Préserver et promouvoir le patrimoine culturel des Noirs au Canada

Le Café du savoir

Solutions en matière de planification de la relève

Thèmes

  • Le chaînon manquant : Quelles lacunes doivent être comblées – les réseaux? les partenariats? la structure de travail? l’apprentissage? – afin de permettre aux musées sur l’histoire des Noirs du Canada de survivre et de prospérer?
  • Le bassin de candidats de la relève : Où sont les éléments de relève? Comment faciliter le jumelage et le mentorat entre les conservateurs et les éléments de relève potentiels? Comment créons-nous le bassin de candidats de la relève? Comment transférons-nous le savoir?
  • L’engagement des jeunes : Sommes-nous invisibles – que pouvons-nous faire mieux connaître auprès des jeunes? Qu’est-ce qui peut attirer les jeunes aux musées sur l’histoire des Noirs du Canada? Comment pouvons-nous stimuler l’intérêt des jeunes générations pour la préservation et la célébration de l’histoire des Noirs?

Après le dîner, les participants se sont déplacés entre les différentes « tables thématiques » dans le cadre de quatre sessions organisées en vue d’examiner les questions soulevées lors de l’analyse des thèmes susmentionnés. Au cours de la session finale, les différents groupes ont défini les principales solutions, accompagnées de suggestions détaillées de ce qui pourrait être fait, de quelle manière et par qui, ainsi que les résultats attendus et le calendrier d’exécution.

En raison des discussions enthousiastes et des contraintes de temps, ce ne sont pas tous les rapports produits par les groupes qui contenaient des renseignements détaillés, ainsi qu’il a été demandé, en ce qui a trait aux résultats et au calendrier d’exécution. Cependant, tous les rapports recommandaient les principales solutions qui ont été bien examinées.

Le chaînon manquant

À cette table thématique, les participants ont posé un certain nombre de questions pertinentes à examiner au cours de la session 1 :

  • Où commençons-nous?
  • Y a-t-il un souci commun, un dialogue qui est déjà établi?
  • Comment suscitons-nous l’intérêt et la participation des gens à l’égard de la relève?
  • Quels sont les obstacles à la participation des gens?
  • Comment pouvons-nous sensibiliser davantage les gens et mettre en évidences les modèles de rôle existants?
  • Comment pouvons-nous renforcer les ressources actuelles et comment pouvons-nous avoir accès aux nouvelles ressources dans les domaines suivants :
    • capital humain;
    • savoir;
    • financement;
    • outils.
  • Comment pouvons-nous trouver les ressources existantes?
  • Comment trouvons-nous les voies d’accès et comment pouvons-nous plaider en faveur de l’accès aux ressources requises pour tenir à jour nos sites, planifier la relève, etc.?

Après un grand nombre de discussions, trois solutions ont été proposées :

  1. Créer un sous-comité sous l’égide de l’Association des musées canadiens. Ce comité pourrait s’appeler « l’association canadienne des nouveaux professionnels dans le domaine de la muséologie ». Ce genre d’association existe déjà sous l’égide de l’American Association of Museums et on pourrait l’adapter à cette proposition.

    Le sous-comité en question pourrait s’appuyer sur les idées et les tâches suivantes :
    • nouveaux professionnels et professionnels bien établis;
    • information actuelle concernant les modèles de rôle, les stages et le mentorat;
    • groupe d’intervention qui repère des sources de financement;
    • chercheurs et représentants qui savent comment avoir accès à du financement.
  2. Établir des partenariats plus solides avec des établissements postsecondaires
    • développer des stages de plus longue durée;
    • obtenir plus de fonds pour les programmes de stage nationaux.
  3. Avoir accès au financement de soutien en :
    • fusionnant les initiatives des différentes régions;
    • pensant en dehors de la perspective régionale pour tenir compte d’une perspective provinciale ou nationale afin d’assurer une représentation.

Les participants à cette table thématique ont convenu d’examiner la première solution pour y apporter des précisions et ont proposé les étapes suivantes.

Prochaines étapes en vue de la création d’une « association canadienne des nouveaux professionnels dans le domaine de la muséologie » :

  • rédiger une proposition et la présenter à la prochaine conférence nationale de l’AMC;
  • chercher à établir des liens avec des sociétés partenaires possibles;
  • trouver des approches originales : faire intervenir des conservateurs, des étudiants, des personnes âgées, des membres du conseil;
  • commencer à établir une relation avec les membres du conseil et le personnel de l’AMC;
  • être actif en matière d’élaboration de politiques stratégiques;
  • consulter la base au sujet des problèmes (c.-à-d., la Black Cultural Society de la Nouvelle-Écosse et d’autres organisations potentielles ayant de nombreuses réalisations à leur actif);
  • représenter et intéresser les musées;
  • inviter le gouvernement du Canada à envisager la création d’un programme auquel pourraient s’inscrire les musées locaux en vue d’entreprendre certains projets. Les modèles relatifs à cette approche existent déjà.

Le bassin de candidats de la relève

Questions soulevées à examiner :

  • Qui sont les éléments de relève?
  • Comment pouvons-nous les attirer ou les intéresser?
  • Comment pouvons-nous les garder?
  • Comment pouvons-nous faire en sorte qu’ils prennent cela à cœur?
  • Comment pouvons-nous les aider à se prendre en charge?
  • Comment pouvons-nous les récompenser?
  • Quand devons-nous nous adresser à eux?
  • Qu’est-ce que nous aimerions qu’ils sachent?

Les participants à cette table thématique se sont concentrés sur la première question et ont déterminé que les trois catégories d’éléments de relève étaient :

  • les personnes intéressées par l’histoire ou enthousiastes au regard de l’histoire;
  • les personnes visionnaires et dévouées;
  • les étudiants qui sont ou qui peuvent être formés.

On a suggéré ce qui suit pour inciter ces personnes à participer en se prévalant des systèmes existants. Il s’agit de sensibiliser les gens, de susciter leur intérêt et de créer un enthousiasme au regard de l’histoire des Noirs :

  • collaborer avec les personnes et les institutions qui sont des partenaires potentiels;
  • offrir la possibilité de faire des « stages pratiques » dans les musées sur l’histoire des Noirs du Canada et préparer des travaux scolaires types sur l’histoire des Noirs;
  • établir des programmes stratégiques d’approche de la collectivité pour des initiatives très médiatisées;
  • mettre sur pied une tournée de présentation des musées sur l’histoire des Noirs du Canada pour un groupe restreint de villes à l’échelle du pays.

Parmi les suggestions précédentes, les participants à la table thématique ont décidé de retenir l’idée d’une tournée de présentation des musées sur l’histoire des Noirs du Canada en vue de l’examiner. Même si la question du financement n’a pas été soulevée, cette initiative a été proposée parce qu’elle englobe bon nombre des éléments qui ont été discutés :

  • La tournée de présentation des musées sur l’histoire des Noirs du Canada pourrait être une exposition itinérante (au moyen d’un autobus ou d’un camion) à laquelle participent des interprètes bénévoles, des spécialistes, des conservateurs et des jeunes travaillant comme guides.
  • Au moyen d’artéfacts, de documents, de photographies, de vidéos et de musique, la tournée à l’échelle du Canada peut transmettre un message suscitant l’enthousiasme et la fierté des collectivités visitées et y créer une effervescence.
  • La tournée peut faire une halte dans les établissements scolaires et les musées sur l’histoire des Noirs et d’autres musées, sur des lieux historiques, dans des festivals et d’autres rassemblements communautaires.
  • Dans le cadre de la tournée, tout en transmettant des connaissances et de l’information, on invitera tous les Canadiens à établir un lien véritable avec les fondements de l’exploration du Canada, la diversité culturelle canadienne ainsi que la formation de notre identité canadienne.

Engagement des jeunes

L’intérêt à l’égard de ce thème a donné lieu à la création de deux tables thématiques.

Table A

Questions soulevées à examiner :

  1. Quels groupes d’âge doivent être ciblés?
  2. Où doit-on cibler les jeunes? À la maison? À l’école?
  3. Comment pouvons-nous aider les jeunes à se prendre en charge?
  4. Comment lierons-nous l’histoire avec le présent?
  5. Comment amener les jeunes à se sentir à l’aise avec le legs de l’esclavage?
  6. Qui stimule l’intérêt de ces jeunes? Les médias? Les enseignants?
  7. Comment laisser une impression durable et assurer le maintien des connaissances?
  8. Comment proposer des modèles de rôle positifs?
  9. Comment mesurer les résultats? Le bénévolat?
  10. Comment conserver l’intérêt des jeunes?

Les participants de la table A ont décidé de développer la question 3 :
Comment pouvons-nous aider les jeunes à se prendre en charge?

Les réponses suivantes ont été proposées :

  • enseigner aux jeunes à s’estimer, à être conscients de leur valeur personnelle;
  • les jeunes doivent sentir qu’ils sont écoutés et respectés;
  • les jeunes doivent sentir qu’ils prennent part au processus décisionnel;
  • leur donner le pouvoir;
  • transmettre des perspectives culturelles;
  • donner des moyens d’agir aux parents;
  • le système d’éducation au complet doit jouer un rôle : les enseignants, les musées, les parents (avoir des retombées);
  • écouter, demander et respecter;
  • laisser les jeunes déterminer comment on doit leur enseigner ou les instruire.

Les participants de la table A ont développé les points précédents :

  • élaboration d’initiatives par les jeunes pour les jeunes, par exemple : des mentors choisis parmi les pairs et des jeunes leaders communautaires;
  • donner un pouvoir égal et consacrer un temps égal aux problèmes des jeunes;
  • accorder aux jeunes la liberté d’expression, sans intimidation;
  • créer des moyens pour s’inspirer des défenseurs de la cause des jeunes dans les groupes communautaires s’intéressant aux musées ou dans le cadre de liaisons avec des établissements;
  • valider l’expérience et les connaissances des jeunes, par exemple, celle des jeunes travaillant comme guides;
  • avoir accès à la technologie utilisée par les jeunes pour le réseautage social;
  • encourager les musées et les institutions publiques à entreprendre des initiatives spéciales de relations externes visant les jeunes.

Table B

Questions soulevées à examiner :

  1. Comment pouvons-nous attirer, éveiller et retenir l’attention des jeunes?
  2. Comment pouvons-nous faire en sorte que l’information reste accessible aux jeunes?
  3. Quel type d’outils les musées peuvent-ils partager avec les jeunes?
  4. Comment les musées peuvent-ils faire participer les jeunes et récompenser leur participation?
  5. Comment les musées peuvent-ils montrer aux jeunes que leur participation est importante?
  6. Comment pouvons-nous intégrer leur concours à nos musées?

Les participants de la table B ont décidé de développer la question 1 :
Comment pouvons-nous attirer, éveiller et retenir l’attention des jeunes?

Les réponses suivantes ont été proposées :

  • les attirer en utilisant les technologies qui ont la cote de nos jours : Facebook, YouTube, MySpace et balado; tournées virtuelles, expositions en ligne et présence sur le Web;
  • faire appel à un chef de file ou à un jeune bien vu pour parler à leurs pairs et les attirer;
  • créer des groupes de discussion composés de jeunes;
  • être présent à des activités axées sur les jeunes : concerts, événements sportifs;
  • créer des programmes qui mettent à contribution les jeunes ainsi que leur créativité.

Prochaines étapes 

Les trois premières réponses précédentes étaient considérées comme les solutions les plus prometteuses et les prochaines étapes suivantes ont été proposées :

  • établir des partenariats avec des écoles secondaires afin de donner aux jeunes la possibilité d’apprendre et d’être bénévoles dans des musées;
  • utiliser la nouvelle technologie pour rapprocher les générations et bonifier l’expérience muséale;
  • créer davantage de programmes COOP auxquels les jeunes participent et leur donner l’occasion d’acquérir plus d’expérience en muséologie;
  • former des groupes de discussion dans des centres communautaires;
  • avoir recours à un modèle de rôle régional ou communautaire pour coordonner des groupes de discussion.

Mesures de suivi

Les participants ont exprimé leur reconnaissance pour la bonne idée d’organiser un sommet de planification de la relève d’une journée au Musée canadien de la guerre et pour la conduite des ateliers. Ils se sont dits pour la plupart très satisfaits des résultats du sommet et ont promis de collaborer en vue de mettre en œuvre très rapidement des mesures visant à préserver les musées sur l’histoire des Noirs du Canada, qui sont des trésors nationaux abritant l’histoire et l’expérience des colonies de Canadiens de race noire qui se sont établies au pays.

Ils ont convenu qu’il était important de se doter des moyens nécessaires pour apprendre les uns des autres, pour agir en tant que groupe au nom de leurs institutions et ne pas attendre que l’on fasse quelque chose pour eux. On s’attend à ce que quelques conservateurs ou administrateurs chevronnés montrent la voie à suivre dans ce domaine.

À cette fin, les participants ont échangé les coordonnées des personnes-ressources en prévision de l’établissement d’un réseau en ligne officieux de dirigeants de musées sur l’histoire des Noirs du Canada. Le ministère a envoyé une liste officielle de personnes-ressources à tous les participants.

Ils ont également exprimé l’espoir que leurs suggestions soient examinées sérieusement par toutes les parties, afin qu’une nouvelle génération de conservateurs soit formée de manière à jouer un rôle dans la gestion des musées, et que la population canadienne continue d’en apprendre davantage sur l’apport des personnes de descendance africaine à la croissance et au développement de la société canadienne.

L’information sur les mesures qui ont été prises depuis la rencontre figure à l’annexe D.

Conclusion

Sylvie Lépine, gestionnaire, Éducation du public et promotion, l’un des volets du Programme du multiculturalisme, a remercié tout le monde de leur participation au sommet d’une journée. Elle a fait état de certaines des questions qui ont été abordées au cours de la journée et a ajouté qu’elle était impressionnée par la passion et le dévouement des participants ainsi que par leur désir de faire part de leurs expériences.

Elle a affirmé qu’elle était contente du fait qu’un aussi grand nombre de participants aient senti que cette journée était un pas vers l’instauration de la confiance et la création de liens. Mme Lépine a assuré aux participants que leurs évaluations du sommet seraient examinées soigneusement et a indiqué que le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration présentera, dans un avenir assez rapproché, le rapport des délibérations de la journée sur le site Web du Programme du multiculturalisme.

Elle a souhaité à tous un bon retour à la maison.

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