Préserver et promouvoir le patrimoine culturel des Noirs au Canada

Buts et objectifs

Les buts principaux visés par le sommet de planification de la relève d’une journée étaient :

  • de faciliter le transfert du savoir intergénérationnel entre les conservateurs et administrateurs actuels de ces musées et les jeunes afin de favoriser la mise sur pied d’un groupe de jeunes gestionnaires enthousiastes et innovateurs à l’intention de ces musées;
  • de créer un réseau informel qui servira de communauté de pratique pour le transfert intergénérationnel du savoir ainsi que des mécanismes efficaces et modernes en vue de communiquer l’information au public en général;
  • de proposer des modèles de réussite pour le transfert intergénérationnel du savoir et présenter des méthodes créatives en vue de préserver et de promouvoir les musées sur l’histoire des Noirs en tant que composante indispensable à l’identité canadienne.

Structure et organisation

Le 4 février 2009, l’honorable Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, a animé une réception au Musée canadien de la guerre à Ottawa afin de marquer le début du Mois sur l’histoire des Noirs au Canada en 2009. Au cours de la réception, le ministre a rappelé à l’audience que la célébration du Mois sur l’histoire des Noirs dans toute l’Amérique du Nord était un moment privilégié durant lequel les membres de la communauté noire partagent avec l’ensemble de la population des événements marquants de notre histoire collective.

L’événement, qui a attiré plus de 250 personnes, dont les participants au sommet d’une journée, a donné au ministre l’occasion de préciser le thème du Mois sur l’histoire des Noirs, c’est‑à‑dire, « les Canadiens de race noire et leurs contributions à l’identité canadienne ». « Nous commémorons ces contributions pendant le mois, a affirmé le ministre, en mettant l’accent sur trois des nombreuses façons dont les Canadiens de race noire ont donné une contrepartie au pays pour les bienfaits reçus : que ce soit dans les domaines militaire et sportif (en particulier les sports olympiques) ou par la création et la préservation de musées remémorant l’histoire des Noirs au Canada. » Il a invité les participants à élaborer un plan d’action en vue de donner aux jeunes professionnels la possibilité de perfectionner leurs compétences en matière de gestion et de maintien des établissements destinés à la préservation et à la promotion de l’identité des Afro‑Canadiens.

Le sommet de planification de la relève a eu lieu le 5 février aux ateliers C et D du Musée canadien de la guerre. La salle était décorée d’affiches; on y trouvait aussi des bulletins ministériels et communautaires ainsi que l’exposition En route vers le nord — Le voyage vers la liberté. L’exposition, produite par l’Agence Parcs Canada en collaboration avec le Programme du multiculturalisme, retrace l’histoire du long et courageux parcours des Canadiens de race noire à la lumière depersonnages et d’événements d’importance historique nationale ainsi que de lieux historiques nationaux.

Après la présentation des représentants officiels du Ministère par la facilitatrice, Dominique Dennery, les participants ont été accueillis par Andrew Griffith, directeur général, Citoyenneté et Multiculturalisme. Il a signalé que le Mois sur l’histoire des Noirs était une excellente occasion pour les conservateurs et administrateurs de musées sur l’histoire des Noirs ainsi que pour les jeunes de travailler ensemble en vue de faciliter le transfert intergénérationnel du savoir. M. Griffith a exprimé l’espoir que les participants utilisent la journée pour examiner de près les possibilités et les modèles; pour tirer parti des expériences et des connaissances des autres; et pour trouver des façons de travailler ensemble le plus efficacement possible.

L’importance de cet exercice, a-t-il ajouté, tenait au fait que le groupe s’était réuni pour élaborer un plan de transition harmonieuse ou de relève. Ainsi, on veillait à ce que l’important héritage afro-canadien et les brillantes histoires de notre identité canadienne, telles les contributions de Abraham Doras Shadd et de Rosemary Brown qui ont été honorés pendant le mois de février par la création d’un timbre commémoratif de Postes Canada, soient préservés et partagés avec tous les Canadiens. Il a conclu que les futures générations d’enfants afro-canadiens avaient besoin de se retrouver dans l’histoire de notre pays.

Voici certaines des activités de la journée :

  • une entrevue et un dialogue informels modérés avec un groupe d’experts sur des problèmes auxquels font face les musées sur l’histoire des Noirs;
  • des exposés et des discussions de groupe avec des objectifs fixés en ce qui a trait à des modèles possibles relatifs au transfert du savoir, au mentorat, aux expériences pratiques et aux pratiques exemplaires.

Groupe d’experts sur l’héritage

Musées sur l’histoire des Noirs du Canada : le passé, le présent et le futur

La première séance de la journée comprenait une entrevue et un dialogue animé avec deux membres du groupe d’experts :

  • Henry Bishop, PhD, conservateur en chef et directeur du Black Cultural Centre of Nova Scotia
  • Shannon Prince, conservatrice au Buxton National Historic Site and Museum

Durant cette séance interactive, on a échangé différents points de vue sur le mandat des établissements, l’expérience que les membres ont acquise au fil des ans et le rôle des jeunes quant à la promotion et à la préservation de l’héritage afro‑canadien.

Quatre éléments clés sont ressortis :

1. Musées sur l’histoire des Noirs du Canada – Situation actuelle 

  • Ces petits musées ont été créés au départ pour servir de dépôt aux objets des familles; ils sont considérés comme un berceau et une vitrine de l’activité culturelle.
  • De nombreux petits musées doivent leur existence au dévouement et à la passion des membres de la famille et de quelques personnes qui demeurent résolus à parler de l’établissement au pays de leurs aïeux et de leur vie.
  • Ces musées ont été créés parce que les musées grand public traditionnels excluaient l’expérience afro-canadienne.
  • Les personnes de race noire au Canada font partie intégrante de ce pays; elles ne sont pas juste un legs de l’esclavage. Les musées sur l’histoire des Noirs représentent le trait distinctif de cette transition.

2. Fierté et réussites des établissements

  • L’existence de ces petits musées qui sont des trésors pour touristes et qui sont utilisés pour des rassemblements de la famille éloignée comme lors des célébrations organisées pendant la fin de semaine de la fête du Travail à Buxton (« Annual Homecoming ») suscite une grande fierté chez les conservateurs. Ces célébrations, qui en sont maintenant à leur 85e année, attirent près de 5 000 membres de la famille provenant de partout en Amérique du Nord vers une ville comptant actuellement 1 000 habitants.
  • Les musées sur l’histoire des Noirs illustrent une histoire qui remonte au-delà de l’ère de l’esclavage et qui démontre que les personnes de race noire au Canada ne sont pas seulement des descendants d’esclaves, mais aussi des descendants de reines et de rois africains.
  • Le « Cultural Scene Investigation » (CSI), un programme du Black Cultural Centre of Nova Scotia, aide à introduire l’héritage des Noirs et leur histoire dans les programmes d’études des écoles élémentaires en Nouvelle-Écosse.
  • Le « Voices of Freedom », un programme célèbre du Buxton National Historic Site and Museum dans le Sud-Ouest de l’Ontario, s’inspire d’une photographie de 1910; il permet aux étudiants et aux enseignants, jeunes et vieux, de travailler ensemble, en s’appuyant sur des documents de recherche, pour discuter de questions liées au patrimoine.
  • L’élection du premier président noir des États-Unis et le récent livre à succès de Lawrence Hill, intitulé Book of Negroes, ont allumé une soif d’information à l’égard des personnes de descendance africaine en Amérique du Nord. Cela a eu pour effet d’augmenter le nombre de visites dans les musées.

3. Principales inquiétudes

  • On s’inquiète grandement du fait de savoir qui remplacera les conservateurs de musées actuels. Il existe aussi un besoin pressant de planification de la relève et d’un financement viable afin de préserver et de promouvoir le patrimoine des Canadiens de race noire.
  • La préparation et la formation au sein de la jeunesse actuelle sont insuffisantes pour entreprendre du travail muséologique.
  • Il faut en faire davantage, plus particulièrement en Nouvelle-Écosse, pour communiquer un savoir aux jeunes de race noire et les rendre fiers de l’histoire des Noirs qu’il vaut la peine de préserver. Puisqu’il n’existe qu’un seul musée sur l’histoire des Noirs dans la province, bon nombre de gens perçoivent le travail muséologique comme une activité destinée aux Canadiens de race blanche et ces jeunes se montrent peu intéressés par la muséologie.

4. Préserver un patrimoine 

  • Les musées et les bibliothèques menant des activités de sensibilisation à l’expérience afro-canadienne doivent être reliés aux établissements scolaires où se fait la socialisation des jeunes.
  • Les études des Noirs doivent être davantage intégrées au programme d’études du système scolaire. Il faut cultiver des relations avec les commissions scolaires et les éducateurs pour faire ressortir la pertinence des programmes de musées sur l’histoire des Noirs au Canada dans le cadre des programmes d’études.
  • Certaines de ces études des Noirs peuvent être présentées en combinant l’histoire et le divertissement et, de préférence, par une personne passionnée d’histoire et de patrimoine.
  • Le système d’éducation doit présenter l’histoire des Noirs dans le contexte d’une histoire canadienne inclusive afin que les jeunes de race noire puissent connaître leurs origines et tirer une grande fierté de leur histoire. Cela dit, on doit prendre soin d’insister sur le fait que « nous sommes tous Canadiens » et de ne pas établir une distinction entre « l’histoire des Noirs » et « l’histoire canadienne ».
  • On doit encourager les établissements scolaires des grandes villes à visiter les musées sur l’histoire des Noirs du Canada, à donner à leurs étudiants une chance d’apprendre d’une manière différente et d’être ouverts à de nouvelles informations et expériences : entrevues d’histoire orale, création de stands portatifs, etc.
  • Les étudiants doivent être encouragés à entreprendre des projets où ils veulent faire des recherches sur l’héritage afro-canadien. Il faudrait faire participer les jeunes dès le début et leur faire sentir qu’ils sont habilités et trouver au moins un jeune qui est suffisamment passionné pour donner l’exemple et agir comme un « agent culturel ». Il faut tirer parti de l’excitation causée par l’élection du président Obama pour « enregistrer l’histoire à mesure que nous la faisons ».
  • Il faudrait reconnaître l’importance de l’excellence, maintenir des normes élevées, et être des visionnaires de la perception qu’auront d’eux-mêmes les Canadiens de race noire dans dix ou vingt ans. Tout le monde souhaite incarner la réussite.
  • Il faut penser « en dehors des sentiers battus » lorsqu’on est à la recherche d’un financement; il ne faut pas travailler en vase clos, mais plutôt créer des liens avec d’autres groupes culturels et organisations en échangeant de l’information et des faits intéressants.
  • Il faut s’assurer du financement nécessaire au parrainage ou à l’apprentissage des conservateurs des musées sur l’histoire des Noirs au Canada; il faut aussi tirer parti des événements qui remportent du succès, tels que l’événement Annual Homecoming célébré à Buxton afin d’attirer des gens du Canada et de l’étranger pour entreprendre des travaux de recherche.
  • Il faut être responsable et transparent et voir à une bonne gouvernance.
  • Il est temps que l’on crée une coalition de musées sur l’histoire des Noirs.

Publireportage sur les outils disponibles

Réseau canadien d’information sur le patrimoine : Outils auxquels vous pouvez avoir accès

Présentateurs

  • Jennifer Baird, chef de projet, Programme d’investissement du Musée virtuel du Canada, Réseau canadien d’information sur le patrimoine (RCIP), ministère du Patrimoine canadien
  • Ern Bieman, analyste de l’information sur le patrimoine, Perfectionnement professionnel et gestion des ressources numériques (RCIP), ministère du Patrimoine canadien

Les deux présentateurs ont donné un aperçu du RCIP; ils ont aussi parlé des possibilités qui s’offrent aux musées dans le cadre du programme Jeunesse Canada au travail et du Musée virtuel du Canada.

Chaque année, le programme Jeunesse Canada au travail crée environ 2 300 emplois destinés aux étudiants et aux jeunes diplômés; il leur donne l’occasion de mettre leurs compétences à l’épreuve, d’acquérir une expérience professionnelle, de financer leurs études ou de démarrer leur carrière. Les musées sur l’histoire des Noirs peuvent bénéficier de ce programme en présentant une demande de stagiaires pour l’été.

Le Programme d’investissement pour des expositions virtuelles est ouvert à tous les musées publics et à but non lucratif qui ont démontré leur détermination à travailler en collaboration avec des collègues de partout au pays en devenant membres ordinaires ou contributeurs du Réseau canadien d’information sur le patrimoine. Il s’adresse en outre aux organismes qui représentent ou gèrent plusieurs établissements et qui présentent des propositions au nom de plusieurs musées. Une présence sur le site Web du Musée virtuel permettra aux musées sur l’histoire des Noirs et à leurs expositions d’être vus par le public canadien des quatre coins du pays.

Les présentateurs ont invité les participants à effectuer un suivi auprès du RCIP et l’Association des musées canadiens (AMC), l’association nationale des musées au Canada, dont l’objectif est de promouvoir les musées publics au Canada et les œuvres qui y sont présentées. Des représentants de l’AMC, qui avaient apporté avec eux des trousses d’information, ont assisté au sommet.

Nouvelles pratiques

Passer le flambeau : modèles de réussite en matière de transfert intergénérationnel du savoir

Membres du groupe d’experts 

  • Elizabeth Goger, vice-présidente, Ressources humaines et services aux bénévoles, Musée canadien des civilisations
  • Lisa Leblanc, gestionnaire, Programmes et interprétation, Musée canadien de la guerre
  • Hélène Samson, conservatrice, Archives photographiques Notman, Musée McCord, qui est intervenue à la dernière minute pour remplacer Bill Barkley, consultant auprès des musées

Les présentatrices ont saisi l’occasion pour donner des détails, non seulement sur le mode de transmission du savoir au sein de leurs organisations, mais aussi sur la façon dont elles ont fait appel au public pour transmettre l’information sur d’importantes activités ayant lieu dans leurs musées. Ces détails concernaient tous les musées, quelle que soit leur taille.

Trois points principaux sont ressortis :

  • En ce qui a trait à la planification de la relève, il importe de transmettre les connaissances organisationnelles par la mise en place de postes intérimaires, d’affectations temporaires et d’emplois pour étudiants. Les retraités éventuels doivent donner un préavis d’au moins un an afin qu’on ait suffisamment le temps de parrainer les nouveaux employés et ceux qui font l’objet d’affectations intérimaires ou temporaires.
  • L’engagement, par le Musée canadien de la guerre, de bénévoles de la collectivité, qui sont membres des programmes d’interprétation, contribue à « faire revivre l’histoire ». Des bénévoles ayant une connaissance approfondie du domaine transmettent aux visiteurs de l’information de première main sur des personnalités importantes et sur des questions complexes liées à l’histoire canadienne. Il s’agit d’un excellent programme de sensibilisation, souvent financé par une aide extérieure, qui communique des renseignements historiques et accroît l’intérêt du public à l’égard des activités du musée.
  • L’expérience ethnique au Canada est un élément important de l’histoire canadienne et un élément indispensable à la formation de notre identité canadienne. Les membres du groupe d’experts ont convenu qu’il était crucial de collaborer tôt avec les communautés ethniques concernées lorsqu’on prépare des expositions de nature délicate liées à l’expérience ethnique au Canada. Cette coopération devrait également faire l’objet d’une reconnaissance officielle.

Dialogue sur l’avenir souhaité

Les participants ont formé des équipes multi-générationnelles afin de favoriser le dialogue et de mettre en évidence les éléments d’une vision commune de l’avenir des musées sur l’histoire des Noirs du Canada, à partir de tout ce qui a été discuté durant l’avant-midi. Des « cartons des visions », composés d’images de magazines et d’autres matériels créés par les participants, présentaient une illustration graphique des attentes de ces derniers et donnaient le ton pour les séances de travail qui étaient prévues après le dîner. Certaines photographies des cartons de visions qui ont été produits figurent dans l’annexe E du présent rapport.

 

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