Évaluation du Programme d’accueil

Annexe C : Études de cas

Cercles de conversation

Raison d’être et historique

Les cercles de conversation sont une ressource pour les nouveaux arrivants qui participent au Programme d’accueil et désirent améliorer leurs compétences linguistiques en français ou en anglais avec d’autres nouveaux arrivants; les cercles sont animés par un bénévole [note 16].  Un bon nombre de cercles de conversation sont articulés autour de certains thèmes. Au cours de chaque séance, on discute d’un thème ou d’un sujet différent.

Au cours des années 1990, divers fournisseurs de services offraient des cercles de conversation dans le but de soutenir des programmes de langue plus officiels tels que les CLIC. Dans le cadre d’une évaluation régionale de CIC du Programme d’accueil en Ontario (2001), il a été recommandé que les cercles de conversation fassent partie de l’élaboration du Programme d’accueil à titre de « pratique des compétences linguistiques », car de nombreux nouveaux arrivants avaient mentionné que les cercles étaient une raison clé de participer au Programme d’accueil.

Dans la Région de l’Ontario, douze fournisseurs de services offrent des cercles de conversation dans le cadre du Programme d’accueil. Cette étude de cas définit les cercles de conversation tels qu’ils sont offerts par le YMCA de Kitchener, en Ontario. Les cercles de conversation ont commencé à cet endroit en 1999 en réponse au désir des nouveaux arrivants de pratiquer l’anglais. Les nouveaux arrivants ont mentionné aux fournisseurs de services que le temps manquait dans les CLIC pour pratiquer leurs compétences linguistiques. Les répondants mentionnent que les cercles de conversation du Programme d’accueil sont bien placés pour renforcer et soutenir les programmes des CLIC. Les nouveaux arrivants peuvent parler la langue dans un milieu ouvert où ils se sentent à l’aise et renforcer ainsi leurs cours de langue. Puisque les cercles de conversation sont une activité collective, ils peuvent également élargir la portée du programme en utilisant moins de bénévoles.

État actuel

Au début, les cercles de conversation du YMCA de Kitchener étaient offerts sur place chaque semaine. Depuis, le programme a été élargi (en plus du programme hebdomadaire sur place) et comprend des sessions d’été de quatre semaines offrant trois niveaux différents : débutant, intermédiaire et intermédiaire avancé. Ces sessions se déroulent cinq fois par semaine et chacune dure 75 minutes. Il y aurait des listes d’attente de sept à dix nouveaux arrivants pour chacune des sessions d’été.

Pendant la session d’été, le YMCA offre 6 cercles de conversation à trois endroits différents : à la maison d’accueil (avec des clients du PAR), au bureau du YMCA et à d’autres endroits déterminés par le bureau du YMCA (p. ex. centres communautaires locaux, églises). Un nombre équilibré de réfugiés et d’autres immigrants participent aux cercles de conversation se déroulant à l’extérieur de la maison d’accueil. Deux de ces six cercles de conversation sont conçus pour les enfants (âgés de 6 à 15 ans). Les parents peuvent participer aux cercles de conversation à la même heure et au même endroit que leurs enfants.

Chaque classe est habituellement composée de 20 participants ou moins. En plus du professeur ou du facilitateur, de trois à cinq bénévoles apportent leur aide pour les exercices en petits groupes, les pratiques individuelles ainsi que la traduction. Un bon nombre de ces bénévoles sont des nouveaux arrivants. Les professeurs possèdent habituellement une expérience professionnelle en enseignement et une formation en anglais, langue seconde (ALS).

Les cercles de conversation s’articulent autour de thèmes. Ces thèmes sont choisis en fonction de suggestions des clients nouveaux arrivants, faites au moment de la demande, sur les thèmes dont ils aimeraient discuter. Les activités en classe comportent habituellement des pratiques orales de la langue en petits et en grands groupes; des conférences prononcées par des invités; des visites sur place (p. ex. de musées); des jeux. Les cercles de conversation des enfants sont composés d’une variété de jeux et d’activités.

Le fournisseur de services s’occupe de la promotion du programme par le truchement de ses liens avec la maison d’accueil, les programmes et les services locaux du PEAI et des CLIC. Selon des informateurs principaux, le programme est bien connu dans la région.

Contribution aux objectifs et au succès du Programme d’accueil

Un des avantages clés du programme est qu’il permet aux nouveaux arrivants de pratiquer et d’améliorer leur français ou leur anglais dans un milieu agréable. Les cercles de conversation contribuent également à d’autres objectifs du Programme d’accueil. Par exemple, les cercles de conversation permettent aux clients d’apprendre différents aspects sur le Canada (p. ex. le système de soins de santé, le système d’éducation). De plus, le programme offre la possibilité de rencontrer d’autres nouveaux arrivants et de se faire des amis. Dans le cas des enfants, le programme permet de les préparer à l’école pour la rentrée de l’automne (en améliorant leurs compétences linguistiques, en les préparant aux normes caractéristiques d’une classe, aux routines et aux activités et en leur présentant la culture canadienne).

Des informateurs principaux chez les bénévoles et les clients signalent que le programme réussit très bien à améliorer les compétences linguistiques en anglais. Les bénévoles ont remarqué des améliorations au niveau des compétences linguistiques de leurs clients, telles qu’une augmentation du vocabulaire et de la confiance lorsqu’ils parlaient. La grande majorité des clients mentionnent également avoir remarqué que leurs compétences linguistiques s’étaient améliorées [note 17]. Dans le cours intermédiaire, les clients peuvent diriger la classe et faire une présentation complète devant la >classe à la fin de la session d’été de quatre semaines. L’amélioration des compétences linguistiques permet également d’améliorer l’accès aux autres services.

Les cercles de conversation permettent aux nouveaux arrivants de comprendre la culture du Canada et d’autres cultures au moyen de discussions sur divers thèmes. Les participants ont également remarqué une augmentation des connaissances en ce qui concerne de nombreux sujets, tels que la santé, le magasinage, la cuisine, les transports, la recherche d’emploi [note 18]. Les clients signalent également qu’ils se font faits de nouveaux amis en participant aux cercles de conversation [note 19]. Des informateurs principaux chez les bénévoles mentionnent qu’ils ont considérablement tiré avantage de leur participation au programme. On mentionne également certains effets sur les bénévoles, particulièrement en ce qui concerne leurs connaissances d’autres cultures.

Rentabilité et efficience

Les informateurs principaux affirment qu’il s’agit d’une pratique efficace et efficiente en se fondant sur ce qui suit :

  • La participation de plusieurs bénévoles, un minimum de trois, pendant chaque cercle de conversation. Les bénévoles offrent plus de possibilités d’apprentissage par observation et de rétroaction dans les activités et les conversations en petits groupes. Leur assistance est également inestimable car ils aident aux différents niveaux de langue dans la classe. Ils aident également à la traduction au besoin. Les bénévoles sont également bénéfiques dans les cercles de conversation des enfants. Ils permettent aux étudiants de parler un à un et de pratiquer leurs compétences dans un milieu favorable.
  • Cette pratique répond aux besoins des parents et des enfants en offrant les cercles de conversation à la même heure et au même endroit;
  • Un sondage sur les nouveaux immigrants permet d’évaluer les besoins des nouveaux arrivants et d’adapter le programme pour qu’il réponde à ces besoins (p. ex. que les thèmes correspondent généralement aux besoins d’information des nouveaux arrivants);
  • Le programme rejoint plus de nouveaux arrivants à l’aide de moins de bénévoles;
  • Le YMCA reçoit certaines contributions en nature ou des contributions financières qui lui permettent de soutenir ce programme [note 20];
  • La pratique suscite une rétroaction très positive des clients grâce à des mécanismes officiels de rétroaction.

Partage avec d’autres fournisseurs de services

Des fournisseurs locaux de services diffusent cette pratique novatrice jusqu’à un certain point. Par exemple, des fournisseurs de services de Hamilton, de London et de Toronto ont participé aux cercles de conversation du YMCA de Kitchener afin de mieux comprendre comment fonctionne le programme. Des informateurs principaux ont déploré l’absence de ressources permettant de diffuser davantage ce programme. Le fournisseur de services a signalé qu’il serait utile de partager de l’information avec d’autres fournisseurs sur la façon dont les autres cercles de conversation sont gérés. Les meilleurs moyens pour diffuser cette information sont l’Internet et des conférences. CIC en Ontario effectue à l’heure actuelle un examen des cercles de conversation pour déterminer certaines des meilleures pratiques.

Possibilités d’application

Les répondants mentionnent que cette pratique peut facilement s’appliquer à d’autres régions et à d’autres villes. On rapporte que les nouveaux arrivants ont besoin d’améliorer leurs compétences linguistiques en les pratiquant dans un milieu ouvert et favorable. Cependant, les problèmes de ressources pourraient limiter l’applicabilité de ce programme. Les répondants soulignent le fait que les cercles de conversation nécessitent des ressources supplémentaires pour être gérés car l’établissement d’un calendrier des activités de groupe gruge beaucoup de temps. De plus, si le fournisseur de services ne possède pas les installations convenables, il faut prévoir du temps pour les préparer. Il est particulièrement difficile de trouver des installations faciles d’accès, agréables et situées dans un endroit sécuritaire. Il importe également de souligner qu’il faut des ressources suffisantes pour gérer le programme de jumelage individuel plus traditionnel en plus des cercles de conversation.

Sources de recherche :
Programme d’accueil du YMCA : Summer Evaluation, rapports finaux. 2004
Guidelines for Conversation Circles in Ontario Region, octobre 2001

Mentorat d’affaires (Volunteer Learning Placements)

Raison d’être et historique

Le programme de mentorat d’affaires (YMCA Volunteer Learning Placements) a été mis en oeuvre au Centre pour les nouveaux arrivants de Dartmouth du YMCA du grand Halifax au début des années 1990 et s’est terminé en 2001. Le programme était jugé nécessaire parce que la question du manque d’expérience de travail au Canada était constamment soulevée par les nouveaux arrivants. De plus, la priorité a été donnée au programme car le nombre de programmes locaux offerts aux nouveaux arrivants pour répondre à leurs besoins en emploi était limité.

Le programme de mentorat d’affaires permettait aux nouveaux arrivants « d’acquérir de l’expérience et une confiance en soi dans le milieu de travail canadien et de pratiquer leurs compétences linguistiques au travail [note 21] » [traduction]. Le programme était également conçu pour améliorer la compréhension des nouveaux arrivants en matière de bénévolat et de responsabilité civique. Le programme permettait au nouvel arrivant d’être placé dans un « cadre de travail » et d’avoir une idée du genre de travail à accomplir et du milieu d’emploi.

Le Programme d’accueil est un moyen convenable de présenter le milieu de travail canadien aux nouveaux arrivants. Cette pratique novatrice ne chevauche aucun autre programme d’établissement. Le programme de mentorat d’affaires n’est pas un programme de placement, mais il s’applique à certains nouveaux arrivants : à ceux qui n’ont aucune expérience de travail et à ceux qui ne peuvent consacrer le nombre d’heures exigées par d’autres programmes de placement.

Comme pour tous les autres programmes d’accueil, ce programme est également conçu pour produire des effets positifs sur les bénévoles. En augmentant la sensibilisation des employeurs et leur acceptation d’autres cultures et en augmentant les contributions des nouveaux arrivants en milieu de travail, le programme de  placement visait à surmonter les obstacles d’emploi auxquels font face les nouveaux arrivants. 

État actuel et description du programme

Bien que le programme ait été un succès, en raison de la demande assez considérable de nouveaux arrivants, le financement du programme a été supprimé par suite de coupures de financement dans la région du Canada atlantique [note 22].

L’objectif du programme était de créer des classements d’apprentissage des services pour les nouveaux arrivants en jumelant les nouveaux arrivants admissibles à un employeur du Programme d’accueil. Un employeur du programme peut être une petite entreprise, un organisme ou une grande entreprise. Le nouvel arrivant devait s’engager à donner au moins 20 heures à l’organisme du Programme d’accueil. Le temps nécessaire pour effectuer ces 20 heures dépendait de l’organisme, mais la durée était en général de 10 à 20 semaines. Les nouveaux arrivants passent en moyenne une à deux heures par semaine avec l’employeur du programme.

Le superviseur des placements [note 23] conservait habituellement un minimum de 15 places à tout moment. De plus, le superviseur des placements était également responsable des activités suivantes [note 24] :

  • rencontrer les nouveaux arrivants intéressés au programme afin de déterminer leurs aptitudes et leurs intérêts;
  • élaborer et offrir des ateliers d’orientation visant à préparer les participants;
  • aider les nouveaux arrivants choisis à solliciter une entrevue avec un employeur convenable du programme au cours de laquelle le responsable du Programme d’accueil et le nouvel arrivant visitent l’organisation, discutent des attentes, conviennent des heures de travail et remplissent un formulaire de demande (au besoin);
  • aider le nouvel arrivant à terminer les étapes nécessaires avant de commencer son placement (p. ex. vérification de casier judiciaire) et l’aider à fixer des objectifs réalistes de placement;
  • rencontrer le nouvel arrivant (et le responsable du Programme d’accueil) à mi-chemin du placement et à la fin du travail de placement pour évaluer les progrès, les objectifs atteints et le niveau de satisfaction du responsable du Programme d’accueil et du nouvel arrivant face à l’expérience.

Les nouveaux arrivants sont recrutés principalement à l’aide d’autres programmes d’établissement du YMCA ainsi qu’au moyen de liens avec d’autres CLIC et programmes PEAI. Tel que mentionné précédemment, la demande des nouveaux arrivants dépasse les capacités du programme. Au cours des premiers stades du programme, il était très difficile de recruter des employeurs pour le Programme d’accueil. Cependant, au fur et à mesure que le programme progressait, un noyau d’employeurs s’est formé et nombre d’entre eux ont continué de renouveler leurs engagements avec le Programme d’accueil.

Contribution aux objectifs et au succès du Programme d’accueil

On mentionne que les placements sont utiles pour familiariser les nouveaux arrivants avec la culture et le milieu du travail canadiens; augmenter la confiance en soi; améliorer les compétences linguistiques et aider le nouvel arrivant à atteindre ses objectifs personnels. En ce qui concerne le dernier avantage mentionné, les placements offrent aux nouveaux arrivants la possibilité d’évaluer leurs compétences et de définir leurs propres besoins en matière d’emploi et de formation. Bien que le programme ne soit pas considéré comme un programme de placement (trouver un emploi), une proportion importante de nouveaux arrivants obtiennent un emploi à la suite de leur participation au programme de mentorat. Les employeurs sont également très satisfaits du programme et bon nombre d’entre eux continuent d’être bénévoles pour le programme.

Rentabilité et efficience

Le programme se sert de bénévoles et d’un minimum de personnes pour la prestation du programme. La flexibilité du programme est une force clé car elle permet aux nouveaux arrivants d’atteindre leurs objectifs individuels et d’acquérir de l’expérience en milieu de travail et des connaissances d’une façon plus familière.

Partage avec d’autres fournisseurs de services

Au niveau provincial, l’information sur les programmes était partagée par le truchement de Immigrant Serving Agencies of Metro (ISAM). Au niveau régional, l’information sur les programmes était partagée par le truchement des Atlantic Regional Association of Immigrant Serving Agencies (ARAISA). Les fournisseurs de services ont peu d’occasions de se réunir à l’échelle nationale, le partage d’information au niveau national est minimal. Le personnel du YMCA a rédigé un rapport spécial sur ce programme. Un agent de CIC à Halifax l’a partagé avec le personnel de CIC lors d’une réunion nationale de CIC sur l’établissement en 2000.

Possibilités d’application

Le programme pourrait être transféré dans d’autres régions et d’autres villes. Bien que le programme soit très compatible avec les objectifs du Programme d’accueil, il faudrait prendre soin d’assurer une cohérence avec les objectifs du Programme d’accueil en se concentrant de manière appropriée sur l’apprentissage, l’acquisition d’expérience et de confiance en soi plutôt que sur le placement.

Des difficultés sont mentionnées relativement aux ressources limitées, aux questions de d’assurance responsabilité et au recrutement et à la sélection d’employeurs appropriés pour le Programme d’accueil. On signale que le programme de mentorat d’affaires est un programme qui exige beaucoup de temps de la part du personnel et des bénévoles. En vue d’atténuer les risques éventuels, il est important de s’assurer que les ressources appropriées sont disponibles pour surveiller étroitement le programme et améliorer le recrutement et la sélection d’employeurs éventuels pour le Programme d’accueil.

Sources des recherches
Examen des documents : Annexe 1, Description des services.

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16. Guidelines for Conversation Circles in Ontario Region, octobre 2001

17. YMCA. Rapports finaux, août 2004

18. YMCA. Reception House Location, rapports finaux. Du 3 au 27 août 2004.

19. YMCA. Rapports finaux, août 2004.

20. Les informateurs principaux mentionnent qu’ils font de leur mieux pour aller chercher d’autres fonds. Cependant, le financement des autres sources n’est pas stable et varie d’une année à l’autre.

21. Annexe 1. Description du programme

22. CIV a réduit son financement aux provinces de l’Atlantique Canada en fonction d’une baisse du nombre d’immigrants.

23. Membre du personnel du YMCA responsable de la coordination des placements.

24. Annexe 1. Description de programme.

 

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