Lorsque les Européens arrivent au Canada, ils constatent que toutes les régions sont habitées par des peuples autochtones, qu’ils appellent « Indiens », car les premiers explorateurs croyaient avoir atteint les Indes orientales. Ces peuples vivent de la terre, certains de la chasse et de la cueillette, d’autres, de l’agriculture. Les Hurons-Wendats de la région des Grands Lacs sont, comme les Iroquois, des agriculteurs et des chasseurs. Les Cris et les Dénés du Nord-Ouest sont des chasseurs-cueilleurs. Les Sioux sont des nomades qui suivent les troupeaux de bisons (buffles). Les Inuits se nourrissent des animaux sauvages de l’Arctique. Les Autochtones de la côte Ouest font sécher et fumer le poisson pour le conserver. Les groupes autochtones se font souvent la guerre pour agrandir leur territoire, maîtriser les ressources et accroître leur prestige.
L’arrivée des négociants en fourrures, des missionnaires, des soldats et des colons européens modifie à jamais le mode de vie autochtone. Un grand nombre d’Autochtones meurent de maladies transmises par les Européens, contre lesquelles ils ne sont pas immunisés. Malgré tout, durant les 200 premières années de leur coexistence, Autochtones et Européens forment des liens économiques, religieux et militaires solides qui jettent les bases du Canada.
Les Vikings d’Islande, qui ont colonisé le Groenland il y a 1 000 ans, ont aussi atteint le Labrador et l’île de Terre-Neuve. Les vestiges de leur établissement, l’Anse aux Meadows, sont un site du patrimoine mondial.
L’exploration européenne commence véritablement en 1497, avec l’expédition de Jean Cabot, le premier à dessiner une carte de la côte Est du Canada.

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Jean Cabot, Italien ayant immigré en Angleterre, est le premier à tracer la carte de la côte Atlantique du Canada. Il débarque à Terre-Neuve ou à l’île du Cap-Breton en 1497 et prend possession de cette nouvelle terre au nom de l’Angleterre. Les Anglais ne commencent à s’y établir qu’en 1610

De 1534 à 1542, Jacques Cartier traverse trois fois l’Atlantique, revendiquant des terres pour le roi de France, François Ier. Cartier entend deux guides qu’il a capturés prononcer le mot iroquois kanata, qui signifie « village ». Dès les années 1550, on voit apparaître le nom Canada sur les cartes.
En 1604, les explorateurs français Pierre de Monts et Samuel de Champlain fondent le premier établissement européen au nord de la Floride — premièrement à Île St.-Croix (aujourd’hui dans le Maine) et puis à Port-Royal, en Acadie (aujourd’hui Nouvelle‑Écosse). En 1608, Champlain bâtit une forteresse sur l’emplacement actuel de la ville de Québec. Les colons doivent résister au climat rigoureux. Grâce à Champlain, les colons se sont alliés aux Algonquins, aux Montagnais et aux Hurons, ennemis historiques des Iroquois, et ont formé une confédération de cinq (par la suite six) Premières nations qui s’est battue aux côtés des établissements français pendant un siècle. Les Français et les Iroquois ont conclu la paix en 1701.
Les Français et les Autochtones collaborent à l’important commerce de la traite des fourrures, stimulé par la forte demande pour les peaux de castor en Europe. Des dirigeants exceptionnels, comme Jean Talon, Monseigneur de Laval et le comte de Frontenac, bâtissent en Amérique du Nord un empire français qui s’étend de la baie d’Hudson au golfe du Mexique.

En 1670, le roi Charles II d’Angleterre accorde à la Compagnie de la Baie d’Hudson l’exclusivité du commerce dans le bassin hydrographique se déversant dans la baie d’Hudson. Durant les 100 années qui suivent, la Compagnie fait concurrence aux négociants établis à Montréal. Les hommes habiles et courageux qui se déplacent en canot, appelés voyageurs ou coureurs des bois, forment de solides alliances avec les Premières nations.
Les colonies anglaises établies dès le début du dix-septième siècle le long de la côte atlantique finissent par devenir plus riches et plus peuplées que la Nouvelle-France. Au dix‑huitième siècle, la France et la Grande-Bretagne se font la guerre pour devenir maîtres de l’Amérique du Nord. En 1759, les Britanniques gagnent la bataille des plaines d’Abraham à Québec, marquant ainsi la fin de l’Empire français en Amérique. Les commandants des deux armées, le brigadier James Wolfe et le marquis de Montcalm, sont tués tandis qu’ils mènent leurs troupes au combat.
Après la guerre, la Grande-Bretagne donne à la colonie le nom de « Province de Québec ». Les francophones catholiques, appelés habitants ou Canadiens, cherchent à préserver leur mode de vie au sein de l’Empire britannique anglophone dirigé par des protestants.
Afin de mieux administrer la majorité catholique romaine francophone, le Parlement britannique adopte l’Acte de Québec en 1774. L’un des fondements constitutionnels du Canada, l’Acte de Québec adapte les principes des institutions britanniques à la réalité de la province. Il accorde la liberté religieuse aux catholiques et leur permet d’exercer des fonctions officielles, une pratique non autorisée en Grande-Bretagne à l’époque. L’Acte de Québec prévoit que les règles juridiques françaises seront de nouveau appliquées pour les affaires civiles, et que les règles juridiques anglaises continueront d’être appliquées pour les affaires criminelles.
En 1776, les treize colonies britanniques au sud du Québec proclament leur indépendance et forment les États-Unis. L’Amérique du Nord est de nouveau divisée par la guerre. Plus de 40 000 personnes fidèles à la Couronne, les « loyalistes », fuient l’oppression de la Révolution américaine afin de s’établir en Nouvelle-Écosse et au Québec. Joseph Brant conduit des milliers d’Indiens mohawks loyalistes au Canada. Les loyalistes sont notamment d’origine hollandaise, allemande, britannique, scandinave, autochtone et d’autres origines, et de confession presbytérienne, anglicane, baptiste, méthodiste, juive, quaker et catholique. Quelque 3 000 loyalistes noirs, esclaves ou affranchis, viennent vers le nord à la recherche d’une vie meilleure. Par la suite, certains Néo-Écossais noirs, ayant reçu des terres stériles, se sont rendus en Afrique de l’Ouest en 1792 afin d’y établir Freetown, en Sierra Leone, nouvelle colonie britannique pour les esclaves affranchis.

Naissance de la démocratie
Les institutions démocratiques se développent progressivement et pacifiquement. La première assemblée de représentants est élue à Halifax, en Nouvelle-Écosse, en 1758. Vont bientôt s’y joindre l’Île‑du-Prince-Édouard en 1773 et le Nouveau-Brunswick en 1785. L’Acte constitutionnel de 1791 divise la Province de Québec en deux entités, le Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario), essentiellement loyaliste, protestant et anglophone, et le Bas-Canada (aujourd’hui le Québec), surtout catholique et francophone.
L’Acte accorde pour la première fois aux deux Canadas des assemblées législatives élues par la population. Le nom Canada devient alors officiel et sera toujours utilisé par la suite. Les colonies de la côte atlantique et les Canadas sont appelés collectivement « Amérique du Nord britannique ».

L’esclavage a existé dans le monde entier, en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et jusqu’aux Amériques. Le premier mouvement en faveur de l’abolition du commerce transatlantique des esclaves apparaît au sein du Parlement britannique à la fin des années 1700. En 1793, le Haut-Canada, dirigé par le lieutenant gouverneur John Graves Simcoe, un officier militaire loyaliste, est la première province de l’Empire à prendre le virage de l’abolition. En 1807, le Parlement britannique interdit la vente et l’achat d’esclaves et abolit ensuite l’esclavage dans tout l’Empire en 1833. Des milliers d’esclaves fuient les États Unis. Ils suivent « l’étoile du Nord » et s’établissent au Canada grâce au « chemin de fer clandestin », un réseau chrétien antiesclavagiste.
Les premières entreprises au Canada, formées sous les régimes français et britannique, se font concurrence pour la traite des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson, dont les employés sont français, britanniques et autochtones, en vient à dominer le commerce dans le Nord‑Ouest, de Fort Garry (Winnipeg) et Fort Edmonton à Fort Langley (près de Vancouver) et Fort Victoria — des postes de traite devenus plus tard des villes.
Les premières institutions financières voient le jour à la fin du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième siècle. La Bourse de Montréal est créée en 1832. Pendant des siècles, l’économie du Canada repose essentiellement sur l’agriculture et l’exportation de ressources naturelles, comme la fourrure, le poisson et le bois de sciage, qui sont transportées par les routes, les lacs, les fleuves et les canaux.


La guerre de 1812 : la lutte pour le Canada
Après la défaite de la flotte de Napoléon Bonaparte à la bataille de Trafalgar (1805), la Royal Navy domine sur la mer. L’Empire britannique, dont le Canada fait partie, résiste à Bonaparte qui cherche à dominer l’Europe. Cet affrontement amène les Britanniques à s’ingérer dans le commerce maritime des Américains, ce que ces derniers acceptent mal. Convaincus qu’il sera facile de s’emparer du Canada, les États-Unis lancent une invasion en juin 1812. Mais les Américains se trompent. Des volontaires canadiens et des membres des Premières Nations, dont des Shawnees dirigés par le chef Tecumseh, aident les soldats britanniques à défendre le Canada. En juillet, le major-général sir Isaac Brock s’empare de Detroit, mais il est tué lors d’une attaque américaine à Queenston Heights, près de Niagara Falls, attaque qui sera tout de même repoussée avec succès. En 1813, le lieutenant-colonel Charles de Salaberry et 460 soldats, pour la plupart des Canadiens français, refoulent 4 000 envahisseurs américains à Châteauguay, au sud de Montréal. En 1813, les Américains incendient la résidence du gouverneur général et les édifices du Parlement à York (aujourd’hui Toronto). En guise de représailles, en 1814, le major-général Robert Ross quitte la Nouvelle-Écosse à la tête d’une expédition qui se solde par l’incendie de la Maison-Blanche et d’autres édifices publics à Washington D.C. Ross meurt au combat peu après et est enterré à Halifax avec tous les honneurs militaires.
En 1814, la tentative de conquête du Canada par les Américains est un échec complet. Les Britanniques mettent en place un coûteux système de défense au Canada, notamment les citadelles de Halifax et de Québec, la cale sèche à Halifax et Fort Henry à Kingston, qui sont aujourd’hui des lieux historiques populaires. La frontière canado-américaine actuelle a été en partie tracée à la suite de la guerre de 1812, qui a permis de garantir que le Canada resterait indépendant des États-Unis.

De gauche à droite : Le duc de Wellington a envoyé quelques-uns de ses meilleurs soldats pour défendre le Canada en 1814. Il a ensuite décidé de terminer le canal Rideau à Bytown (Ottawa) dans le cadre de la mise en place d’un réseau de forts visant à empêcher les États-Unis d’envahir encore une fois le Canada. Wellington, qui a vaincu Napoléon en 1815, a donc joué un rôle direct dans la fondation de la capitale nationale
En 1813, Laura Secord, pionnière, femme et mère de cinq enfants, a entrepris une marche dangereuse de 19 miles (30 km) afin d’avertir le lieutenant James FitzGibbon d’une attaque planifiée par les Américains. Sa bravoure a contribué à la victoire remportée à Beaver Dams. Son héroïsme est encore reconnu aujourd’hui
Durant les années 1830, les réformateurs du Haut-Canada et du Bas-Canada estiment que les progrès vers la démocratie véritable sont trop lents. Certains sont d’avis que le Canada devrait adopter les valeurs républicaines des Américains ou même essayer de se joindre aux États‑Unis. Lorsque des rébellions armées se produisent en 1837 et 1838 aux environs de Montréal et à Toronto, les rebelles n’obtiennent pas l’appui de la population qu’il leur faudrait pour réussir. Ils sont défaits par les troupes britanniques et des volontaires canadiens. Plusieurs rebelles sont pendus ou envoyés en exil; certains de ces derniers reviendront plus tard au pays.
Lord Durham, un réformateur anglais dépêché pour faire rapport sur les rébellions, recommande de fusionner le Haut-Canada et le Bas-Canada et de les doter d’un gouvernement responsable. Cela signifie que les ministres de la Couronne doivent obtenir le soutien de la majorité des représentants élus pour gouverner. Suscitant la controverse, lord Durham ajoute que le moyen le plus rapide pour les Canadiens français de réaliser des progrès est de s’assimiler à la culture protestante anglophone. Cette recommandation illustre une incompréhension totale des Canadiens français, qui cherchent à protéger l’identité distincte du Canada francophone.

Certains réformateurs, dont sir Étienne-Paschal Taché et sir George-Étienne Cartier, deviendront plus tard des Pères de la Confédération (voir ci-dessous), de même qu’un ancien membre des troupes gouvernementales volontaires du Haut‑Canada, sir John A. Macdonald.
En 1840, le Haut‑Canada et le Bas‑Canada sont réunis pour former la Province du Canada. Des réformateurs comme sir Louis-Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin, de même que Joseph Howe en Nouvelle-Écosse, collaborent avec les gouverneurs britanniques à l’établissement d’un gouvernement responsable.
La première colonie de l’Amérique du Nord britannique à se doter d’un gouvernement pleinement responsable est la Nouvelle-Écosse, en 1847–1848. En 1848–1849, le gouverneur du Canada‑Uni, lord Elgin, avec les encouragements de Londres, établit un gouvernement responsable.
Ce système est celui que nous avons aujourd’hui : si le gouvernement perd un vote de confiance à l’assemblée législative, il doit démissionner. La Fontaine, défenseur de la démocratie et des droits des francophones, devient le premier chef d’un gouvernement responsable des deux Canadas.

De 1864 à 1867, les représentants de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de la Province du Canada, avec l’appui des Britanniques, travaillent ensemble pour créer un nouveau pays. On appelle ces hommes les Pères de la Confédération. Ils instaurent deux ordres de gouvernement, soit le fédéral et le provincial. L’ancienne Province du Canada est séparée en deux nouvelles provinces : l’Ontario et le Québec, qui, ensemble, avec le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, forment le nouveau pays appelé le Dominion (ou Puissance) du Canada. Chaque province élit sa propre assemblée législative et exerce son autorité sur des domaines tels que l’éducation et la santé.

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique est adopté par le Parlement britannique en 1867. Le Dominion du Canada est officiellement créé le
1er juillet 1867. Jusqu’en 1982, le 1er juillet est célébré sous le nom de « Fête du Dominion »
afin de commémorer le jour où le Canada est devenu un dominion doté d’un gouvernement autonome. Aujourd’hui, cette fête est officiellement connue sous le nom de « Fête du Canada ».
Dominion d’un océan à l’autre
C’est en 1864 que sir Leonard Tilley, député du Nouveau‑Brunswick et l’un des Pères de la Confédération, suggère le terme Dominion du Canada. Il s’inspire du passage suivant du psaume 72 de la Bible : « Qu’il domine d’une mer à l’autre, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre! » Ce passage incarne la vision de la création d’un pays puissant, uni, prospère et libre, s’étendant sur tout un continent. Ce titre est inscrit dans la Constitution et la désignation « dominion » (ça veut dire « puissance »), utilisée pendant plus d’un siècle, fait toujours partie de notre patrimoine.
1867 — Ontario, Québec, Nouvelle‑Écosse, Nouveau‑Brunswick
1870 — Manitoba, Territoires du Nord‑Ouest (T.N.‑O.)
1871 — Colombie‑Britannique
1873 — Île‑du‑Prince‑Édouard
1880 — Transfert des îles de l’Arctique (aux T.N.‑O.)
1898 — Territoire du Yukon
1905 — Alberta, Saskatchewan
1949 — Terre-Neuve et Labrador
1999 — Nunavut
Le saviez‑vous? Dans les années 1920, certains estiment que les Antilles britanniques (les territoires britanniques dans la mer des Caraïbes) devraient être annexées au Canada. Cela n’a pas lieu, mais le Canada et les pays et territoires des Antilles membres du Commonwealth entretiennent aujourd’hui d’étroites relations.

Quand, en 1869, le Canada prend possession des vastes régions du Nord-Ouest transférés par la Compagnie de la Baie d’Hudson, les 12 000 Métis de la rivière Rouge ne sont pas consultés. En réaction, Louis Riel mène une révolte armée et s’empare de Fort Garry, la capitale territoriale. L’avenir du Canada est menacé. Comment le Dominion peut-il s’étendre d’une mer à l’autre s’il ne domine pas son territoire?
En 1870, Ottawa envoie des soldats pour reprendre Fort Garry. Riel s’enfuit aux États‑Unis et le Canada crée une nouvelle province, le Manitoba. Riel est élu au Parlement, mais il n’occupera jamais son siège. Plus tard, les droits des Métis et des Indiens sont de nouveau menacés par l’accroissement de la colonisation vers l’Ouest et, en 1885, une deuxième révolte dans l’actuelle Saskatchewan mène au procès de Riel et à son exécution pour haute trahison, jugement auquel s’oppose fermement le Québec. Beaucoup voient en Riel un héros, un défenseur des droits des Métis et le père du Manitoba.
En 1873, après la première révolte des Métis, Macdonald crée la Police à cheval du Nord‑Ouest afin de pacifier l’Ouest et de faciliter les négociations avec les Indiens. La Police fonde Fort Calgary, Fort MacLeod, et d’autres centres qui sont devenus d’importantes villes. Regina devient son quartier général. Aujourd’hui, la Gendarmerie royale du Canada (GRC ou « police montée ») est la force nationale de police et l’un des symboles les plus connus de notre pays. Certains des héros les plus colorés du Canada, comme le major-général sir Sam Steele, sont issus des rangs de la police montée.

De gauche à droite : Fort Garry, 1863 : le drapeau de la Compagnie de la Baie d’Hudson a flotté au-dessus de l’Ouest canadien pendant 200 ans avant la Confédération
Sir Sam Steele : grand héros de la conquête de l’Ouest, membre de la Police à cheval du Nord-Ouest et soldat de la reine
La résistance des Métis : Gabriel Dumont est le plus grand des chefs militaires métis


L’économie du Canada se développe et s’industrialise durant le boom économique des années 1890 et du début du vingtième siècle. À cette époque, un million de Britanniques et un million d’Américains immigrent au Canada.
Sir Wilfrid Laurier est le premier Canadien français à devenir premier ministre depuis la Confédération. Son portrait figure sur les billets de cinq dollars. Il encourage l’immigration vers l’Ouest, et grâce au chemin de fer, 170 000 Ukrainiens, 115 000 Polonais et des dizaines de milliers d’Allemands, de Français, de Norvégiens, de Suédois et d’autres immigrants s’établissent dans l’Ouest canadien avant 1914 et y développent un secteur agricole prospère.

La plupart des Canadiens sont fiers de faire partie de l’Empire britannique. Plus de 7 000 se portent volontaires pour participer à la Guerre d’Afrique du Sud (1899–1902), communément appelée la guerre des Boers, où plus de 260 d’entre eux trouvent la mort. En 1900, des Canadiens combattent dans les batailles de Paardeberg (« montagne aux chevaux ») et de Lillefontein, des victoires qui renforcent la fierté nationale au Canada.
Quand l’Allemagne attaque la Belgique et la France en 1914 et que la Grande‑Bretagne déclare la guerre, Ottawa constitue le Corps expéditionnaire canadien (devenu plus tard le Corps canadien). Plus de 600 000 Canadiens participent à la guerre — la plupart volontairement — sur une population totale de 8 millions.
Sur le champ de bataille, les soldats canadiens se révèlent combatifs et audacieux. Le Canada prend part à la tragédie et au triomphe du Front de l’Ouest. Le Corps canadien s’empare de la crête de Vimy en avril 1917, au prix de 10 000 morts et blessés, solidifiant ainsi la réputation de bravoure des Canadiens en tant que « troupes de choc de l’Empire britannique ». Un officier canadien a affirmé : [traduction libre] « C’était tout le Canada de l’Atlantique au Pacifique qui passait. Pendant ces quelques minutes, j’ai assisté à la naissance d’un pays ». Le 9 avril est le Jour de la bataille de Vimy.
Malheureusement, de 1914 à 1920, Ottawa a interné plus de 8 000 anciens ressortissants austro-hongrois, principalement des Ukrainiens de sexe masculin, à titre de « ressortissants d’un pays ennemi » dans 24 camps de travail partout au pays, même si la Grande-Bretagne avait déconseillé au Canada de le faire.
Sous le commandement du général sir Arthur Currie, le plus grand soldat canadien, le Corps canadien progresse aux côtés des soldats français et britanniques durant les cent derniers jours du conflit. C’est alors qu’a lieu la bataille victorieuse d’Amiens, le 8 août 1918 – date que les Allemands ont baptisée « le jour noir de l’armée allemande » –, suivie de celles d’Arras, du Canal du Nord, de Cambrai et de Mons. Avec la capitulation de l’Allemagne et de l’Autriche, la guerre prend fin à l’Armistice, le 11 novembre 1918. Au total, 60 000 Canadiens ont été tués et 170 000, blessés. La guerre a renforcé à la fois la fierté nationale et la fierté impériale, surtout dans le Canada anglais.


À l’époque de la Confédération, le droit de vote est limité aux hommes blancs adultes et propriétaires, ce qui est courant dans la plupart des pays démocratiques de l’époque. Les efforts des femmes pour obtenir le droit de vote sont connus sous le nom de « mouvement des suffragettes ». La fondatrice de ce mouvement est la Dre Emily Stowe, première femme canadienne à pratiquer la médecine au Canada. En 1916, le Manitoba devient la première province à accorder le droit de vote aux femmes.
En 1917, grâce aux efforts mobilisateurs de femmes comme la Dre Stowe et d’autres suffragettes, le gouvernement fédéral de sir Robert Borden donne aux femmes le droit de vote aux élections fédérales – d’abord aux infirmières qui se trouvent au front, puis aux femmes ayant un lien de parenté avec des hommes en service militaire actif. En 1918, la plupart des citoyennes canadiennes d’au moins 21 ans ont le droit de voter aux élections fédérales. En 1921, Agnes Macphail, fermière et enseignante, devient la première députée. En raison du travail de Thérèse Casgrain et d’autres personnes, le Québec a accordé le droit de vote aux femmes en 1940.

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Après la Première Guerre mondiale, l’Empire britannique se transforme en une association libre d’États connue sous le nom de Commonwealth britannique des nations. Le Canada demeure aujourd’hui l’un des principaux membres du Commonwealth, avec d’autres États successeurs de l’Empire comme l’Inde, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande, en plus de nombreux pays d’Afrique et des Antilles.
On appelle les « Années folles » les années 1920, une période de grande prospérité économique et de faible chômage. Les Années folles se terminent toutefois par
le krach boursier de 1929 et laissent place à la Grande Dépression, une décennie sombre durant laquelle le chômage atteint 27 % — en 1933 — et beaucoup d’entreprises sont anéanties. Les agriculteurs de l’Ouest canadien sont les plus durement touchés, en raison des prix faibles et d’une terrible sécheresse.
On réclame de plus en plus du gouvernement qu’il crée un filet de sécurité sociale avec un salaire minimum, une semaine de travail normalisée et des programmes comme l’assurance‑chômage. La Banque du Canada, une banque centrale chargée de gérer la masse monétaire et d’apporter la stabilité au système financier, est créée en 1934. L’immigration diminue et beaucoup de réfugiés sont refusés, y compris des Juifs essayant de fuir l’Allemagne nazie en 1939.

L’invasion du jour J, le 6 juin 1944
Pour vaincre le nazisme et le fascisme, les Alliés envahissent le territoire européen occupé par les nazis. Les Canadiens participent à la libération de l’Italie en 1943–1944. Le 6 juin 1944, date connue sous le nom de « jour J », prenant part dans le Nord de la France à l’invasion épique de la Normandie, 15 000 soldats canadiens se lancent à l’assaut de la plage Juno et l’arrachent à l’armée allemande, une grande réalisation nationale représentée dans cette peinture d’Orville Fisher. Ce jour-là, environ un soldat allié sur 10 est canadien. L’Armée canadienne libère les Pays‑Bas en 1944–1945 et c’est en partie grâce à elle que les Allemands sont forcés de se rendre le 8 mai 1945, mettant ainsi fin à six années de guerre en Europe.

La Seconde Guerre mondiale débute en 1939, quand Adolf Hitler, le dictateur national-socialiste (nazi) de l’Allemagne, envahit la Pologne et conquiert une grande partie de l’Europe. Le Canada s’unit à ses alliés démocratiques pour combattre et vaincre cette tyrannie par la force des armes.
Plus d’un million de Canadiens et de Terre-Neuviens participent à la Seconde Guerre mondiale, soit une proportion élevée de la population de 11,5 millions d’habitants, et de ce nombre, 44 000 sont tués.
Les Canadiens combattent bravement et subissent des pertes dans la défense infructueuse de Hong Kong (1941), attaquée par l’empire du Japon, et dans un raid raté contre les nazis à Dieppe, sur la côte française (1942).
L’Aviation royale du Canada participe à la bataille d’Angleterre et fournit bon nombre des membres d’équipage du Commonwealth pour les bombardiers et les chasseurs en Europe. Le Canada contribue plus que tout autre pays du Commonwealth à l’effort aérien des Alliés; en effet, plus de 130 000 membres d’équipage alliés sont formés au Canada dans le cadre du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique.
La Marine royale du Canada connaît son moment de gloire dans la bataille de l’Atlantique, alors qu’elle protège des convois de navires marchands contre les sous-marins allemands. La marine marchande du Canada aide à nourrir, à vêtir et à réapprovisionner la Grande-Bretagne.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada dispose de la troisième marine en importance au monde.
Durant la guerre du Pacifique, le Japon envahit les îles Aléoutiennes, attaque un phare sur l’île de Vancouver, lance des ballons piégés au-dessus de la Colombie-Britannique et des Prairies et maltraite gravement des prisonniers de guerre canadiens capturés à Hong Kong. Le Japon capitule le 14 août 1945, mettant ainsi fin à quatre années de guerre dans le Pacifique.
Malheureusement, compte tenu de l’état de guerre et sous la pression de l’opinion publique en Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral déplace contre leur gré de nombreux Canadiens d’origine japonaise et procède à la vente de leurs biens sans les compenser, même si l’armée et la GRC soutiennent que ces personnes présentent peu de danger pour le pays. En 1988, le gouvernement du Canada a présenté ses excuses aux Canadiens d’origine japonaise pour les torts causés en temps de guerre et a indemnisé les victimes.