir les résultats escomptés. Certains organismes rapportent avoir recours à un financement d’autres sources. De plus, on rapporte que le cycle annuel de financement empêche la planification à long terme.

4. Réussite – Dans quelle mesure le programme est-il parvenu à obtenir les résultats souhaités?

  • Dans l’ensemble, on croit que le PEAI répond aux besoins des nouveaux arrivants qui ont accès aux services. Toutefois, les FS ont indiqué que de nombreux nouveaux arrivants n’accèdent pas aux services parce qu’ils ne connaissent pas le programme. Certaines approches novatrices face à la prestation des services ont été adoptées pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants (p. ex. ARE, NIC, programme de soutien scolaire, settlement.org).
  • Les participants aux groupes de discussion ont indiqué qu’ils sont généralement satisfaits des services reçus. Toutefois, la plainte la plus souvent formulée par les participants est l’incapacité du PEAI à aider les clients à se trouver un emploi convenable.
  • Selon le sondage d’évaluation, 98 % des FS ont indiqué que les besoins des clients, tels que précisés dans les évaluations, sont satisfaits dans une certaine mesure ou davantage. On considère que les évaluations des besoins sont essentielles à la prestation des services et à des services d’aiguillage appropriés.
  • Les séances d’information et d’orientation ont d’importantes répercussions sur la capacité d’établissement des immigrants puisqu’elles contribuent à faciliter le processus d’établissement des immigrants.
  • Les informateurs principaux et les participants aux groupes de discussion ont indiqué que les services de traduction et d’interprétation ont une incidence positive car ils aident les immigrants à franchir les étapes du processus d’établissement. Ils ont besoin de ces services pour pouvoir remplir les formulaires, lire les lettres du gouvernement, etc.
  • Les informateurs principaux semblent indiquer que les services d’aiguillage sont cruciaux. Ils permettent de mieux connaître d’autres programmes, centres ou organisations susceptibles d’aider à répondre aux besoins des immigrants, notamment en ce qui a trait aux soins de santé, aux questions juridiques, au monde du travail, au logement social, etc., et d’y avoir accès.
  • Peu de témoignages ont été fournis concernant le counselling axé sur la recherche de solutions dans les échanges des groupes de discussion. Toutefois, les personnes qui ont dit avoir bénéficié de ce service l’ont qualifié de précieux.
  • Il y a plus ou moins de liaison entre les services, selon les fournisseurs de services (et la région). Les informateurs principaux des villes plus petites ont dit ne pas avoir l’argent nécessaire pour le faire de manière structurée. À la lumière du sondage, toutefois, 90 % des FS ont rapporté contribuer à la liaison entre les services. C’est surtout au moyen de présentations, d’ateliers et de rencontres individuelles que se fait la liaison entre les services.
  • Vous trouverez ci-après les constatations concernant les résultats pour les clients. Toutefois, compte tenu d’une myriade d’autres variables touchant les nouveaux arrivants (p. ex. famille et amis, connaissance préalable à l’arrivée au Canada), il est difficile d’attribuer ces résultats directement aux services fournis par le PEAI.
    • Les participants aux groupes de discussion ont indiqué être davantage capables de communiquer. Cette constatation est appuyée par les résultats du sondage où 87 % des FS rapportent que les clients sont en mesure d’identifier et de communiquer leurs besoins dans une large ou très large mesure.
    • Les participants aux groupes de discussion ont indiqué qu’ils étaient davantage en mesure d’accéder en toute autonomie aux ressources ou aux services de la collectivité, bien que la langue soit un parfois un obstacle. D’après le sondage, 85 % des FS ont indiqué que les clients étaient confiants dans leurs activités quotidiennes.
    • Les participants aux groupes de discussion ont dit tendre vers des objectifs personnels en suivant des cours d’anglais ou des cours pour adultes. Certains travaillent et ont une vie sociale active. Dans nombre de cas, le sous-emploi ou le chômage est un problème de taille. Tout juste un peu plus de la moitié (56 %) des répondants au sondage représentant un FS ont indiqué que les clients pouvaient atteindre des objectifs personnels.
    • Très peu de participants aux groupes de discussion ont indiqué qu’ils avaient un emploi rémunéré satisfaisant, correspondant à leurs compétences. De nombreux professionnels se sentent trompés sur les possibilités d’emploi au Canada. Le tiers seulement des répondants au sondage représentant un FS ont répondu que les clients pouvaient obtenir un emploi rémunéré convenable.
    • La majorité des participants aux groupes de discussion ont indiqué qu’ils participaient à la vie culturelle, sociale et urbaine. Certains sont bénévoles dans leur collectivité ou pour le FS. Plus de 80 % des FS sondés ont indiqué que les clients participent à la vie de leur collectivité dans une certaine mesure ou davantage.
    • Les informateurs principaux et les participants aux groupes de discussion rapportent que les services d’emploi du PEAI répondent à des besoins fondamentaux uniquement, ce qui n’est peut-être pas suffisant pour certains clients, notamment les professionnels. Il existe des services d’aiguillage liés à l’emploi, mais certains programmes de RHDC ne sont pas à la disposition des nouveaux arrivants (p. ex. ceux qui exigent une expérience canadienne).
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