ARCHIVÉE – Rapport annuel sur l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien 2009–2010

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Deuxième partie : Application de la loi sur le multiculturalisme canadien dans toutes les institutions fédérales en 2009—2010

Image décrite ci-dessous

« Le passé du multiculturalisme »
Atalanta Shi
École secondaire Burnaby North (Burnaby [Colombie-Britannique])

Le dessin illustre l’histoire du Canada sur le plan de l’exploration et de l’immigration et montre des images dans un cadre de feuilles d’érable rouges et vertes étalées sur une carte du Canada.


Par l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien, le gouvernement du Canada reconnaît que la diversité de la population canadienne sur les plans de la race, de la nationalité d’origine, de l’origine ethnique, de la couleur et de la religion constitue une caractéristique fondamentale de la société canadienne et qu’il est voué à une politique du multiculturalisme destinée à préserver et à valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens, tout en s’employant à réaliser l’égalité de tous les Canadiens dans les secteurs économique, social, culturel et politique de la vie canadienne.

En vertu de la Loi, toutes les institutions fédérales ont l’obligation :

  • de faire en sorte que les Canadiens de toutes origines aient des chances égales d’emploi et d’avancement;
  • de promouvoir des politiques, des programmes et des pratiques de nature à favoriser la contribution des individus et des collectivités de toutes origines à l’évolution continue du pays;
  • de promouvoir des politiques, des programmes et des pratiques permettant au public de mieux comprendre et de respecter la diversité des membres de la société canadienne;
  • de recueillir des données statistiques permettant l’élaboration de politiques, de programmes et de pratiques tenant dûment compte de la réalité multiculturelle du pays;
  • de mettre à contribution, lorsqu’il convient, les connaissances linguistiques et culturelles d’individus de toutes origines; et,
  • généralement, de conduire leurs activités en tenant dûment compte de la réalité multiculturelle du Canada.

Selon la Loi, les institutions fédérales désignent les ministères, offices, commissions ou conseils ou les autres organismes ou bureaux qui sont chargés de fonctions administratives sous le régime d’une loi fédérale ou en vertu des attributions du gouverneur en conseil, ainsi que les établissements publics ou les sociétés d’État tels qu’ils sont définis dans l’article 2 de la Loi sur gestion des finances publiques.

Le Multiculturalisme est pris en compte dans les mandats, les politiques, les programmes, ainsi que les pratiques liées à l’emploi et à l’exploitation des institutions fédérales. Les institutions varient sur le plan de la taille, de l’emplacement et du mandat. Par exemple, certaines institutions ont un mandat national et des points de service dans des communautés aux quatre coins du pays, comme la Société canadienne des postes. D’autres institutions ont leur siège social hors de la région de la capitale nationale et un mandat différent selon la région, comme le ministère de la Diversification de l’économie de l’Ouest.

Au total, 134 institutions ont fourni des observations en vue du Rapport 2009—2010, ce qui représente une augmentation de 8 pour cent par rapport à la période 2008—2009 et une augmentation globale de 15 pour cent par rapport à la période 2007—2008.

Les exemples exposés dans le présent chapitre représentent les travaux entrepris par les institutions fédérales. Ils ne sont pas exhaustifs, mais ils visent à illustrer la façon dont les institutions ont interprété la Loi dans le contexte de leur mandat et des ressources disponibles durant la période visée par le Rapport.

2.1 Défis liés à l’application de la Loi

En plus de mettre en évidence plusieurs réalisations notables de la période visée par le Rapport, certaines institutions ont cerné des obstacles et des défis liés à la réalisation des activités de multiculturalisme planifiées. Le présent chapitre décrit les défis auxquels les institutions fédérales ont été confrontées dans l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien durant la période 2009—2010.

La majorité des institutions fédérales (61 pour cent) ont déclaré qu’elles n’avaient été confrontées à aucun obstacle ou défi dans le cadre de l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Quelques institutions ont cerné deux grands défis liés à l’application de la Loi en 2009—2010. Cependant, dans certains cas, certaines institutions ont été confrontées à de nombreux défis.

Ressources humaines et financières limitées

Le ralentissement de l’activité économique à l’échelle mondiale a également eu une incidence sur les institutions fédérales. Il est arrivé que des fonds soient affectés à des problèmes d’ordre opérationnel ou à des situations de crise qui requéraient des fonds immédiats. Bien que la plupart des institutions n’aient rapporté aucune difficulté pour la période visée par le Rapport, 18 institutions ont mentionné que le manque de ressources humaines et financières a nui à leur capacité d’appliquer la Loi.

Comme elles l’ont mentionné dans les rapports des dernières années, les institutions fédérales continuent d’éprouver des difficultés lorsque vient le temps de trouver des employés de différents groupes culturels qui ont les compétences linguistiques nécessaires dans les deux langues officielles pour les postes qui sont désignés bilingues.

Gestion des ressources humaines

Le roulement du personnel, la planification de la relève, la formation linguistique, le recrutement et le maintien en poste sont des défis auxquels sont confrontés tous les ministères et tous les organismes. Durant l’exercice 2009—2010, 12 institutions ont fait part de leurs défis et des mesures qu’elles ont prises en ce qui a trait au changement lié à la gestion des ressources humaines.

Comme ce fut le cas au cours des années passées, les institutions fédérales continuent de mentionner qu’il est difficile de recruter des employés qui formeront une main-d’œuvre diversifiée dans des régions éloignées où le bassin de candidats ayant l’expérience et les qualifications requises est plus petit que dans les grandes collectivités. Il est également difficile de solliciter des demandes au titre des catégories des professions spécialisées, comme l’ingénierie, auprès des groupes sous-représentés. Certaines institutions, notamment Exportation et développement Canada, ont résolu ce problème en participant à des salons des carrières locaux, où des candidats de différents groupes ethnoculturels qui possèdent les compétences requises pour l’emploi spécialisé sont recrutés.

2.2 Partenariats

Dans un environnement politique polyvalent et en constante évolution, les partenariats offrent au gouvernement du Canada un avantage stratégique dans le renforcement des programmes et des services pour tous les Canadiens. Les partenariats tireront parti des forces des autres ordres du gouvernement, des organismes communautaires et du secteur privé, particulièrement au cours des périodes de récession et de reprise économique.

Les institutions fédérales établissent des partenariats en vue de mettre en commun les ressources et les connaissances, et d’offrir le meilleur à la population canadienne. Au cours de la période visée, plusieurs partenariats établis par les institutions fédérales ont tenu compte du multiculturalisme et de la diversité, ce qui a permis de forger des relations internationales plus solides, d’établir des liens avec les communautés culturelles et d’offrir de meilleurs services aux Canadiens et aux nouveaux arrivants. Ces partenariats ont permis d’améliorer les communications avec les collectivités autochtones, de créer des perspectives d’emploi, d’accroître la sensibilisation au multiculturalisme et à la diversité dans les forums internationaux et d’aborder les enjeux sociaux complexes à l’échelle communautaire.

Partenaires fédéraux

En 2009—2010, la Société du Musée canadien des civilisations a établi un partenariat avec la Commission de la capitale nationale responsable de la programmation de la cérémonie de remise des prix Génie, tout comme la Société du patrimoine asiatique et l’Institut estival de musique du Centre national des Arts, la Scène Colombie-Britannique, le Festival international d’animation d’Ottawa, le Salon du Livre et le Comité de la Journée nationale des Autochtones. Le Musée a également travaillé en étroite collaboration avec les embrassades et les associations communautaires représentant l’Égypte, le Vietnam, l’Indonésie et le Mexique pour la planification et la prestation d’une série d’événements intéressants et forts courus.

Grâce à des activités responsables de sensibilisation et d’exécution de la Loi, ainsi qu’à l’utilisation de main-d’œuvre qualifiée, de technologies et de partenariats, le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada veille à ce que les personnes et les entreprises respectent la Partie 1 de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. En 2009—2010, un cadre supérieur de la Gendarmerie royale du Canada a été invité à discuter des lignes directrices culturelles du personnel qui mène les enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale. La présentation fournissait aux employés des conseils sur l’initiation de contact et la tenue d’évaluations de conformité avec les individus et les propriétaires d’entreprise de différentes origines ethnoculturelles en satisfaisant aux exigences de la loi en matière de présentation de rapports.

Vancouver 2010

En février et en mars 2010 ont eu lieu les Jeux olympiques d’hiver de 2010 et les Jeux paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, en Colombie‑Britannique. Le Canada a accueilli 6 850 athlètes et représentants d’équipe de plus de 80 pays.

Le Secrétariat fédéral des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, qui faisait partie du ministère du Patrimoine canadien, a lancé des initiatives qui appuyaient la participation de diverses collectivités du Canada au moyen d’événements et d’activités célébrant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, dont la tournée du Pavillon du Canada, le Programme d’arts autochtones aux sites et le centre d’amitié autochtone de Vancouver. Le Secrétariat a également entrepris des initiatives visant à promouvoir les échanges et la collaboration entre les collectivités diverses au moyen d’événements et d’activités célébrant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, soit notamment les cérémonies de citoyenneté ayant comme thème les Jeux olympiques d’hiver de 2010 et la visite de l’empereur du Japon à l’Anneau olympique de Richmond. La sensibilisation effectuée auprès des jeunes avec le Programme d’arts autochtones aux sites et le centre d’amitié autochtone de Vancouver a permis la participation de différentes collectivités autochtones.

Chacune des médailles remportées aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2010 de Vancouver était une œuvre d’art unique. La Monnaie royale canadienne a produit 615 médailles olympiques et 399 médailles paralympiques qui ont été décernées dans le cadre des jeux d’hiver de 2010. Une partie différente d’œuvres contemporaines autochtones de plus grande taille figurait sur chacune des médailles, dont la surface était ondulée plutôt que plane.

De novembre 2009 à mars 2010, dans le cadre de sa mission visant à attirer l’attention sur la participation et l’inclusion des Autochtones du Canada aux Jeux olympiques de 2010, l’haut–commissariat du Canada à Londres, relevant du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a organisé une exposition intitulée Vancouver 2010 : Participation autochtone et héritage durable, élaborée avec l’appui et la collaboration de projets comme le centre culturel Squamish Lil’wat et l’équipe de surf des neiges des Premières nations.

Partenariats publics et privés

En 2009—2010, l’Office national du film a mis en place des initiatives de mentorat qui visent à aborder la question des nouveaux outils créatifs qu’offrent les nouveaux médias, notamment les productions Web originales, nouveau projet à grande échelle visant à favoriser la production de contenu original pour la télévision et le Web ainsi qu’à offrir de la formation aux cinéastes autochtones émergents. Établi en collaboration avec le Réseau de télévision des peuples autochtones, un appel de projets a été lancé à l’intention des maisons de production autochtones francophones dans le but de mettre sur pied un projet de coproduction de six documentaires pour la télévision de trente minutes chacun à l’intention des jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans. Le projet comporte également un volet interactif conçu pour les plateformes électroniques (p. ex., le Web, la baladodiffusion) et un volet formation qui consiste en deux stages de production à l’intention des Autochtones.

Au moyen du Programme de réussite scolaire des étudiants des Premières nations, le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien a fourni un financement aux écoles administrées par les bandes au Canada dans le but d’améliorer les résultats des étudiants dans les trois domaines prioritaires suivants : la maîtrise de la lecture et de l’écriture, le calcul et la rétention scolaire. Le Programme encourage les écoles à élaborer des plans de réussite scolaire, à réaliser des évaluations des élèves et à mettre en place des systèmes de mesure du rendement afin qu’elles puissent assurer le suivi de leurs progrès et de leurs élèves de la maternelle à la 12e année. Le Programme fait partie d’une initiative plus large, appelée l’Initiative de réforme de l’éducation des Premières nations, annoncée en décembre 2008. En 2009—2010, le Comité national de sélection a approuvé 19 propositions, ce qui représente environ 75 pour cent des écoles administrées par les bandes et 52 000 élèves au Canada.

Partenaires internationaux

Depuis 2002, l’École de la fonction publique du Canada et l’Escola Nacional de Administração Pública du Brésil collaborent afin de mettre en commun leurs connaissances et leurs pratiques exemplaires. Il s’agit d’un partenariat qui vise à renforcer les secteurs d’intervention au Brésil qui sont marqués par un haut niveau de pauvreté ou d’inégalité. À cette fin, en mai 2009, l’École de la fonction publique du Canada a organisé un atelier international en matière d’équité et de diversité portant sur la préparation de sujets relatifs au sexe, à l’origine ethnique et aux droits de la personne. Ces trois sujets sont à la base d’un document de travail qui a été rédigé par des écoles du gouvernement brésilien et qui leur a été distribué au niveau fédéral, municipal et étatique. Le partenariat a accru la compréhension que les fonctionnaires avaient des pratiques exemplaires au Brésil et la sensibilisation aux éléments du multiculturalisme et de diversité au Canada et au Brésil. Il vise également à utiliser ces méthodes d’apprentissage novatrices pour établir des partenariats avec les ministères et les secrétariats spéciaux pour les programmes sociaux, les droits de la personne et les questions liées à l’égalité entre les sexes et les races, ainsi qu’à appliquer le savoir acquis pour aider à résoudre les problèmes de perfectionnement professionnel. L’atelier en soi accueille plus de 75 participants provenant de près de 20 organisations différentes.
 
En novembre 2009, l’ambassade du Canada à Séoul, qui fait partie du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a organisé une conférence nationale intitulée Citizenship and Diversity in Multicultural Societies: Canadian Experience and Implications for Korea en collaboration avec l’Université Kyung Hee à Séoul. L’événement a réuni cinq chercheurs canadiens et huit chercheurs coréens qui ont discuté de toute une gamme de sujets séparés en deux volets : la migration et la citoyenneté au Canada et en Corée, et la continuité et le changement dans le multiculturalisme canadien. Alors que la Corée, un pays traditionnellement homogène, devient de plus en plus multiculturelle, ce thème a trouvé écho chez l’auditoire, composé de membres du gouvernement coréen, des universités et de la société civile. Plus de 100 participants ont assisté à la conférence.

L’ambassade du Canada au Japon, qui fait partie du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a participé à la coordination d’entrevues et a donné des renseignements à un journaliste du Globe/Asahi pour qu’il rédige des articles portant sur l’immigration et le multiculturalisme canadien. Les articles comprenaient des entrevues avec des Canadiens éminents, comme John Ralston Saul, Allan Rock et le professeur Ito Peng. Ils traitaient de sujets tels que : la manière dont l’immigration a permis au Canada de se convertir en une société équitable, novatrice et créative; la façon dont les immigrants provenant de zones de conflit peuvent commencer une nouvelle vie au Canada; et la manière dont la diversité permet au Canada d’être plus au fait des questions mondiales.

Contribuer au développement durable des pays en développement et permettre à ces pays de jouer un plus grand rôle dans les domaines de la normalisation et du commerce demeure un point central pour le Conseil canadien des normes (CCN) en 2009—2010. Le travail du CCN dans ce domaine appuie les principaux facteurs de la Loi sur le multiculturalisme canadien ce qui solidifie les relations interculturelles entre le CCN et les autres organismes nationaux de normalisation. En partageant ses connaissances et ses outils technologiques, le CCN aide les pays en développement à établir leur propre système national de normes. En 2009—2010, le CCN a aidé la Malaisie à mettre en œuvre un système d’accréditation des organismes d’élaboration de normes et a fourni une aide technique au Ghana et à la Tunisie en vue de renforcer leurs capacités. Le CCN a aussi renouvelé les partenariats qu’il avait établis avec l’Autriche et Trinité-et-Tobago relativement à l’hébergement de systèmes d’avis électronique Export Alerte! sur les changements réglementaires liés au commerce. 

Des exemples de partenariats dirigés par le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration sont exposés dans la première partie du présent rapport.

2.3 Promotion de la compréhension interculturelle et valorisation de la diversité

Les institutions fédérales ont entrepris de nombreuses initiatives qui encouragent la compréhension interculturelle et appuient la préservation, l’amélioration, le partage et la promotion du multiculturalisme au Canada.

Cette section met en relief les activités, les programmes et les organismes financés par l’État qui mettent en valeur la diversité linguistique, religieuse et culturelle du Canada, ou encore, qui accroissent le profil du Canada au pays et à l’étranger en tant que nation adaptée et accueillante qui prospère dans un contexte multiculturel.

Le Conseil des Arts du Canada reconnaît, valorise et appuie les pratiques artistiques qui illustrent les cultures, les points de vue et la créativité des Canadiens de différents milieux. Le Service de la danse a contribué au financement accordé aux Sampradaya Dance Creations pour la mise en place de la conférence DanceIntense de 2009, une résidence de chorégraphie d’été de deux semaines qui réunissait plus de vingt danseurs formés dans des formes de danse sud-asiatique. En vue de stimuler un projet de perfectionnement professionnel sans précédent dans un cadre international, le projet a pu être accompli en établissant des partenariats avec l’Université de York et des  compagnies de danse internationales, SAMPAD (Angleterre) et la Mamata Shankar Dance Company (Inde). La portée nationale du projet est stratégique, car elle introduit de nouveaux modèles de perfectionnement professionnel de danse qui seront profitables pour un grand nombre de danseurs et d’organisations sud‑asiatiques au Canada, et elle permettra de renforcer la capacité de l’agence de perfectionnement professionnelle des Sampradaya Dance Creations à atteindre ses objectifs.

Le ministère des Anciens Combattants appuie les programmes de commémoration par le Fonds de partenariat d’action communautaire et le Programme de restauration de cénotaphes et de monuments. Parmi les accords approuvés en 2009—2010, on trouvait des offres de financement aux organisations suivantes : l’Association canadienne des combattants polonais, le C.O.G.I.C. (Comitato organizzatore dei Giovani Italiani‑Canadesi); l’Organisation montréalaise des anciens combattants russophones de la Seconde Guerre mondiale; l’École Mountainview; la Première nation Nipissing; l’Odawa Native Friendship Centre; la Russian-Canadian Theatrical Community; le déjeuner Thank-A-Vet; et la filiale no 107 de la Légion royale canadienne (Association des anciens combattants belges).

Le Programme Nouveaux Horizons pour les aînés du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences encourage la participation et la contribution des aînés à leur communauté partout au Canada. Au cours de la période visée, 16 projets ont été approuvés pour du financement dans le cadre du Programme, pour un total de 1 613 262 $. Le Programme permet de souligner le rôle important que jouent les aînés de communautés ethnoculturelles et a financé bon nombre de projets qui sont dirigés ou inspirés par ces groupes d’aînés. En 2009—2010, un appel de propositions a été lancé et des projets ont été financés dans le but d’élaborer des approches faciles à reproduire, novatrices et adaptées aux réalités culturelles afin d’accroître la sensibilisation aux mauvais traitements envers les aînés au sein des communautés ethnoculturelles et entre celles-ci. Les projets portent sur l’élaboration ou l’adaptation de matériel et de ressources, tels que des feuillets d’information, des guides, des ateliers, des DVD et des sociodrames à l’intention des aînés, de leur famille et des fournisseurs de service. Voici quelques exemples de projets visant la sensibilisation aux mauvais traitements envers les personnes âgées au sein des communautés ethnoculturelles :

  • L’organisme Knights of Rizal – Innovative Cultural Approaches in the Prevention of Elder Abuse. Dans le cadre de ce projet, un modèle et du matériel documentaire adapté à la culture seront élaborés afin de sensibiliser les communautés des Philippines et de l’Asie du Sud-Est qui vivent au Manitoba au problème des mauvais traitements envers les aînés.
  • La Calgary Chinese Elderly Citizens’ AssociationHidden in the Cultural Fabric: Elder Abuse and Neglect in Ethno-cultural Communities in Alberta. Des ressources et des outils pour aider les aînés des communautés ethnoculturelles de l'Alberta à mieux connaître et comprendre le problème des mauvais traitements envers les aînés seront conçus par l’entremise du financement de projets.
  • La Korean Senior Citizens Society of TorontoElder Abuse Education for Korean Seniors and the Korean Community. Par l’entremise du financement de projets, la Société entrera en contact avec la communauté coréenne de la région du Grand Toronto en mettant au point des ressources adaptées à la culture, y compris des documents imprimés, des ateliers, des sociodrames communautaires et des activités de sensibilisation dans les médias ethniques, pour faire connaître le problème des mauvais traitements envers les aînés et l’aide communautaire disponible.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) obtient des documents qui reflètent la diversité culturelle du Canada auprès d’organisations ou d’individus dont les documents risquent d’être perdus ou détruits. Également, BAC contribue à la préservation du patrimoine archivistique d’une manière qui respecte les protocoles et les préoccupations sur le plan culturel. Ces activités d’acquisition sont axées sur la préservation des documents des groupes ethnoculturels qui ne sont pas bien représentés dans le fonds documentaire de la Bibliothèque.

La Commission canadienne d'examen des exportations de biens culturels est un tribunal indépendant établi en vertu de la Loi sur l’exportation et l'importation de biens culturels qui a trois grands domaines de responsabilité : l’attestation de biens culturels aux fins de l’impôt; l’examen des demandes de licences d’exportation refusées; la détermination d’un juste montant pour l’offre d’achat au comptant de biens culturels en ce qui concerne les demandes de licences d’exportation refusées. Ces mécanismes établis aux termes de la Loi servent à encourager et à assurer la préservation d’importants exemples du patrimoine artistique, historique et scientifique canadien qui illustrent la vaste diversité culturelle du pays. En 2009—2010, la Commission a procédé à l’attestation de 11 700 objets à caractère culturel donnés ou vendus à des institutions ou autorités publiques canadiennes désignées, et a examiné 34 appels concernant des demandes de licences d’exportations de biens culturels refusées. À titre d’exemple, la Commission a fourni une attestation au cours de la période visée pour une sculpture de bronze intitulé « les Algonquins » que l’artiste québécois Louis‑Philippe Hébert a réalisée vers 1916.

2.4 Activités d’éducation et de sensibilisation du public

Les institutions fédérales entreprennent des activités d’éducation et de sensibilisation du public afin de contribuer à la participation entière et équitable de tous les Canadiens à l’évolution et au façonnement constants de la société canadienne. Les consultations, l’éducation du public et les autres activités de sensibilisation constituent des outils essentiels que les institutions fédérales utilisent en vue de veiller à ce que les politiques et les programmes répondent aux besoins des communautés culturelles. Ils permettent également de diffuser efficacement des renseignements en vue d’accroître la sensibilisation et la participation.

Ce chapitre met en relief les activités entreprises par les institutions fédérales pour informer et consulter le public relativement aux questions liées au multiculturalisme.

Activités d’éducation et de sensibilisation du public

La Direction générale de l’investissement au Canada du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a rédigé un rapport intitulé Bienvenue au Canada : On a vos affaires à cœur, qui présente les avantages qu’offre le Canada comme emplacement d’investissement de choix. L’objectif de la publication est d’amener les investisseurs étrangers à envisager le Canada dans le plan d’investissement de leur entreprise à l’échelle mondiale. Une des caractéristiques principales du Rapport est qu’il met le Canada en valeur en le décrivant comme une société tolérante et multiculturelle, comme l’ont exprimé des investisseurs étrangers importants établis au Canada. Le rapport est disponible en français, en anglais et en chinois.

On n’a cessé d’ajouter des composantes à la portion du site Web du ministère des Anciens Combattants, intitulée Le Canada se souvient, composantes qui ont permis au Ministère de s’approcher de son but visant la participation des Canadiens à la commémoration des anciens combattants et de l’histoire militaire du Canada. La fonctionnalité Des héros se racontent consiste en une plateforme de prestation vidéo Web interrogeable comportant des entrevues avec de nombreux anciens combattants appartenant aux principaux groupes ethniques au Canada, notamment les Autochtones, les Sino‑Canadiens et les Afro‑Canadiens. En 2009—2010, les nouvelles entrevues menées auprès des anciens combattants soulignent les réalisations et les sacrifices effectués par les anciens combattants afro-canadiens et les anciennes membres du Service féminin de la Marine royale du Canada. Ces entrevues ont été ajoutées à la base de données en ligne Des héros se racontent. De plus, le contenu et le volet éducatif du site Web Le Canada se souvient visent à informer le public, particulièrement les jeunes Canadiens, au sujet des réalisations et des sacrifices effectués par les anciens combattants canadiens ainsi que de la diversité de la population des anciens combattants du Canada. Le lancement de La force francophone, module Web audiovisuel explicatif de la contribution des Canadiens francophones pendant la Deuxième Guerre mondiale, a eu lieu pendant la période visée par le Rapport. Le ministère des Anciens Combattants continue de fournir des occasions d’apprentissage au sujet des anciens combattants francophones, afro‑canadiens, autochtones et canadiens d’origine asiatique au moyen du matériel d’apprentissage, d’information du public et sur le site Web dont dispose le Ministère.

S’appuyant sur son plan stratégique 2008—2013, Élections Canada a créé des occasions de participation des électeurs de toutes origines en élaborant divers documents de sensibilisation et de communication visant à informer le public sur le processus électoral ainsi qu’à améliorer la compréhension à ce sujet et la participation. Le Guide d’information de l’électeur et un document sur les nouvelles mesures d’identification des électeurs sont disponibles sur le site Web d’Élections Canada en 27 langues d’origine ainsi qu’en 11 langues autochtones.

En février 2010, le Musée des sciences et de la technologie du Canada, en partenariat avec Jaku Konbit et Black History Ottawa (comité de l’histoire des Noirs d’Ottawa), a célébré les inventeurs et les innovateurs afro‑canadiens. L’International African Inventors Museum (musée international des inventeurs africains), une exposition itinérante qui souligne les réalisations des inventeurs et des scientifiques de race noire des quatre coins du monde, a été présentée. À l’occasion de l’exposition, Jaku Konbit a donné des conférences interactives et des démonstrations scientifiques qui visaient à encourager les jeunes, les parents, les enseignants et les participants à envisager les options de carrière qu’offre le domaine des sciences et de la technologie en les exposant aux recherches et aux réalisations effectuées par les inventeurs et les scientifiques de race noire.

La Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada s’est associée à l’Association nationale des centres d’amitié dans le but de coproduire une vidéo de 10 minutes au centre d’amitié autochtone d’Odawa, laquelle traite du fait que les personnes ont le droit de se plaindre de la conduite d’un agent de police, et explique le processus à suivre pour le faire. La tradition autochtone du récit oral a été intégrée à la vidéo afin d’expliquer le processus de plainte de façon à ce qu’il soit mieux adapté au public cible.

Fortes de la réussite du projet pilote de l’année dernière, les équipes de relations avec les médias de l’Agence du revenu du Canada des régions de l’Ontario et du Pacifique ont communiqué de façon proactive avec les médias pendant la période de production des déclarations de revenus de 2009 dans le but d’améliorer les relations avec les médias grand public, locaux et multiculturels dont la première langue n’est ni le français ni l’anglais. Cette année, les équipes ont augmenté le nombre d’entrevues et la portée de celles-ci dans le but d’inclure les langues suivantes : le chinois (mandarin), le vietnamien, l’indien (pendjabi) et le grec. Les entrevues ont permis de fournir des renseignements sur la période de production des déclarations de revenus aux Canadiens par l’intermédiaire des médias grand public et de ceux ne faisant pas partie des grands réseaux. 

La campagne « Pensez-y et déclarez! », élaborée et mise en œuvre par l’Agence canadienne d'inspection des aliments, est désormais partenaire de 16 compagnies aériennes internationales. De plus, les publicités à la télévision de la campagne « Pensez-y et déclarez! » ont été réalisées dans 11 langues au total, soit en français, en anglais, en arabe, en bahasa indonesia, en hindi, en italien, en japonais, en coréen, en mandarin, en espagnol et en vietnamien. Par ailleurs, les brochures sont disponibles dans 24 langues.

Mobilisation des intervenants et consultations auprès de ceux-ci

Du 23 mars au 3 avril 2010, le Centre national des Arts a présenté la pièce Where the Blood Mixes. Écrite par Kevin Loring, lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général en théâtre de 2009, la pièce se penche sur l’incidence du régime des pensionnats sur les principaux personnages. Au cours des matinées scolaires et des ateliers avant les spectacles, le directeur et les comédiens de la pièce dirigent entre autres des discussions portant sur le régime des pensionnats et l’art autochtone.

Dans le cadre de ses efforts permanents visant à sensibiliser les intervenants à l’élaboration de sa politique consulaire, la Direction générale de la politique consulaire et de la représentation du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a organisé une table ronde, à Toronto en novembre 2009, à laquelle ont participé des représentants de communautés musulmanes du Canada et des spécialistes dans le domaine de la garde et de l’enlèvement des enfants. La table ronde a donné lieu à la rédaction d’une série de principes guidant le recours à la médiation entre les pays signataires et non-signataires (principalement musulmans) de la Convention de La Haye de 1980 pour résoudre les cas d’enlèvements d’enfants par des parents. Ces principes ont servi de document de base à la réunion multilatérale qui a eu lieu à Gatineau en mai 2010, sous l’égide de la Conférence de La Haye.

En février 2010, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international s’est adressé à une foule, notamment composée de membres de la collectivité soudanaise, au Collège Glendon à Toronto, pour souligner l’engagement du Canada au Soudan. La présentation visait à expliquer l’engagement pangouvernemental du Canada aux collectivités concernées, à les sensibiliser à la question et à obtenir leurs opinions et perceptions relatives au Soudan ainsi que leurs façons d’aborder la question. Des réunions ont également été tenues avec les membres de la Darfur Association of Canada pour discuter de l’engagement du Canada au Soudan et des questions ou préoccupations des membres de cet organisme.

Conformément à la priorité de l’Agence Parcs Canada visant à promouvoir la commémoration de sujets appartenant au riche passé du Canada, l’Agence a continué de consulter des collectivités ethnoculturelles partout au Canada, y compris les collectivités japonaises et portugaises d’Ottawa et de Toronto. À la suite d’un atelier tenu à Whitehorse en mars 2010, des discussions concernant la contribution des soldats afro‑américains à l’édification de la route de l’Alaska sont en cours. Une exposition unique, financée dans le cadre du Programme national de reconnaissance historique du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, aura lieu dans le Parc national Banff afin de sensibiliser les Canadiens, plus particulièrement les jeunes, à l’histoire du Canada liée à l’internement de personnes au Canada pendant la Première Guerre mondiale. Le lieu a été choisi en raison de son importance en tant que camp d’internement pendant la Première Guerre mondiale. D’autres expositions de moindre envergure se tiendront également au lieu historique national du Fort-Henry à Kingston et au lieu historique national du Canada de la Citadelle d’Halifax, qui étaient également de sites d’internement au cours de la Première Guerre mondiale. Par l’entremise de ces activités et d’autres consultations, l’Agence Parcs Canada établit des liens avec cette partie de l’histoire canadienne et aborde sa sous-représentation dans le cadre du programme commémoratif du gouvernement, et permet à tous les Canadiens de bien comprendre le passé diversifié de notre nation.

À Service correctionnel du Canada, dans la région de l’Ontario, une activité de sensibilisation s’adressant aux services sociaux et aux groupes religieux qui offrent des services aux collectivités de l’Asie occidentale dans la région du Grand Toronto s’est déroulée du mois d’octobre 2009 au mois de mars 2010. Elle consistait notamment en des visites personnelles ainsi que des communications par téléphone, télécopieur et courriel avec plus de 80 organismes qui offrent principalement des services à la population venant de l’Asie occidentale. La sensibilisation s’est terminée par un forum, intitulé Making Connections, auquel ont participé plus de 30 de ces organismes. À la suite de cet événement, Service correctionnel du Canada a reçu de nombreuses demandes de présentations aux éléments constitutifs de ces organismes ou d’organismes similaires. De plus, Service correctionnel du Canada a été en mesure de recruter des bénévoles de la collectivité de l’Asie occidentale et il dispose désormais d’une liste d’organismes disposés à aider les contrevenants à réintégrer la société canadienne.

Statistique Canada a élaboré l’initiative de sensibilisation ethnoculturelle afin de faire la promotion des échanges et de la collaboration entre Statistique Canada et les collectivités ethnoculturelles du Canada en pleine croissance. Durant l’exercice financier 2009—2010, Statistique Canada a continué à établir et à conserver des liens avec les organismes ethnoculturels et les médias ethniques au moyen de diverses activités de sensibilisation. Voici un exemple d’activité qui a eu lieu dans le cadre de l’initiative : une présentation sur les résultats clés de l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada effectuée à une conférence Web organisée par l’Affiliation of Multicultural Societies and Services Agencies de la Colombie‑Britannique. Environ 50 personnes ont assisté à la conférence en personne, laquelle a aussi été diffusée en direct sur le Web à plus de 200 participants représentant environ 30 organismes communautaires de la Colombie‑Britannique.

De plus, Statistique Canada a élaboré le Programme de formation en statistique à l’intention des peuples autochtones en réponse aux recommandations formulées par la Commission royale sur les peuples autochtones et offre une formation en statistique aux Premières nations, aux Métis et aux Inuits. Pendant la période visée par le Rapport, le programme a offert 26 cours l’année dernière aux collectivités et aux organismes autochtones afin qu’ils puissent développer leur capacité en matière de statistique et leur utilisation des données sur les Autochtones. Le Programme offre un certain nombre d’ateliers interactifs (de un à trois jours) aux personnes qui possèdent peu ou aucune expérience en statistique. En 2009—2010, le programme a également tenu 36 séances d’information à l’intention des organismes et des collectivités autochtones aux quatre coins du Canada, auxquelles ont participé près de 1 000 personnes. Les séances, qui ont notamment comporté une visite du site Web de Statistique Canada, visaient à rendre les données sur les Autochtones plus accessibles et à donner des explications sur le processus.

2.5 Une main-d’œuvre diversifiée et souple

La Loi sur le multiculturalisme canadien oblige le gouvernement fédéral à veiller à ce que tous les Canadiens, sans distinction d’origine ethnique, aient des chances égales d’emploi et d’avancement dans les institutions fédérales. La présente section met en évidence les activités que les institutions fédérales ont entreprises pour refléter la réalité multiculturelle du Canada dans les programmes, les politiques et les pratiques en matière de ressources humaines, ainsi que mettre en place une main-d’œuvre souple et représentative.

Dans l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien, les institutions fédérales font en sorte que leurs politiques, leurs plans et leurs activités de ressources humaines favorisent :

  • la création de milieux de travail respectueux pour les employés;
  • la prestation aux employés de séances de formation linguistique et sur la diversité; et,
  • l’accroissement de la représentation des membres des groupes visés par l’équité en matière d’emploi et des autres groupes sous‑représentés.

Les institutions fédérales se penchent régulièrement sur la gestion des ressources humaines afin d’identifier les obstacles auxquels sont confrontés leurs employés et le grand public, en raison de leurs politiques en matière de dotation.  

Respect en milieu de travail

En septembre 2009, trois employés ont reçu le Prix de gestion des ressources humaines du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes pour souligner leurs efforts visant à accroître la sensibilisation à la diversité et à l’inclusion, et à renforcer l’acceptation. Dans leurs tâches quotidiennes, ces employés ont imprimé une culture de valorisation de la diversité au sein de l’organisme et ont donné le bon exemple à d’autres employés.

Le bureau de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, situé au Nouveau-Brunswick, a offert cinq forums sur la diversité en 2009—2010. Ces forums, organisés par des unités distinctes, permettaient aux employés de l’Agence de mettre en valeur leur propre diversité culturelle et, par ricochet, de promouvoir le fait que la diversité ne vise pas uniquement autrui; au contraire, elle vise tout le monde.

Diversité et formation linguistique

Le multiculturalisme a été intégré aux scénarios de formation et d’apprentissage à l’intention des employés de l’Agence des services frontaliers du Canada. Le site intranet de l’Agence contient une section sur le multiculturalisme qui présente des liens vers des sites pertinents et un calendrier des événements liés au multiculturalisme. La section affiche également les coordonnées du champion et du coordonnateur à l’Agence des services frontaliers du Canada afin que les employés puissent poser des questions, donner leurs commentaires et faire des suggestions concernant les initiatives et les enjeux liés au multiculturalisme.

En 2009, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a introduit un wiki sur le multiculturalisme pour les employés. Le wiki héberge des renseignements détaillés sur le multiculturalisme, des outils utiles, tels que des modules d’allocution pour les missions, et permet aux employés de discuter de leurs initiatives en matière de multiculturalisme. Le wiki constitue un outil utile pour le personnel et a été visité plus de 1 900 fois depuis sa création.

Gendarmerie royale du Canada

« La Gendarmerie royale du Canada s’efforce de préserver et de partager la diversité culturelle présente partout dans le pays en offrant un service de police adapté à la culture aux personnes qui ont décidé de s’établir au Canada »

Au cours de la période visée, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a accompli des réalisations clés en ce qui concerne la formation sur la sensibilisation culturelle et l’établissement de partenariats avec les communautés culturelles et autochtones. 

La GRC reconnaît que les défis en matière de recrutement persistent dans bon nombre de communautés culturelles. Il ne suffit pas de faire la promotion dans l’espoir que les jeunes de ces communautés présenteront leur candidature à un poste à la GRC. Les agents de recrutement proactif doivent rencontrer les dirigeants et les aînés des communautés pour vanter les avantages d’une carrière au sein de la GRC. Les recruteurs travaillent avec les éducateurs et les groupes communautaires locaux en vue d’aborder et de dissiper les préjugés à l’égard des policiers que les gens ont pu entretenir dans leur pays. Des recherches ont révélé que de nombreuses cultures ne perçoivent pas le maintien de l’ordre comme étant une profession noble et enrichissante. Ces préjugés ne peuvent être atténués que par la communication, le partenariat et la sensibilisation communautaire.

Au cours de la période visée, sept divisions de la GRC ont conçu de la formation à l’intention des employés pour leur permettre d’acquérir une compréhension des cultures locales et des besoins des collectivités qu’ils servent. La formation offerte au cours de ces séances est propre aux régions et est souvent donnée en collaboration avec les dirigeants et les aînés des communautés qui peuvent fournir des renseignements précieux. La formation sur la sensibilisation culturelle et les ressources connexes sont mises à la disposition de tous les employés par le truchement de l’intranet et comprennent des renseignements sur diverses religions et traditions pratiquées par les Canadiens.

Le Programme national de sécurité de la GRC a dirigé les efforts de mobilisation de la police auprès des collectivités vulnérables à la radicalisation menant à la violence. Le Programme a également permis de rapprocher les collectivités de croyances, d’origines ethniques et de milieux différents grâce à ces initiatives, comme l’Académie de police pour les jeunes, les cours à l’intention des académies de citoyens et les activités à l’intention des nouveaux arrivants. Les divers groupes consultatifs communautaires à l’échelle divisionnaire et nationale constituent un autre exemple où le dialogue est utilisé en vue d’aller de l’avant et promouvoir les relations positives entre la GRC et les collectivités diversifiées, tout en aidant les membres de la GRC à apprendre à connaître les coutumes, les pratiques religieuses et la diversité culturelle des différentes collectivités. Aujourd’hui, un grand nombre des cours du Programme ont été conçus en partenariat avec des dirigeants de ces communautés.

Au chapitre des partenariats, la GRC a signé un accord avec l’Association des chefs du Manitoba (ACM) en août 2009 en vue de créer et de doter un poste de facilitateur des communications et membre de liaison au sein du bureau de l’ACM. Ce poste vise à offrir un point de contact pour tous les chefs des Premières nations du Manitoba relativement aux questions qui ont trait au maintien de l’ordre dans certaines communautés des Premières nations particulières ou qui ont une incidence sur la population des Premières nations, à l’intérieur tout comme à l’extérieur des réserves. En octobre 2009, la GRC a également signé un accord avec la Manitoba Metis Federation (MMF) selon lequel la GRC a affecté un membre de la GRC à la MMF dans le but de cerner les lacunes dans la prestation de services aux communautés métisses et d’améliorer les communications.

Répondre à une réalité de plus en plus multiculturelle

L’Agence du revenu du Canada tient à jour un répertoire des compétences des employés dans une troisième langue, lequel contient une liste des employés qui peuvent communiquer dans une autre langue que le français ou l’anglais. Le répertoire comprend les noms des employés qui seraient possiblement disponibles et disposés à offrir leurs services bénévolement afin de satisfaire les besoins en matière de communication des divers clients de l’Agence. En 2009—2010, le répertoire en ligne des compétences des employés dans une troisième langue comptait 1 773 employés qui peuvent offrir leurs services en 140 langues différentes.

Passeport Canada, sous l’autorité du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, compte 34 points de service aux quatre coins du pays. Plusieurs bureaux des passeports embauchent des employés multilingues afin de pouvoir offrir un meilleur service aux minorités linguistiques. Le bureau à Ottawa offre des services au public en neuf langues différentes, y compris le français et l’anglais. Les employés multilingues de Passeport Canada peuvent également offrir un soutien et leur expertise afin de faciliter les voyages à l’étranger de membres de divers groupes ethnoculturels.

Les employés de la Société canadienne des postes, qui viennent de divers milieux et cultures, assurent le succès du Programme de lettres au père Noël chaque année, et ce, depuis 1982, en répondant à des lettres dans plus de 27 langues différentes, ce qui témoigne des horizons ethniques diversifiés du personnel. La Société canadienne des postes assume la tâche comme un service communautaire; en 2009—2010, plus de un employé sur cinq (soit au-delà de 11 000 personnes) y a consacré bénévolement de son temps.

Les employés du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences des quatre coins du Canada qui offrent des services au public participent à des cours de formation obligatoire par l’intermédiaire du Collège Service Canada. Les cours comportent des modules sur la diversité, comme le savoir-faire culturel dans l’excellence du service. En 2009—2010, le Ministère a également renforcé les communications avec les clients au moyen de services d’interprétation en langues étrangères, lesquels ont été mis à l’essai dans 53 bureaux de Service Canada dans le but d’aider les personnes qui ne parlent ni le français ni l’anglais à avoir accès aux avantages et aux services.

Le ministère des Finances joue un rôle essentiel quant au soutien des aspects nationaux des programmes sociaux et de santé qui contribuent grandement au bien‑être de tous les Canadiens. Au moyen du processus budgétaire, le Ministère joue également un rôle clé dans l’élaboration de politiques gouvernementales relatives aux questions qui touchent les Autochtones, au marché du travail, à l’immigration, aux déficiences, à la santé, à la justice, à l’éducation, aux sports et à la culture.

Pendant la période visée par le Rapport, le greffier du Bureau du Conseil privé a lancé le Plan d’action 2009—2010 pour le renouvellement de la fonction publique. Le plan énonce ce qui suit : « Le développement des fonctionnaires comme leaders, gestionnaires et employés habilités est essentiel à une institution très performante. […] Nous ferons en sorte particulièrement que le recrutement reflète la diversité du Canada, et comble les lacunes dans les compétences qu’a cernées la planification intégrée. » À l’automne 2009, le Bureau du conseil privé a mis à jour le plan stratégique des ressources humaines, qui était en vigueur de 2007—2008 à 2009—2010. Le plan reconnaît les employés comme un atout clé du Bureau du conseil privé et met l’accent sur l’engagement de la direction à favoriser l’équité en milieu de travail.

Figure 2 : La population des minorités visibles et des Autochtones au Canada par région

Figure 2 : La population des minorités visibles et des Autochtones au Canada par région

Source : Recensement 2006


« Bien que notre client principal soit le public canadien, les problèmes auxquels fait quotidiennement face l’Agence canadienne d'inspection des aliments ont une portée internationale. Pour pouvoir gérer ces problèmes à grande échelle, nous devons disposer d’un effectif diversifié, riche en aptitudes et en compétences, qui respecte les différences culturelles et qui comprend l’importance fondamentale de la coopération et de l’adaptation mutuelle. L’Agence ne cesse de chercher des moyens afin d’attirer et de retenir des employés de toutes origines. En 2009—2010, l’Agence a été sélectionnée comme l’un des 25 meilleurs employeurs de la région de la capitale nationale pour une deuxième année consécutive et comme l’un des meilleurs employeurs du Canada pour la diversité. »

Le Secrétariat du Conseil du Trésor a élaboré une stratégie de dotation pour 2009—2010, qui énonce des objectifs qui permettront au Secrétariat d’assurer que sa main-d’œuvre demeure représentative de la disponibilité sur le marché du travail. Le Secrétariat a également poursuivi son partenariat avec l’Alliance de la Fonction publique du Canada pour le Programme d’apprentissage mixte, créé en 2001. Les ateliers du programme portent principalement sur des sujets tels que la lutte contre le harcèlement, le respect des différences, la lutte contre la discrimination et l’équité en matière d’emploi.

Un milieu de travail divers et inclusif est désormais une nécessité pour de nombreuses organisations, et cela s’avère particulièrement important au sein du Service canadien du renseignement de sécurité, où notre capacité de recueillir des renseignements dépend grandement de la capacité de la société d’accepter le rôle que l’organisation joue. L’organisation doit refléter la mosaïque canadienne actuelle le mieux possible, et ce, afin de maintenir le niveau d’acceptation de la société à son égard. À cette mosaïque, il faut encore ajouter la créativité et les dividendes de la connaissance élargie qui découle de milieux de travail diversifiés, sans compter les impératifs moraux associés à la tolérance et à l’inclusivité. Il devient donc facile à comprendre pourquoi la diversité doit continuer d’être une grande priorité.

– Service canadien du renseignement de sécurité
– énoncé d’orientation en matière de ressources humaines, 2009—2010

2.6 Activités de recherche et de diffusion

La recherche est une étape clé du processus d’élaboration de politiques. Aux termes de la Loi sur le multiculturalisme canadien, les institutions fédérales doivent recueillir des données statistiques afin de permettre l’élaboration de politiques, de programmes et de pratiques qui traduisent et enrichissent la réalité multiculturelle du Canada. De nombreuses institutions fédérales effectuent des recherches et recueillent des données sur le multiculturalisme qui contribuent à l’élaboration de politiques et de programmes au sein du gouvernement du Canada.

La présente section met en relief la recherche et la collecte de données sur le multiculturalisme au cours de la période visée.

Rapports et publications

Compte tenu du besoin accru de travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés au Canada, le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, en collaboration avec le Conseil canadien des directeurs de l’apprentissage et Statistique Canada, a réalisé l’Enquête nationale auprès des apprentis de 2007, qui examine les facteurs qui interviennent dans la réussite à l’apprentissage, la reconnaissance professionnelle des apprentis ainsi que dans leur transition au marché du travail. Dans le cadre de la recherche de suivi réalisée à l’issue de l’Enquête de 2007, un projet de recherche a porté sur la participation des groupes cibles ainsi que celle des femmes, des immigrants et des Autochtones aux programmes d’apprentissage. Le rapport fait état des éléments suivants : les raisons pour lesquelles ces groupes sont attirés vers les métiers spécialisés, les programmes d’apprentissage choisis par la plupart des membres de ces groupes, les barrières ou les difficultés éprouvées, les résultats sur le marché du travail et les raisons qui les poussent à abandonner leur programme d’apprentissage. Ce rapport, en plus d’autres rapports, aide le gouvernement à mieux comprendre les questions liées à l’apprentissage.

En ce qui a trait aux activités de recherche et de diffusion, l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec a publié, en concertation avec l’Université de Sherbrooke (Québec), un article intitulé « L’immigration et le développement économique des régions du Québec » dans le numéro de printemps 2010 de Nos diverses cités. L’article porte sur les difficultés inhérentes à la régionalisation de l’immigration et sur la façon de mieux aider les régions à développer leurs capacités d’attraction et de maintien en poste des immigrants afin que leurs collectivités et leurs entreprises locales demeurent viables

En 2009—2010, le ministère du Patrimoine canadien a rédigé un document sur les pratiques exemplaires à l’échelle internationale ayant trait à la participation de la société civile à l’égard des droits de la personne ainsi qu’un document intitulé Minority Presence in Canada’s Cultural Industries: An Exploratory Analysis of Industry Subsectors Using Census Data. De plus, il a réalisé une recherche sur la protection des expressions culturelles traditionnelles des groupes minoritaires au Canada ainsi qu’un aperçu des lois, des politiques et des initiatives provinciales et territoriales.

Le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences a mis au point un guide d’élaboration des politiques, un outil Web d’auto‑apprentissage et le guide qui l’accompagne, à l’intention de tous les employés du Ministère. Il vise à aider les analystes à mieux comprendre le processus d’élaboration de politiques, tout en les guidant dans l’élaboration d’initiatives solides en matière de politiques, de programmes et de services. Le guide contient des sections spécifiques sur le multiculturalisme et la diversité afin d’aider les analystes à établir un plan qui leur permettra de tenir compte du point de vue du multiculturalisme et de la diversité dans leurs analyses, et ce, à toutes les étapes. Le guide soulève les questions qui suivent dans le but de remettre en cause l’élaboration de politiques et de programmes :

  • L’élaboration de vos initiatives, politiques ou programmes de recherche tient‑elle compte du multiculturalisme comme une réalité démographique, économique et sociale au Canada?
  • Quels sont les moyens dont votre région ou vous‑même disposez pour veiller à ce que l’analyse de la diversité fasse partie intégrante de votre travail?
  • Le cas échéant, avez‑vous consulté les divers groupes culturels, linguistiques et religieux au sujet de l’élaboration ou de l’exécution de vos programmes ou de vos politiques?
  • Quels types d’activités sont appuyés par vous ou votre direction générale en ce qui concerne votre engagement envers la Loi sur le multiculturalisme canadien?

Statistiques et élaboration de politiques

En 2005, le Commissariat aux langues officielles s’est associé à la Commission canadienne des droits de la personne afin de déterminer si le niveau de bilinguisme diffère chez les Canadiens appartenant à une minorité visible, comparativement aux Canadiens appartenant à une minorité non visible, et si les exigences en matière de langues officielles des postes dans la fonction publique du Canada constituent une entrave aux minorités visibles. Il a été constaté que les différences quant au niveau de bilinguisme entre les Canadiens appartenant à une minorité visible et ceux appartenant à une minorité non visible sont relativement faibles et qu’elles ne suffisent pas à expliquer les différences quant à l’avancement professionnel. En 2009—2010, le bilinguisme chez les minorités visibles a été revisité au moyen de données et de variables supplémentaires, aux fins d’analyse, tirées du Recensement de 2006. Il a été constaté que le niveau de bilinguisme des membres de minorités visibles nés au Canada est le même que celui des autres Canadiens, alors que celui des membres de minorités visibles nés à l’étranger est plus bas que celui des autres Canadiens. Toutefois, dans certains cas, il s’agit du contraire; par exemple, le niveau de bilinguisme des membres de minorités visibles francophones au Québec est plus élevé que celui de leurs homologues de minorités non visibles.

En 2009—2010, Élections Canada a réalisé une vérification des médias afin d’analyser les groupes linguistiques selon leurs régions métropolitaines de recensement. La vérification a permis de déterminer les principaux groupes linguistiques par ville, les marchés clés en fonction de la langue parlée la plus souvent à la maison et la composition démographique de ces marchés. La prochaine étape consiste à établir un marché et des critères de sélection linguistique dans le cadre de stratégies de placement média pour des élections futures.

En 2009—2010, le ministère du Patrimoine canadien a recueilli des données sur la participation des Autochtones dans le sport au moyen de tierces parties (l’Association canadienne des entraîneurs au sujet du Programme national de certification des entraîneurs) ainsi que des données sur le nombre d’entraîneurs autochtones de sexe masculin et féminin dans chaque province. Le Programme d’aide aux athlètes recueille également des données au sujet de l’origine ethnique et la langue maternelle des athlètes brevetés, les renseignements étant fournis sur une base volontaire. Les résultats sont intégrés au questionnaire annuel utilisé aux fins de contribution au rapport annuel de rendement du Ministère.

Entre les 2 et 5 novembre 2009, le Bureau régional de l’Ouest et des territoires du Nord de Statistique Canada a tenu une conférence de trois jours qui a porté principalement sur la manière dont les données sont utilisées par les communautés autochtones dans la région. Environ 200 personnes ont participé à la conférence, dans le cadre de laquelle se sont déroulées plus de 40 réunions en petits groupes sur cinq secteurs thématiques : les enfants et les familles; le développement économique et le marché du travail; la santé et le bien‑être; le Nord; et les populations autochtones urbaines.

 

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