Évaluation du Programme des réfugiés parrainés par le gouvernement (RPG) et du Programme d’aide au réétablissement (PAR)

Annexe B : Méthodologie de l’évaluation

Au cours de la présente évaluation, un modèle hybride a été utilisé pour mener les activités de recherche. CIC et l’expert-conseil ont tous deux participé activement à chacune des étapes de l’évaluation. À l’aide d’un modèle hybride, une évaluation conjointe du Programme des RPG et du PAR a été faite. L’évaluation comportait un examen simultané des deux programmes, et elle s’est intéressée à l’expérience des réfugiés, depuis l’étape de la sélection et du traitement à l’étranger jusqu’à l’étape de leur établissement au Canada.

Conformément aux exigences du Conseil du Trésor, l’évaluation a mis l’accent sur :

  • la pertinence du Programme des RPG et du PAR, pour ce qui est de leur besoin continu, du rôle du gouvernement fédéral et de leur cohérence avec les objectifs et priorités du gouvernement;
  • le rendement des deux programmes sur les plans de l’efficacité, de l’efficience et de l’économie.

L’évaluation a porté sur les cinq derniers exercices, soit 2005-2006 à 2009-2010, et elle s’est intéressée aux résultats obtenus par les RPG des années d’admission 2005 à 2009. Une série de questions relatives à la conception et à la prestation des deux programmes a été utilisée pour l’évaluation.

Pertinence

  • Est-il toujours nécessaire d’offrir un protection aux réfugiés?
  • Le PAR est-il toujours nécessaire?
  • Le PAR et le Programme des RPG sont-ils conformes aux priorités et engagements du Ministère, du Gouvernement et de la communauté internationale en matière de protection?
  • Le PAR et le Programme des RPG sont-ils conformes aux rôles et responsabilités du gouvernement fédéral?

Conception et exécution

  • La sélection, le jumelage et le traitement des cas de RPG sont-ils effectués avec efficience et efficacité?
  • Le PAR est-il approprié et suffisant pour répondre aux besoins des populations de RPG qui arrivent au Canada?
  • Les politiques et programmes de réétablissement destinés aux RPG sont-ils élaborés à partir des éléments probants, de manière consultative et compte tenu des besoins divers des réfugiés et des collectivités?

Rendement (efficacité)

  • Le PAR répond-il aux besoins immédiats et essentiels de ses bénéficiaires?
  • Les RPG ont-ils les connaissances, les compétences et les ressources nécessaires pour vivre en sécurité et de façon autonome?
  • Sont-ils aiguillés vers les services dont ils ont besoin pour faire face aux problèmes lorsqu’ils se présentent?
  • Les RPG reçoivent-ils desservices d’établissement de CIC, et ces services leur sont-ils profitables? Dans la négative, pourquoi?
  • Dans quelle mesure CIC influence-t-il les politiques internationales de protection au moyen du réétablissement?
  • Le programme de réétablissement de CIC profite-t-il à la fois aux réfugiés sélectionnés et à ceux qui ne le sont pas?

Rendement (efficience et économie)

  • Dans le cadre du PAR, d’autres approches en matière de conception ou d’exécution permettraient-elles aux RPG d’obtenir plus facilement de meilleurs résultats?
  • Y a-t-il des approches en matière de sélection et de traitement des cas de RPG susceptibles d’engendrer un processus plus efficient et coordonné?

De nombreuses sources d’information ont été utilisées au cours de l’évaluation. Les données ont été recueillies et analysées à partir de toute une gamme de sources primaires et secondaires. Les nombreuses sources d’information ont été triangulées au moment de la présentation du rapport.

Sources de données primaires

Parmi les sources de données primaires utilisées pour l’évaluation, mentionnons des entrevues avec des informateurs clés, des groupes de discussion, des études de cas et des enquêtes. Chacune des méthodes de collecte de données est décrite de façon plus détaillée ci-dessous : 

Entrevues avec des informateurs clés. Les entrevues avec les informateurs clés avaient pour but d’obtenir des réponses aux questions d’évaluation touchant la pertinence, la conception et la prestation des programmes, l’efficacité et le rendement sur les plans de l’efficience et de l’économie. Ces entrevues ont été menées auprès d’intervenants ayant un large point de vue sur les questions de réfugiés et sur le rôle que le Programme des RPG et le PAR jouent à cet égard. Tel qu’indiqué dans le tableau ci-dessous, 98 entrevues ont été menées avec 197 représentants de l’Administration centrale de CIC; des conseillers régionaux du programme de CIC; des bureaux locaux de CIC; des directeurs administratifs de FS qui mettent en œuvre le PAR; des gestionnaires et des conseillers du PAR; des intervenants au sein des services communautaires locaux; des intervenants à l’échelle internationale et nationale et des représentants provinciaux.

Tableau B-1 : Nombre d’entrevues et d’interviewés selon le type d’informateur
Type d’intervenant Nombre d’entrevues Nombre d’interviewés 
CIC – Administration centrale 14 18
CIC – Conseillers régionaux du programme 4 4
CIC – Agents locaux 9 25
Autres ministères fédéraux 1 1
Provinces 5 7
FS – Directeurs exécutifs 12 13
FS – Gestionnaires 11 17
FS – Personnel 10 61
Intervenants locaux 24 43
Autres intervenants 8 8
Total 98 197

Huit (8) guides d’entrevues ont été élaborés pour recueillir les perceptions, opinions, connaissances et expériences de ces divers groupes d’intervenants. L’expert-conseil et l’équipe d’évaluation de CIC ont uni leurs efforts pour déterminer qui il conviendrait d’interviewer et pour les recruter aux fins d’entrevues. Les guides d’entrevues approuvés ont été distribués à chacun des intervenants, dès le moment de l’entrevue confirmé, pour les aider à s’y préparer. L’expert-conseil a animé les séances, soit en anglais soit en français, selon la préférence de la personne interviewée. Toutes les entrevues ont eu lieu par téléphone. 

Études de cas. Les études de cas consistaient en visites sur le terrain dans quatre (4) bureaux canadiens des visas à l’étranger (BCVE) : Bogota, en Colombie; Singapour, à Singapour; Nairobi, au Kenya; et Damas, en Syrie. Ces visites visaient à acquérir une meilleure compréhension de la sélection et du traitement des RPG, et les endroits ont été sélectionnés pour obtenir un éventail des différents types de réfugiés, des modèles de traitement utilisés à l’échelle de CIC (personnes de pays source/réfugiés au sens de la Convention, traitement individuel/de groupe) et des endroits où se trouvent les réfugiés (réfugiés installés dans des camps/réfugiés urbains). En outre, les endroits ont été sélectionnés pour assurer une bonne représentation des différents secteurs internationaux et des diverses populations de réfugiés. Finalement, les endroits ont été sélectionnés en tenant compte du nombre élevé de réfugiés associés à ces endroits. Les études de cas internationales consistaient en entrevues avec des agents des visas et du personnel des BCVE, du personnel local du HCR et de l’OIM (l’expert-conseil a mis au point deux (2) guides d’entrevue distincts, un pour chaque groupe d’intervenants); un examen des documents de programme et des données de sortie; et, dans la mesure du possible, des visites ont été faites dans les camps ou installations de réfugiés. De plus, des études de cas ont été réalisées dans dix (10) collectivités canadiennes : Vancouver, Edmonton, Lethbridge, Saskatoon, Winnipeg, Kitchener, Toronto, Moncton, Halifax et St. John’s. Dans le cadre des ces visites, des entrevues ont été menées auprès de directeurs et d’employés de FS; d’agents locaux de CIC à tous les endroits, à l’exception de Toronto, et d’intervenants/partenaires locaux des FS. De plus, l’expert-conseil a effectué un examen de la documentation sur les programmes; il a fait une tournée des installations locales des FS et, dans la mesure du possible, il a observé la prestation des services/des entrevues de premier contact. Ces endroits ont été sélectionnés pour refléter chacune des régions du Canada et pour obtenir un aperçu représentatif des grandes zones urbaines et des plus petites zones régionales ainsi que des différentes fourchettes cibles de réfugiés dans chaque ville. Les endroits ont également été sélectionnés en tenant compte des différentes taille de FS, des différents modèles de travail avec les clients, des différents modes de logement temporaire, de l’éventail des services communautaires offerts et de l’éventail des groupes de réfugiés avec lesquels chaque collectivité travaillait. 

Enquêtes auprès de représentants de FS. Des enquêtes ont été effectuées auprès de 500 participants du Programme des RPG et de 20 représentants de FS. Pour l’enquête auprès des FS, l’expert-conseil a mis au point un instrument d’enquête qui a permis d’évaluer dans quelle mesure les programmes des FS fonctionnent tel que prévu et contribuent à l’atteinte des résultats souhaités. Même si l’enquête pouvait être menée de multiples façons (par téléphone, en ligne, sur papier), elle a d’abord été distribuée à chaque FS en format papier. Cette façon de faire avait pour but d’obtenir un maximum de participation des employés des FS; ces derniers pouvaient demander la participation d’un large éventail de personnel, et ne présenter qu’une seule enquête remplie. Avant de procéder à l’administration complète des enquêtes, l’équipe d’évaluation de CIC a fait parvenir un communiqué à chaque FS; il expliquait en détail l’évaluation et sollicitait leur participation. L’expert-conseil a aussi effectué des appels téléphoniques dans le but de recruter certains employés des FS

L’enquête auprès des FS a commencé le 29 septembre 2010 et elle s’est poursuivie jusqu’au 29 octobre 2010. Le 22 octobre 2010, l’expert-conseil a fait parvenir un rappel, par voie électronique, à toutes les personnes qui n’avaient pas encore rempli l’enquête. Parmi les 26 FS invités à participer à l’enquête (c.-à-d. tous les FS qui ont dispensé des services entre 2005 et 2009), 20 ont répondu, ce qui donne un taux de réponse de 80 %.

Enquêtes auprès de participants au Programme des RPG. Pour ce qui est de l’enquête auprès de participants au Programme des RPG, l’expert-conseil a mis au point un instrument d’enquête conçu pour recueillir des données sur les perceptions des RPG à l’égard du processus de traitement des cas de réfugiés et des mesures de soutien offertes. Pour parer à de potentiels problèmes linguistiques, l’enquête était disponible dans les deux langues officielles, l’anglais et le français, et elle a été traduite dans les six (6) langues les plus fréquemment parlées par les RPG admis au Canada entre 2005 et 2009 : espagnol; birman; arabe; dari; farsi et somali. Compte tenu du caractère vulnérable de cette population, le recrutement et la participation à l’enquête ont suivi un processus à multiples étapes.

L’enquête visait les RPG arrivés au Canada entre 2005 et 2009, non destinés au Québec et âgés entre 18 ans et 65 ans au moment de leur admission. Ils étaient 15 334 RPG à satisfaire ces critères. Toutefois, il a été décidé de cibler uniquement une personne par cas, étant donné que nombre des questions de l’enquête portaient sur les expériences du ménage. Ainsi, parmi les 15 334 RPG inclus dans la population ciblée aux fins de l’enquête, CIC a sélectionné au hasard un individu par cas, et abouti à l’envoi postal de 9 703 formulaires de consentement types à des RPG.

Avant d’être contactés par l’expert-conseil, les RPG avaient reçu un communiqué de CIC. Ce communiqué contenait des informations au sujet de l’évaluation et il sollicitait leur participation au projet. La lettre renfermait déjà leurs renseignements personnels de base (nom, adresse) et comportait un identificateur unique. Cet identificateur reliait le répondant potentiel aux bases de données de CIC dans le but d’alléger la tâche RPG. Grâce à l’utilisation d’un identificateur unique, CIC a pu extraire les données démographiques et renseignements de base concernant les RPG et obtenir certains des résultats les concernant en puisant les données dans leur dossier plutôt qu’en demandant ces renseignements dans l’enquête. Il a été demandé aux RPG d’examiner et de rectifier tout renseignement erroné figurant sur le  communiqué et de consentir à participer à l’évaluation. En remplissant et en retournant le formulaire à CIC, ils autorisaient la communication de leurs renseignements à l’expert-conseil en vue d’une participation ultérieure à l’évaluation.

En outre, l’expert-conseil a créé du matériel de communication notamment des affiches et des brochures (Foire aux questions – FAQ); elles ont été distribuées aux FS pour encourager les RPG à remplir et à retourner le formulaire de consentement en temps utile. L’expert-conseil a joint ses efforts à ceux des représentants des FS pour s’assurer que le personnel était convenablement informé de l’évaluation et de son objectif et qu’il était capable d’aider les RPG à remplir les formulaires de consentement.

Ces formulaires de consentement ont été retournés à CIC dans une enveloppe prépayée. Par la suite, CIC acheminait les enveloppes à l’expert-conseil toutes les semaines. En traitant les formulaires de consentement, l’expert-conseil a produit une base de données sur 1 234 participants potentiels, laquelle a servi à recruter les RPG pour d’autres activités de recherche (c.-à-d. l’enquête).

Les RPG qui avaient consenti à participer à l’évaluation ont été contactés par l’expert-conseil, par le courrier. Une lettre d’accompagnement, rédigée sur du papier portant l’en-tête de CIC, et une copie papier de l’enquête ont été envoyées à l’adresse fournie par les RPG. La lettre d’accompagnement présentait l’expert-conseil; elle expliquait le but de l’enquête et les diverses options dont pouvait se prévaloir la personne qui souhaitait remplir le questionnaire (c.-à-d. copie papier, formulaire en ligne, contact téléphonique). La lettre d’accompagnement informait en outre les RPG que l’expert-conseil les contacterait pas téléphone pour discuter de leur participation à l’enquête. Ces mesures ont été prises pour donner plus de légitimité à l’enquête et pour accroître le taux de réponse des participants.

L’administration de l’enquête auprès des RPG a commencé le 9 novembre 2010 et elle a pris fin le 25 novembre 2010. À cette date, l’objectif fixé, soit 500 questionnaires remplis et 501 réponses à l’enquête était atteint, ce qui représente un taux de réponse brut de 41 %. Comme l’indique le Tableau B‑2, le profil des RPG qui ont pris part à l’enquête auprès des RPG correspond généralement au profil général de l’échantillon des RPG qui ont été sélectionnés dans chaque cas pour l’envoi postal des formulaires de consentement éclairé. Toutefois, certaines différences peuvent être observées en ce qui a trait à leurs principales caractéristiques. Une importante proportion de répondants à l’enquête étaient des hommes, âgés entre 25 et 64 ans; ils avaient fait des études universitaires, avaient une connaissance des langues officielles et provenaient de pays comme l’Afghanistan, l’Iraq, la Colombie et l’Iran.

*Il est normal que l’échantillon sélectionné pour les envois postaux diffère quelque peu de la population en général des RPG étant donné qu’une seule personne par cas a été sélectionnée. Ainsi, l’état matrimonial et la composition selon le sexe sont les variables les plus touchées par la méthode d’échantillonnage. L’échantillon représente la population de cas.

Tableau B-2 : Caractéristiques de l’échantillon de l’enquête auprès des RPG comparativement aux RPG ciblés aux fins de l’enquête
Catégorie Sous-catégorie Population de RPG ciblée pour l’enquête (%) Échantillon pour envois postaux (%) Ont accepté (%) Répondants à l’enquête (%)
Admissions 2005 19,6 19,2 17,1 20,4
2006 20,3 20,5 19,1 20,0
2007 20,8 20,2 18,8 18,0
2008 19,6 20,2 18,5 18,4
2009 19,7 19,9 26,5 23,4
Sexe Homme 50,3 52,3 55,7 58,7
Femme 49,7 47,7 44,3 41,3
Âge 15-24 ans 29,1 28,9 8,8 6,2
25-44 ans 56,6 58,9 65,6 69,1
45-64 ans 14,3 12,2 25,5 24,8
Études Aucune 16,4 15,3 16,1 11,0
Secondaires ou inférieures 64,9 65,0 57,4 53,7
Certificat d’étdudes professionnelles ou d’apprentissage  3,1 3,2 4,1 3,8
Certificat ou diplôme non-universitaire 5,0 5,1 6,4 8,0
Université – non diplômé(e), baccalauréat, études supérieures – non diplômé(e), maîtrise ou doctorat 10,9 11,3 15,9 23,6
Conn. des langues offiicielles Anglais 23,7 24,8 27,7 34,3
Français 4,9 5,0 6,0 5,8
Anglais ou français 3,4 3,5 4,9 6,6
Ni une ni l’autre 68,0 66,7 61,3 53,3
État matrimonial Célibataire 38,2 45,5 37,0 40,5
Marié ou conjoint de fait 53,6 44,0 49,7 46,1
Divorcé, veuf, séparé 8,2 10,5 13,2 13,4
Pays de naissance Afghanistan 15,5 15,1 13,3 22,2
Myanmar (Birmanie) 11,8 11,2 14,7 3,6
Iraq 9,6 9,6 13,0 14,0
Colombie 8,1 7,7 7,1 10,2
Iran 7,5 7,5 5,0 8,0
Somalie (République démocratique de) 7,1 7,4 5,8 5,8
Soudan (République démocratique du) 6,5 7,1 5,7 4,4
Congo (République démocratique du) 5,7 6,0 7,1 6,4
Éthiopie 4,9 5,3 5,3 4,4
Érythrée 3,6 4,3 2,7 2,0
Autre 19,7 18,8 20,3 19,0
    n=15334 n=9703 n=1234 n=501

Groupes de discussion. Dix-sept (17) groupes de discussion ont été formés par l’expert-conseil. Il s’agissait des groupes suivants : un (1) groupe composé des membres du Groupe de travail sur le PAR; trois (3) groupes composés de représentants des FS; et treize (13) groupes composés de RPG participants. Un guide pour aminer le groupe de discussion a été élaboré pour tenir compte des enjeux/préoccupations et/ou expériences propres à chaque groupe.

Un groupe de discussion préliminaire a été formé à Winnipeg avec les membres du Groupe de travail sur le PAR. Ce groupe comptait des représentants de l’Administration centrale de CIC, des Services de gestion des opérations, de coordination et d’établissement; des conseillers en programme régionaux; et un représentant de FS de chacune des quatre régions (c.-à-d. Atlantique, Ontario, Prairies et Colombie-Britannique). Le groupe de discussion a permis aux participants de dire leur mot sur l’approche méthodologique de l’évaluation, notamment sur les problèmes et solutions potentiels, de préciser le mandat et de donner des détails sur le contexte dans lequel le PAR exerce ses activités.

Des groupes de discussion formés de RPG participants se sont déroulés dans les villes suivantes : Vancouver (2); Edmonton (1); Lethbridge (2); Saskatoon (1); Winnipeg (1); Kitchener (1); Toronto (1); Moncton (2); Halifax (1); et St. John’s (1). Toutes les discussions se sont déroulées en anglais, à l’exception d’une séance en français, à Moncton. Ces groupes de discussion ont été fractionnés de sorte que soient abordés les grands thèmes explorés dans l’évaluation. Ainsi, en plus de refléter la collectivité où ils ont été réinstallés, les RPG participants ont été sélectionnés d’après leur sexe, leur âge, leur groupe d’âge, le type de réfugié auquel ils appartiennent et la méthode de traitement utilisée par CIC pour les sélectionner. Les participants ont été recrutés avec l’aide des FS. Chaque participant a reçu 25 $ pour couvrir en partie le coût de leur présence à ces séances (c.-à-d. déplacements, stationnement, frais de garde d’enfants). Les séances ont eu lieu dans des installations convenables et des rafraîchissements ont été servis. Au total, 107 personnes ont pris part aux groupes de discussion composés de RPG.

Les groupes de discussion composés de représentants des FS ont eu lieu par voie de téléconférence. En ce qui concerne un (1) des groupes, l’expert-conseil a travaillé avec l’équipe d’évaluation de CIC afin de pouvoir accéder aux installations de CIC par le biais des grands centres canadiens équipés de matériel de vidéoconférence. Ainsi, plusieurs représentants de FS ont pu participer à la séance à partir d’un lieu central.  

De plus, l’expert-conseil a formé deux (2) groupes avec une application de vidéoconférence  Skype. Ces séances ont été tenues avec des représentants de FS situés à des endroits éloignés des bureaux locaux de CIC et équipés de matériel officiel de vidéoconférences. Pour la préparation de ces groupes, l’expert-conseil a communiqué avec les participants potentiels pour déterminer s’ils avaient les systèmes (PC) et le matériel requis (c.-à-d. cybercaméras équipées d’un microphone). L’expert-conseil a fait parvenir des cybercaméras aux participants qui n’en avaient pas. Chaque participant a également reçu une lettre de confirmation avant le début de la séance ainsi qu’un manuel d’instruction/d’aide pour télécharger et installer l’application de vidéoconférence Skype et la cybercaméra, le cas échéant. De plus, l’expert-conseil a prévu le recours à une ligne de téléconférence pour les participants n’ayant pas accès à des haut-parleurs ou pour les cas où un problème technique surgirait avec l’application.

Les participants des trois groupes de discussions formés de FS ont reçu une carte-cadeau Tim Horton d’un montant de 25 $ et ils ont été invités à se procurer des rafraîchissements à consommer pendant la séance. 

Sources de données secondaires 

Les sources de données secondaires utilisées pour l’évaluation consistaient en une analyse des données administratives et un examen des documents/de la littérature. Chacune des méthodes de collecte des données secondaires est décrite plus en détails ci-dessous.

Examen des documents/revue de la littérature. Un examen des documents a été entrepris pour mieux comprendre le contexte, les activités, les objectifs et les mandats du Programme des RPG et du PAR. Il s’agissait d’un examen :

  • des documents législatifs et des documents stratégiques du gouvernement du Canada;
  • des documents de CIC et d’autres ministères relatifs aux priorités et aux engagements;
  • de la documentation sur les besoins des réfugiés;
  • de documents sur le programme de réinstallation, notamment : directives des BCVE, politiques, priorités (y compris les protocoles relatifs au mode de sélection), notes d’information, rapports financiers, rapports statistiques, documents de recherche, accords de partenariat et rapports au HCR, guides opérationnels, etc.;
  • accords de contribution, rapports des FS et autres documents connexes, notamment : profils opérationnels, évaluations des besoins, documents sur les méthodes et procédures, rapports annuels, produits de leur recherche (y compris une analyse des évaluations préalables/a posteriori), projets spéciaux et documentation relative à leur approche de prestation des services;
  • rapports pertinents des intervenants, y compris les rapports et statistiques du HCR et l’Agenda pour la protection;
  • Conventions, déclarations, accords pertinents, etc.

Les résultats de l’examen des documents ont servi à mettre au point des instruments de recherche tels des guides pour les entrevues avec les informateurs clés, des questionnaires d’enquête, des guides destinés aux groupes de discussion et des protocoles d’études de cas.

Une revue de la littérature a été fait pour pouvoir mettre les résultats de l’évaluation dans le contexte des efforts mondiaux pour s’attaquer au problème des réfugiés. La revue  de la littérature a porté sur la recherche actuelle concernant la situation des réfugiés parrainés par le gouvernement; sur les pratiques exemplaires liées à la conception et à prestation du programme de réinstallation du Québec et des autres pays; et sur la sélection et le traitement des RPG dans d’autres pays. Plus particulièrement, l’examen a mis l’accent sur le lien entre le Programme des RPG et le PAR, notamment sur les répercussions que peuvent avoir la sélection et le traitement des RPG sur la prestation des services du PAR et sur le rôle que joue le PAR (et autres programmes d’établissement) sur la situation des RPG.

Analyse des données administratives. L’évaluation comportait une analyse du Système de soutien des opérations des bureaux locaux (SSOBL), du Système de mesure pour la reddition de comptes concernant les programmes de contributions de l’immigration (iSMRP), de la Banque de données longitudinales sur les immigrants (BDIM) et de la base de données du Programme de prêts aux immigrants. Comme le SSOBL est la principale base de données sur l’immigration de CIC, il renferme des données sur les résidents temporaires et permanents qui sont entrés au Canada. Les données démographiques tirées du SSOBL (comme la catégorie d’immigration, la date de naissance, le sexe, le pays de naissance, etc.) ont servi à dresser un profil des RPG admis au cours de la période visée par l’évaluation. L’iSMRP saisit des données détaillées sur les services d’aide au réétablissement que les fournisseurs de services offrent aux clients. Les données démographiques du SSOBL ont également été téléchargées dans l’iSMRP et elles sont reliées à chaque client bénéficiant des services de réétablissement et d’établissement. Les données du iSMRP ont permis aux évaluateurs de dresser un profil des clients servis et des services reçus dans le cadre du PAR. La BDIM associe des fichiers couplés de données sur l’immigration tirées du SSOBL et des données fiscales de l’Agence du revenu du Canada concernant les immigrants, admis au Canada depuis 1980, qui ont rempli au moins une déclaration d’impôt. Cette base de données est gérée par Statistique Canada au nom d’un consortium fédéral-provincial dirigé par CIC et elle fournit des données sur la performance économique des immigrants reçus pour permettre de comprendre les répercussions des programmes d’immigration au Canada. Les données de la BDIM ont été utilisées pour examiner l’intégration économique des RPG ainsi que leur mobilité à l’échelle du Canada.

Une analyse de ces bases de données a été faite pour évaluer un certain nombre de questions d’évaluation liées aux répercussions des programmes, notamment : l’efficacité du processus de sélection (c.-à-d. Le processus de sélection et de traitement du Programme des RPG est-il efficient et efficace?); la pertinence du PAR lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de la population de RPG arrivant au Canada; et la question de savoir si les RPG obtiennent, ou non, des services d’établissement de CIC et s’ils en tirent profit. 

Points forts et limites de la méthodologie

Points forts. Le principal point fort de l’approche d’évaluation a été la relation de travail, empreinte de collaboration, qui s’est établie entre l’expert-conseil et Citoyenneté et Immigration Canada, eu égard à l’évaluation du Programme des réfugiés parrainés par le gouvernement (RPG) et du Programme d’aide au réétablissement (PAR). Pour l’évaluation, un modèle hybride a été utilisé et effectué des études de cas internationales et nationales afin de suivre les expériences des RPG depuis la sélection et le traitement à l’étranger jusqu’à leur réinstallation et intégration au Canada. Dans un modèle hybride, le client et l’expert-conseil ont fourni des évaluateurs agissant comme membres de l’équipe. Les efforts conjoints de CIC et de l’expert-conseil ont été essentiels pour obtenir la participation des intervenants et bien comprendre le contexte des programmes, afin de réaliser les études de cas. Les études de cas ont permis aux évaluateurs d’observer les enjeux ayant une incidence sur les programmes et la population directement servie. De plus, l’évaluation a misé sur différentes méthodologies, de nature quantitative et qualitative, lesquelles ont été triangulées pour obtenir des conclusions robustes.

Défis et limites. L’une des limites de la méthodologie d’évaluation a été le biais d’autosélection, en ce qui a trait à la participation des RPG à l’enquête et aux groupes de discussion. Bien que tous les efforts possibles aient été déployés pour s’assurer que tous les RPG avaient la possibilité de participer à l’enquête, on ne sait pas trop si les RPG qui se sont autosélectionnés ont provoqué un biais inhérent, comparativement aux RPG qui n’ont pas participé. De même, il conviendrait de noter que l’équipe d’évaluation a visité quatre (4) BCVE internationaux et que les résultats du modèle de traitement utilisé dans les BCVE reposent sur les résultats/constatations associés, dans la plupart des cas, au seul BCVE visité. Il conviendrait de noter, toutefois, que les BCVE visités étaient ceux qui représentaient plus de 80 % des RPG traités en 2009.

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